La dépression est une maladie extrêmement fréquente qui doit être diagnostiquée par un médecin psychiatre. Elle a en effet des conséquences qui peuvent s’avérer graves. L’OMS la situe parmi les premières causes d’invalidité au niveau mondial. Vous trouverez dans ce dossier toutes les informations que vous pouvez souhaiter sur l’épisode dépressif caractérisé.

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Rédacteur « dépression »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), Membre du Collège National Professionnel de Psychiatrie, mail: dr.neveux@gmail.com
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Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP) , Dunod; Manuel de thérapie comportementale et cognitive, Dunod

 

I/ Généralités d’après les données du Baromètre Santé 2017 (1)

En population générale (de 18 à 75 ans), la dépression en France a augmenté entre 2010 et 2017. On constate une augmentation globale de la prévalence de la dépression dans toutes les tranches d’âge de la population française entre 2010 et 2017. Notamment, on observe +4.4% chez les 35-44 ans.
La prévalence de l’Episode Dépressif Caractérisé (EDC) dans l’année est de 9,8%, où les femmes sont 2 fois plus représentées. Cela signifie qu’en ce moment, environ 10% de la population française remplit les critères d’épisode dépressif caractérisé. L’âge où la prévalence est la plus élevée se trouve dans le groupe 18-44 ans. Plus précisément elle est maximale chez l’homme entre 18 et 34 ans et chez la femme entre 35 et 44 ans.
II/ En fonction des pathologies associées

La consommation de tabac est associée à un risque plus élevé de développer une dépression (Fluharty et al, 2017).

D’autres exemples

L’alcool

La sédentarité aussi, maladies infammatoires, obésité

la diminution du sucre et des graisses dans l’alimentation protège du risque de dépression.

L’inflammation joue un rôle dans moins de 30% des épisodes dépressifs caractérisés

Entre 2005 et 2017 la prévalence globale de la dépression chez l’homme est restée stable, alors que celle de la femme a augmenté. Chez la femme, cette fréquence a augmenté de 2.7% points.

Le risque de récidive de passage à l’acte suicidaire est de 40% selon le baromètre 2017 de santé publique France et la moitié de ces récidives surviennent dans l’année.

En 2017, les épisodes dépressifs caractérisés ont une prévalence dans l’année de 9.8%.

Chez les chômeurs, on observe un fréquence de +5% entre 2010 et 2017. Par ailleurs, le risque suicidaire est 2 fois plus élevé chez les chômeurs que chez les personnes actives.

La dépression est comorbide avec de nombreux troubles comme:

  • mésusage d’alcool ou les maladies cardio-vasculaires (Fond et al., 2019)
  • suicide qui a causé le décès de 9 300 personnes dans l’Hexagone en 2016 (DREES, 2020)

D’un point de vue épidémiologique en France, ce trouble est en augmentation de 2,5 points de du fait de la crise du Covid, estimée alors à 13,5% des personnes âgées de plus de 15 ans en mai 2020 (DREES, 2021)

III/ Situation sociale (2)

Situation conjugale
+ 70% après veuvage et + 80% après divorce.
L’activité
Chômage/personne au foyer = 2 fois plus d’EDC,
Autres inactifs (« invalidité, congés longue durée ») = 3,4 fois plus d’EDC.
le chômage majore les risques de développer une dépression (Zuelke et al., 2018). Il impacte les besoins psychosociaux comme le sentiment d’efficacité personnelle et le besoin d’estime à travers le statut social (Pohlan, 2019)
 
Le niveau de revenu
– 20% pour les revenus élevés (facteur protecteur).
Le niveau d’études n’était pas associé significativement à une fréquence plus ou moins importante de dépression.
Des facteurs spécifiques ont été identifiés par sexe :
  • Chez l’homme, le fait de vivre seul + 40%.
  • Chez la femme, célibataire +40% ; étudiante + 30%.
L’identité de genre et l’orientation sexuelle.
IV/ Médicaments
Il existe un lien entre la prise de pilules contraceptives et l’EDC (3), croissant avec le dosage en œstrogènes de la pilule.

 

Bibliographie

(1) Santé Publique France, 2018, BEH

(2) Ross et al., 2018, Jour Sex Res

(3) Skovlund et al., 2016, JAMA Psychiatr

Fond, G., Lancon, C., Auquier, P., & Boyer, L. (2019). Prévalence de la dépression majeure en France en population générale et en populations spécifiques de 2000 à 2018 : Une revue systématique de la littérature. La Presse Médicale, 48(4), 365‑375. https://doi.org/10.1016/j.lpm.2018.12.004

DREES. (2021). Confinement du printemps 2020 : Une hausse des syndrome dépressifs, surtout chez les 15-24 ans. (No 1185; p. 8). Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.

Zuelke, A. E., Luck, T., Schroeter, M. L., Witte, A. V., Hinz, A., Engel, C., Enzenbach, C., Zachariae, S., Loeffler, M., Thiery, J., Villringer, A., & Riedel-Heller, S. G. (2018). The association between unemployment and depression–Results from the population-based LIFE-adult-study. Journal of Affective Disorders, 235, 399‑406. https://doi.org/10.1016/j.jad.2018.04.073

Pohlan, L. (2019). Unemployment and social exclusion. Journal of Economic Behavior & Organization, 164, 273‑299. https://doi.org/10.1016/j.jebo.2019.06.006