Éco-anxiété: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur la éco-anxiété? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la éco-anxiété.
Rédacteur « éco-anxiété »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que l’éco-anxiété ? Définition et enjeux
L’éco-anxiété désigne un état de détresse psychologique et émotionnelle ressenti par un individu face aux menaces environnementales qui pèsent sur la planète. Ce phénomène, de plus en plus documenté par la communauté scientifique, se caractérise par une inquiétude profonde, parfois invalidante, concernant l’avenir de l’environnement et les conséquences du dérèglement climatique. Contrairement à une simple préoccupation écologique, l’éco-anxiété peut engendrer une souffrance psychique significative, susceptible d’impacter le quotidien, les relations sociales et la santé mentale des personnes concernées. L’éco-anxiété n’est pas encore reconnue comme une entité nosographique à part entière dans les classifications psychiatriques internationales (DSM-5, CIM-11). Cependant, elle est souvent associée à des symptômes anxieux, dépressifs, ou à des troubles de l’adaptation. Certains chercheurs suggèrent qu’elle pourrait, à l’avenir, être intégrée comme sous-type de trouble anxieux généralisé ou de dépression, notamment lorsque la souffrance devient chronique et invalidante.
Exemple clinique : le cas de Sophie
Sophie, 28 ans, consulte pour des épisodes d’angoisse récurrents, des troubles du sommeil et une perte d’appétit. Elle rapporte une rumination mentale constante autour de la dégradation de l’environnement, déclenchée par la lecture de rapports du GIEC et la vision d’images de catastrophes naturelles. Elle décrit un sentiment d’impuissance et une peur panique de l’avenir, l’amenant à éviter les discussions sur le climat et à limiter ses sorties pour réduire son « empreinte carbone ». Son médecin traitant évoque une éco-anxiété sévère, nécessitant une prise en charge spécialisée.
Causes et facteurs de risque de l’éco-anxiété
Plusieurs facteurs contribuent à l’émergence et à l’aggravation de l’éco-anxiété. Parmi eux, on retrouve : – L’exposition médiatique : la multiplication des informations alarmantes sur le climat, les catastrophes naturelles et l’effondrement de la biodiversité peut générer un sentiment de menace imminente et d’impuissance. Les réseaux sociaux, en particulier, amplifient cette exposition, parfois de manière non régulée.
– L’expérience directe ou indirecte de catastrophes environnementales : vivre un incendie, une inondation, ou même en être témoin via les médias, peut déclencher ou aggraver une éco-anxiété. Les populations les plus exposées (jeunes, parents, scientifiques du climat) sont particulièrement vulnérables.
– Le sentiment d’impuissance : la prise de conscience de l’ampleur des défis environnementaux, couplée à l’impression que les actions individuelles ou collectives sont insuffisantes, peut nourrir un sentiment de désespoir et d’angoisse existentielle.
– La connexion à la nature : les personnes ayant un lien fort avec la nature (agriculteurs, naturalistes, habitants de zones rurales) peuvent ressentir plus intensément la détresse liée à sa dégradation.
Exemple clinique : le cas de Thomas
Thomas, 45 ans, agriculteur en Bretagne, consulte pour un état dépressif réactionnel après les inondations répétées qui ont ravagé ses terres. Il décrit une « douleur morale » face à la perte de ses champs et une peur constante de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Son psychiatre identifie une éco-anxiété réactionnelle, aggravée par un sentiment de trahison des pouvoirs publics et une perte de sens dans son métier.
Symptômes et manifestations cliniques de l’éco-anxiété
Les symptômes de l’éco-anxiété sont variés et peuvent toucher plusieurs sphères de la vie quotidienne. On observe fréquemment : – Symptômes émotionnels : anxiété persistante, tristesse, colère, sentiment de culpabilité (« je ne fais pas assez »), peur de l’avenir, sentiment d’impuissance.
– Symptômes cognitifs : rumination mentale autour des problèmes environnementaux, difficultés de concentration, pensées catastrophistes (« la planète va disparaître »), troubles de la mémoire.
– Symptômes comportementaux : évitement des informations environnementales (pour réduire l’anxiété), recherche compulsive d’informations (pour se rassurer), modification radicale du mode de vie (végétarisme strict, refus de voyager, etc.), engagement militant excessif ou au contraire retrait social.
– Symptômes physiques : troubles du sommeil, fatigue chronique, maux de tête, troubles digestifs, palpitations.
– Retentissement social et professionnel : baisse des performances scolaires ou professionnelles, isolement, conflits familiaux ou amicaux liés aux choix de vie écologiques.
Exemple clinique : le cas d’Élodie
Élodie, 20 ans, étudiante en biologie, consulte pour des crises d’angoisse et un syndrome dépressif. Elle passe ses journées à lire des articles sur la sixième extinction de masse et à militer dans des associations écologistes. Elle a arrêté de manger de la viande, refuse de prendre l’avion et évite les discussions avec ses amis qui ne partagent pas ses préoccupations. Son psychiatre diagnostique une éco-anxiété sévère avec retentissement sur sa vie sociale et ses études.
Épidémiologie : qui est concerné par l’éco-anxiété ?
