Coronavirus : quelles conséquences psychiques ?

Découvrez les conséquences psychiques de l’épidémie de coronavirus (Covid-19).

Cette page fait partie d’un dossier sur le coronavirus. Des articles sont consacrés aux conséquences du confinement et à la façon de gérer au mieux le confinement.

Rédacteur « coronavirus »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com

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Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP) , Dunod; Manuel de thérapie comportementale et cognitive, Dunod

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L’essentiel:

  • L’infection à coronavirus (Covid-19) est une maladie dont les caractéristiques sont propices à créer de l’anxiété
  • L’épidémie exerce un véritable stress psychique sur les personnes, tant à cause du risque que de la charge mentale due à l’obligation de s’adapter.
  • Le caractère imprévisible de la situation et l’impuissance sont des facteurs de stress essentiels
  • La peur est fondée et n’est pas pathologique en soi. Par contre, des réactions pathologiques exagérées sont possibles
  • Une étude a pu objectiver les conséquences psychiques lors des pandémies et une autre a été faite lors de l’épidémie de covid-19 en Chine.
  • Les conséquences du confinement sont multiples et potentiellement graves.

coronavirus: quelles conséquences psychiques ?

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I/ Quels aspects de la pandémie sont les plus inquiétants?

De tous temps, les épidémies ont hanté l’imaginaire collectif. Cet imaginaire est basé sur des événements historiques.  L’humanité se souvient ainsi des catastrophes telles que la peste noire, la tuberculose, la grippe espagnole ou la variole. Leur souvenir existe en nous même si nous ne les avons pas vécues.

La peur des maladies est donc une chose naturelle, voire même souhaitable car protectrice.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le coronavirus présente toutes les caractéristiques d’une maladie propice à révéler nos peurs enfouies. En effet, ce virus présente:

  • taux de mortalité élevé
  • mortalité rapide
  • contagiosité élevée
  • contamination possible par voie aérienne (via les postillons)
  • mécanismes de contamination pas complètement élucidés
  • apparition récente: virus encore inconnu
  • impossibilité de se protéger parfaitement de la contamination
  • pas de traitement curatif, uniquement des soins symptomatiques
  • pas de vaccin
  • immunité acquise après infection non établie
  • contagiosité même en l’absence de symptômes

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1/ Coronavirus et contagiosité

Lorsqu’on parle de maladies infectieuses, un aspect essentiel de l’angoisse est liée à la contagiosité.

Dans le cas du coronavirus, la contagiosité (c’est à dire la probabilité de devenir malade en approchant un malade) est élevée. Par exemple, elle est supérieure à celle de la grippe.

De plus, la voie aérienne est toujours angoissante. Les maladies infectieuses se propageant par contact physique, par le sang ou par voie sexuelle, font moins peur. En effet, on peut facilement modifier nos comportements afin de ne pas s’y exposer.

A l’inverse, dans le cas d’une propagation aérienne, les mesures de protection sont difficiles à mettre en oeuvre. En effet, à moins de vivre en ermite le temps de l’épidémie, comment éviter de respirer le même air que les autres? Comment éviter le risque quand on doit prendre le métro ou emmener ses enfants à l’école?

Un autre aspect est particulièrement notable dans le cadre de cette pandémie. En effet, la contamination semble passer en grande partie par les enfants. En d’autres termes, cela veut dire que non seulement la maladie peut venir nous chercher jusque chez nous, mais en plus, elle utilise comme vecteur les êtres que nous aimons le plus, qui sont habituellement symboles d’innocence. Là, les enfants peuvent devenir une menace.

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2/ Coronavirus et mortalité

Sans avoir le taux de mortalité de la rage (100%) ou d’Ebola (25 % à 90 %), le taux de mortalité à 3% du coronavirus est importante. 3% quand il s’agit de nos chances de gagner à la loterie, cela nous paraît peu. Mais se dire qu’on a 3 chances sur 100 de perdre la vie en cas d’infection, ça nous paraît brusquement moins négligeable.

Comme on l’a vue, le risque de pandémie est réel. Si par exemple 30% de la population française était atteinte, soit 20 millions de personnes, cela voudrait dire 600000 morts en France. 3% cela devient énorme, quand tout un pays est touché. Et inconsciemment, nous réalisons que, forcément, une telle épidémie en France voudrait dire que des gens de notre connaissance perdraient la vie. Quand nous réalisons que « ça n’arrive pas qu’aux autres », cela veut dire que le mécanisme de défense passant par le déni ne fonctionne plus. Et c’est à ce moment qu’apparaît l’angoisse.

