Burn-out parental
Le Burn-out parental est une problématique méconnue. Elle touche pourtant un grand nombre de parents quelle que soit leur situation. Ce phénomène s’est encore aggravé depuis la crise sanitaire. Découvrez ici quelles en sont les principales caractéristiques.
Rédacteur « Burn-out parental »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- le burn-out parental est fréquent.
- il entraîne beaucoup de culpabilité.
- il peut toucher tout le monde.
- chercher un diagnostic global derrière le Burn-out parental.
- le diagnostic doit être posé par un psychiatre afin d’organiser la stratégie thérapeutique (voir sur cette page pour les différences entre psychiatre ou psychologue).
- la Thérapie Interpersonnelle (TIP) et la Thérapie cognitive et Comportementale (TCC) sont à privilégier dans cette situation.
Le burn-out parental est une problématique fréquente qui touche 8% des parents en Belgique selon les estimations. Toutefois, elle a tendance a être sous-diagnostiquée. Il est donc probable que le burn-out parental soit en fait bien plus fréquent.
I/ Qu’est-ce que le burn-out parental?
Le burn-out ou burnout parental est une problématique encore mal codifiée. Elle n’est pas reconnue notamment dans la CIM-11. Toutefois, on peut s’accorder à dire que les symptômes les plus fréquents sont identiques à ceux du burn-out.
Les premiers signes sont un sentiment de dégoût, de ras-le-bol, manque d’envie ou d’entrain. Les tâches ou les soins pour les enfants ne sont plus pourvoyeurs de plaisir.
Le burn-out parental concerne les parents, dans les tâches liées aux enfants. Il apparaît du fait d’une charge mentale que le parent ne parvient plus à gérer.
Il se différencie du le stress parental normal parce que le stress est une réaction naturelle face à une pression psychologique ou physique. Le burn-out, en revanche, est une réponse pathologique à un stress prolongé et non géré. Autrement dit, le stress est la pression, le burn-out est l’effondrement.
On peut ainsi classer les symptômes en 5 catégories:
- Physique
- Emotionnelle
- Interpersonnelle
- Attitudinale
- Comportementale
Physique
Fatigue, troubles du sommeil, insomnie, douleurs (type lombalgies, cervicalgies…), crampes, céphalées, vertiges, anorexie, troubles gastro-intestinaux.
Emotionnelle
Peurs vagues, anxiété, impulsivité, tensions nerveuses, tristesse, manque d’enthousiasme, irritabilité, hypersensibilité, émoussement affectif, épuisement émotionnel, cynisme vis-à-vis des enfants et des soins aux enfants, diminution du sentiment d’accomplissement personnel familial.
Interpersonnelle
Repli sur soi, clinophilie, isolement , agressivité voire violence, érosion de l’empathie, ressentiment, amertume, hostilité, diminution de l’empathie, perte d’engagement, difficulté à accepter les contraintes, demandes ou critiques, attitude négative, détachée envers les interlocuteurs au travail.
Attitudinale
Désinvestissement, baisse de motivation, altération du moral, effritement des valeurs notamment l’accomplissement personnel, perte de confiance en soi et en ses compétences, remise en cause professionnelle, autodévalorisation.
Comportementale et cognitive
trouble de la mémoire, trouble de l’attention, difficultés de concentration, addictions, baisse des efforts, baisse de l’estime de soi, sentiment d’utilité et d’efficacité diminué.
Un écroulement soudain est tout à fait possible, avec arrêt brutal de l’activité, clinophilie, incapacité à sortir de chez soi. C’est l’image de la corde qui rompt.
Culpabilité
Les parents en burn-out parental présente quasiment toujours une grande culpabilité. Elle est d’autant plus présente chez les hommes. Elle est principalement due à des croyances énonçant que l’on a « pas le droit d’être fatigué quand il s’agit des enfants ». La culpabilité est favorisée par le fait que les enfants sont connotés positivement par la société. Ainsi, il devient inconcevable qu’ils puissent être source de souffrance.
De même une croyance répandue est qu’il est normal et instinctif de bien savoir s’occuper de ses enfants. Le corollaire est donc que celui qui en souffre est en tort. C’est bien sûr faux: s’occuper des enfants n’est pas instinctif, cela s’apprend!
Cette culpabilité entraîne chez le patient une tendance à ne pas s’écouter et à ne pas parler de sa souffrance. Il va donc rechigner à appeler à l’aide, ce qui conduit à un retard diagnostic et donc une perte de chances.
Les parents en burn-out culpabilisent souvent, se jugeant comme de « mauvais parents » ou manquant de volonté. Cette culpabilité les empêche de consulter et aggrave la situation.
Or, le burn-out parental n’est pas un échec, mais un signal d’alerte. Il invite à repenser son équilibre de vie et à chercher de l’aide. La culpabilité est une émotion, pas une décision : elle ne doit pas dicter ce que l’on fait.
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II/ Facteurs favorisant le burn-out parental
Le burn-out parental est un épuisement profond, lié à un déséquilibre entre les exigences parentales et les ressources disponibles. Il ne faut pas le confondre avec une simple fatigue ou un stress passager. La prévention passe par une meilleure organisation, la capacité à poser des limites et à préserver du temps pour soi. En cas de symptômes, consulter rapidement est essentiel pour éviter une dégradation de la situation, tant pour le parent que pour les enfants.
