Femmes victimes de violences conjugales: comment faire face?
Vous voulez en savoir plus sur les femmes victimes de violences conjugales? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires sur les violences conjugales faites aux femmes.
Rédacteur « femmes victimes de violences conjugales »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Femmes victimes de violences conjugales : un enjeu de santé publique majeur
En France, les violences conjugales touchent chaque année des centaines de milliers de femmes, avec des conséquences dramatiques sur leur santé physique et mentale, ainsi que sur celle de leurs enfants. Selon les dernières données du ministère de l’Intérieur, 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire ont été enregistrées par les services de sécurité en 2024, un niveau quasi stable par rapport à 2023 (+0,4 %), après un doublement des chiffres entre 2016 et 2023. Parmi ces victimes, 84 % sont des femmes, et 73 % ont entre 20 et 45 ans. Les violences conjugales se manifestent sous différentes formes : physiques (64 % des cas), verbales ou psychologiques (31 %), et sexuelles (5 %). Pourtant, seule une victime sur six porte plainte pour les faits subis, ce qui souligne l’ampleur du phénomène et la difficulté pour les femmes de briser le silence.
Exemple clinique : le cas de Sophie
Sophie, 32 ans, consulte son médecin généraliste pour des maux de tête récurrents et des troubles du sommeil. Elle minimise ses symptômes, mais le médecin remarque des ecchymoses sur ses bras. Après un entretien en confiance, Sophie avoue subir des violences physiques et psychologiques de la part de son conjoint depuis plusieurs mois. Elle n’a jamais osé en parler, par peur des représailles et par honte. Ce cas illustre l’importance du repérage systématique par les professionnels de santé, comme le recommande la Haute Autorité de Santé (HAS).
Violences conjugales et grossesse : un double enjeu
La grossesse est une période particulièrement vulnérable pour les femmes victimes de violences conjugales. Selon une étude de l’Inserm, 2 femmes sur 100 en France subissent des violences physiques pendant leur grossesse. Ces violences peuvent avoir des conséquences graves pour la mère et l’enfant à naître : complications obstétricales, prématurité, dépression post-partum, voire décès. Les facteurs de risque incluent notamment un historique de violences avant la grossesse, un contexte de précarité socio-économique, ou une relation de couple marquée par un déséquilibre de pouvoir. Les violences peuvent s’intensifier pendant la grossesse, car l’agresseur perçoit l’enfant comme une menace à son emprise sur la victime.
Exemple clinique : le cas de Fatima
Fatima, enceinte de 7 mois, se présente aux urgences pour des douleurs abdominales. L’examen révèle des traces de coups récents. Elle confie à la sage-femme que son mari la frappe régulièrement, surtout depuis qu’elle est enceinte. Elle a peur de perdre son bébé et ne sait pas vers qui se tourner. Grâce à l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire (médecin, assistante sociale, psychologue), Fatima est orientée vers une maison d’accueil pour femmes victimes de violences et bénéficie d’un suivi médical et psychologique adapté.
Repérage et prise en charge : le rôle clé des professionnels de santé
La Haute Autorité de Santé (HAS) insiste sur l’importance du repérage précoce des femmes victimes de violences conjugales. Elle recommande aux professionnels de santé d’interroger systématiquement toutes leurs patientes sur l’existence de violences, actuelles ou passées, même en l’absence de signes d’alerte. Pourtant, seulement 14 % des femmes déclarent avoir été questionnées par leur médecin généraliste sur ce sujet. Le repérage doit être réalisé avec tact et bienveillance, en utilisant des questions ouvertes et non culpabilisantes. Par exemple : « Certaines femmes subissent des violences de la part de leur partenaire. Est-ce que cela vous est déjà arrivé ? » Une fois les violences identifiées, la prise en charge doit être globale : médicale, psychologique, sociale et juridique.
Exemple clinique : le cas de Marie
Marie, 40 ans, consulte pour un état dépressif sévère. Son psychiatre, le Dr Nicolas Neveux, psychiatre à Paris, suspecte des violences conjugales en raison de son anxiété et de son isolement social. Après un entretien approfondi, Marie révèle qu’elle subit des violences psychologiques et économiques depuis des années. Le Dr Neveux l’oriente vers une association spécialisée et l’aide à déposer plainte, tout en mettant en place un suivi en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour traiter son syndrome dépressif et son trouble anxieux.
Les conséquences psychologiques des violences conjugales
Les femmes victimes de violences conjugales présentent un risque accru de développer des troubles psychiques graves : dépression, troubles anxieux, syndrome de stress post-traumatique (SSPT), idées suicidaires, et troubles de l’attachement. Ces troubles sont souvent liés à la chronicité des violences, à l’isolement social, et à la perte d’estime de soi.