De plus, la mort survenant très rapidement après la contamination, le coronavirus rend imminente la possibilité d’une fin prochaine. Nous prenons conscience de la caducité de la vie. Un jour on est vivant, un jour on est mort. Même conscients de cette réalité, habituellement, nous n’y pensons pas au quotidien. La mort nous paraît une notion lointaine.

Par contre, la présence d’une épidémie nous donne l’impression d’une épée de Damoclès susceptible de nous tomber dessus à tout instant.

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3/ Coronavirus et soins

L’apparition récente du virus rend impossible de le connaître parfaitement. De ce fait, aucun vaccin n’est disponible.

Mais plus angoissant, aucun traitement n’est pleinement efficace. En effet, il n’y a pas d’antiviral disponible. Par ailleurs, les mesures de prévention (quarantaine, masques…) sont indispensables et réduisent le risque, mais sans l’annuler totalement. Et les habitants des pays industrialisés ne sont plus habitués à faire face à une menace contre laquelle ils sont dépourvus de réplique 100% efficace.

Ainsi, il existe en permanence, dans le monde, de nombreuses épidémies. Mais seules celles contre lesquelles il n’existe pas de traitement engendre la peur dans les pays industrialisés.

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4/ Coronavirus et conséquences financières et sociales

La pandémie et le confinement imposent l’arrêt de l’activité professionnelle pour un grand nombre de travailleurs. Soit du fait du ralentissement de la demande, soit tout simplement par l’interdiction d’exercice liée au confinement. Du coup, de nombreuses angoisses portent sur le futur. Même quand la crise sera derrière nous, quel sera l’état du monde que nous retrouverons? Qui perdra son emploi? Qui fera faillite? Peut-on faire confiance aux annonces du gouvernement en termes de protection des emplois?

 

II/ Comment la pandémie de coronavirus impacte-t-elle notre santé mentale ?

Ce n’est pas un hasard si les films catastrophes comme Alerte! ou World War Z remportent toujours un franc succès. Ils jouent sur nos peurs ancestrales associant un cocktail détonnant:

  • maladie à mortalité élevée
  • pas de traitement
  • tout le monde peut être touché

 

1/ Vécu d’impuissance

Le coronavirus a la particularité de pouvoir concerner n’importe qui. Et aucune mesure de prévention n’est totalement efficace. Par conséquent, chacun se sait à risque de contagion sans pouvoir s’en protéger, ce qui fait naître un sentiment d’impuissance.

Quant au traitement curatif, aucun n’est disponible. Enfin, le traitement des symptômes est efficace, mais sans garantir une survie à 100%. Ce constat conduit à nouveau à un sentiment d’impuissance face à la maladie.

En d’autres termes, nous sommes impuissants tant à nous protéger (titre préventif) qu’à nous traiter (titre curatif).

Le sentiment d’impuissance est un vecteur très important de la dépression dans le modèle TCC. L’une des conséquences de l’épidémie à coronavirus sera donc d’augmenter le sentiment de tristesse dans la population.

Un autre danger du vécu d’impuissance consiste en la tentative inconsciente de reprendre le contrôle sur la situation. Par exemple, le risque est que des personnes angoissées mettent en oeuvre des mesures protectrices exagérées et inefficaces. N’oublions pas que la panique est mauvaise conseillère!

Une des manières de faire face à l’épidémie est donc d’essayer de combattre ce vécu d’impuissance.

 

2/ Surprise

Les citoyens des pays industrialisés ne sont pas habitués à être confrontés à des menaces nouvelles impactant leur santé. Dans ces pays, la société protège leur intégrité physique. Du reste, la confiance dans la technologie donne l’illusion d’une toute-puissance humaine.

Mais cette pandémie plonge les individus dans l’inconnu, ce qui génère la surprise.

Cette menace directe contre leur santé conduit à les sortir de leur zone de confort, augmentant la charge mentale afin de chercher des mécanismes adaptatifs. Ils doivent faire face à une situation imprévue. D’où l’apparition des questionnements entraînant la charge mentale:

  • Comment se protéger?
  • Que disent les autorités?
  • Suis-je en danger?
  • Me proches sont-ils en danger ? etc…

La surprise inhérente à cette situation d’inconnue est un facteur de stress très important pour les populations. Chacun est obligé de bouleverser ses habitudes. L’organisation est perturbée (école, crèche…) ainsi que le travail. Tout cela contribue à accroître la charge mentale et les soucis à gérer. Chez les personnes fragilisées, cela peut entraîner un burnout.

