II/ Dépression: les formes cliniques

La dépression est une maladie multi facette, qui peut présenter différentes formes cliniques spécifiques. Elles sont importantes à connaître pour ne pas retarder le traitement. Nous les présentons ci-dessous de manière détaillée. Entre parenthèses, vous trouverez les noms médicaux des symptômes évoqués. Cliquez sur la forme clinique qui vous intéresse:

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A/ Dépression « classique »

B/ Dépression mélancolique ou mélancolie

C/ Dépression délirante

D/ Dépression hostile

E/ Dépression prolixe

F/ Dépression pseudo-démentielle

G/ Dépression chez l’enfant

H/ Dépression chez l’adolescent

I/ Dépression masquée

J/ Dépression cataméniale

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A/ Dépression « classique »

1/ symptômes liés à l’humeur

  • tristesse
  • perte d’envie (aboulie)
  • difficulté à quitter son lit (clinophilie)
  • angoisse, anxiété
  • autodévalorisation
  • impression de ne pas pouvoir s’en sortir
  • conviction que la situation ne va pas s’améliorer
  • idées noires voire suicidaires (constituant une urgence thérapeutique)
  • perte de goût pour tout ce qui créait du plaisir auparavant (anhédonie)
  • pessimisme
  • Impression de ne pas pouvoir s’en sortir (péjoration de l’avenir)

2/ Symptômes liés au fonctionnement psychomoteur

  • difficulté à faire les choses les plus simples (apragmatisme)
  • ralentissement psychomoteur
  • ralentissement de la pensée (bradypsychie)
  • débit verbal ralenti (bradyphémie)

3/ Symptômes corporels

  • insomnie d’endormissement, réveils nocturnes ou au contraire hypersomnie
  • baisse de libido
  • anorexie ou hyperphagie

4/ Symptômes liés à la vie de relation

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B/ Dépression mélancolique ou mélancolie

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Attention! utilisé ici, le mot « mélancolie » est un faux ami. Dans le langage courant il s’agit d’un sentiment proche du vague à l’âme. En psychiatrie et en psychologie, c’est une dépression très grave, avec des symptômes profonds et intense, se surajoutant aux autres symptômes:

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C/ Dépression délirante

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Dans ce cas, la dépression prend de telles proportions que la personne déprimée commence à avoir des idées délirantes (négatives bien entendu). Il peut s’agir de la conviction délirante d’être morte, d’avoir des organes qui ne fonctionnent pas etc…

Quand ces symptômes de négation d’organes sont présents, il s’agit de ce qu’on appelle un syndrome de Cottard.

Cette dépression très rare se voit surtout chez les personnes ayant déjà eu des antécédents délirants ou ayant consommé des toxiques( cannabis, LSD…)

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D/ Dépression hostile

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Dans la dépression hostile, la personne présente une agressivité, une irritabilité qui remplace la tristesse. D’ailleurs, elle ne se plaint généralement pas d’être triste, mais devient très caractérielle, revendicative, voire quérulente. Généralement, le ralentissement psychomoteur et la bradyphémie sont absents. Il peut y avoir des troubles du comportements inhabituels chez l’individu avec des moments d’emportements, des bagarres, des grossièretés ou des écarts langagiers.

Généralement, le patient ne se reconnaît pas dépressif et c’est l’entourage qui s’alerte.

Le risque, pour ces patients, est généralement de se couper de tout leur entourage (isolement) ou de se réfugier dans une addiction.

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E/ Dépression prolixe

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Cette forme de dépression présente, contrairement à la forme classique, une tendance du patient à parler sans s’arrêter (logorrhée), avec peu d’émotions spontanément exprimées. Toutefois, cette hyper verbalisation a principalement pour fonction d’éviter au patient d’affronter ses émotions, comme une sorte de fuite en avant. Généralement, quand il s’arrête, les émotions, et en particulier la tristesse, réapparaissent.

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F/ Dépression pseudo-démentielle

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Se voit exclusivement chez la personne âgée.

Le ralentissement psychomoteur donne l’illusion d’un affaiblissement des facultés intellectuelles mimant une démence. La tristesse est peu exprimée, ce qui est aussi fréquent du fait des habitudes culturelles des personnes de grand âge, peu habituées et encouragées à exprimer leurs émotions. des troubles du comportements peuvent se voir.

Il est donc essentiel de penser à une dépression devant tout tableau de démence, ou toute modification de l’état d’une personne âgée, parce que la dépression constitue un diagnostic assez facilement curable contrairement à la plupart des causes de démence.

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G/ Dépression chez l’enfant

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Chez les enfants en bas âge, le diagnostic de dépression doit être prudent et réservé aux pédopsychiatres tant la clinique du jeune âge est spécifique, et les symptômes multiformes. Souvent la tristesse est absente, ou tout du moins non exprimée par l’enfant. La présentation peut être très spécifique, avec un seul symptôme cardinal qui cristallise toute l’attention des adultes, mais en fait est dû à la dépression. Citons par exemple:

  • refus alimentaire, anorexie
  • incontinence urinaire ou fécale (encoprésie)
  • refus scolaire
  • baisse de résultats scolaires
  • troubles du comportement, opposition
  • cassure de la courbe de poids et de taille
  • désintérêt des amis ou des activités affectionnées jusque là
  • mutisme
  • refus de jouer

Le traitement de la dépression de l’enfant est spécifique. Il nécessite généralement l’implication des parents, et cherchera à éviter les médicaments. Les psychothérapies privilégiées dans ce cas de figure sont: la thérapie systémique / familiale ou la thérapie interpersonnelle.

Chez le nourrisson, on parle de dépression anaclitique, qui survient quand il est durablement séparée de la figure maternelle.

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H/ Dépression chez l’adolescent

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Chez les adolescents, le diagnostic de dépression est aussi complexe car la tristesse n’est pas forcément présente. Les symptômes peuvent être:

Le traitement de la dépression de l’adolescent est spécifique. Il nécessite généralement l’implication des parents, et cherchera à éviter les médicaments. Les psychothérapies privilégiées dans ce cas de figure sont: la thérapie systémique / familiale, la thérapie cognitive et comportementale (TCC) ou la thérapie interpersonnelle (TIP).

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I/ Dépression masquée

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Dans la dépression masquée, la personne n’a apparemment pas de ressenti de tristesse, qui en fait est refoulée. Généralement, il y a par contre un retentissement sur le sommeil, la libido, un ralentissement psychomoteur, qui vont amener la personne à consulter.

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J/ Dépression cataméniale

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Cette dépression se distingue non pas par ses symptômes mais par sa périodicité. En effet, elle décrit la survenue d’une dépression pendant les règles ou pendant la période pré-menstruelle chez les femmes. Elle est due à la chute hormonale et peut produire des symptômes authentiquement dépressifs.

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En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7- Paris 14- Paris 15 – Paris 16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1- Paris 2 – Paris 8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1- Paris 4 – Paris 11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)

Fait à Paris par un psychiatre