Consommer du café ou du thé quotidiennement réduit le risque de démence

Vous voulez en savoir plus sur les effets protecteurs du café ou du thé dans la démence ? Vous êtes sur la bonne page ! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour comprendre comment ces boissons courantes peuvent influencer la santé cognitive, et comment les intégrer dans une stratégie de prévention.

Rédacteur « Café ou thé dans la démence » : Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous

Sources: JAMA, 2026, D. Wang et al.;L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod.

L’essentiel:

  • Une étude JAMA de 2026, portant sur 131 821 participants suivis jusqu’à 43 ans, montre que la consommation régulière de café caféiné (2 à 3 tasses/jour) réduit de 18 % le risque de démence et améliore les fonctions cognitives.
  • Le thé (1 à 2 tasses/jour) est aussi associé à une réduction du risque de démence et à une meilleure cognition, contrairement au café décaféiné.
  • Ces effets sont liés à la caféine et aux polyphénols, qui protègent le cerveau contre l’inflammation et le stress oxydatif.
  • Un médecin ou un psychiatre peut aider à intégrer ces habitudes dans une approche globale de prévention des troubles cognitifs et de la dépression.

Consommer du café ou du thé quotidiennement réduit le risque de démence : ce que dit la science

Une étude majeure, publiée en février 2026 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), confirme que la consommation régulière de café caféiné ou de thé est associée à une réduction significative du risque de démence, y compris la maladie d’Alzheimer. Menée sur deux cohortes américaines (Nurses’ Health Study et Health Professionals Follow-up Study), cette recherche a suivi 131 821 participants pendant jusqu’à 43 ans, documentant 11 033 cas de démence. Les résultats montrent que les personnes consommant entre 2 et 3 tasses de café caféiné par jour voient leur risque de démence diminuer de 18 % par rapport à celles qui n’en consomment pas ou très peu. Pour le thé, une consommation de 1 à 2 tasses par jour est associée à une réduction similaire du risque.

Ces conclusions sont d’autant plus robustes qu’elles reposent sur des données longitudinales, avec des évaluations répétées de l’alimentation et de la cognition, et un ajustement pour de nombreux facteurs de confusion (mode de vie, antécédents médicaux, etc.). L’étude souligne aussi que ces bénéfices ne s’observent pas avec le café décaféiné, ce qui suggère un rôle central de la caféine et d’autres composés bioactifs présents dans le café et le thé.

Exemple clinique : Madame L., 72 ans, consulte pour des oublis fréquents. Elle boit 3 tasses de café par jour depuis des décennies. Son bilan cognitif (test MMSE) est de 29/30, excellent pour son âge. Son neurologue note que, bien que d’autres facteurs (comme son activité physique) jouent un rôle, sa consommation régulière de café pourrait contribuer à préserver ses fonctions cognitives, en accord avec les données de l’étude JAMA.

Les mécanismes neuroprotecteurs du café et du thé

La caféine, présente dans le café et le thé, agit comme un antagoniste des récepteurs de l’adénosine, ce qui stimule la libération de neurotransmetteurs comme la dopamine et la noradrénaline, améliorant ainsi la vigilance et la mémoire. Mais ses effets vont bien au-delà : la caféine réduit l’accumulation de plaques amyloïdes, impliquées dans la maladie d’Alzheimer, et diminue l’inflammation cérébrale, un facteur clé du déclin cognitif. Le café et le thé contiennent aussi des polyphénols (comme l’acide chlorogénique et l’épigallocatéchine gallate), des antioxydants puissants qui protègent les neurones du stress oxydatif et améliorent la circulation sanguine cérébrale.

L’étude JAMA montre que ces mécanismes se traduisent par des bénéfices concrets : les participants consommant le plus de café caféiné ou de thé avaient non seulement un risque réduit de démence, mais aussi de meilleurs scores aux tests cognitifs (comme le TICS, un test téléphonique de cognition). Par exemple, les buveurs de café dans le quartile le plus élevé avaient un score TICS supérieur de 0,11 point, ce qui correspond à un ralentissement du déclin cognitif équivalent à 0,6 année.

Exemple clinique : Monsieur T., 68 ans, présente des antécédents familiaux de maladie d’Alzheimer. Il boit 2 tasses de café le matin et 1 tasse de thé vert l’après-midi. Son dernier bilan montre une stabilité de ses fonctions cognitives, avec un score TICS de 38/41, alors que la moyenne pour son âge est de 35/41. Son médecin attribue en partie ce résultat à sa consommation régulière de boissons caféinées.

Café, thé et prévention des démences : ce que montrent les chiffres

L’étude JAMA révèle une relation dose-effet non linéaire : les bénéfices maximaux sont observés pour une consommation modérée (2-3 tasses de café ou 1-2 tasses de thé par jour). Au-delà, les avantages ne s’accroissent pas, et une consommation excessive peut même annuler les bénéfices en perturbant le sommeil ou en augmentant l’anxiété.

