Le Syndrome de stress post-traumatique (PTSD) ou trouble stress post-traumatique (TSPT) est très fréquent. Découvrez ses signes, comment il se soigne, notamment par psychothérapie.

Rédacteur: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), Membre du Collège National Professionnel de Psychiatrie, mail: dr.neveux@gmail.com
Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP) , Dunod; Manuel de thérapie comportementale et cognitive, Dunod

L’essentiel:

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Le syndrome de stress post-traumatique (PTSD) ou trouble stress post-traumatique (TSPT) est un trouble anxieux assez fréquent mais souvent sous-diagnostiqué. En effet, les personnes qui en souffrent ne sont pas toujours conscients de leurs symptômes. Il arrive aussi qu’un individu qui a vécu un traumatisme important, rationalise les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) en les attribuant à tort à une réaction normale qui arriverait à tout le monde ayant vécu un tel événement. Par ailleurs, des syndromes de stress post-traumatiques surviennent parfois à la suite d’événements qui ne sont pas toujours spectaculaires. Le traumatisme n’étant pas porté clairement à la connaissance de la personne, il ne s’attend pas à vivre un syndrome de stress post-traumatique.

 

I/ Notion d’exposition au traumatisme

Cette exposition peut avoir lieu par le biais:
  • d’une position de victime
  • témoin direct
  • annonce concernant un proche
  • d’exposition répétée.
Cependant, l’exposition par le biais des médias ne constitue pas aujourd’hui un traumatisme objectif.
Selon une étude de décembre 2020, 6.5% des patients ayant présenté une infection au Covid-19 présentera un TSPT. ( Is COVID-19 Associated With Posttraumatic Stress Disorder? Mathilde Horn).

II/ Facteurs de risque d’évolution vers un PTSD / TSPT

– Les caractéristiques de l’évènement (type, sévérité, durée et proximité de l’exposition). Par exemple, le risque est encore plus marqué en cas de viol, survivants de guerre ou de génocide.
– antécédents psychiatriques (troubles anxieux ou dépressifs+++)
– antécédents traumatiques
– sexe féminin
– faible soutien social, isolement
– niveau socio-professionnel faible.
Le risque de TSPT chez une personne exposée à un traumatisme est: 10 et 50%. Les conséquences juridiques de l’évènement ont souvent un impact majeur sur l’évolution clinique.

III/ Reconnaître un PTSD / TSPT 

Le diagnostic sera posé par un médecin / psychiatre. Il comprend plusieurs syndromes apparaissant au moins 1 mois après le traumatisme. Outre l’angoisse, on observe plusieurs syndromes.

Quand la personne n’a pas assisté directement à l’événement traumatisant, il est possible que le syndrome de répétition porte sur des éléments qui n’ont pas été réellement vécus mais font référence à la façon dont le patient imagine le déroulement de l’événement. C’est par exemple le cas du décès d’un proche dans un accident de voiture, auquel on n’a pas assisté. Le patient souffrant de TPST peut imaginer l’accident, le craquement de la tôle etc…

IV/ Diagnostic différentiel et difficultés diagnostiques

1/ Formes cliniques

– Forme dissociative avec déréalisation ou dépersonnalisation récurrentes ou persistantes
– Forme subsyndromique.
– Expression retardée 6 mois ou plus après l’évènement,  avec réactivation ou aggravation d’une forme subsyndromique.

2/ Diagnostic différentiel

  1. Trouble stress aigu: symptômes identiques au TSPT survenant peu de temps après un traumatisme. Sa durée n’excède pas 1 mois. La symptomatologie dissociative et les antécédents psychiatriques ou traumatiques sont un facteur de risque d’évolution vers un TSPT.
  2. Trouble de l’adaptation: il n’y a ni syndrome de reviviscence ni d’évitement.
  3. TOC

V/ Comorbidités psychiatriques du PTSD

Les plus fréquentes sont:

 

VI/ Evolution du PTSD

Elle est favorable dans 50% des cas. Dans les formes non résolutives, la chronicisation fréquente.

Le risque suicidaire est très élevé dans le PTSD et ce, indépendamment de toute complication dépressive.

 

VII/ Traitements du PTSD

1/ Psychothérapies

2/ Médicaments

Il faut éviter les benzodiazépines (J Psychiatr Pract. 2015 Jul;21(4):281-303. Benzodiazepines for PTSD: A Systematic Review and Meta-Analysis. Guina J1, Rossetter SR, DeRHODES BJ, Nahhas RW, Welton RS.)

Le médecin / psychiatre prescrira des antidépresseurs en cas de formes chorniques ou sévères.

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