Les enfants et les écrans
Vous voulez en savoir plus sur les enfants et les écrans? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires. Allez sur ces pages pour en savoir davantage sur l’hyperexposition des enfants aux écrans et sur les avantages et inconvénients des écrans pour les enfants et adolescents.
Rédacteur « Les enfants et les écrans »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Quelle durée peut-on accorder quotidiennement à chaque enfant?
- A quel âge?
- Quoi les laisser regarder?
I/ Comprendre
Regarder un écran est une position passive, y compris lorsqu’il s’agit d’un jeu vidéo. En effet, l’enfant ne construit rien, n’imagine rien, il se laisse guider par le programme qui lui est imposé. Les écrans ne concourent donc pas au développement de l’imagination, de la créativité, ni de la dextérité. la « dextérité » acquise dans le maniement d’une manette de jeu vidéo, par exemple, est sans grand intérêt car hyper spécialisée, à un âge où habileté éclectique est essentielle.
Le fait d’être en position passive, accueillant les stimulus plaisir trop facilement accessibles, ne favorise pas la création d’un monde enfantin, ni le développement de la persévérance à progresser et à effectuer des tâches.
Le but n’est pas de diaboliser les écrans mais bien de mesurer les sur les avantages et inconvénients des écrans pour les enfants et adolescents, afin de savoir jusqu’où ils sont bons pour nos enfants, et à partir de quand il faut pose des limites à leur utilisation.
II/ Les enjeux
A/ Sur le développement cognitif
Comme on l’a vu ci-dessus, les écrans impactent négativement:
- la créativité, l’imagination
- le développement de la dextérité, qui ne peut se faire que grâce à une mise en situation requérant de l’habileté, et donc la coordination psychomotrice
- la persévérance et le goût de l’effort, de part la trop grande faculté d’accès au plaisir immédiat
B/ Sur la représentation du monde
Les écrans véhiculant des images irréelles (dessins animés, jeux vidéos), ils peuvent influencer de manière négative la perception du monde de l’enfant, lui donnant une image erronée.
Les programmes visualisés par les enfants rendent ces derniers vulnérables à leur contenu: même un programme pour enfants peut créer de l’angoisse chez un enfant, en fonction de son degré de maturité. L’enfant est donc tributaire du contenu de ce programme, sans que le parent n’ait eu un contrôle précis dessus.
C/ Sur les relations interpersonnelles
L’attachement, indispensable au bon développement et permettant la création d’une sécurité affective, ne peut se faire avec un objet, donc l’enfant va passer à côté des apprentissages interpersonnels indispensables à acquérir dans l’enfance. Les écrans étant une activité solitaire, ils induisent un recentrage sur soi-même au détriment d’une démarche socialisante. L’enfant n’apprend donc pas à interagir positivement avec l’autre.
D/ Complications psychiques
Les dangers qui peuvent apparaitre sont:
- addiction aux écrans (jeux vidéos, réseaux sociaux)
- désocialisation
- rejet de l’école
- intolérance à la frustration
- apathie
- désintérêt pour les autres activités (sport, amis, loisirs créatifs…)
Consultez cette page pour en savoir plus sur l’hyperexposition des enfants aux écrans.
III/ Durée
Les recommandations varient selon les autorités de santé (pédiatrie, psychiatres, OMS), mais les tendances sont assez convergentes.
👶 Moins de 3 ans
👉 Idéalement : 0 écran
- sauf appels vidéo avec un proche
- le cerveau est en plein développement
- les écrans perturbent langage, attention, sommeil.
