Suicides d’enfants

Ces dernières semaines, plusieurs drames terribles ont eu lieu: Vesoul, où une enfant de 10 ans s’est pendue, ou en Essonne, Savoie ou Côte d’Or où trois autres enfants ses sont suicidés de la même façon. Enfin un adolescent de  16 ans a tenté de s’immoler par le feu à La Rochelle.

  • Comment expliquer cette vague de suicides chez les enfants?

Tout d’abord il est indispensable de  se rappeler que l’adolescence est une période extrêmement difficile de l’existence, où la personnalité est en pleine constitution. Les réactions émotionnelles sont encore difficile à doser et l’adolescent peut avoir du mal à réagir face à des difficultés extérieures. A cette période, l’adolescent a encore une connaissance réduite du monde et peu de diversité dans les sujets d’investissement. Une contrariété (amoureuse, scolaire etc…) peut alors très vite prendre d’importantes proportions. Le suicide peut alors être vécus comme une solution radicale à un problème parce qu’à ce moment de sa vie, l’adolescent n’est pas en mesure d’élaborer une réponse plus adaptée.

Ensuite, l’enfant est une « éponge émotionnelle ». Il peut tout d’abord souffrir d’une situation extérieure ou familiale complexe (conflit parental, maladie grave etc…). De plus, lui aussi a de grandes difficultés à gérer ses émotions, particulièrement parce que plus l’enfant est jeune, plus il lui est difficile de mettre des mots sur ce qu’il ressent et d’élaborer une solution ou une réaction proportionnée.

La tentative de suicide peut également être un appel au secours pour une détresse que l’enfant ou l’adolescent n’est pas en mesure d’exprimer par d’autres moyens: il peut s’agir d’une souffrance scolaire, mais aussi parfois de situations beaucoup plus graves comme un harcèlement, ou un abus sexuel.

Bien sûr ces hypothèses ne sont pas exhaustives et ne prétendent pas découvrir ce qui s’est passé dans les drames récents. Cette section vise à rappeler que les enfants et adolescents sont soumis à des ressentis émotionnels parfois très importants et qu’ils ne savent pas forcément gérer.

  • Comment réagir?

Dans tous les cas des idées suicidaires, un projet suicidaire ou une tentative de suicide doivent être pris au sérieux. Cela veut dire qu’il est indispensable qu’un psychiatre examine l’enfant ou l’adolescent. « De bonnes raisons », un « je le referai plus » ou une « peine de coeur » ne sont absolument pas suffisantes pour se dispenser d’une prise en charge par un psychiatre. Quelles que soient les raisons de surface qui ont précipité l’acte, il y a toujours des souffrances plus profondes qui doivent être prises en charge.