Charge mentale

La charge mentale correspond est un principe de sociologie correspondant à la charge cognitive pesant sur un individu. Historiquement, elle a été identifiée en premier pour les femmes afin de décrire la double contrainte pesant sur elle : tâches ménagères et vie professionnelle.

Cette notion peut être élargie en fait à n’importe quel individu afin de décrire la charge cognitive auquel ce dernier est soumis. Elle est très proche du modèle du stress engendré par les contraintes auxquelles un individu est soumis.

Historiquement, la notion de charge mentale a le mérite d’attirer l’attention sur le fait que les femmes exerçant une activité professionnelle ne sont pas déchargées des contraintes une fois rentrées chez elles. En effet, elles vont s’occuper de l’intendance et des soins aux enfants, en plus de leur journée de travail.

La notion de charge mentale s’applique même lorsque les tâches ménagères sont équitablement réparties sur un plan opérationnel : la charge mentale étant de nature cognitive, celui qui endosse la responsabilité de penser aux tâches à faire, de les organiser, est celui qui supporte la charge mentale, même s’il ne les accomplit pas lui-même. Par exemple, un individu A qui demande à son conjoint B : « Que puis-je faire pour t’aider ? » ne supporte pas la charge mentale, même si A et B effectuent au final la même quantité de tâches.

Comment cela se modélise-t-il notamment sur le plan cognitivo-comportemental ?

En amont de la réalisation de la tâche, il existe :

Exemple : acheter du lait pour les enfants

  • Surveiller la situation (se préoccuper du stock de lait)
  • La responsabilité d’analyser la situation pour identifier quelle tâche est nécessaire (quel lait faut-il acheter ? sans lactose ? épaissi ? anti-reflux ? bio etc…)
  • Le maintien de la vigilance afin de ne pas oublier la tâche à faire (toute la journée, penser à ne pas oublier d’aller acheter du lait le soir)

Au final, même si finalement, c’est B qui va chercher le lait, et non pas A, c’est A qui a supporté la charge mentale.

Cette charge mentale est assimilable à une forme de stress puisque A assume la responsabilité de surveiller, collecter l’information pour prendre la décision, rester en état de vigilance, supporter l’angoisse de performance qui y est associée.

L’effecteur (« Tu me dis, je fais ») , est en fait épargné d’une grande partie du stress.

La charge mentale est élargie aujourd’hui à d’autres situations, notamment celles des professionnels en situation de décision : médecins, avocats, chefs d’entreprise… qui partage la particularité de devoir assumer la responsabilité d’analyser des situations et d’en endosser les conséquences, et dont la charge mentale est généralement sous-estimée.

Le bashing est également un moyen de pression psychologique, proche de la manipulation de masse, qui induit une augmentation de la charge mentale.