Chirurgie bariatrique de l’obésité

Rédacteur: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), Membre du Collège National Professionnel de Psychiatrie, mail: dr.neveux@gmail.com
 .
Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP) , Dunod; Manuel de thérapie comportementale et cognitive, Dunod

I/ Chirurgie bariatrique : de quoi s’agit-il?

Il s’agit d’une chirurgie permettant de restreindre l’absorption des aliments.

On peut distinguer deux grands types principaux:

  1. La chirurgie visant à réduire la capacité gastrique : « anneau gastrique », « gastroplastie verticale bandée par agrafage » ou sleeve gastrectomy = « gastrectomie longitudinale en manchon »
  2. La chirurgie créant un système de dérivation permettant de réduire l’absorption des aliments.

II/ Pour qui?

Elle doit être réservée au cas d’obésité importante caractérisée par un indice de masse corporelle (body mass index) élevé.

Il est très important de se rappeler que cette méthode ne doit pas être utilisée en première intention, mais n’est indiquée qu’après échec des régimes, et surtout prise en charge nutritionnelle et psychiatrique. En effet, de nombreuses problématiques psychiques peuvent être à l’origine d’une résistance au régime ou d’un comportement alimentaire problème. Un avis psychiatrique semble nécessaire avant toute intervention. En effet le risque est que malgré l’intervention, le problème psychique dont la prise de poids n’était que le symptôme ne soit pas traitée.

Pour les personnes qui souhaitent perdre du poids mais dont lest tentatives d’amaigrissement ont été peu soutenues, ou non accompagnées par un travail psychologique, nous conseillons de consulter cette page.

III/ Chirurgie bariatrique : quelle efficacité?

L’ÉTUDE SOS (Swedish Obese Subjects) a établi le bénéfice de la chirurgie bariatrique chez l’obèse. En, terme de méthodologie, il s’agit d’un essai non randomisé prospectif cas contrôle qui s’est déroulé entre 1987 et 2010 portant sur 2 010 obèses. Au final, la chirurgie s’est avérée associée à une réduction de la morbi-mortalité totale (critère primaire) par décès d’origine cardiovasculaire (infarctus, AVC et  cancers). Parmi les patients présentant une intolérance au glucose, l’évolution à 15 ans vers un diabète a été diminuée de 87 % .

Une autre étude de 2019 (1) montre que les opérations de l’estomac font largement baisser à long terme le taux de mortalité des patients.

On considère la chirurgie bariatrique comme la thérapeutique médicale la plus efficace afin d’aider les patients obèses à maigrir durablement (2) (3). Cependant, les résultats sur le long terme sont plus mitigés. En effet, on observe fréquemment des reprises de poids (4) (5). De plus, les améliorations physiques et psychiques obtenues les deux premières années semblent s’estomper sur la durée (6)(7)(8).

IV/ Complications de la chirurgie bariatrique de l’obésité

Elles sont nombreuses et la liste ci-dessous est loin d’être exhaustive.

  • Carences
  • dénutrition
  • occlusions
  • reflux gastro-oesophagien
  • ulcères de l’estomac
  • hernies

De plus des complications particulières peuvent survenir en fonction de votre état physique pré-opératoire. Par conséquent, l’opportunité de l’opération doit être pris en concertation avec votre anesthésiste, votre chirurgien et votre psychiatre.

Sans qu’il ne s’agisse d’une complication, on observe cependant une augmentation de la fréquence de l’addiction à l’alcool dans les suites opératoires. L’hypothèse principale est qu’il s’agit d’un déplacement de l’addiction à la nourriture vers l’alcool. La survenue d’un tel phénomène nécessite l’intervention d’un psychiatre.

 

V/ Quel suivi pour la chirurgie bariatrique de l’obésité ?

Vu la fréquence des complications, un suivi à vie est indispensable. Le patient devrait donc consulter chirurgien et le psychiatre à vie. Bien sûr, si tout se passe bien, il peut ne s’agir que d’une consultation annuelle. Toutefois, la fréquence des complications et le contexte psychique de l’obésité inclinent à la plus grande prudence.

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Bibliographie

(1) Long-term adverse events after sleeve gastrectomy or gastric bypass: a 7-year nationwide, observational, population-based, cohort study; Volume 7, ISSUE 10, P786-795, October 01, 2019; et al.

(2) Arterburn, D. E., Olsen, M. K., Smith, V. A., Livingston, E. H., Van Scoyoc, L., Yancy, W. S.,  Maciejewski, M. L. (2015). Association between bariatric surgery and long-term survival. JAMA, 313(1), 62-701. https://doi.org/10.1001/jama.2014.16968

(3) Gloy, V. L., Briel, M., Bhatt, D. L., Kashyap, S. R., Schauer, P. R., Mingrone, G., … & Nordmann, A. J. (2013). Bariatric surgery versus non-surgical treatment for obesity: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Bmj, 347, f5934.

(4) Cooper, T. C., Simmons, E. B., Webb, K., Burns, J. L., & Kushner, R. F. (2015). Trends in weight regain following Roux-en-Y gastric bypass (RYGB) bariatric surgery. Obesity Surgery, 25(8), 1474-1481.

(5) Kruseman, M., Leimgruber, A., Zumbach, F., & Golay, A. (2010). Dietary, Weight, and Psychological Changes among Patients with Obesity, 8 Years after Gastric Bypass. Journal of the American Dietetic Association, 110(4), 527–534.

(6) Booth, H., Khan, O., Prevost, A. T., Reddy, M., Charlton, J., & Gulliford, M. C. (2015). Impact of bariatric surgery on clinical depression. Interrupted time series study with matched controls. Journal of Affective Disorders, 174, 644–649. https://doi.org/10.1016/j.jad.2014.12.050

(7) Mitchell, J. E., King, W. C., Chen, J.-Y., Devlin, M. J., Flum, D., Garcia, L., … Yanovski, S. (2014). Course of depressive symptoms and treatment in the longitudinal assessment of bariatric surgery (LABS-2) study. Obesity, 22(8), 1799–1806. https://doi.org/10.1002/oby.20738

(8) Sjöström, L. (2013). Review of the key results from the Swedish Obese Subjects (SOS) trial – a prospective controlled intervention study of bariatric surgery. Journal of Internal Medicine, 273(3), 219–234. https://doi.org/10.1111/joim.12012