🧒 3 à 6 ans
👉 30 minutes à 1 heure par jour max
- contenu de qualité uniquement
- toujours accompagné d’un adulte si possible
- éviter les écrans “passifs” (YouTube autoplay, TikTok-like)
🧑 6 à 10 ans
👉 1 heure à 1h30 par jour
- pas d’écran le matin avant l’école
- pas pendant les repas
- éviter avant le coucher
🧑🎓 11 à 14 ans
👉 1h30 à 2h30 par jour (hors école)
Mais surtout :
- attention au contenu (réseaux sociaux = risque anxiété / comparaison)
- importance du sommeil (pas d’écran 1h avant coucher)
🧑🎓 15–18 ans
👉 2 à 3 heures/jour (hors travail scolaire)
Mais ici le sujet n’est plus seulement la durée :
👉 c’est surtout la qualité et le contrôle
- réseaux sociaux
- sommeil
- isolement
- harcèlement en ligne
Cependant, un message clair: les écrans ne sont pas le mal! On parle de ce qu’il faut viser. Mais si les circonstances l’exigent, mieux vaut utiliser les écrans:
- quand le parent est trop épuisé et n’est pas capable de tenir le cadre. Cela doit rester bien sûr, l’exception.
- quand l’enfant est malade ou souffre. Il n’est pas alors disponible psychiquement pour des activités autres que passives. L’écran sert alors à distraire son attention de la douleur.
- Dans des situations limitant: avion, train par exemple.
Comme le rappelle le Dr Neveux, psychiatre à Paris et spécialiste en TCC et TIP: « la meilleure politique c’est celle dont on a mes moyens. Si on n’est pas capable de tenir le cadre, mieux vaut autoriser un peu les écrans plutôt que de tenter de limiter puis de céder.3
Résumé simple
- <3 ans → quasi zéro
- 3–6 ans → 30 min à 1h
- 6–10 ans → 1h à 1h30
- 11–14 ans → 1h30 à 2h30
- 15–18 ans → 2h à 3h
- Déroger si les circonstances l’exigent
👉 Mais la vraie règle est :
moins d’écrans tardifs, moins d’écrans passifs, plus de vie réelle
IV/ Quoi les laisser regarder?
⚠️ Ce qui compte PLUS que la durée
Les psychiatres insistent sur 3 facteurs plus importants que les minutes :
1. Le sommeil 😴
👉 écran après 21–22h = impact majeur sur anxiété et humeur
2. Le contenu 📲
- passif (scroll infini) = nocif
- interactif / créatif = moins problématique
Ainsi, un enfant de 7 ans féru de lecture qui utilise une appli d’apprentissage de la lecture… ce n’est pas un problème!
Par contre, la visionnage de contenus violents, pornographiques ou simplement stupides, les jeux de hasard, est à proscrire à 100%.
3. Le contexte 👨👩👧
- seul dans sa chambre = risque plus élevé
- avec échanges familiaux = protecteur
4. La fonction des écrans
V/ Autres points à considérer dans la décision
Les écrans ne créent pas forcément un trouble, mais ils peuvent :
- aggraver un TDAH (attention)
- amplifier l’anxiété sociale / phobie sociale
- favoriser retrait social
- accentuer les troubles du sommeil
- exposer au cyberharcèlement
On adaptera donc ce que l’on laisse comme liberté d’écran à la situation psychologique de l’enfant ainsi qu’à ses résultats scolaires. L’utilisation des écrans sera moins un problème pour un enfant bien inséré et bon en classe par exemple.
VI/ Conclusion
Dans une société technologique telle que la nôtre, il ne semble pas judicieux d’interdire complètement l’accès aux écrans aux enfants. Le risque serait de les rendre inadaptés au monde dans lequel ils seront appelés à évoluer. Il faut donc qu’ils aient accès aux écrans, mais de façon réfléchie.
Quelques conseils:
- Les activités des enfants ne doivent pas être uniquement technologiques. Un enfant doit bénéficier d’activités variées (dessin, sport etc…)
- Le problème c’est l’exagération. Il est de fait que souvent les parents recourent aux écrans « pour avoir la paix ». Résistez à cette tentation. Une bonne base est de ne jamais dépasser 30 minutes par jour.
- Il ne semble pas indispensable de laisser l’accès aux écrans aux enfants de moins de 3 ans.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
- RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
- Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).
Références
Etude publié par le centre national de recherche pour la santé au Etats Unis. Publié en Février
2018: Lien du site : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5836000/
Fait à Paris par un psychiatre avec le concours d’un psychologue
Auteur
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