Exemple clinique : le cas d’Élodie
Élodie, 28 ans, est admise en psychiatrie pour une tentative de suicide. Elle explique avoir subi des violences physiques et sexuelles de la part de son ex-conjoint pendant plusieurs années. Elle souffre de cauchemars, de flashbacks, et d’une peur panique des hommes. Le diagnostic de TSPT est posé, et une prise en charge en TCC et en thérapie interpersonnelle (TIP) est mise en place pour l’aider à retrouver une vie sociale et professionnelle.
Pourquoi elles ne portent pas plainte ou ne partent pas immédiatement?
Voici une explication détaillée, étayée par des données récentes et des analyses psychologiques et sociales, des raisons pour lesquelles les femmes victimes de violences conjugales ne partent pas et ne portent pas plainte. Ce phénomène complexe s’explique par une combinaison de facteurs psychologiques, économiques, sociaux, culturels et systémiques.
1. La peur et la menace directe
a. Peur des représailles La crainte la plus immédiate et la plus fréquente est celle des représailles de la part de l’agresseur. Les femmes savent, souvent par expérience ou par des menaces explicites, que leur partenaire peut devenir encore plus violent si elles tentent de partir ou de porter plainte. Cette peur est fondée : en France, 40 % des féminicides sont commis au moment de la séparation ou dans les mois qui suivent. L’agresseur peut menacer de tuer la victime, ses enfants, sa famille, ou de la poursuivre sans relâche.
Exemple clinique : Carole, 38 ans, a tenté de quitter son conjoint à plusieurs reprises. Chaque fois, il la retrouvait, la frappait plus violemment, et menaçait de tuer leurs enfants si elle recommençait. Elle a fini par renoncer à partir, par peur pour la vie de ses enfants.
2. L’emprise psychologique et la dépendance affective
a. Le cycle de la violence Les violences conjugales s’inscrivent souvent dans un cycle en trois phases :
- Tension : accumulation de conflits, de critiques, de contrôle.
- Explosion : passage à l’acte violent (physique, verbal, sexuel).
- Réconciliation (« lune de miel ») : l’agresseur s’excuse, promet de changer, offre des cadeaux, minimise les faits. Ce cycle crée une dépendance affective et une confusion chez la victime, qui espère un changement et minimise la gravité des violences.
b. La normalisation de la violence Beaucoup de femmes, surtout si les violences ont commencé progressivement, ne réalisent pas qu’elles sont victimes de violences. Elles peuvent croire que « c’est normal », que « tous les couples se disputent », ou que c’est de leur faute (« si j’étais une meilleure épouse… »).
Exemple clinique : Sophie, 29 ans, justifiait les coups de son mari en disant : « Il est stressé au travail, c’est ma faute si je ne fais pas assez attention à lui. » Elle ne se considérait pas comme une victime, mais comme une « mauvaise épouse ».
3. L’isolement social et familial
a. L’isolement imposé par l’agresseur Les hommes violents isolent souvent leur partenaire : ils contrôlent ses sorties, ses relations, ses réseaux sociaux, ses appels téléphoniques. La victime se retrouve sans soutien extérieur, sans personne à qui se confier, et avec le sentiment que personne ne pourrait l’aider ou la croire.
b. La honte et la culpabilité Les femmes victimes de violences conjugales éprouvent souvent une honte intense, liée à la stigmatisation sociale des victimes (« pourquoi reste-t-elle ? »). Elles craignent le jugement de leur entourage, de leur famille, ou même des institutions (police, justice).
Exemple clinique : Aïcha, 42 ans, n’a jamais parlé des violences à sa famille, par peur d’être rejetée ou jugée. Elle avait honte que ses enfants sachent que leur père la battait.
4. Les obstacles économiques et matériels
a. La dépendance financière Beaucoup de femmes n’ont pas les ressources financières pour partir : elles ne travaillent pas, ou leur conjoint contrôle leurs revenus. En France, les femmes victimes de violences conjugales sont souvent en situation de précarité économique, ce qui limite leurs possibilités de logement indépendant ou de déménagement.
b. Le logement et la garde des enfants Trouver un logement, surtout avec des enfants, est un défi majeur. Les places en hébergement d’urgence sont limitées, et les femmes craignent de se retrouver à la rue. La peur de perdre la garde des enfants est aussi un frein puissant.
Exemple clinique : Nadia, 35 ans, mère de trois enfants, ne pouvait pas partir : son mari gérait tous leurs comptes, et elle n’avait pas d’économies. Elle ne savait pas où aller, et avait peur que ses enfants soient placés si elle quittait le domicile.
