IV/ Traitements de la dépression

Les traitements disponibles pour la dépression ont beaucoup évolué ces dernières années. Leur diversité amène désormais à s’interroger: en effet quels sont les traitements dont l’efficacité a été démontrée? Vous trouverez ci-dessous une revue de détail des thérapeutiques disponibles. Quel que soit le traitement choisi, il mettra en balance les risques liés au traitement avec ceux liés à la dépression et au risque suicidaire.

Les approches peuvent être:

A/ Les psychothérapies

B/ Les médicaments

C/ La stimulation magnétique transcrânienne

D/ La sismothérapie (électroconvulsivothérapie)

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A/ Les psychothérapies

Les psychothérapies qui ont prouvé leur efficacité dans la dépression sont, et qui sont recommandées par OMS:

Thérapies comportementales et cognitives: TCC

Thérapies interpersonnelles: TIP

L’idée est que ces psychothérapies vont permettre au patient d’identifier les problématiques personnelles à l’origine de la dépression, et d’y faire face. En effet, il s’avère que dans beaucoup de dépressions, un travail psychothérapique va permettre, seul, sans prescription médicamenteuse, de soigner la dépression en améliorant les dysfonctionnement qui sont à son origine.

Pour plus de détails sur ces psychothérapies: vous pouvez consulter les pages qui leur sont consacrées.

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B/ Les médicaments

NB: la liste suivante n’a pas vocation à être exhaustive, et s’intéresse aux molécules commercialisées en France.

Le traitement antidépresseur peut être nécessaire, mais toujours avec l’idée de permettre la restauration d’une humeur compatible le début d’une psychothérapie, indispensable pour aider la personne sur le long terme.

1/ En première intention

Les classes médicamenteuses qui ont une AMM (Autorisation de Mise sur le marché) comprennent, pour la dépression:

  • IRS et ISRS (Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine): sertraline (Zoloft ®), paroxétine (Deroxat®), citalopram (Seropram®), escitalopram (Seroplex®), fluoxétine (Prozac®), Duloxétine (Cymbalta®)
  • Venlafaxine (Effexor®)
  • Tricycliques impipraminiques: clomipramine (Anafranil®), amitriptyline (Laroxyl®)
  • Inhibiteurs de la Mono-Amine Oxydase
  • Mirtazapine (Norset®)
  • Tianéptine (Stablon®)
  • Agomélatine (Valdoxan®)

Chacune de ces molécules possèdent des avantages et des inconvénients, des spécificités en terme d’efficacité, en fonction du terrain et des symptômes associés: insomnie, anxiété etc…

Le médecin psychiatre sera en mesure de sélectionner en fonction de votre état clinique la molécule adaptée.

2/ Autres cas

Les dépressions avec éléments psychotiques ou éléments maniaques (état mixte), anxiété majeure, idées suicidaires etc… doivent nécessiter l’avis d’un spécialiste. L’adjonction d’autres médicaments est généralement nécessaire.

3/ Effets secondaires

Une crainte assez répandue consiste à penser que les antidépresseurs puissent être responsables, sur le long terme, de l’apparition d’une démence.

Les études les plus récentes objectivent qu’il n’y a aucune sur-représentation de la démence chez les patients traités par antidépresseurs par le passé (1).

Il n’y a donc actuellement aucun élément permettant d’argumenter l’existence d’une augmentation du risque de démence du fait de l’utilisation d’antidépresseurs, même prolongée.

Cette croyance est en fait liée à autre chose :

  • La confusion fréquente faite entre les benzodiazépines et les antidépresseurs : les benzodiazépines sont connues pour entraîner des troubles mnésiques durant la durée de leur utilisation. Ce n’est pas le cas des antidépresseurs. Du reste, même les benzodiazépines n’entraînent pas de démence : il s’agit de troubles de la mémoire temporaires, le temps de la consommation
  • La confusion avec les sismothérapies : les séances de sismothérapie entraînent des troubles de la mémoire après la séance et dans les jours qui suivent. Toutefois, là encore, il ne s’agit pas de démence et après la cure de sismothérapies, il n’existe pas de risque accru de démence.

4/ Grossesse et traitement antidépresseur

Certains antidépresseurs sont strictement contre-indiqués pendant la grossesse, et pour d’autres le recul est suffisant pour établir leur innocuité.

Nous conseillons à toute personne désireuse de s’informer, de toujours prendre l’avis de son médecin, et de se référer au site du CRAT. Les informations qui suivent sont données à titre indicatif et ne peuvent se substituer à une évaluation médicale complète. Les ISRS sont les antidépresseurs les plus documentés, et la sertraline est l’un des médicaments dont l’innocuité est la plus établie en cas de grossesse.

5/ Que faire en cas de dépression résistante ?

Les recommandations proposent la prise en charge suivante, dans l’ordre :

  • Pousser les posologies de l’antidépresseur au maximum
  • Changer d’antidépresseur et pousser les posologies
  • Potentialiser le traitement par l’adjonction d’un thymorégulateur
  • Adjonction d’hormones thyroïdiennes
  • Sismothérapies (électroconvulsivothérapie)
  • Bithérapie antidépressive

L’adjonction d’une psychothérapie d’efficacité démontrée (TIP ou TCC) est également conseillée : en effet, de nombreuses études montrent une efficacité supérieure de la prise en charge alliant antidépresseur et psychothérapie par rapport à l’antidépresseur seul.

Préciser également que les dépressions résistantes doivent toujours faire envisager :

  • un métaboliseur rapide : dans ce cas de figure, le foie du patient est « trop efficace » et dégrade le médicament trop vite : il n’a pas le temps d’être efficace. Un dosage du médicament dans le sang est nécessaire pour faire le diagnostic.
  • une prise de toxique, notamment alcool ou cannabis.
  • un problème psychothérapique nécessitant une prise en charge adaptée.

En cas de résistance à tous ces degrés thérapeutiques, d’autres solutions sont envisagées : thymorégulation double, recours aux antidépresseurs inhibiteurs non réversibles de la mono-amine oxydase tels le Marsilid® dont l’usage est compliqué car il présente de nombreuses intéractions et contre-indications, ainsi que la nécessité d’un régime restrictif approprié.

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C/ La stimulation magnétique transcrânienne(TMS)

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La TMS est une technique récente basée sur la stimulation par un champ magnétique des neurones de certaines zones du cortex afin de soigner la dépression. C’est une technique indolore, ne nécessitant aucune anesthésie.

Les études scientifiques font état d’une efficacité modeste de la TMS dans la dépression. Des recherches plus poussées montrent qu’elles sont indiquées dans des indications particulières de dépression, mais pour l’instant elle ne peut pas être indiquée en première intention.

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D/ La sismothérapie (électroconvulsivothérapie, ECT)

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Les ECT sont des techniques reconnues dans le traitement de la dépression. Elles nécessitent une anesthésie générale de courte durée. Leur fonctionnement consiste à envoyer un stimulus électrique vers les neurones cérébraux afin de soigner la dépression.

Son efficacité est démontrée, mais elle souffre d’une image très négative en France.

Son principal effet secondaire, (outre les risques liés à une anesthésie), est la confusion post-critique après la sismothérapie.

 

 

Bibliographie:

(1) Antidepressant Exposure and Risk of Dementia in Older Adults with Major Depressive Disorder.
Brodrick JE, Mathys ML. J Am Geriatr Soc. 2016 Nov 1

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Fait à Paris par un psychiatre avec le concours d’un psychologue

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.En métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7- Paris 14- Paris 15 – Paris 16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1- Paris 2 – Paris 8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre)En RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1- Paris 4 – Paris 11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…)En bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92