Anéjaculation: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur l’anéjaculation? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à l’anéjaculation.

Rédacteur « anéjaculation »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

Qu’est-ce que l’anéjaculation ?

L’anéjaculation est définie comme l’incapacité à éjaculer malgré une érection normale et une stimulation sexuelle suffisante, que ce soit lors de la masturbation, de rapports sexuels ou de toute autre activité sexuelle. Ce trouble, bien que moins fréquent que l’éjaculation précoce ou les troubles de l’érection, peut avoir des conséquences majeures sur la qualité de vie, l’estime de soi et la dynamique du couple. On distingue deux grandes formes d’anéjaculation :
– L’anéjaculation primaire : l’homme n’a jamais pu éjaculer depuis le début de sa vie sexuelle.
– L’anéjaculation secondaire : l’homme a déjà éjaculé dans le passé, mais ne peut plus le faire, souvent à la suite d’un événement déclencheur (médicament, traumatisme, trouble anxieux, etc.). Exemple clinique : Julien, 32 ans, consulte pour une anéjaculation secondaire apparue il y a deux ans, après un épisode dépressif traité par antidépresseurs. Malgré l’arrêt du traitement, il ne parvient plus à éjaculer, ce qui génère une anxiété de performance et des tensions dans son couple. Son médecin a éliminé toute cause organique et orienté vers une prise en charge en TCC pour travailler sur les facteurs psychologiques et relationnels. —

Causes et facteurs de risque de l’anéjaculation

Les causes de l’anéjaculation sont multiples et souvent intriquées. On les classe généralement en deux catégories : organiques et psychologiques. Causes organiques
– Médicaments : Certains antidépresseurs (notamment les ISRS comme la paroxétine), neuroleptiques, antihypertenseurs, ou médicaments contre l’hypertrophie prostatique peuvent induire une anéjaculation.
– Chirurgie ou traumatisme : Une intervention sur la prostate, la vessie, ou la moelle épinière peut endommager les nerfs ou les muscles impliqués dans l’éjaculation.
– Troubles neurologiques : Sclérose en plaques, diabète, lésions médullaires.
– Troubles hormonaux : Un déficit en testostérone ou un déséquilibre thyroïdien.
– Éjaculation rétrograde : Le sperme est expulsé vers la vessie au lieu de l’urètre, souvent à cause d’un dysfonctionnement du col vésical. Causes psychologiques
– Troubles anxieux : L’anxiété, notamment l’anxiété de performance, est un facteur majeur. La peur de ne pas satisfaire son/sa partenaire, la honte, ou la culpabilité peuvent bloquer le réflexe éjaculatoire.
– Dépression : La perte de plaisir, la fatigue, et les médicaments antidépresseurs sont souvent en cause.
– Conflits relationnels : Des difficultés dans le couple, une baisse de l’estime de soi, ou une séparation récente peuvent déclencher ou aggraver le trouble.
– Traumatismes sexuels : Abus, éducation restrictive, ou expériences négatives passées. Exemple clinique : Marc, 45 ans, présente une anéjaculation situationnelle : il éjacule normalement lors de la masturbation, mais pas lors des rapports avec sa compagne. L’exploration révèle une anxiété de performance liée à un conflit non résolu dans le couple. Une thérapie de couple a permis de restaurer la communication et de lever le blocage. —

Symptômes et diagnostic de l’anéjaculation

Le symptôme principal est l’absence d’éjaculation malgré une excitation sexuelle et une érection normales. Cependant, l’anéjaculation peut s’accompagner d’autres signes :
– Orgasme sans éjaculation (« orgasme sec »).
– Absence totale d’orgasme.
– Frustration, sentiment d’incomplétude après le rapport.
– Évitement des situations sexuelles par peur de l’échec. Le diagnostic repose sur :
1. Un entretien clinique approfondi pour recueillir l’histoire sexuelle, médicale et psychologique du patient.
2. Un examen physique (recherche de troubles neurologiques, hormonaux, ou urologiques).
3. Des examens complémentaires si nécessaire : dosage hormonal, spermogramme, échographie, etc. Exemple clinique : Thomas, 28 ans, consulte pour une anéjaculation primaire. Il n’a jamais éjaculé, ni lors de rapports, ni en masturbation. L’examen clinique et biologique est normal. L’exploration psychologique révèle une éducation très stricte et une peur inconsciente de la sexualité. Une prise en charge combinant sexologie et TCC a été proposée. —

Conséquences de l’anéjaculation sur la vie intime et psychologique

L’anéjaculation peut avoir des répercussions profondes :
– Sur l’individu : Sentiment d’échec, baisse de l’estime de soi, anxiété, voire dépression.
– Sur le couple : Incompréhension, frustration, conflits, voire séparation si le trouble persiste sans prise en charge.
– Sur la fertilité : Difficulté à concevoir un enfant, nécessitant parfois une assistance médicale à la procréation. Exemple clinique : Sophie et Laurent, en couple depuis 5 ans, consultent pour une anéjaculation secondaire de Laurent, apparue après une période de stress professionnel intense. Sophie se sent rejetée, Laurent culpabilise. La thérapie de couple a permis de restaurer la confiance et de travailler sur la gestion du stress. —

Traitements et prise en charge de l’anéjaculation

La prise en charge dépend de la cause identifiée et associe souvent plusieurs approches. Traitements médicaux
– Arrêt ou changement de médicament si l’anéjaculation est iatrogène.
– Traitement hormonal en cas de déficit en testostérone.
– Techniques d’assistance à l’éjaculation (électroéjaculation, vibromasseur) pour les causes neurologiques.
– Traitement de l’éjaculation rétrograde (médicaments pour fermer le col vésical). Traitements psychologiques et sexologiques
– Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Travail sur les croyances limitantes, gestion de l’anxiété, techniques de relaxation, exposition progressive.
– Sexothérapie : Rééducation du réflexe éjaculatoire, travail sur la communication dans le couple.
– Thérapie de couple si le trouble est lié à des conflits relationnels. Exemple clinique : Karim, 35 ans, présente une anéjaculation situationnelle depuis un an, après une rupture difficile. La TCC a permis de travailler sur son manque de confiance en soi et sur la peur de l’engagement. Après 6 mois, il a retrouvé une éjaculation normale. —

Quand consulter et à qui s’adresser ?

Il est recommandé de consulter dès que l’anéjaculation devient source de souffrance ou de conflit dans le couple. Plusieurs professionnels peuvent intervenir :
– Médecin généraliste ou urologue : Pour éliminer une cause organique.
– Psychiatre ou psychologue : Pour une évaluation psychologique et une prise en charge adaptée.
– Sexologue : Pour un accompagnement spécialisé dans les troubles sexuels. Exemple clinique : Antoine, 50 ans, consulte pour une anéjaculation apparue après un divorce. Le bilan médical est normal. La prise en charge en TCC et en thérapie de couple a permis de travailler sur son manque d’estime de soi et sur la reconstruction de sa vie affective. —

Prévention et conseils pour les partenaires

– Éviter l’autoculpabilisation : L’anéjaculation n’est pas un échec, mais un trouble qui se soigne.
– Privilégier la communication : En parler ouvertement avec son/sa partenaire et consulter ensemble si nécessaire.
– Consulter rapidement : Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de rétablissement. —

Venir au cabinet à Paris

Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

  • Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

 


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