Cette surprise entraîne des comportements adaptatifs, visant à conjurer l’inconnu. Par exemple, nombre de personnes sont actuellement subjuguées par les médias, réseaux sociaux. On pourrait croire que c’est par attirance morbide. En fait, c’est plus compliqué que cela. Confronté à l’inconnu, envahis par la stupeur, les citoyens cherchent sans répit l’information, afin de commencer à se repérer dans cette situation totalement imprévue. La surprise est paralysante au plus haut niveau des états. La difficulté à coordonner une réaction cohérente tant à l’échelle d’un pays qu’à l’échelle mondiale trahit cette perte de repères.

Du coup, chacun cherche des sources d’informations susceptibles de leur donner ces repères. A ce titre, la situation en Chine et en Italie en est une bonne illustration. Cette tendance à guetter ce qui se passe dans ces pays ne traduit pas de fascination morbide. C’est la tendance que chacun présente à tenter de cartographier le futur. Voilà ce qui va nous arriver, voilà ce qui peut survenir. Le caractère dramatique de la situation ne freine pas la recherche d’information. Ce n’est en aucun cas du masochisme ou de la perversion. Il ne s’agit que de la tentative de se faire une idée de l’avenir, fût-il sombre.

 

3/ Imprévisibilité

L’esprit humain déteste les phénomènes imprévisibles. Dans le cas de l’épidémie à coronavirus, les connaissances actuelles ne permettent pas d’anticiper l’évolution. Cet avenir flou contribue donc à augmenter l’anxiété due à l’épidémie.

Du reste d’autres interrogations subsistent, attisant l’angoisse. Par exemple, la durée d’incubation, qui conduit à fixer la période de quarantaine. Elle est actuellement estimée à 14 jours au maximum. Pourtant, les dernières observations montrent que des personnes sont porteuses du virus même au-delà de 14 jours. Même s’il n’est pas prouvé que ces dernières soient contagieuses, cela accroît le caractère incertain et angoissant de la situation.

Ou encore, le mode de contamination. Certaines situations ne sont pas clairs. En effet, dans plusieurs cas, le mode de contamination par une rencontre avec quelqu’un d’infecté n’est pas retrouvé. Cela interroge donc sur les moyens de propagation du virus.

 

4/ Anxiété due au danger du coronavirus

Naturellement, la conscience du danger, comme n’importe quel danger, crée de l’angoisse. Mais cette angoisse est aggravée par le fait que le danger peut venir de n’importe qui, n’importe où, à n’importe quel moment. Pire, même les membres de la famille ou les amis peuvent devenir un danger.

Le stress psychique tient donc aussi à la possibilité que les êtres qui nous sont chers puissent nous nuire. En effet, même eux peuvent nous contaminer. Cet état de fait nous prive de la base secure qui nous permet un attachement serein à nos proches.

Ensuite, la possibilité qu’une personne asymptomatique soit contaminante est très angoissante. En effet, cela veut dire que quelqu’un sans fièvre, qui ne tousse pas, peut malgré tout être contaminant et donc un danger. Ce constat retire à chacun la possibilité de se fier à son observation directe pour identifier s’il y a ou non danger. L’incapacité à identifier ce qui est dangereux ou non est un facteur puissant d’anxiété.

Par ailleurs, un autre problème tient à l’absence de moyen de réassurance. Habituellement, nous gérons l’anxiété par la réassurance. Par exemple, nous examinons les choses rationnellement, nous nous reportons à des données fiables ou à une autorité de savoir crédible, à laquelle nous nous référons. Or, dans le cas du coronavirus, la difficulté tient à l’absence de ces données rationnelles fiables. Cette forme de coronavirus étant nouvelle, elle est peu connue. Son traitement et même sa transmission présentent des zones d’ombre, de l’aveu même des autorités sanitaires.

Le stress tient donc au fait qu’il n’existe pas de moyen simple de se rassurer face à l’anxiété.

 

5/ Culpabilité

Chacun d’entre nous sera exposé à des cas de contaminations survenant dans notre entourage. Or ce constat n’est pas anodin.

