Boissons énergisantes: quels risques?

Tout d’abord, une clarification: les boissons énergisantes ne correspondent à aucun cadre réglementaire particulier. Ce terme désigne indifféremment des boissons, en majorité des sodas, auxquelles ont été adjointes des substances énergisantes.

1/ Quelles sont les substances énergisantes utilisées dans les boissons énergisantes?

Majoritairement, on trouve de la taurine, de la caféine, la glucuronolactone et des vitamines (voir ici). Ces composés ont un effet généralement excitant: ils conduisent à une augmentation de l’activité cardiaque, une accélération du pouls et de la respiration, ce qui en soit n’est pas une pathologie, une augmentation de la pression artérielle, un masquage de la sensation de fatigue et une excitation psychique.

2/ Quelles sont les effets indésirables observés par l’ANSES?

Dans un rapport publié en 2013, l’ANSES a relevé 25 cas d’effets indésirables qui ont pu être rattachés à la consommation de boissons énergisantes, sur 212 cas signalés qui ont pu être analysés, soit 12 % des signalements. Les  symptômes observés étaient cardiovasculaires (douleurs thoraciques, accélération du rythme cardiaque, hypertension artérielle, troubles du rythme allant jusqu’à l’arrêt cardiaque…), psychiques ou neurologiques (irritabilité, tension psychique, angoisse, voire attaques de panique, hallucinations, épilepsie)

3/ Que penser des arrêts cardiaques survenus après prise de boissons énergisantes?

L’ANSES estime qu’il s’agit principalement d’accidents survenant chez des individus génétiquement prédisposés, combinés à la prise de boissons énergisantes et à d’autres facteurs de risque comme l’effort physique.

4/ Principale molécule en cause selon l’ANSES: la caféine

Nous citons ci-dessous l’ANSES

La caféine, molécule naturellement présente dans plus de 60 plantes (café, thé, kola, guarana, maté,…), est bien connue pour ses effets « excitants » et ses effets indésirables nombreux : anxiété, tachycardie, troubles du sommeil, risques chez l’enfant de développement ultérieur de conduites addictives. Il existe dans la population générale une très grande variabilité de la sensibilité aux effets de la caféine. En se basant sur les différents seuils faisant référence internationalement, on peut constater qu’une fraction non négligeable de la population française dépasse les niveaux de caféine conseillés :

  • environ 30 % de la population adulte est en dépassement pour le seuil retenu comme générateur d’anxiété (correspondant pour un adulte à l’apport en caféine d’environ 6 expressos) ;
  • près de 7 % de la population adulte excède le seuil au-delà duquel une toxicité chronique plus générale est suspectée (santé osseuse et cardiovasculaire, cancer, fertilité masculine,…) ;
  • 11 % des 3 à 10 ans et 7 % des 11 à 14 ans dépassent le seuil de développement d’une tolérance à la caféine et du déclenchement de symptômes de sevrage (atteint à moins d’une demi-canette standard de boissons dites énergisantes ou d’une canette de soda au cola pour un enfant de 35 kg).

Même si la caféine a un usage très ancien dans le monde entier, sa présentation sous forme de boissons dites énergisantes, phénomène nouveau et en forte expansion, fait évoluer les modalités de consommation, qui :

  • touchent des consommateurs jusque là peu exposés à la caféine, notamment les enfants et les adolescents qui, au niveau européen, sont respectivement 3 et 8 % à consommer des boissons dites énergisantes plus de 4 à 5 fois par semaine ;
  • ont parfois lieu dans des quantités élevées : 25 % des consommateurs français de boissons dites énergisantes consomment plus de 500 ml sur une même journée ;
  • surviennent dans de nouveaux contextes d’exposition : en France, environ 32 % des consommateurs de boissons dites énergisantes les consomment lors d’occasions festives (bars, discothèques, concerts, etc.), 41 % en lien avec une activité sportive, 16 % en mélange avec de l’alcool.

L’Anses considère que la multiplication des sources de caféine, notamment via les boissons dites énergisantes, combinée aux modes de consommation actuels de ces boissons est susceptible de générer des situations à risque.

5/ Ce que l’ANSES recommande aux consommateurs :

1. d’éviter la consommation de boissons dites énergisantes en association avec l’alcool ou lors d’un exercice physique ;

2. d’être particulièrement vigilants vis-à-vis des apports en caféine, notamment via les boissons dites énergisantes, pour certains consommateurs, en particulier : les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et adolescents, les personnes sensibles aux effets de la caféine ou présentant certaines pathologies notamment certains troubles cardio-vasculaires, psychiatriques et neurologiques, insuffisance rénale, maladies hépatiques sévères ;

3. et d’une façon générale, pour l’ensemble des consommateurs, de modérer la consommation de boissons caféinées.

6/ Ce que l’ANSES recommande aux professionnels de santé, et plus particulièrement les médecins :

1. intégrer la notion de consommation de boissons dites énergisantes au recueil d’information face à des patients présentant des symptômes évocateurs (troubles paroxystiques de l’excitabilité cardiaque, poussées hypertensives, crises convulsives,…) et à demander dans ces situations une mesure de la caféinémie le plus précocement possible ;

2. poursuivre les signalements à l’Anses de tout nouveau cas d’effet indésirable suspecté d’être lié à la consommation de boissons dites énergisantes.

Enfin, l’Anses note également l’émergence au niveau international (Canada, Etats-Unis, Lituanie, etc.) de politiques publiques visant à encadrer le marché des boissons dites énergisantes. Constatant l’écart entre les recommandations de l’Agence et les pratiques observées en France, et le déficit d’information du public, l’Anses appelle à la mise en oeuvre de mesures visant à garantir l’information des publics sensibles, et à encadrer la promotion des boissons dites énergisantes envers ces populations et dans des contextes de consommation à risques (festifs, sportifs, …).

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.En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois, Courbevoie)

Fait à Paris par un psychiatre avec le concours d’un psychologue

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