Déni des troubles: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur le déni des troubles? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au déni des troubles.
Rédacteur « déni des troubles »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression, trouble bipolaire…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que le déni des troubles ?
Le déni des troubles est un mécanisme psychologique de défense par lequel une personne refuse de reconnaître la réalité d’une situation, d’un symptôme ou d’un diagnostic, bien que les preuves soient évidentes pour son entourage ou les professionnels de santé. En psychiatrie, le déni est défini comme un phénomène de refus de prendre en compte une part de réalité externe inacceptable, c’est-à-dire non métabolisable sur le plan psychique. Il ne s’agit pas d’une simple ignorance ou d’un mensonge, mais d’un processus inconscient visant à protéger l’individu d’une angoisse ou d’une souffrance insupportable. Le déni peut concerner aussi bien des troubles physiques que psychiques. Par exemple, un patient peut nier les symptômes d’une dépression, d’un trouble anxieux, ou d’un trouble bipolaire, refusant ainsi toute prise en charge ou minimisant l’impact de ces troubles sur sa vie quotidienne.
Exemple clinique : le déni dans la dépression
Madame A., 45 ans, consulte pour des douleurs physiques diffuses. Elle décrit une fatigue intense, des troubles du sommeil, une perte d’appétit, mais refuse catégoriquement l’idée d’une dépression. « Je ne suis pas déprimée, je suis juste épuisée par le travail », affirme-t-elle. Pourtant, son entourage rapporte qu’elle pleure souvent sans raison, s’isole, et a perdu tout intérêt pour ses activités habituelles. Le déni de Madame A. retarde la mise en place d’un traitement adapté, aggravant son état.
Mécanismes psychologiques du déni des troubles
Le déni est un mécanisme de défense archaïque, décrit dès les premiers travaux de Freud. Il permet à l’individu de se protéger d’une réalité perçue comme menaçante pour son équilibre psychique. Le déni peut être partiel (minimisation des symptômes) ou total (refus catégorique de la maladie). Il est souvent associé à d’autres mécanismes, comme le clivage du moi ou la dissociation, notamment dans les pathologies psychotiques ou les troubles de la personnalité.
Le déni comme stratégie d’adaptation
À court terme, le déni peut jouer un rôle protecteur, en évitant à la personne d’être submergée par l’angoisse. Par exemple, dans les suites d’un diagnostic de cancer ou d’un infarctus, le déni permet parfois de maintenir une certaine stabilité émotionnelle, le temps que le patient puisse intégrer progressivement la réalité. Cependant, lorsqu’il persiste, le déni devient pathologique et entrave la prise en charge, comme dans les troubles bipolaires ou les addictions.
Exemple clinique : le déni dans les troubles bipolaires
Monsieur B., 32 ans, présente des épisodes d’hypomanie marqués par une hyperactivité, une réduction du besoin de sommeil, et des dépenses excessives. Malgré les conseils de son entourage et de son médecin, il refuse de reconnaître qu’il souffre d’un trouble bipolaire. « Je me sens bien, je n’ai pas besoin de médicaments », déclare-t-il. Son déni le conduit à interrompre son traitement, entraînant des rechutes et une dégradation de sa qualité de vie.
Conséquences du déni des troubles sur la prise en charge
Le déni des troubles a des répercussions majeures sur la santé physique et mentale du patient, mais aussi sur son entourage et les professionnels de santé. Il peut entraîner : – Un retard diagnostique, avec aggravation des symptômes et risque de chronicisation.
– Une non-observance thérapeutique, augmentant le risque de rechute ou de complications.
– Une souffrance familiale, l’entourage se sentant impuissant face au refus de soins.
– Des conséquences médico-légales, notamment dans les cas de déni de grossesse ou de troubles psychiatriques graves.
Exemple clinique : le déni dans les troubles du comportement alimentaire
Mademoiselle C., 19 ans, présente un amaigrissement important, une aménorrhée, et des comportements de restriction alimentaire. Malgré l’inquiétude de ses parents et les signes cliniques évidents, elle nie toute pathologie et refuse de consulter. « Je mange normalement, je n’ai pas de problème », affirme-t-elle. Son déni retarde la prise en charge d’une anorexie mentale, mettant en danger sa santé physique et psychique.
Stratégies thérapeutiques pour surmonter le déni des troubles
La prise en charge du déni des troubles repose sur une approche pluridisciplinaire, associant thérapies cognitivo-comportementales (TCC), soutien familial, et parfois traitement médicamenteux. L’objectif est d’aider le patient à prendre conscience de sa pathologie, sans le braquer ou le culpabiliser.
L’alliance thérapeutique
Établir une relation de confiance est essentiel. Le thérapeute doit adopter une attitude empathique, non jugeante, et adapter son discours au niveau de conscience du patient. Par exemple, dans les troubles bipolaires, la psychoéducation permet d’expliquer la maladie et ses enjeux, favorisant l’acceptation progressive.
L’implication de l’entourage
Les proches jouent un rôle clé dans la reconnaissance des troubles. Leur soutien et leur compréhension aident le patient à dépasser son déni. Des groupes de parole ou des thérapies familiales peuvent être proposés.
Exemple clinique : la sortie du déni grâce à la TCC
Madame D., 50 ans, consulte pour des crises d’angoisse et des évitements sociaux. Elle attribue ses symptômes au stress professionnel et refuse l’idée d’un trouble anxieux. Grâce à une TCC centrée sur l’exposition progressive et la restructuration cognitive, elle parvient à reconnaître ses symptômes et à accepter un traitement. Son état s’améliore significativement.
Déni des troubles chez l’enfant et l’adolescent
Chez l’enfant et l’adolescent, le déni des troubles est fréquent, notamment dans les troubles anxieux, les troubles dépressifs, ou les troubles bipolaires. Les mécanismes sont similaires à ceux de l’adulte, mais la prise en charge doit tenir compte des spécificités développementales.
Exemple clinique : le déni chez un adolescent bipolaire
Adrien, 16 ans, présente des épisodes de grande excitation, suivis de phases de repli et de tristesse. Il nie toute pathologie et refuse de consulter. « Je suis juste comme ça, je n’ai pas besoin d’aide », dit-il. Grâce à une approche combinant TCC et soutien familial, Adrien parvient à reconnaître ses difficultés et à accepter un suivi.
Conclusion : comment réagir face au déni des troubles ?
Le déni des troubles est un mécanisme complexe, à la fois protecteur et potentiellement dangereux. Sa prise en charge nécessite patience, empathie, et une approche adaptée à chaque patient. Reconnaître les signes du déni, établir une alliance thérapeutique solide, et impliquer l’entourage sont des étapes clés pour favoriser l’acceptation de la maladie et l’engagement dans les soins. Si vous ou un proche êtes confronté à un déni des troubles, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé mentale. Une prise en charge précoce et adaptée permet d’éviter les complications et d’améliorer la qualité de vie.
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– Quelles sont les techniques de TCC les plus efficaces pour surmonter le déni ? N’hésitez pas à poser vos questions ou à partager votre expérience en commentaire.
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