Santé au travail

La santé au travail, et en particulier la santé psychique, a connu un net regain d’intérêt ces derniers mois. Malheureusement, il a eu lieu dans le contexte dramatique des suicides de salariés de l’entreprise France Telecom, dont les derniers ont eu lieu il y a quelques jours seulement.

Après la stupeur et la tristesse, vient le temps des questions. Comment comprendre la survenue de ces terribles événements?

Plusieurs éléments peuvent être avancés. Tout d’abord, il faut distinguer la souffrance psychique infligée dans le cadre du travail de façon totalement illégale, et celle qui existe sans infraction caractérisée à la loi.

Dans le cas d’une infraction à la loi, comme par exemple dans le cadre d’un harcèlement sexuel ou moral, il est URGENT de porter plainte devant qui de droit. Des associations d’aide aux victimes existent, comme par exemple l’Association de Victimes de Harcèlement au Travail AVHT.

Mais dans le cas le plus fréquent, le travailleur est en souffrance sans qu’aucune infraction n’ait été commise contre lui. Généralement, c’est la conjonction d’un grand nombre de facteurs, qui génère cette souffrance:

– l’angoisse du licenciement, permanente, donc l’angoisse pour l’avenir

– le manque de reconnaissance ou d’estime pour le travail accompli, source d’amertume et d’aigreur. Cette impression peut exister même dans le cas d’une rémunération importante

– le manque d’intérêt, de motivation pour le métier exercé

– la caractère routinier, ou protocolisé, sans initiative possible, du travail

– la dévalorisation du travail effectué

– le sentiment d’injustice, très fréquent, qui peut exister vis-à-vis de collègues qu’on perçoit mieux appréciés

– la compétition exagérée entre collègues

– la difficulté à s’imposer, s’opposer, ou faire valoir son bon droit

– le surmenage, le burnout

– l’impossibilité de faire un break complet, du fait de la nature de certains postes, ce qui à la longue est délétère pour l’organisme

– la vitesse, la réactivité exigée pour certains postes.

Cette liste ne prétend pas être exhaustive… Il est important de noter que ce qui compte, ce n’est pas le caractère objectivement fondé ou non de l’impression de la personne qui souffre, mais son ressenti personnel.

La souffrance au travail est génératrice d’un nombre étonnamment élevé de problèmes psychiques qui, dans certains cas, peuvent se compliquer d’authentiques troubles anxieux ou de dépressions.

Bien entendu, le travail seul ne peut être systématiquement mis en cause. Il est bien évident que le contexte familial, la fragilité de la personne sont des éléments qui influenceront l’effet des facteurs négatifs liés au travail. Ce qui est important, c’est de se rappeler que beaucoup des facteurs liés au travail peuvent être améliorés.

Si vous vous reconnaissez dans l’un ou l’autre de ces facteurs, que faire?

Encore une fois, nous pensons que bien des souffrances pourraient être évitées pour peu qu’une prise en charge adaptée ait lieu à temps.

Plusieurs solutions s’offrent à vous. Tout d’abord, vous pouvez en parler à votre médecin du travail, votre médecin généraliste ou un professionnel de santé mentale (psychiatre-psychothérapeute, psychologue). Celui-ci pourra vous aider à évaluer la situation, et au besoin, vous aider à faire les changements nécessaires pour mieux vivre. Notons que le plupart des situations peuvent être solutionnées sans pour autant recourir à un changement professionnel.

Si la démarche vers un professionnel est difficile, dans un premier temps, vous pouvez vous en ouvrir à votre entourage. Le plus important est de ne jamais garder votre souffrance pour vous seul.

Un conseil important: il est très difficile de faire la part des choses entre ce qui est imputable au contexte professionnel et ce qui est dû à la vie privée. Tenter de le faire par soi-même est douloureux et très souvent improductif.

 

 

 

Fait à Paris par un psychiatre avec le concours d’un psychologue

Venir au cabinet :

  • En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)
  • En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)
  • En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)