Suicides d’enfants

Ces dernières années, plusieurs drames terribles ont eu lieu: Vesoul, où une enfant de 10 ans s’est pendue, ou en Essonne, Savoie ou Côte d’Or où trois autres enfants ses sont suicidés de la même façon. Enfin un adolescent de  16 ans a tenté de s’immoler par le feu à La Rochelle.

I/ Comment expliquer cette vague de suicides chez les enfants?

Tout d’abord il est indispensable de  se rappeler que l’adolescence est une période extrêmement difficile de l’existence, où la personnalité est en pleine constitution. Les réactions émotionnelles sont encore difficile à doser et l’adolescent peut avoir du mal à réagir face à des difficultés extérieures. A cette période, l’adolescent a encore une connaissance réduite du monde et peu de diversité dans les sujets d’investissement. Une contrariété (amoureuse, scolaire etc…) peut alors très vite prendre d’importantes proportions. Le suicide peut alors être vécus comme une solution radicale à un problème parce qu’à ce moment de sa vie, l’adolescent n’est pas en mesure d’élaborer une réponse plus adaptée.

Ensuite, l’enfant est une « éponge émotionnelle ». Il peut tout d’abord souffrir d’une situation extérieure ou familiale complexe (conflit parental, maladie grave etc…). De plus, lui aussi a de grandes difficultés à gérer ses émotions, particulièrement parce que plus l’enfant est jeune, plus il lui est difficile de mettre des mots sur ce qu’il ressent et d’élaborer une solution ou une réaction proportionnée.

La tentative de suicide peut également être un appel au secours pour une détresse que l’enfant ou l’adolescent n’est pas en mesure d’exprimer par d’autres moyens: il peut s’agir d’une souffrance scolaire, mais aussi parfois de situations beaucoup plus graves comme un harcèlement, ou un abus sexuel.

Bien sûr ces hypothèses ne sont pas exhaustives et ne prétendent pas découvrir ce qui s’est passé dans les drames récents. Cette section vise à rappeler que les enfants et adolescents sont soumis à des ressentis émotionnels parfois très importants et qu’ils ne savent pas forcément gérer.

 

II/ Comment réagir?

Dans tous les cas des idées suicidaires, un projet suicidaire ou une tentative de suicide doivent être pris au sérieux. Cela veut dire qu’il est indispensable qu’un psychiatre examine l’enfant ou l’adolescent. « De bonnes raisons », un « je le referai plus » ou une « peine de coeur » ne sont absolument pas suffisantes pour se dispenser d’une prise en charge par un psychiatre. Quelles que soient les raisons de surface qui ont précipité l’acte, il y a toujours des souffrances plus profondes qui doivent être prises en charge.

 

III/ Causes

Toute maladie physique peut entraîner un contrecoup psychique. Et la répercussion peut être très douloureuse. La santé du corps et la santé de l’âme sont donc intimement liées. La communauté scientifique sait depuis longtemps que le moral d’une personne confrontée à un événement de vie aussi grave qu’une maladie, s’il est bon, sera un facteur essentiel de l’amélioration. Le moral conditionne évidemment l’observance du traitement, la confiance dans le médecin, mais semble aussi agir à un niveau psychique dont les voies sont beaucoup moins bien élucidées.

A l’inverse, les caractéristiques des maladies pouvant entraîner des répercussions négatives sur le moral sont également établies. Ainsi, les maladies:

  • longues, chroniques : diabète, maladies endocriniennes…
  • douloureuses : maladies articulaires, rhumatologiques…
  • entraînant des répercussions sur la vie quotidienne comme des régimes sévères : maladies rénales, diabète, maladie coeliaque…
  • facteurs d’exclusion sociale : surdité, paralysies, maladies neurologiques…
  • vécues comme honteuses : dysfonctions sexuelles, retard mental, SIDA…
  • dont le pronostic est réservé: cancer, SIDA…

sont toutes à risque élevé d’entrainer des conséquences regrettables sur le moral de la personne qui apprend qu’elle devra vivre avec.

Que préférons-nous? Avoir une fracture du bras, sans complication, dont on sait qu’en 6 semaines ce sera résolu et qui ne nous empêchera pas de mener la même vie qu’avant, ou découvrir un diabète, synonyme de piqûres, d’évolution parfois grave et de régime parfois draconien?

En France l’accompagnement psychique des personnes qui doivent vivre avec une maladie de longue durée est encore balbutiant. Plus ou moins avancé dans certaines situations, (annonce de cancer, greffe…), il est généralement insatisfaisant. Le message qu’il nous semble important de faire passer est le suivant : une maladie de longue durée peut conduire à une certaine vulnérabilité psychique. Beaucoup de personnes n’auront pourtant pas besoin d’aide particulière et sauront gérer par eux-mêmes cette nouvelle. Mais ce n’est pas le cas de tous. Aussi, si vous détectez chez vous ou chez l’un de vos proches, une baisse de moral, de la tristesse, un questionnement existentiel du type « est-ce que ça vaut la peine de continuer à vivre? », notre conseil est clair : sollicitez une aide. Cette aide peut prendre plusieurs formes: un professionnel de la santé mentale, mais aussi une association de patients, des groupes de paroles. Le médecin qui assure le suivi de la maladie, ou votre médecin traitant sont aussi d’excellents interlocuteurs face à ce questionnement.

 

 

Fait à Paris par un psychiatre avec le concours d’un psychologue

Venir au cabinet :

  • En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)
  • En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)
  • En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)