Voici les principaux résultats chiffrés :

  • Café caféiné : 4 tasses/jour vs 0 tasse → risque de démence réduit de 18 % (HR = 0,82 ; IC 95 % : 0,76-0,89).
  • Thé : 1-2 tasses/jour vs 0 tasse → risque de démence réduit de 14 % (HR = 0,86 ; IC 95 % : 0,83-0,90).
  • Déclin cognitif subjectif : les buveurs de café ou de thé rapportent moins de plaintes mnésiques (prévalence réduite de 15 %).
  • Café décaféiné : aucune association significative avec la réduction du risque de démence.

Exemple clinique : Madame R., 63 ans, souffre d’insomnie. Son psychiatre lui a conseillé de limiter le café après 14h, mais de maintenir une consommation matinale de thé vert. Après 6 mois, ses plaintes mnésiques ont diminué, et son score de déclin cognitif subjectif est passé de 4/7 à 2/7.

Comment intégrer le café et le thé dans une stratégie globale de prévention de la démence ?

Les résultats de l’étude JAMA s’inscrivent dans une approche globale de prévention du déclin cognitif. Les professionnels de santé recommandent de combiner plusieurs stratégies : alimentation équilibrée, activité physique, sommeil de qualité, stimulation cognitive, et gestion du stress. Le café et le thé, grâce à leurs composés neuroprotecteurs, peuvent être des alliés précieux, à condition de respecter les doses optimales (2-3 tasses/jour pour le café, 1-2 pour le thé).

Il est aussi important de privilégier des boissons non sucrées, car un excès de sucre peut favoriser le diabète de type 2, lui-même facteur de risque de démence. Enfin, les personnes sous traitement (antidépresseurs, anxiolytiques) ou souffrant de troubles du sommeil doivent consulter leur médecin avant d’augmenter leur consommation de caféine.

Exemple clinique : Monsieur P., 60 ans, présente une hypertension et une sédentarité. Son médecin lui a proposé un plan incluant 30 minutes de marche par jour, une alimentation méditerranéenne, et 2 tasses de café par jour. Après un an, sa tension s’est normalisée et ses scores cognitifs se sont améliorés.

Précautions et contre-indications

Bien que les bénéfices du café et du thé soient bien documentés, certaines précautions s’imposent :

  • La caféine peut interagir avec certains médicaments (antidépresseurs, bêta-bloquants).
  • Une consommation excessive (> 6 tasses/jour) peut causer des troubles du sommeil, de l’anxiété, ou des palpitations.
  • Les femmes enceintes doivent limiter leur apport en caféine.

Exemple clinique : Madame S., 55 ans, sous antidépresseurs, a développé des insomnies après avoir augmenté sa consommation de café. Son psychiatre lui a recommandé de passer au thé vert le matin et de limiter le café, ce qui a restauré son sommeil et amélioré son humeur.

Café, thé et santé mentale : un lien à explorer

Outre leurs effets sur la cognition, le café et le thé ont aussi été associés à une réduction du risque de dépression et d’anxiété. La caféine stimule la production de dopamine et de noradrénaline, améliorant l’humeur et la motivation. Les polyphénols du thé, comme la L-théanine, ont des effets apaisants et anti-stress.

Une méta-analyse récente confirme que les consommateurs réguliers de café ou de thé ont un risque réduit de 10 % de développer une dépression, par rapport aux non-consommateurs. Ces effets sont particulièrement marqués chez les personnes âgées, pour qui la préservation de la santé mentale est un enjeu majeur.

Exemple clinique : Monsieur D., 70 ans, présente des symptômes dépressifs légers. En complément de sa thérapie cognitivo-comportementale (TCC), son psychiatre lui a recommandé de boire 1 tasse de thé vert par jour. Après 3 mois, il rapporte une amélioration de son humeur et de sa concentration.

Conclusion : vers une prévention active de la démence

Les données scientifiques actuelles, notamment l’étude JAMA de 2026, confirment que la consommation quotidienne et modérée de café caféiné ou de thé peut contribuer à réduire le risque de démence et à améliorer les fonctions cognitives. Ces boissons, grâce à la caféine et aux polyphénols, offrent une protection cérébrale non négligeable, surtout lorsqu’elles sont intégrées dans un mode de vie globalement sain.

Cependant, il est essentiel de rappeler que ces habitudes ne remplacent pas un suivi médical régulier, surtout en cas de facteurs de risque identifiés. Un médecin ou un psychiatre pourra aider à personnaliser ces recommandations, en tenant compte des antécédents médicaux, des traitements en cours et des préférences individuelles.

En résumé, boire du café ou du thé chaque jour peut être un geste simple et agréable pour préserver sa santé cognitive, à condition de le faire avec modération et dans le cadre d’une hygiène de vie équilibrée.

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.


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