Bébé qui pleure

Rédacteur: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), Membre du Collège National Professionnel de Psychiatrie, mail: dr.neveux@gmail.com
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Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP) , Dunod; Manuel de thérapie comportementale et cognitive, Dunod

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panneau-fleche-droite-ou-gaucheL’essentiel:

Quel parent ne s’est pas retrouvé confronté à la difficulté de faire face à un bébé inconsolable? Cette situation est très éprouvante pour les parents et peut amener à un épuisement nerveux des parents. Dans ce ce cas de figure, il y a beaucoup de choses qui se jouent, tant pour l’enfant que pour les parents: c’est ce que nous allons voir dans la suite.

 

1/ Avant tout, éliminer une urgence

Quel que soit l’âge de l’enfant, il y a des choses à vérifier, qui doivent faire consulter:

– si l’enfant est douloureux

– si l’enfant a systémtiquement des régurgitations après chaque biberon, malgré une faim importante

– si l’enfant allait bien, s’arrête brutalement de jouer, devient tout pâle et se met à pleurer pendant quelques minutes, avant, sans raison apparente de reprendre le cours normal de ses activités.

– s’il y a de la fièvre

– une éruption cutanée suspecte

-perte de poids

– Important: ne pas oublier le syndrome du cheveu: il arive assez fréquemment qu’un cheveu, souvent de la mère car ils sont plus longs, s’enroule autour d’une partie saillante du corps du bébé: généralement un doigt, orteil, pénis, clitoris, oreille… C’est à prendre très au sérieux car cela peu entraîner la congestion et la nécrose de la partie en cause. La douleur entraîne des pleurs qui semblent inconsolables. L’attitude la plus efficace est préventive et consiste à examiner régulièrement le corps entier de son bébé.

Cette liste n’est pas exhaustive. En cas de doute, téléphonez à votre médecin généraliste ou votre pédiatre, ou consultezles urgences pédiatriques les plus proches.

 

2/ Comprendre ce qui se joue pour l’enfant

Soyons clairs: en-dessous de 4 mois, le bébé qui pleure ne fait pas de caprice, il y a toujours quelque chose qui lui pose problème s’il pleure. Ce peut être: faim, soif, froid, chaud, inconfort, douleur, fatigue, peur, selles etc…)

L’enfant n’étant pas en mesure de verbaliser ce qui ne va pas, l’attente est un grand moment d’anxiété pour lui car il ne sait pas s’il sera soulagé, mais aussi un grand moment de confiance envers ses parents lorsque ceux-ci répondent à ses besoins de façon adaptée. Ces moments où l’enfant a besoin de vous comptent beaucoup dans sa capacité à se sentir en sécurité. Le plus important est de manifester de l’intérêt quant à ses problèmes, de lui parler, de montrer que vous êtes là, même si vous mettez du temps à le soulager.

Un besoin à ne pas sous-estimer: les enfants ont un besoin vital du contact avec les parents et de la communication. Le bébé peut donc pleurer pour qu’on comble ce besoin.

Ensuite, il faut savoir que le bébé est une éponge: toute anxiété des parents sera perçue par l’enfant et retentira sur lui. Il arrive fréquemment que pour calmer l’enfant, il faille apaiser les parents!

 

3/ Cas du nouveau-né

Il faut avant tout comprendre ce qui se joue pour le nouveau-né:

Avant la naissance: la température est constante, le bruit et la lumière sont amortis, son poids est soulagé par la portance de l’eau, et il n’a même pas besoin de manger, boire ou respirer… Aucun effort à faire.

Dans la journée, la maman bouge ce qui entraîne des stimulations incompréhensibles pour le fœtus, qui réagit par l’évitement. A cet âge, l’évitement, cela veut dire le sommeil. Le soir, quand la femme enceinte se détend, les stimulations diminuent, et l’enfant peut se permettre de se réveiller et se mouvoir.

Mais après la naissance, tout est chamboulé: multiples stimulations, on le passe de bras en bras, il est examiné, les bruits les odeurs et la lumière l’assaillent, et pire que tout il connaît la faim, le froid, et il faut même respirer! Normal que le nouveau-né se sente mal et pleure facilement.

Le nouveau-né passe d’un état de protection maximal (vie intra-utérine), à une situation où il lui faut agir pour vivre. Comme il ne peut assurer l’essentiel de ses besoins tout seul, il ne peut que s’en remettre à la bienveillance de l’entourage. Pleurer est alors un comportement de signalement vital qui lui permet d’interpeller le donneur de soins.

Ayant compris la bienveillance des personnes qui prennent soin de lui, il va donc régulièrement chercher à être à leur contact, réclamant les bras ou être à leur contact. Cela peut paraître bizarre à nos yeux d’adultes, pour qui se mécanisme d’attachement paraît bien futile. Pourtant, pour vous le faire vivre, imaginez la situation suivante que vous avez déjà probablement déjà vécue: vous êtes dans une soirée, où vous ne connaissez qu’une seule personne. Qu’allez-vous tenter de faire? Généralement vous allez rester au contact de cette unique personne connue. En effet, cette personne est pour vous un repère sécurisant que vous allez rechercher Et pourtant vous avec les ressources d’un adulte, et vous êtes dans un milieu que vous comprenez et qui ne vous est pas hostile…

Alors imaginez un bébé, incompétent, qui se voit plongé dans un monde dont il ne comprend rien? C’est comme pour vous êtres plongé dans un univers parallèle… Quoi d’étonnant à ce que votre bébé pleure et réclame votre attention? Donnez lui votre attention, prenez-le dans vos bras… Consolez-le il en a le droit, et surtout il a de bonnes raisons d’être inquiet!

 

4/ Comprendre ce qui se joue pour les parents

Voir son enfant pleurer, en détresse, est une chose qui devient très vite insupportable pour la plupart des parents. Un certain nombre de pensées peuvent traverser l’esprit de parents se trouvant devant un bébé inconsolable:

– Je suis nul

– Je suis incapable de m’occuper correctement de mon bébé

– Quelqu’un d’autre à ma place ferait mieux que moi

– Sentiment d’impuissance

– Colère

– Fatigue

Ces émotions et ces pensées sont légitimes, et tout à fait normales. Face à cela, on peut appliquer des conseils simples:

En cas de fatigue, de colère, mieux vaut passer la main pendant un temps, le temps de se reposer et d’être à nouveau en mesure de supporter les pleurs du bébé. Faites appel à votre conjoinjt, votre famille proche, vos amis.

Rappelez-vous qu’il est naturel qu’un bébé pleure, dans la mesure ou il y a des choses qui le calment par ailleurs et sous réserve qu’une urgence ait été éliminée

Si malgré tout vous vous sentez dévalorisé, ou durablement fatigué, il devient utile de consulter un psy, qui pourra vous aider à faire face à ce sentiment de dévalorisation avant qu’il ne prenne trop d’ampleur.

 

 

 

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Fait à Paris par un psychiatre avec le concours d’un psychologue