Les études récentes montrent que l’éco-anxiété touche toutes les tranches d’âge, mais avec une prévalence plus marquée chez les jeunes adultes (15-34 ans) et les parents de jeunes enfants. En France, une étude de l’ADEME publiée en 2025 estime qu’environ un quart de la population (15-64 ans) présente une éco-anxiété modérée à sévère. Les femmes, les personnes ayant un niveau d’études élevé et celles vivant en zone urbaine sont également plus touchées. Les scientifiques et chercheurs travaillant sur les questions climatiques ou environnementales constituent une population particulièrement à risque, en raison de leur exposition quotidienne à des données alarmantes et de leur sentiment de responsabilité.
Exemple clinique : le cas de Marc
Marc, 38 ans, chercheur en climatologie, consulte pour un épuisement professionnel et des idées noires. Il décrit une « surcharge émotionnelle » liée à la connaissance intime des scénarios climatiques les plus pessimistes. Il a développé des troubles du sommeil et une irritabilité marquée, notamment envers ses collègues qu’il juge « pas assez engagés ». Son psychiatre évoque une éco-anxiété professionnelle, nécessitant un arrêt de travail et une prise en charge spécialisée.
Diagnostic et prise en charge de l’éco-anxiété
Le diagnostic de l’éco-anxiété repose sur une évaluation clinique approfondie, visant à distinguer une préoccupation écologique normale d’une souffrance psychique pathologique. Plusieurs outils psychométriques, comme l’échelle HEAS (Hogg Eco-Anxiety Scale), permettent de mesurer l’intensité de l’éco-anxiété et son retentissement sur la qualité de vie. La prise en charge repose sur une approche multidimensionnelle : – Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : elles visent à identifier et modifier les pensées dysfonctionnelles liées à l’environnement, à réduire les comportements d’évitement ou de recherche compulsive d’informations, et à développer des stratégies d’adaptation (coping) face à l’incertitude.
– Thérapies interpersonnelles (TIP) : elles permettent de travailler sur les relations sociales, souvent perturbées par l’éco-anxiété, et de restaurer un sentiment de soutien et de connexion.
– Thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT) : elles aident à accepter les émotions difficiles et à s’engager dans des actions alignées avec ses valeurs, malgré l’anxiété.
– Approches collectives : participer à des groupes de parole ou à des actions militantes peut réduire le sentiment d’isolement et renforcer l’espoir.
– Traitements médicamenteux : dans les cas sévères, un traitement antidépresseur ou anxiolytique peut être proposé, en complément des thérapies.
Exemple clinique : le cas de Laura
Laura, 25 ans, consulte pour une anxiété généralisée et des crises de panique. Elle rapporte une peur constante de la fin du monde et une incapacité à se projeter dans l’avenir. Après évaluation, son psychiatre propose une prise en charge combinant TCC et ACT, ainsi qu’une participation à un groupe de parole sur l’éco-anxiété. Après six mois, Laura retrouve un sommeil de meilleure qualité et parvient à s’engager dans des actions locales pour le climat, ce qui réduit son sentiment d’impuissance.
Prévention et ressources pour les patients et proches
La prévention de l’éco-anxiété passe par plusieurs leviers : – Éducation et information équilibrée : privilégier des sources fiables et éviter la surconsommation d’informations anxiogènes.
– Engagement concret : s’impliquer dans des actions collectives (associations, projets locaux) permet de transformer l’anxiété en sentiment d’utilité.
– Soutien psychologique précoce : consulter un professionnel de santé mentale dès l’apparition de symptômes persistants.
– Réseaux de soutien : échanger avec des pairs (groupes de parole, forums) réduit le sentiment d’isolement.
Ressources utiles
– Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC)
– Reconnaître un trouble anxieux
– Dépression : symptômes et prise en charge
– Consulter un psychiatre à Paris
Conclusion : vers une reconnaissance et une prise en charge adaptée
L’éco-anxiété est un phénomène complexe, à l’interface entre santé mentale et enjeux environnementaux. Si elle reflète une prise de conscience légitime des défis écologiques, elle peut aussi devenir une source de souffrance psychique nécessitant une prise en charge spécialisée. La reconnaissance de ce trouble par la communauté médicale et scientifique, ainsi que le développement d’outils diagnostiques et thérapeutiques adaptés, sont essentiels pour accompagner les personnes concernées. En tant que société, il est crucial de promouvoir une information équilibrée, de soutenir les initiatives collectives et de faciliter l’accès aux soins pour ceux qui en ont besoin. L’éco-anxiété nous rappelle que la santé mentale et la santé planétaire sont indissociables, et que leur préservation passe par une action concertée, à la fois individuelle et collective.
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
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Références scientifiques principales :
– [ScienceDirect : Éco-anxiété et santé mentale](https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2542519621002783)
– [ADEME : État des lieux de l’éco-anxiété en France (2025)](https://librairie.ademe.fr/societe-et-politiques-publiques/8137-eco-anxiete-en-france.html)
– [The Lancet : Éco-anxiété chez les jeunes](https://www.thelancet.com/journals/lanplh/article/PIIS2542-5196(21)00278-3/fulltext)
– [IFEMDR : Éco-anxiété, état des lieux](https://www.ifemdr.fr/eco-anxiete-etat-des-lieux-dun-mal-etre-grandissant/)
Dernière mise à jour : décembre 2025.
Auteur
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