Comment aider un proche ?

Rédacteur: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com
Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP) , Dunod; Manuel de thérapie comportementale et cognitive, Dunod

 

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panneau-fleche-droite-ou-gaucheL’essentiel:

Essayer d’aider un proche qui souffre d’un problème psy… Difficile question…

Autant on peut espérer que ce site vous aura convaincu de la nécessité de rechercher l’aide nécessaire si quelque chose vous alarme, autant il en va tout autrement d’un membre de votre entourage.

Votre rôle, dans ce cas de figure est capital. Le propre des problèmes psychologiques est que, très souvent, les personnes sont réticentes à appeler à l’aide. Le rôle de la famille est alors capital!

aider un proche

Comment convaincre un proche de se faire aider par un psychiatre ?

C’est la question la plus fréquente.

Le problème central réside dans le fait que lorsqu’on cherche à aider son mari, son épouse, son enfant, un ami… même si l’intention est honorable de notre part, l’autre ne nous perçoit pas forcément comme autorisé à avancer une opinion sur son mode de pensée ou son comportement. L’intervention est alors vécue comme intrusive et traitée comme telle par celui ou celle que nous souhaitions aider…

Hélas, il n’y a pas de recette miracle. Première chose: ne pas vous sentir coupable si vous n’y parvenez pas: les psys eux-mêmes n’arrivent pas toujours à persuader les gens de suivre les soins dont ils ont besoin. Le plus important, c’est d’essayer de faire ce que vous pouvez. Par contre, vous ne pouvez pas sauver les gens contre leur gré! Ceci étant dit, voici quelques pistes pour vous aider.

 

Plan de la page:

1/ Conseils généraux

2/ Ce qu’il ne faut surtout pas faire

3/ Si vous vous inquiétez pour un proche, qui ne veut pas consulter et que vous cherchez de l’aide

4/ Que faire si un proche souffre d’une pathologie psy?

5/ Que faire si votre proche est en danger urgent et ne veut pas être aidé?

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Conseils généraux pour aider un proche

Ils ne sont ni exhaustifs,  ni sûrs à 100%, mais vous donnent quelques repères dans votre démarche.

Si vous êtes proches, ou qu’une confiance importante vous unit à la personne, ou simplement en position d’autorité vis-à-vis d’elle (parent et enfant, par exemple), il est possible d’aborder le problème que vous avez repéré avec une saine franchise.

Ce cas est bien sûr le plus simple, et toujours à privilégier si vous le pouvez. Aborder les choses directement est possible dans de nombreuses pathologies psy. En effet, le déni n’est pas présent dans toutes les pathologies psy mais uniquement dans certaines d’entre elles.

Ce qu’il faut comprendre dans la relation entre vous et votre proche:

  • vous pouvez être convaincu que votre proche a un problème, mais vous pouvez vous tromper. Restez prudent par rapport à votre propre conviction
  • le problème psy peut être réel, mais votre proche peut être dans le déni. Dans ce cas, il faut procéder très progressivement, par petites touches.
  • votre proche peut ne pas supporter que ce soit vous qui pointiez ses difficultés, parce que l’enjeu peut être trop difficile pour lui au regard de la relation que vous avez. Par exemple, un enfant peut avoir du mal é reconnaître son mal-être vis-à-vis de ses parents alors qu’il le dira plus volontiers à son grand-père.

Si aborder de front le problème n’est pas possible, d’autres pistes s’offrent à vous:

  • En parler avec d’autres amis de la personne. Ainsi vous serez plusieurs, à des moments différents, à évoquer ce problème.
  • Faire des allusions au problème, afin de montrer que vous avez repéré ce problème, et que vous êtes disponible pour écouter la personne si elle en manifeste l’envie. Éventuellement, proposer de parler directement. Par exemple, lui dire que vous avez l’impression qu’elle est triste, mais toujours en restant hésitant: « j’ai l’impression que » et non pas « tu es triste ». Il faut rester prudent.
  • Pointer les conséquences néfastes ou de modification de comportement indiscutables, en s’interrogeant sur les motifs qui les expliquent.
  • Parler du problème comme si c’était pour quelqu’un d’autre ou une information détachée. « J’ai entendu dire que les problèmes d’alcool commencent par la consommation en solitaire, tu le savais? »… une information détachée, qu’on va remettre souvent sur le tapis.

