Troubles anxieux : comment les reconnaître et les soigner ?

Les troubles anxieux sont très fréquents. Découvrez les généralités sur ces pathologies. Vous trouverez également les liens conduisant sur les articles spécifiques à chaque trouble anxieux.
Rédacteur « troubles anxieux »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC), Membre du Conseil National Professionnel de Psychiatrie, mail: dr.neveux@gmail.com
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Sources: Dr Jean Cottraux, Les thérapies comportementales et cognitives; Dr Christophe André, Les thérapies cognitives
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L’essentiel:

  • Avant tout, consulter un psychiatre afin de poser un diagnostic le diagnostic de troubles anxieux.
  • La Thérapie cognitive et Comportementale (TCC) est à privilégier
  • Les troubles anxieux peuvent avoir des conséquences graves sur la vie de la personne anxieuse
  • Ils sont sous diagnostiqués.

troubles anxieux : rôles respectifs du psychiatre psychologue et psychothérapeute tcc

I/ Fréquence des troubles anxieux

Très courants, leur prévalence est de 15% sur douze mois et de 20% sur la vie entière. On observe une prédominance féminine.
Il débutent chez le sujet jeune et évoluent généralement de façon chronique.
Toutefois, cette fréquence est probablement sous-estimée du fait que beaucoup de personnes ne consultent pas.

II/ Quels sont les troubles anxieux ?

Du fait des diagnostics différentiels et de la complexité du diagnostic, il est indispensable qu’un médecin au mieux psychiatre pose le diagnostic psychiatrique. Il est de son rôle d’orchestrer par la suite la prise en charge.

A noter que le DSM-V ne classe plus le Trouble obsessionnel compulsif (TOC) comme un trouble anxieux Toutefois, nous le citerons tout de même du fait de nombreuses similarités.

III/ Diagnostics différentiels des troubles anxieux

La plus grand difficulté avec les troubles anxieux tient au fait qu’ils présentent de nombreuses analogies avec des maladies physiques. Le risque est grand de passer à côté d’une maladie physique:

  • soit parce que le diagnostic psychiatrique est retenu de façon erronée
  • soit parce qu’il y avait coexistence d’un diagnostic physique et d’un trouble anxieux.

Et pour ne rien arranger, de nombreuses pathologies physiques sont aussi plus fréquentes chez les patients présentant un trouble anxieux!

Seul un médecin / psychiatre pourra poser le diagnostic psychiatrique et éliminer en même temps une intrication avec une cause organique.

Causes physiques

Il faut toujours y penser et les éliminer en consultant un médecin / psychiatre.

  • cardiopathies: troubles de rythme ou de la conduction, ischémie myocardique
  • pneumopathies: embolie pulmonaire, crise d’asthme
  • endocrinopathies: dysthyroïdie (hyper ou hypo thyroïdie), hypoglycémie, phéochromocytome
  • neurologiques: confusion mentale
  • digestives: ulcère gasto-duodénal, gastrite, colopathies
  • le syndrome des apnées du sommeil (SAS) semble plus fréquent chez les personnes présentant un SAS (1).

IV/ Comorbidités des troubles anxieux

Les troubles anxieux sont souvent associés à:
  1. d’autres troubles anxieux
  2. dépression
  3. addictions
  4. troubles physiques (maladies cardio-vasculaires, rachialgies, troubles fonctionnels intestinaux, pathologies dermatologiques, allergies…).

 

V/ Comment les prendre en charge ?

Le médecin / psychiatre pose le diagnostic et organise la prise en charge.

troubles anxieux : quelle prise en charge par le psychiatre ?

 

1/ Traitement psychothérapique

La psychothérapie est le traitement de référence chez l’enfant dans les troubles anxieux.

Le traitement qui a prouvé son efficacité dans le plus grand nombre de troubles anxieux est la thérapie cognitive et comportementale (TCC). Pour plus de détails, voici les pages dédiées à la TCC de chaque trouble anxieux:

La thérapie interpersonnelle est efficace dans la phobie sociale, et montre des résultats prometteurs dans le trouble stress post-traumatique (PTSD).

L’EMDR a prouvé son efficacité dans le trouble stress post-traumatique (PTSD).

Pour plus de détails sur le traitement spécifique à chaque type de trouble anxieux, nous vous invitons à consulter la page dédiée.

2/ Traitement médicamenteux

a/ Généralités

Il s’agit des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine IRS (ou ISRS) et des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline IRSNA. Ils sont prescrits chez l’adulte.
Dans certains troubles anxieux,on utilise la clomipramine, antidépresseur tricyclique, en deuxième ligne.
Le délai d’action varie selon les troubles anxieux. Il se situe généralement aux alentours de 2 à 6 semaines. Il faut compter de 6 à 12 semaines pour obtenir une réponse optimale. Ce délai s’allonge chez le sujet âgé.
La durée totale est d’au moins 6 mois, et 1 an chez la personne âgée.
L’arrêt se fera toujours progressivement, en plusieurs semaines voire plusieurs mois, sous surveillance médicale stricte. Il n’y a pas de risque addictif, c’est pour laisser le temps au corps de s’adapter à la réduction de l’apport exogène de sérotonine. Ainsi, on évite le syndrome de sevrage ou l’effet rebond à l’arrêt.
Dans tous les cas, la consommation d’alcool est fortement déconseillée.
Vous pouvez consulter cette page pour plus de détails sur les antidépresseurs (effets secondaires, règles pour l’arrêt etc…)

b/ Craintes

Les craintes les plus fréquentes liées à la prescription de médicament sont:
  • crainte de la somnolence
  • peur de grossir
  • inquiétude par rapport à la sexualité
  • crainte des effets secondaires
  • peur de perdre sa personnalité
  • certains patients imaginent qu’il vont perdre la maitrise de leur pensée
  • appréhension de ne plus avoir d’émotions, d’être zombifié
  • angoisse de rentrer dans un processus irréversible
  • résistance à s’engager dans un traitement de longue durée
  • redouter d’être dépendant donc de ne jamais pouvoir l’arrêter
  • inquiétude en ce qui concerne la conduite automobile

 

c/ Sujet âgé

Certains effets indésirables sont plus fréquents :
  • Hyponatrémie
  • Effets cardio-vasculaires : hypotension orthostatique, allongement du QT
  • Somnolence, augmentant le risque de chute
  • Syndrome extrapyramidal, augmentant le risque de chute
  • Nausées, constipation, saignements gastro-intestinaux
  • Syndrome confusionnel
  • Syndrome sérotoninergique

3/ Autres approches

En complément on pourra utiliser sophrologie, méditation pleine conscience, relaxation, training autogène…
Il faudra appliquer des mesures hygiéno-diététiques :
  • Bon équilibre alimentaire
  • Quantité de sommeil suffisante
  • Exercice physique régulier
  • Arrêt des excitants : alcool, café, tabac et autres substances psychoactives.

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  • Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)
  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)

Image par Wokandapix