Si un proche est contaminé, comment ne pas se demander si nous ne sommes pas à l’origine de la contagion ? Comment échapper à la culpabilité s’il s’avère que nous en sommes effectivement à l’origine?

La situation peut être complexe. Si un proche est contaminé, même en cas de forme bénigne, celui qui se sent coupable va angoisser pendant toute la période où la maladie s’est déclarée. Seule la guérison apportera du soulagement.

Mais si un proche décède du coronavirus, comment gérer la culpabilité s’il est établi que la contamination vient de nous? Ou même une personne plus éloignée.

Bien sûr, rationnellement, celui qui est contagieux n’est pas juridiquement ni même moralement responsable. Pourtant, il arrive souvent qu’en dépit de cette innocence, la personne qui se sent coupable ait du mal à établir rationnellement qu’elle n’y ait pour rien. Le doute peut l’assaillir, parfois de façon obsessionnelle. Il sera donc très important de raisonner la personne si elle se sent coupable de façon indue.

 

6/ Impact sur les personnes contaminées

Les personnes contaminées sont soumises à un stress très important parce qu’elles sont parfaitement conscientes du risque vital qui est engagé pour elle. Cela peut entraîner un état de stress aigu et parfois un syndrome de stress post-traumatique.

coronavirus et quarantaine : génère de l'anxiété et la dévalorisation

La quarantaine peut avoir un effet dévalorisant sur ceux qui sont malades. La quarantaine, bien sûr indispensable, a des conséquences sur ceux qui y sont soumis: isolement, dépréciation puisqu’on les met à l’écart du groupe.

 

III/ Mécanismes pathologiques lors de l’épidémie de coronavirus

On peut observer une augmentation temporaire de la dépendance aux écrans. Certaines personnes vont rester des heures à suivre l’évolution de l’épidémie dans les médias, au détriment de leurs autres activités.

Des comportements phobiques peuvent apparaître. Autant certaines mesures de confinement voire de quarantaine sont adaptées (selon les recommandations des autorités), autant certaines personnes vont outrer les  mesures d’évitement au-delà du raisonnable. On peut observer des comportements dangereux tels que calfeutrer les bouches d’aération du domicile, désinfecter les objets par le feu… C’est pourquoi il est important de se reporter aux mesures préconisées par les agences sanitaires sans les exagérer.

Bien sûr, les personnes présentant des TOCs ou ayant des caractéristiques anxieuses peuvent générer des rituels de lavage ou d’autres types de compulsion. Des pensées obsessionnelles de culpabilité peuvent apparaître de type: « est-ce moi qui ai contaminé untel? »

Mais surtout, cette pandémie peut entraîner des états de stress aigu et des syndromes de stress post-traumatiques (PTSD). En effet, tous les critères sont réunis pour générer des traumatismes « grand T »: mise en jeu de la vie, impuissance, anxiété… Il faut bien comprendre que le traumatisme peut toucher:

  1. les personnes qui auront perdu un proche
  2. celles qui auront été malades avec une forme grave
  3. mais aussi toutes celles qui auront la chance de n’être pas malade et de perdre aucun être cher. Devoir assister à cette détresse humaine, cette catastrophe, peut être traumatisant même si on n’est pas concerné au premier chef.

Il sera donc important de consulter un professionnel si des symptômes apparaissent.

 

IV/ Impact sur les personnes présentant une fragilité psychique préexistante

Bien entendu les personnes présentant des troubles anxieux (trouble panique, trouble anxiété généralisée, trouble obsessionnel compulsif (TOC), anxiété / phobie sociale),dépression, hypersensibilité, ont un risque de voir leur symptomatologie s’aggraver.

Les personnes présentant des symptômes délirants (schizophrènes par exemple) peuvent voir leur délire prendre le thème du coronavirus.

Par contre, il ne faut pas croire que l’acutisation des symptômes se fera forcément sur le thème de la maladie. Bien sûr l’hypochondrie, la nosophobie, les rituels de lavage pourront être plus fréquents. Mais les symptômes anxieux par exemple peuvent s’accentuer sans concerner le thème de la maladie voire même en concernant d’autres thèmes. N’oublions pas que les symptômes anxieux ne sont qu’une soupape pour évacuer le trop-plein d’angoisse.

 

V/ Réactions face au coronavirus

Histoire de mettre un peu de légèreté dans ce contexte, nous vous conseillons de parcourir ce texte qui caricature avec humour les réactions dans la contexte de la pandémie.

1/ Défiance

Tout naturellement, une défiance vis à vis des autorités s’observe. Cette défiance est en partie due au constat de l’ignorance des scientifiques vis à vis de ce nouveau virus. Elle est aussi fondée sur le fait que les informations émanent de pays où la transparence n’est pas forcément complète.

Mais surtout, cette défiance est due à la dépendance de chaque citoyen aux autorités. En effet, les informations divulguées le sont forcément par leur biais. Aucun citoyen en tant que tel ne peut en vérifier l’exactitude par lui-même. Dans ce contexte, la défiance peut très vite dériver en théorie du complot. Tous les ingrédients sont présents.

 

2/ Malveillance

Comme lors de chaque crise, des sites internet immoraux cherchant à collecter des fonds sous le prétexte de lutter contre le coronavirus sont apparus sur la Toile. Ce type d’escroquerie est propice à faire apparaître dégoût et colère chez les individus même s’ils n’ont pas été eux-mêmes dupés.

Ces phénomènes ont surtout lieu au début d’une crise lorsque les gens sont encore pris dans l’émotion. Ils sont alors plus à risque de donner de l’argent sans prendre le temps de vérifier l’authenticité du site internet.

 

3/ Déni

Face à un danger ou une situation déplaisante, l’un des mécanismes de défense psychique les plus fréquents est le déni. Il s’agit, pour un individu, de faire comme si la menace n’existait pas. Cela peut être pseudo-rationnalisé (« les médias exagèrent tout! », « le gouvernement nous manipule! ») ou assumé (« moi je choisis de ne rien changer à ma vie »). Ces personnes vont éviter de lire les articles traitant du coronavirus. Elles refusent d’en parler et de se tenir au courant des mesures recommandées.

Ainsi, le déni permet d’éviter à court terme les émotions désagréables, comme l’angoisse. L’inconvénient est que le déni n’élimine par le danger. Aussi, le risque pour elles est finalement de se mettre en danger en ignorant les mesures à prendre en cas de situation à risque de contamination.

 

4/ Lassitude

Paradoxalement, l’un des autres dangers qui peut s’observer, au bout d’une certaine période, est un phénomène de lassitude. Si l’épidémie ne prend pas un tour catastrophique, le risque est élevé de voir apparaître des comportements laxistes, où les consignes de sécurité sont moins appliquées.

 

V/ Quoi faire?

1/ Prévention

Avant, tout nous recommandons de respecter à la lettre les consignes sanitaires mises à jour quotidiennement.
Se tenir informé, et éviter les zones à risque.

Surtout, ne pas enfreindre les règles pour des raisons qui sur le coup nous paraissent restrictives mais qui sont capitales.

Comme les personnes fragiles sont les plus à risque de forme grave, ces personnes doivent absolument limiter les contacts. Le mieux est pour elle d’éviter temporairement les lieux très fréquentés.

 

2/ Soutenir les personnes angoissées

La solidarité est le maître mot. Comme pendant les grèves, il conviendra de s’aider pour faire face aux contraintes temporaires.

Dans la mesure du possible on essaiera de rassurer les personnes angoissées, en leur rappelant qu’un certain nombre de mesures préventives sont efficaces même si ce n’est pas à 100%.

Dans le cas où des personnes se sentent glisser vers une angoisse pathologique, il conviendra de demander de l’aide auprès d’un psychiatre ou du médecin traitant.

Surtout, les actions doivent rester rationnelles et proportionnées. Inutile par exemple de désinfecter son appartement ou de se laver les mains à l’eau de Javel!

Rappelons nous que la mortalité est importante (3%) mais que ce n’est pas la peste noire! Les personnes décédées sont souvent des personnes fragiles, et la mortalité chez des personnes en bonne santé est probablement bien inférieure à 3%. Cela n’enlève en rien le caractère tragique des décès qui surviendront, cela signifie surtout que la panique n’a pas lieu d’être. Au contraire, il faut veiller à protéger de tout contact dangereux les personnes fragiles.

Ensuite, les enfants ne sont quasiment pas touchés.

Les soins en France ne sont pas curatifs mais sont très efficaces pour prendre en charge les complications respiratoires. Donc même une forme grave n’entraîne pas automatiquement la mort.

L’importance des moyens de prévention a permis pour l’instant d’éviter un emballement de l’épidémie en France. Cela plaide en faveur de leur efficacité.

 

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En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)

En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)

En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)

Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue

Image par Gerd Altmann