A/ Facteurs liées aux parents
Les antécédents psychiatriques (dépression, troubles anxieux, bipolarité…) sont un facteur de risque de burn-out parental.
Une tendance obsessionnelle, un perfectionnisme, sont des facteurs favorisants. En effet, dans ces troubles de personnalité, les parents vont poursuivre des exigences élevées sans prendre garde aux limites de leur corps ou de leur psychisme.
Les personnes incapables de poser des limites : celles qui privilégient systématiquement les besoins de leurs enfants ou de leur employeur, sans jamais s’accorder de pauses.
B/ Facteurs liés au contexte
Naturellement les familles monoparentales sont les plus à risque de burn-out parental. En effet, dans ces familles, celui qui sent l’épuisement l’envahir ne peut pas passer la main à son conjoint pour le relayer.
Dans le même ordre d’idée, toutes les situations conduisant à l’augmentation de la charge mentale sont à risque de burn-out parental. Ainsi, les conflits entre les parents, les familles où existent des tensions, les situations professionnelles anxiogènes vont créer de la charge mentale et donc diminuer la disponibilité psychique des parents envers leurs enfants.
Enfin, les situations des enfants peuvent accroître le risque de burn-out parental. Les situations requérant une grande présence des parents sont les plus à risque. On citera par exemple:
- âge des enfants < 5 ans. La petite enfance va de pair avec un manque d’autonomie et donc la nécessité d’une grand disponibilité des parents.
- l’âge scolaire, notamment primaire. La nécessité d’accompagner l’enfant dans les devoirs pèse sur le psychisme des parents.
- les enfants en situation de handicap.
- privation de sommeil des parents due aux difficultés de sommeil des enfants.
C/ Société
- Les parents solos : la charge repose sur une seule personne, sans relais possible.
III/ Quelles pathologies chercher derrière le burn-out parental?
N’étant pas une maladie reconnue, il convient de savoir reconnaître des maladies psychiques avérées derrière le burn-out et plus particulièrement:
- L’anxiété généralisée
- Les épisodes dépressifs majeurs
- Les risques suicidaires
- le trouble obsessionnel compulsif
Ces pathologies peuvent aussi compliquer le burn-out parental.
Les risques du burn-out parental pour les enfants sont le passage à l’acte violent dans un moment d’impulsivité.
IV/ Comment traiter le burn-out parental?
Voilà comment on peut modéliser le burnout parental:
Un parent épuisé, dont les besoins physiologiques ne sont plus comblés (manque de sommeil, alimentation déséquilibrée, absence de temps pour soi), réagit de manière disproportionnée aux sollicitations de ses enfants. La moindre transgression d’une règle devient une source de colère, car elle est perçue comme une demande d’effort supplémentaire, alors que les ressources sont déjà épuisées.
S’il existe une pathologie psychiatrique, le traitement sera avant tout celle de cette pathologie psychiatrique.
S’il n’existe pas de pathologie psychiatrique associée, la prise en charge sera principalement psychothérapique.
Les psychothérapies recommandées sont les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la thérapie interpersonnelle (TIP).
A/ Thérapie interpersonnelle (TIP) du burn-out parental
Le burn-out parental est une indication de choix pour la TIP. En effet, la TIP cible les problématiques liées aux dysfonctionnements interpersonnels. Dans le burn-out parental, la TIP modélise la problème comme un conflit entre les besoins et attentes des parents et ceux des enfants. Il y a souvent un problème de règles que s’impose le parent en termes d’efficacité et de résultats.
On trouve également souvent un conflit entre les parents sur la clé de répartition des tâches concernant les enfants.
Si le burn-out parental trouve sa source dans un changement de vie récent, la modélisation TIP portera sur une transition de rôle.
Le psy TIP s’efforcera d’aider le parent à répondre aux besoins des enfants tout en évitant de négliger les siens. L’objectif sera de trouver un équilibre qui ne sacrifie personne.
B/ Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) du burn-out parental
La TCC traite également très bien le burn-out parental. La TCC modélise le burn-out parental comme une souffrance liée aux cognitions dysfonctionnelles. La parent se plie à des exigences et des règles internes exagérées. Il a aussi tendance à refuser de tenir compte des limites de son corps et de son esprit. On trouve souvent des idées de référence comme: « Quand c’est pour les enfants, il ne faut pas s’écouter » ou « Une mère parfaite ne se plaindrait pas ».
Le psy TCC va aider le parent à contester ces pensées dysfonctionnelles.
Que faire en cas de burn-out parental avéré ?
1. Consulter rapidement : un médecin ou un psychiatre pourra poser un diagnostic précis. Une fatigue intense peut cacher d’autres troubles (anxiété, dépression, pathologie somatique).
2. Accepter une prise en charge adaptée : celle-ci peut associer médicaments et psychothérapie.
Comment prévenir le burn-out parental ?
La prévention passe par une organisation de vie tenable sur le long terme :
- Faire des choix et accepter des renoncements : il est impossible de tout faire parfaitement. Il faut apprendre à prioriser et à déléguer.
- Poser des limites : savoir dire non, à son employeur, à son conjoint, à ses enfants.
- Préserver du temps pour soi : sommeil, vie sociale, activités plaisantes sont essentiels pour recharger les batteries.
Le piège : beaucoup de parents refusent de changer leurs habitudes par peur de décevoir ou de ne pas être à la hauteur. Pourtant, ne pas agir tôt peut coûter bien plus cher.
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Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.
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