Dépression saisonnière: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur la dépression saisonnière? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la dépression saisonnière.

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Rédacteur « dépression saisonnière »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous

Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

 

Qu’est-ce que la dépression saisonnière ?

La dépression saisonnière, aussi appelée trouble affectif saisonnier (TAS), est une forme spécifique de dépression qui se manifeste de manière récurrente à la même période de l’année, le plus souvent en automne et en hiver. Contrairement à la dépression classique, qui peut persister tout au long de l’année, la dépression saisonnière est fortement influencée par les changements de saison et, surtout, par la diminution de la lumière naturelle. Ainsi, la majorité des personnes touchées voient leurs symptômes s’atténuer, voire disparaître, avec le retour du printemps et l’augmentation de la luminosité. Ce trouble est reconnu par les professionnels de santé mentale comme une entité clinique à part entière, bien qu’il partage de nombreux symptômes avec les autres formes de dépression. Il est essentiel de ne pas le confondre avec un simple « coup de blues » hivernal, qui est passager et sans impact majeur sur le quotidien. La dépression saisonnière, elle, peut entraîner une souffrance significative et perturber la vie sociale, professionnelle et familiale.

Exemple clinique

Prenons le cas de Sophie, 35 ans, cadre dans une entreprise parisienne. Chaque année, dès le mois d’octobre, elle ressent une fatigue intense, une perte de motivation et une envie irrépressible de dormir. Elle se replie sur elle-même, évite les sorties entre amis et a du mal à se concentrer au travail. Ces symptômes disparaissent spontanément en mars-avril, sans qu’elle ait besoin de traitement. Après plusieurs années, son médecin traitant évoque l’hypothèse d’un trouble affectif saisonnier et l’oriente vers un psychiatre pour confirmation.

Les causes de la dépression saisonnière

Les mécanismes exacts de la dépression saisonnière ne sont pas encore totalement élucidés, mais les recherches actuelles pointent principalement vers un dérèglement de l’horloge biologique interne (rythme circadien) et un déséquilibre hormonal, notamment en lien avec la mélatonine et la sérotonine.

Le rôle de la lumière

La lumière naturelle joue un rôle clé dans la régulation de notre humeur et de notre rythme veille-sommeil. En automne et en hiver, la diminution des heures d’ensoleillement perturbe la production de mélatonine (hormone du sommeil) et de sérotonine (hormone du bien-être). Ce déséquilibre peut entraîner des symptômes dépressifs, une fatigue accrue et des troubles du sommeil.

Facteurs de risque

Certaines personnes sont plus à risque de développer une dépression saisonnière :
– Antécédents familiaux de dépression ou de trouble bipolaire.
– Sexe féminin : les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées que les hommes.
– Âge : le pic de prévalence se situe entre 20 et 40 ans.
– Lieu de résidence : les habitants des régions éloignées de l’équateur (où les hivers sont longs et peu ensoleillés) sont plus exposés.

Exemple clinique

Marc, 42 ans, vit à Lille. Depuis son adolescence, il remarque que chaque hiver, il prend du poids, dort plus de 10 heures par nuit et perd tout intérêt pour ses loisirs. Il a consulté un psychiatre qui a diagnostiqué un trouble affectif saisonnier. Le médecin a expliqué que son organisme, sensible au manque de lumière, produisait trop de mélatonine, ce qui perturbait son cycle de sommeil et son appétit.

Symptômes de la dépression saisonnière

Les symptômes de la dépression saisonnière sont similaires à ceux de la dépression classique, mais ils présentent certaines particularités, notamment une fatigue marquée, une augmentation de l’appétit (surtout pour les sucres), une prise de poids, et une hypersomnie (besoin excessif de dormir).

