EMDR pour le trouble stress post-traumatique
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Rédacteur « EMDR et trouble stress post-traumatique »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC et l’EMDR sont les traitements indiqués en première intention.
Qu’est-ce que l’EMDR et comment agit-elle sur le trouble stress post-traumatique ?
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires) est une psychothérapie innovante, développée à la fin des années 1980 par la psychologue américaine Francine Shapiro. Son objectif principal est de permettre au cerveau de retraiter les souvenirs traumatiques qui n’ont pas été correctement « digérés » au moment de l’événement, et qui continuent de provoquer des symptômes invalidants : reviviscences, cauchemars, hypervigilance, évitement, etc. . Mécanisme d’action : Lors d’une séance d’EMDR, le thérapeute guide le patient pour qu’il se concentre sur le souvenir traumatique, tout en stimulant alternativement ses deux hémisphères cérébraux (par des mouvements oculaires, des sons, ou des tapotements). Cette stimulation bilatérale permettrait de « débloquer » le système naturel de traitement de l’information du cerveau, favorisant ainsi l’intégration du souvenir dans une mémoire moins douloureuse et plus adaptative. Les études en neuro-imagerie montrent une diminution de l’activité de l’amygdale (siège de la peur) et une augmentation de l’activité du cortex préfrontal (siège de la régulation émotionnelle) après un traitement EMDR . Exemple clinique : Sophie, 34 ans, victime d’un accident de voiture il y a deux ans, souffrait de flashbacks quotidiens et d’une peur panique de conduire. Après 8 séances d’EMDR, elle a pu reprendre le volant sans angoisse, et les souvenirs de l’accident ne provoquaient plus de réaction physique (tachycardie, sueurs). Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « l’EMDR ne supprime pas le souvenir, mais en atténue la charge émotionnelle, permettant au patient de le réintégrer dans son histoire de vie sans souffrance ».
Recommandations officielles : OMS, HAS, INSERM
L’efficacité de l’EMDR dans le traitement du trouble stress post-traumatique (TSPT) est aujourd’hui reconnue par les plus hautes instances médicales :
– OMS : Depuis 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande l’EMDR comme traitement de première intention pour le TSPT, au même titre que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) .
– HAS : En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a validé l’EMDR dès 2007 pour les adultes, et en 2020 pour les enfants et adolescents .
– INSERM : L’institut confirme, via plusieurs méta-analyses, que 60 à 90 % des patients voient leurs symptômes s’améliorer significativement après 6 à 12 séances, avec des résultats comparables à ceux des TCC . Exemple clinique : Un soldat de retour d’Afghanistan, souffrant de cauchemars et d’irritabilité chronique, a vu ses symptômes diminuer de 80 % après 10 séances d’EMDR, selon une étude menée par le Department of Veterans Affairs américain .
EMDR vs autres thérapies : comparaisons et méta-analyses
Plusieurs études comparatives ont été menées pour évaluer l’efficacité de l’EMDR par rapport à d’autres approches, notamment les TCC et les médicaments. Comparaison EMDR / TCC :
– Les méta-analyses récentes montrent que l’EMDR et les TCC axées sur le traumatisme (comme l’exposition prolongée) obtiennent des résultats similaires en termes de réduction des symptômes de TSPT. Cependant, l’EMDR semble mieux tolérée par certains patients, car elle ne nécessite pas de « devoirs » à domicile (contrairement aux TCC) .
– Une étude publiée dans le Journal of EMDR Practice and Research a révélé que l’EMDR était aussi efficace que la TCC pour le TSPT, avec un taux de rémission de 77 % après 6 à 12 séances . Comparaison EMDR / Médicaments :
– Les antidépresseurs (ISRS) sont souvent prescrits en complément, mais leur efficacité est généralement inférieure à celle des psychothérapies. Une étude a montré que l’EMDR réduisait significativement les symptômes de TSPT chez 96,8 % des patients traités précocement (dans le mois suivant le trauma), contre 60 % pour les ISRS . Exemple clinique : Marie, 45 ans, victime de violences conjugales, avait tenté plusieurs antidépresseurs sans succès. Après 15 séances d’EMDR combinées à une TCC, elle a pu retrouver un sommeil normal et une vie sociale, sans recourir à une augmentation de sa médication.
