EMDR et trouble panique
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Rédacteur « EMDR et trouble panique »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Intéresse de plus en plus la communauté scientifique (troubles anxieux, dépression…).
- L’EMDR est une approche validée pour le traitement du trouble panique, avec des résultats comparables à ceux de la TCC.
- Les mécanismes d’action de l’EMDR impliquent un retraitement adaptatif des souvenirs traumatiques liés aux attaques de panique.
- Des études récentes montrent une réduction significative de la fréquence et de l’intensité des attaques de panique après un traitement par EMDR.
Qu’est-ce que le trouble panique ?
Le trouble panique se caractérise par la survenue récurrente d’attaques de panique, associées à une anxiété anticipatoire persistante et à des comportements d’évitement. Une attaque de panique est une période de peur ou de malaise intense, atteignant son pic en quelques minutes, et s’accompagnant de symptômes physiques et cognitifs variés : palpitations, transpiration, tremblements, sensations d’étouffement, nausées, vertiges, peur de perdre le contrôle ou de mourir, etc. Ces symptômes sont souvent interprétés de manière catastrophique par la personne, ce qui entretient un cercle vicieux d’anxiété et d’évitement. Le trouble panique touche environ 2 à 3 % de la population générale, avec une prévalence plus élevée chez les femmes. Il débute généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, mais peut survenir à tout âge. Les facteurs de risque incluent des antécédents de traumatismes, un terrain anxieux, des événements de vie stressants, ou encore une vulnérabilité biologique ou génétique.
Exemple clinique : le cas de Sophie
Sophie, 32 ans, consulte pour des attaques de panique répétées depuis six mois. La première crise est survenue dans le métro, déclenchée par une sensation soudaine d’étouffement. Depuis, elle évite les transports en commun et présente une anxiété anticipatoire intense à l’idée de devoir y retourner. L’évaluation révèle un trouble panique avec agoraphobie, ainsi qu’un antécédent de stress post-traumatique lié à un accident de voiture il y a deux ans. Ce cas illustre comment un événement traumatique peut sensibiliser le système nerveux et favoriser l’émergence d’un trouble panique.
L’EMDR : principes et mécanismes d’action
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires) est une psychothérapie initialement développée pour le traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT). Son efficacité dans ce domaine est aujourd’hui solidement établie, avec plus de 30 essais contrôlés randomisés attestant de son utilité. Le mécanisme d’action de l’EMDR repose sur l’hypothèse que les mouvements oculaires bilatéraux stimuleraient le traitement adaptatif de l’information, permettant une intégration plus efficace des souvenirs traumatiques ou perturbants. Cette approche favoriserait la diminution de la charge émotionnelle associée à ces souvenirs, ainsi que la restructuration cognitive des croyances dysfonctionnelles. Dans le cadre du trouble panique, l’EMDR cible les souvenirs liés aux premières attaques de panique, ainsi que les croyances et sensations corporelles associées. L’objectif est de désensibiliser la réaction de peur conditionnée et de permettre une réinterprétation plus adaptative des symptômes physiques.
Exemple clinique : le retraitement d’une première crise
Lors de la prise en charge de Sophie, l’EMDR a permis de retraiter le souvenir de sa première crise dans le métro. En revivant cet épisode tout en suivant les mouvements oculaires guidés par le thérapeute, Sophie a pu réduire l’intensité de la peur associée et modifier sa croyance « Je vais mourir si je prends le métro » en « Je peux gérer cette situation, même si c’est inconfortable ». Après quelques séances, la fréquence et l’intensité de ses attaques de panique ont significativement diminué.
Efficacité de l’EMDR dans le trouble panique : ce que disent les études
Plusieurs études et méta-analyses ont évalué l’efficacité de l’EMDR dans le traitement du trouble panique. Une étude pilote comparant l’EMDR et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a montré que les deux approches étaient efficaces pour réduire les symptômes de panique, avec une fréquence légèrement plus faible des attaques dans le groupe EMDR. Une méta-analyse récente a confirmé que l’EMDR était associée à une réduction significative des symptômes de panique, avec des tailles d’effet comparables à celles des TCC. Les bénéfices incluent une diminution de la fréquence des attaques, une réduction de l’anxiété anticipatoire, et une amélioration de la qualité de vie. Cependant, certaines limites persistent : les effets à long terme nécessitent encore d’être consolidés par des études de suivi, et l’efficacité de l’EMDR peut varier selon la sévérité du trouble et la présence d’une agoraphobie associée.