Symptômes principaux

– Tristesse persistante, sentiment de vide ou de désespoir.
– Perte d’intérêt pour les activités habituellement plaisantes.
– Fatigue intense, même après une nuit complète de sommeil.
– Difficultés de concentration, baisse de productivité.
– Irritabilité, tensions relationnelles.
– Modifications de l’appétit : envies de glucides, grignotage, prise de poids.
– Troubles du sommeil : hypersomnie (sommeil excessif) ou, plus rarement, insomnie.

Exemple clinique

Claire, 28 ans, étudiante, consulte en novembre pour une fatigue intense et une incapacité à se lever le matin. Elle dort 12 heures par nuit, mange beaucoup plus que d’habitude (surtout des pâtes et du chocolat), et a abandonné ses cours de sport. Elle se sent coupable de ne pas arriver à « se motiver ». Le diagnostic de dépression saisonnière est posé après exclusion d’autres causes médicales.

Diagnostic et prise en charge

dépression saisonnière traiter soigner par la TCC et la TIP
Le diagnostic de dépression saisonnière repose sur l’anamnèse (historique des symptômes) et l’exclusion d’autres troubles psychiatriques ou organiques. Il est important de consulter un médecin ou un psychiatre pour un bilan complet.

Critères diagnostiques

Pour parler de trouble affectif saisonnier, les symptômes doivent :
– Se manifester à la même période (automne/hiver ou, plus rarement, printemps/été) pendant au moins deux années consécutives.
– Disparaître spontanément avec le changement de saison.
– Être plus nombreux et plus intenses que les variations normales de l’humeur.

Traitements disponibles

Plusieurs approches thérapeutiques sont efficaces :
– Luminothérapie : exposition quotidienne à une lumière blanche artificielle (10 000 lux pendant 30 minutes le matin). Ce traitement agit rapidement (en quelques jours) et est bien toléré.
– Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : elles aident à modifier les pensées négatives et les comportements inadaptés. La TCC est particulièrement indiquée pour prévenir les rechutes.
– Antidépresseurs : en cas de symptômes sévères, un traitement médicamenteux (ISRS) peut être proposé, généralement pour la durée de la saison à risque.
– Hygiène de vie : activité physique régulière, alimentation équilibrée, maintien d’un rythme social.

Exemple clinique

Thomas, 50 ans, a consulté pour une dépression saisonnière récurrente depuis 10 ans. Après un échec des antidépresseurs (effets secondaires), son psychiatre lui a proposé une combinaison de luminothérapie et de TCC. En trois semaines, ses symptômes se sont améliorés, et il a appris à anticiper les rechutes en adaptant son mode de vie dès l’automne.

Prévention et conseils pratiques

Même si la dépression saisonnière est un trouble récurrent, il est possible d’en atténuer les effets par des mesures préventives :
– S’exposer à la lumière naturelle : marcher dehors en journée, même par temps couvert.
– Utiliser une lampe de luminothérapie dès les premiers symptômes.
– Maintenir une activité physique : le sport stimule la production d’endorphines, hormones du bien-être.
– Veiller à son alimentation : limiter les sucres rapides, privilégier les oméga-3 et les vitamines D et B.
– Conserver un rythme social : éviter l’isolement, même si l’envie de rester chez soi est forte.

Exemple clinique

Élodie, 30 ans, a mis en place un « plan hiver » après son diagnostic de dépression saisonnière : elle utilise une lampe de luminothérapie chaque matin, a rejoint un club de marche nordique, et organise des dîners entre amis une fois par semaine. Ces stratégies lui permettent de traverser l’hiver sans rechute majeure.

Quand consulter ?

Il est recommandé de consulter un professionnel de santé si :
– Les symptômes persistent et altèrent la qualité de vie.
– Il existe des idées noires ou des pensées suicidaires.
– Les traitements habituels (luminothérapie, hygiène de vie) ne suffisent pas. Un médecin ou un psychiatre pourra évaluer la nécessité d’un traitement médicamenteux ou d’une prise en charge spécialisée, comme une thérapie cognitivo-comportementale ou une thérapie interpersonnelle.

Venir au cabinet à Paris

Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

  • Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

 


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