Cas particuliers et limites de l’EMDR
Bien que très efficace, l’EMDR n’est pas adaptée à tous les profils :
– Traumatismes complexes : Pour les patients ayant subi des traumatismes répétés (violences, abus), une phase de stabilisation (par TCC ou thérapie de soutien) est souvent nécessaire avant de débuter l’EMDR .
– Troubles dissociatifs : L’EMDR peut être contre-indiquée en phase aiguë de dissociation, car elle risque de déstabiliser le patient. Une évaluation préalable par un psychiatre est indispensable .
– Enfants et adolescents : Des protocoles adaptés (EMDR enfant) existent, utilisant des outils ludiques (dessins, jeux) pour faciliter l’expression des émotions . Exemple clinique : Lucas, 12 ans, témoin de violences familiales, a bénéficié d’un protocole EMDR adapté avec des dessins. Après 8 séances, ses cauchemars ont disparu et ses résultats scolaires se sont améliorés.
Déroulement d’une séance d’EMDR : étapes et exemples concrets
Une séance d’EMDR suit un protocole structuré en 8 phases, développé par Francine Shapiro : 1. Anamnèse : Le thérapeute recueille l’histoire du patient et identifie les souvenirs cibles.
2. Préparation : Explication du processus, installation de ressources (lieu sûr, personnes rassurantes).
3. Évaluation : Le patient identifie une image, une croyance négative (« Je suis en danger »), une émotion et une sensation physique liées au trauma.
4. Désensibilisation : Stimulations bilatérales (mouvements oculaires, sons) pendant que le patient se concentre sur le souvenir.
5. Installation : Remplacement de la croyance négative par une croyance positive (« Je suis en sécurité maintenant »).
6. Scan corporel : Vérification de l’absence de tension résiduelle.
7. Clôture : Retour au calme, techniques de relaxation.
8. Réévaluation : Vérification des progrès à la séance suivante. Exemple clinique : Après un cambriolage, Clara, 50 ans, revivait sans cesse la scène. En séance, elle a pu associer l’image de l’intrus à la pensée « Je suis protégée », réduisant son anxiété de 9/10 à 2/10 en 4 séances.
EMDR et prévention du TSPT : l’intérêt d’une prise en charge précoce
Des études récentes montrent que l’EMDR peut prévenir l’apparition d’un TSPT si elle est initiée dans le mois suivant le trauma. Le protocole R-TEP (Recent Traumatic Episode Protocol) a démontré une efficacité de 96,8 % pour éviter la chronicisation des symptômes . Exemple clinique : Après un attentat, un groupe de survivants a bénéficié de 5 séances d’EMDR en groupe (G-TEP). Aucun n’a développé de TSPT chronique, contre 30 % dans le groupe témoin .
EMDR et comorbidités : dépression, anxiété, douleurs chroniques
L’EMDR est principalement indiquée pour le TSPT, mais son champ d’application s’élargit :
– Dépression post-traumatique : L’EMDR peut aider à traiter les dépressions liées à un traumatisme (deuil, agression) .
– Anxiété et phobies : Des résultats encourageants sont observés pour les phobies spécifiques (ex : phobie des transports après un accident) .
– Douleurs chroniques : Certaines études suggèrent une amélioration des douleurs fantômes ou fibromyalgiques après EMDR . Exemple clinique : Après un accident de travail, Marc souffrait de douleurs chroniques et de dépression. L’EMDR a permis de réduire son score de dépression de 50 % et d’améliorer sa tolérance à la douleur.
Comment trouver un thérapeute EMDR qualifié ?
Pour garantir une prise en charge sûre et efficace :
– Vérifiez que le praticien est certifié EMDR (par l’IFEMDR ou l’EMDR France).
– Privilégiez un professionnel également formé en psychotraumatologie (psychiatre, psychologue clinicien).
– Méfiez-vous des dérives : l’EMDR doit s’inscrire dans un cadre éthique et scientifique . À Paris, le Dr Nicolas Neveux propose des consultations spécialisées en EMDR et TCC pour le TSPT.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
- RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte etc…).
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