Exemple clinique : résultats après 12 séances
Dans une étude clinique, un groupe de patients souffrant de trouble panique a suivi 12 séances d’EMDR. À l’issue du traitement, 70 % des participants ne présentaient plus de critères diagnostiques pour le trouble panique, et la majorité rapportait une amélioration durable de leur fonctionnement quotidien. Ces résultats sont encourageants et soulignent l’intérêt de l’EMDR comme alternative ou complément aux TCC.
Protocole EMDR pour le trouble panique
Le protocole EMDR standard pour le trouble panique suit les huit phases classiques de la thérapie, avec des adaptations spécifiques : 1. Recueil de l’histoire et planification du traitement : identification des souvenirs cibles (première crise, crises les plus intenses, situations évitées).
2. Préparation : psychoéducation sur le trouble panique et l’EMDR, apprentissage de techniques de stabilisation.
3. Évaluation : sélection d’une image représentative de la crise, d’une cognition négative (« Je vais mourir »), et d’une cognition positive (« Je peux gérer »).
4. Désensibilisation : retraitement par mouvements oculaires ou autres stimulations bilatérales.
5. Installation : renforcement de la cognition positive.
6. Scanner corporel : vérification de l’absence de tension résiduelle.
7. Clôture : retour au calme et ancrage.
8. Réévaluation : évaluation des progrès et ajustement du plan de traitement.
Exemple clinique : adaptation du protocole
Pour Sophie, le protocole a inclus le retraitement de la première crise, mais aussi des souvenirs d’enfance liés à des sensations d’étouffement (asthme). Cette approche intégrative a permis de traiter à la fois les déclencheurs actuels et les vulnérabilités sous-jacentes, illustrant la flexibilité de l’EMDR dans la prise en charge des troubles anxieux.
EMDR et autres troubles anxieux : un champ d’application élargi
L’EMDR est de plus en plus utilisée pour traiter divers troubles anxieux, notamment :
– L’agoraphobie : en ciblant les souvenirs de crises survenues dans des lieux publics.
– L’anxiété généralisée : en travaillant sur les souvenirs de stress chroniques et les croyances d’impuissance.
– Les phobies spécifiques : en désensibilisant les souvenirs liés à l’objet ou la situation phobogène. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, l’EMDR s’intègre souvent dans une prise en charge globale, combinant parfois plusieurs approches thérapeutiques pour une efficacité optimale.
Exemple clinique : EMDR et agoraphobie
Marc, 45 ans, souffre d’agoraphobie depuis cinq ans, avec une peur intense des espaces ouverts et des foules. L’EMDR a permis de retraiter le souvenir d’une crise de panique survenue dans un centre commercial, ainsi que des souvenirs d’enfance liés à des sensations de perte de contrôle. Après 10 séances, Marc a pu reprendre progressivement ses activités sociales, illustrant l’efficacité de l’EMDR dans les troubles anxieux complexes.
Limites et précautions
Bien que prometteuse, l’utilisation de l’EMDR dans le trouble panique nécessite certaines précautions :
– Stabilité émotionnelle : l’EMDR peut provoquer une intensification temporaire des symptômes, nécessitant une bonne alliance thérapeutique et des techniques de stabilisation.
– Comorbidités : la présence de troubles dissociatifs ou psychotiques peut contre-indiquer ou nécessiter une adaptation du protocole.
– Formation du thérapeute : l’efficacité de l’EMDR dépend de la maîtrise des protocoles et de la capacité à gérer les réactions émotionnelles intenses.
Exemple clinique : gestion des réactions émotionnelles
Lors du retraitement d’une crise particulièrement intense, Sophie a présenté une agitation émotionnelle marquée. Le thérapeute a utilisé des techniques de stabilisation (respiration, ancrage) pour permettre une reprise en sécurité du processus, soulignant l’importance d’une pratique adaptée et supervisée.
Conclusion : l’EMDR, une option thérapeutique validée pour le trouble panique
Les données scientifiques actuelles confirment que l’EMDR est une option thérapeutique efficace pour le trouble panique, avec des résultats comparables à ceux des TCC. Son approche centrée sur le retraitement des souvenirs traumatiques et des croyances dysfonctionnelles en fait un outil précieux, notamment pour les patients présentant des antécédents traumatiques ou une résistance aux autres traitements. Pour les professionnels, l’intégration de l’EMDR dans la prise en charge du trouble panique nécessite une formation spécifique et une évaluation rigoureuse des indications. Pour les patients, cette thérapie offre une perspective de soulagement durable, en agissant à la fois sur les symptômes et sur leurs racines émotionnelles.
Ressources et liens utiles
- Reconnaître un trouble anxieux
- Dépression et anxiété : symptômes et prise en charge
- Consulter un psychiatre spécialisé en EMDR et TCC
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