Autres abords:

  • Lui rappeler que vous l’aimez. Cela contribuera à créer un climat de confiance qui permettra qu’un jour la personne accepte de vous parler.
  • Amener la personne sur des sources d’information en rapport avec son problème… Ce site, par exemple, mais aussi des livres, des émissions ou des articles peuvent faire l’affaire.

aider un proche en lisant un article

  • Si la personne appréhende les consultations, ou ce qui pourrait se passer en séance, vous pouvez lui proposer de visionner des vidéos illustrant comment se déroulent des séances de psychothérapie, vous pouvez consulter les vidéos du cycle de découverte des psychothérapies.
  • Montrer de l’empathie.
  • Demander à votre proche ce qui le bloque dans le fait de demander de l’aide
  • Parler de votre propre expérience. Par exemple, vous pouvez parler des consultations que vous avez eues si vous avez consulté un psy.
  • Expliquer les conséquences que vous craignez pour votre proche.

Quoiqu’il arrive, restez patient, ne vous énervez jamais, aussi déraisonnables que pourront vous sembler, parfois, certaines réponses de la personne. Rappelez-vous que la personne est celle qui souffre le plus de son problème. Prenez votre temps, pour aider la personne à évoluer sur la durée.

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Pour aider un proche, voilà ce qu’il ne faut surtout pas faire

  • Chercher à faire avouer la personne. Rien ne pourra la forcer à reconnaître son problème, aussi délétère qu’il soit.
  • Chercher à obtenir une évolution de l’attitude en quelques entretiens, voire dès la première fois où le sujet est abordé. Il faut laisser à la personne le temps de mûrir sa réflexion.
  • Vouloir convaincre votre proche, faire du prosélytisme. Si elle ne comprend pas, c’est qu’elle n’est pas prête. Il faudra revenir à la charge, plus tard.

aider un proche qui ne reconnait pas etre malade

  • S’énerver. Si la personne ne vous croit pas ou ne change pas, ce n’est pas contre vous, c’est qu’elle n’est pas prête.
  • Faire du chantage, des ultimatums. La personne se braquera, s’éloignera de vous, ou au pire se déprimera totalement.
  • Stigmatiser (voire punir) la personne parce qu’elle n’arrive pas à surmonter ses problèmes.
  • Culpabiliser la personne.
  • Juger la personne

Par contre, il ne faut pas non plus compenser ce que votre proche refuse de faire parce qu’il ne va pas bien. Par exemple, si votre proche présente une agoraphobie et qu’il ne refuse de se faire soigner, ce n’est pas à vous de faire ses courses parce qu’il refuse de sortir de chez lui. La personne en souffrance ne doit pas avoir de bénéfice d’être en souffrance.

Il faut l’aider s’il fait tout ce qu’il faut pour se soigner, mais ne rien faire pour compenser s’il ne s’aide pas lui-même.

Surtout, ne vous investissez pas trop, ne faites pas un objectif de votre vie de soigner votre proche. Seul celui qui est concerné peut se soigner.

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Si vous vous inquiétez pour un proche qui ne veut pas consulter et que vous cherchez de l’aide.

La première chose qui pourra vous aider, est de vous informer. En ce sens, le fait que vous parcouriez ce site est déjà une démarche d’information.

Vous pouvez aussi vous tourner vers des associations (France Dépression, AFTOC etc…) qui seront une mine de renseignements utiles.

Une autre solution toujours possible est de prendre rendez-vous pour vous, avec un psychiatre, à qui vous exposerez la situation problème. De cette façon, il pourra vous aider à identifier les solutions qui s’offrent à vous. Ainsi, il examinera le cas particulier dans lequel vous vous trouvez, l’état du proche pour qui vous vous inquiétez, et le lien de proximité qui vous unit à ce proche. Par contre, les psychiatres ne vous répondront pas par mail ou par téléphone sur des situations cliniques spécifiques. En effet, le code de déontologie et les règlements médico-légaux le leur interdisent, d’où la nécessité de consulter directement pour parler du proche qui vous inquiète.

Par contre, certaines situations sont des urgences qui dispensent d’attendre l’accord de la personne. C’est le cas:

  1. des idées suicidaires
  2. du délire
  3. d’une mise en danger de lui-même ou d’autrui comme des troubles du comportement

Ces situations justifient une prise en charge en urgence, voire sans consentement de la personne, car sa santé est menacée immédiatement.

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Que faire pour aider un proche qui souffre d’une pathologie psy?

La façon de se positionner et d’aider un proche qui a un problème psy, temporaire ou non, varie grandement selon le type de pathologie.

Ainsi, on n’aide pas de la même façon un proche qui présente une schizophrénie, ou une dépression! Pourtant, ce proche a généralement besoin de votre aide.

