Éjaculation précoce ou prématurée

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L’éjaculation précoce ou prématurée est un problème sexuel très répandu. Ses causes sont multifactorielles et la prise en charge de ce trouble tient compte de cette multiplicité.

I/ Fréquence

C’est le trouble sexuel masculin le plus fréquent. L’éjaculation précoce ou prématurée (EP) concerne environ 30 % des hommes.

Pour les âges allant de 18 à 69 ans en France, on identifie 11 % de patients atteints d’éjaculation précoce persistante (1 % avant pénétration, 6 % après pénétration, 4 % avant ou après pénétration) et 65 % d’éjaculations précoces occasionnelles (souvent, parfois, rarement). Par ailleurs, un tiers des hommes présentant une dysfonction érectile persistante déclarent également une éjaculation précoce persistante.

II/ Durée avant éjaculation

Chez l’homme on observe un délai avant éjaculation allant de 0,55 à 44 minutes. La moyenne est de 5 minutes 15 secondes.

Parmi les hommes présentant une éjaculation précoce:

  • 20 % ont un délai éjaculatoire inférieur à une minute
  • 31 % d’une à deux minutes
  • 21 % de deux à quatre minutes

Généralement, les patients ayant une éjaculation prématurée primaire, c’est à dire ayant présenté une éjaculation précoce depuis le début de leur vie sexuelle, le délai éjaculatoire est inférieur à 1 minute dans 90% des cas.

III/ Conséquence de l’éjaculation précoce ou prématurée

Anxiété de performance
Frustration
Colère, irritabilité
Déception
Sentiment d’échec
Sentiment d’infériorité
Sentiment d’insécurité, moindre sentiment de satisfaction quotidienne
Culpabilité
Honte, détresse
Peur, anxiété, angoisse
Déni
Inhibition relationnelle
Dépression
Résignation
Instabilité relationnelle
Conflits, diminution de l’intimité de couple

Il apparaît que l’éjaculation prématurée peut entraîner de nombreuses complications et doit donc être recherchée et traitée.

IV/ Formes

1/ Éjaculation prématurée primaire et permanente (éjaculation prématurée maladie)

L’éjaculation est toujours survenue trop rapidement (dans 90% < 1 minute) :

  • à chaque rapport ;
  • avec toutes les femmes ;
  • depuis les premières expériences sexuelles ;

2/ Éjaculation prématurée secondaire ou acquise (éjaculation prématurée symptôme)

Le patient a auparavant présenté un délai d’éjaculation satisfaisant. Ce type d’éjaculation est majoritairement rattaché à un problème interpersonnel.

3/ Éjaculation prématurée subjective ou pseudo-éjaculation prématurée

Cette forme correspond à la premature ejaculation-like dysfunction (PELD). Il s’agit de patients estimant présenter une éjaculation précoce alors qu’ils ont en fait un délai éjaculatoire parfaitement normal voire au-dessus de la moyenne. Il s’agit alors principalement d’une cause cognitive comme des attentes exagérées.

4/ Éjaculation prématurée variable naturelle

Ces patients éjaculent de façon prématurée en fonction de l’intensité de stimulation, de l’état de relaxation, du niveau de frustration, de la fatigue et du contexte. C’est une variabilité physiologique.

5/ Éjaculation prématurée émotionnelle

Ces patients éjaculent dès que leur partenaire manifeste la moindre excitation, mais leur éjaculation peut durer plus longtemps en l’absence de toute expression de plaisir de leur partenaire.

6/ Éjaculation prématurée révélée par une dysfonction érectile

Très souvent il s’agit d’un trouble érectile souvent entrainé par l’angoisse due à l’éjaculation précoce. Il faut traiter l’éjaculation précoce pour traiter le problème érectile.

7/ Éjaculation prématurée pseudo-primaire

Il s’agit de patient n’ayant connu qu’une seule partenaire, mais dont l’éjaculation précoce à en fait les mêmes caractéristiques qu’une éjaculation précoce secondaire. Elle est très souvent due à un manque de connaissance sur le fonctionnement sexuel normal ou à des difficultés relationnelles avec la partenaire.

8/ Éjaculation prématurée masquant une dysfonction érectile

Il s’agit d’une forme adaptative d’éjaculation précoce où  le patient éjacule rapidement car il sait qu’il va perdre son érection du fait de la dysfonction érectile. Traiter la dysfonction érectile peut faire disparaître l’éjaculation précoce.

V/ Facteurs de risque

  • Éjaculation prématurée et lésions du cône terminal
  • Éjaculation prématurée et dysfonction érectile
  • Éjaculation prématurée et prostatite chronique/syndrome de douleurs pelviennes chroniques
  • Phobie sociale
  • Inaptitude à la communication émotionnelle
  • Éjaculation prématurée et dysthyroïdie
  • Éjaculation prématurée et dépression

 

VI/ Diagnostic

En l’absence de symptômes associés, le diagnostic est purement clinique et repose sur l’interrogatoire du patient et aucun bilan complémentaire n’est indiqué.

VII/ Traitement

1/ Psychothérapique

a/ La référence

Les méthodes de sexothérapie comportementales (TCC) avec la technique du squeeze et du sensate focus de Masters et Johnson, sont la méthode de choix dans l’éjaculation précoce.

Leur efficacité est de 50 à 75 %.

L’implication du conjoint est indispensable.

b/ Thérapie de couple

Il est souvent nécessaire de chercher une difficulté conjugale à traiter en thérapie de couple (par exemple en thérapie interpersonnelle ou en thérapie cognitive et comportementale)

c/ Autres méthodes

  • relaxation
  • hypnose

 

2/ Médicamenteux

Certains antidépresseurs en prise quotidienne ont montré leur efficacité. Il s’agit de la paroxétine, sertraline, citalopram, fluoxétine et de la clomipramine.

Ils sont à utiliser en association avec la psychothérapie sinon la rechute est très fréquente lors de l’arrêt du traitement.

Venir au cabinet:

En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)

En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)

En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)

Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue