Culpabilité, se sentir coupable

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La culpabilité est un ressenti émotionnel, très fréquent, qui survient lorsque l’on se juge soi-même responsable d’une entorse à nos propres valeurs. C’est un mélange de honte, de tristesse, de mépris et de colère, où le regard de l’autre et le regard qu’on porte sur soi jouent pour beaucoup.

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I/ Mécanisme

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Ce qui compte, ce n’est pas la réalité de la faute, mais l’impression que la personne a d’avoir enfreint les règles auxquelles elle adhère. Ces principes peuvent être communément admis… ou pas. Ainsi, certaines personnes peuvent ressentir une culpabilité pour un acte accepté par la société, et à l’inverse, ne ressentir aucune culpabilité pour un acte condamné par la société.
Pour analyser la culpabilité, il est essentiel d’avoir une bon niveau d’introspection et une bonne connaissance de son système de valeurs personnel.

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Exemples :
La société pose comme principe [louable] que blesser un citoyen est un acte parmi les plus graves.
Cependant, un individu donné peut très bien reconnaître d’autres actes comme plus graves dans son système de valeurs. Ainsi, il peut mettre l’honneur au-dessus de cela, ou ériger pour principe de ne jamais se comporter comme un lâche.
Nous citons ici des exemples somme toute triviaux. Mais il apparaît qu’en réalité les systèmes de valeur d’un individu donné peuvent être extrêmement variés, et placer à leur sommet des objectifs parfois peu intuitifs, qui souvent n’apparaissent à la conscience que dans le cadre d’une psychothérapie.

Le point important est que l’individu qui se sent coupable a toujours l’impression, à tort ou à raison, que cette culpabilité est fondée.

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II/ Fonction de la culpabilité

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La culpabilité existe parce qu’elle a une fonction phylogénétique, liée à la fonction des règles que nous nous édictons.
Lorsque nous décidons en conscience de respecter une règle, c’est dans le but d’obtenir un bénéfice :
– Sécurité
– Anticipation
– Faciliter les interactions sociales
– Eviter de nuire à autrui et d’en subir les mesures de rétorsion
– Intérêts personnels
Ressentir de la culpabilité a alors une fonction informative, qui nous indique que nous avons transgressé une règle. Le fait que ce message soit généralement ressenti de façon désagréable va nous pousser à tenir compte de ce message : s’il était neutre voire agréable, il est probable que nous ne nous mobiliserions pas pour en tenir compte.
La culpabilité nous amène alors à nous interroger :
– La règle est-elle toujours licite ou est-elle obsolète ?
– Si elle est licite, et que j’ai donc eu tort de la transgresser, que faire pour rattraper mon erreur et éviter une nouvelle transgression ?
La culpabilité a donc une fonction porteuse de progrès. L’un des problèmes les plus courants dans les cas où la culpabilisation est trop fréquente, c’est que peu de personnes ont le réflexe de réévaluer le bien-fondé de la règle enfreinte et de juger si la règle est toujours adaptée aux circonstances actuelles.
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III/ La culpabilité en tant que problème

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Trois types de problématiques liées à la culpabilité peuvent s’observer.
Soit une tendance trop fréquente à la culpabilité, un excès de culpabilité, (auto-culpabilisation ou grande sensibilité à la culpabilisation induite par l’entourage)
Soit une difficulté à ressentir la culpabilité, entraînant des difficultés à s’intégrer dans un groupe social
Soit une culpabilité se déclenchant dans des situations inappropriées. Ce dernier cas de figure s’observe quand, pour des raisons différentes, le système de valeurs de l’individu diffère trop des règles sociétales. Cela débouche sur des difficultés dans les relations sociales.

La culpabilité peut également une autoculpabilisation qui peut être le symptôme d’une pathologie psychiatrique (par exemple dépression).
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IV/ Traitement

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Le traitement sera très différent selon le cas dans lequel on se trouve (cf § ci-dessus).

Dans le cas le plus fréquent où la culpabilité est trop fréquente ou trop intense, un travail en psychothérapie intrapsychique (thérapie cognitive et comportementale (TCC) ou psychanalyse est nécessaire).

L’idée sera d’aider le patient à remettre en cause ses schémas dysfonctionnels de culpabilité, et de restaurer son estime de lui-même de telle sorte qu’il puisse avoir confiance en sa faculté de juger équitablement sa responsabilité, sans exagérer ni dans un sens ni dans l’autre.

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.En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7- Paris 14- Paris 15 – Paris 16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1- Paris 2 – Paris 8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1- Paris 4 – Paris 11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)

Fait à Paris par un psychiatre et un psychologue