La meilleure façon de l’aider consiste:

  • si le proche est d’accord, à demander un entretien familial avec son psychiatre
  • si le proche refuse l’entretien familial, d’aller voir un autre psychiatre afin de parler de vos difficultés.

Il faut savoir que la maladie psy de l’un des membres de la famille rejaillit de façon importante sur l’entourage, aussi, si vous vous sentez en souffrance, il faut une prise en charge… Deux personnes en souffrance ce n’est pas mieux qu’une seule!

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Que faire si votre proche est en danger urgent et ne veut pas être aidé?

Ce paragraphe traite des situations graves et urgentes. Il s’agit notamment des cas où votre proche:

  • mentionne des idées ou menaces suicidaires
  • présente des idées délirantes
  • a des comportements dangereux pour lui-même (scarifications, auto-mutilations) ou autrui (agressivité)

aider un proche qui refuse

Dans ce cas, nous vous conseillons de vous passer de l’avis de votre proche et d’appeler le SAMU au 15 ou SOS psychiatrie. Si le psychiatre estime qu’il faut une hospitalisation et vous demande votre accord, nous vous recommandons de signer la demande d’hospitalisation. C’est souvent la seule façon de soigner, voire même de sauver votre proche.

L’idée est la suivante: s’il est en danger, il faut qu’un médecin évalue et donne son avis, même si votre proche refuse. Vous appelleriez le SAMU pour un infarctus puisque ça met la vie en danger ? et bien là c’est pareil.

Si en votre âme et conscience vous êtes convaincu que votre proche est en danger, la seule question à se poser est:

« Est-ce que je préfère courir le risque qu’il lui arrive quelque chose de grave, ou qu’il m’en veuille? »

Malheureusement, l’expérience montre que souvent, les familles hésitent longtemps avant de prendre les décisions nécessaires. Le risque est alors une dégradation de la situation. C’est tout à fait compréhensible, c’est humain de ne pas oser prendre de décision qui va contre l’avis de l’autre. Nous savons que c’est une décision dure à prendre. Pour vous aider dans votre réflexion, voici quelques objections que les familles expriment habituellement, avec les réponses rationnelles.

Objections habituelles:

– « Oui mais il ne veut pas »

Réponse: si on est dans ces cas graves et urgents, c’est que votre proche n’est plus lucide, son avis n’est donc plus pertinent.

-« Oui mais on va l’hospitaliser contre son gré »:

Réponse: s’il en a besoin, bien sûr. On ne va pas le laisser se suicider au motif que son jugement est temporairement aboli.

-« On risque de lui donner des traitements lourds »:

Réponse: c’est parfaitement vrai. Comme dans le cas où quelqu’un fait un infarctus: le traitement de la phase aiguë peut être lourd parce que lorsque la vie est en danger, ce n’est pas le moment de faire dans la demi-mesure.

-« Il va m’en vouloir de l’avoir fait hospitaliser alors qu’il ne voulait pas »:

Réponse: c’est rare car n’oublions pas que la personne qui souffre, même si elle dit ne pas vouloir consulter, est dans une situation extrêmement douloureuse. De plus, elle s’oppose à être hospitalisée souvent pour des raisons de prestance: elle a honte de consulter pour des raisons psy. Mais que quelqu’un d’autre prenne la décision à sa place la soulage: elle sauve la face en disant qu’on l’a hospitalisée contre son gré. Toutefois, il peut arriver que dans la phase initiale, où le proche n’a pas retrouvé sa lucidité, cette colère persiste. Elle ne dure que pendant cette phase initiale et disparaît quand il retrouve sa lucidité. Enfin dans le cas rare où le proche continue d’être en colère même une fois guéri, c’est que votre proche n’est pas capable de revenir sur ses points de vue. Il y a donc une rigidité psychique qui méritait d’être prise en charge.

-« Est-ce qu’il n’y a pas des risques d’hospitalisation abusive? »

Réponse: en pays démocratique, comme en France, les restrictions aux libertés sont très encadrées. Du reste, sauf en cas de trouble mettant en danger autrui, l’hospitalisation sous contrainte n’est prononcée que si conjointement il y a demande de plusieurs médecins et d’un membre de la famille. Le fait d’avoir une demande émanant de la famille et du corps médical limite le risque d’abus. Le risque est donc très faible.

 

Venir au cabinet à Paris

En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)

En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)

En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois)

Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue

Photo by Kevin Delvecchio and by Jason Leung