5. Les barrières institutionnelles et juridiques
a. Le manque de confiance dans les institutions Beaucoup de femmes ne portent pas plainte par méfiance envers la police ou la justice. Elles craignent de ne pas être crues, d’être mal accueillies, ou que leur plainte n’aboutisse à rien. En France, seule une victime sur six porte plainte pour les violences subies.
b. La complexité des démarches Les procédures judiciaires sont longues, complexes, et souvent décourageantes. Les femmes peuvent aussi craindre que leur conjoint, s’il est condamné, ne se venge après sa sortie de prison.
Exemple clinique : Léa, 30 ans, avait porté plainte une première fois. Son mari avait été convoqué, mais la procédure avait été classée sans suite. Après cela, elle n’a plus osé recommencer, convaincue que « ça ne servait à rien ».
6. L’espoir que la situation s’améliore
Dans ce contexte, l’espoir est un véritable poison parce qu’il dissuade les femmes de partir alors que tous les éléments rationnels montrent qu’elles doivent partir.
a. L’attachement et l’amour Malgré les violences, beaucoup de femmes aiment leur partenaire et espèrent qu’il changera, surtout s’il y a des enfants en commun. Elles peuvent aussi avoir des souvenirs de moments heureux, ce qui rend la décision de partir encore plus difficile.
b. La pression familiale ou religieuse Dans certaines cultures ou familles, le divorce ou la séparation est mal vu, voire interdit. Les femmes peuvent subir des pressions pour « sauver le couple à tout prix », même au prix de leur sécurité.
Exemple clinique : Fatima, 39 ans, subissait des pressions de sa famille pour ne pas quitter son mari, « pour l’honneur de la famille ». Elle a mis des années avant de trouver le courage de partir.
7. Les conséquences pour les enfants
a. La peur de briser la famille Beaucoup de femmes restent pour protéger leurs enfants, par peur que la séparation ne leur soit plus néfaste que les violences. Certaines craignent aussi que leur conjoint obtienne la garde et continue à les maltraiter.
b. La culpabilité maternelle Les mères se sentent souvent responsables du bien-être de leurs enfants et culpabilisent à l’idée de les priver d’un père, même violent.
Exemple clinique : Élodie, 33 ans, ne voulait pas que ses enfants grandissent sans père. Elle se disait : « Mieux vaut un père violent qu’un père absent. »
8. Le syndrome de Stockholm et la sidération psychique
Certaines victimes développent une forme d’attachement à leur agresseur, appelé syndrome de Stockholm, surtout si la violence alterne avec des périodes de gentillesse. La sidération psychique (état de choc et de paralysie) peut aussi les empêcher d’agir, même quand elles en ont l’opportunité.
9. Le manque d’information et de ressources
Beaucoup de femmes ne connaissent pas leurs droits, les aides disponibles, ou les structures d’accueil. Elles ignorent souvent qu’il existe des numéros d’urgence (comme le 3919), des maisons d’accueil, ou des dispositifs juridiques pour les protéger.
10. La minimisation des violences par l’entourage
Quand les femmes osent en parler, elles se heurtent parfois à l’incrédulité ou à la minimisation de leur entourage (« Il n’est pas si méchant », « Tu exagères », « C’est un coup de colère »). Ce manque de soutien renforce leur sentiment d’isolement et de désespoir.
Que retenir ?
Partir ou porter plainte est un processus long et complexe, qui demande un accompagnement adapté. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, psychiatre à Paris, « il ne suffit pas de dire à une femme de partir. Il faut lui offrir un accompagnement global : sécurité, soutien psychologique, aide juridique et économique, pour qu’elle puisse reconstruire sa vie en toute sécurité. »
Pour aller plus loin :
- Violences conjugales : comment repérer et accompagner la dépression dont souffrent les victimes ?
- La thérapie interpersonnelle: un approche de choix pour aider les patientes à réagir face aux violences et à se défendre.
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : un outil pour surmonter les traumatismes
- Troubles anxieux et dépression : conséquences fréquentes des violences conjugales
Vous ou un proche êtes concerné(e) ? N’hésitez pas à contacter le 3919 (numéro national d’écoute) ou à consulter un professionnel de santé pour un accompagnement adapté. Pour un suivi psychiatrique spécialisé, vous pouvez prendre rendez-vous avec le Dr Nicolas Neveux.
Les dispositifs d’aide et de protection
La thérapie interpersonnelle est essentielle parce qu’elle permettra à la patiente de prendre conscience de ses besoins fondamentaux, de les hiérarchiser correctement, de mentaliser que le compagnon transgresse les règles, et de revoir ses attentes vis à vis du conjoint.
Plusieurs dispositifs existent pour protéger les femmes victimes de violences conjugales :
– Le 3919 : numéro national d’écoute et d’orientation.
– Les maisons des femmes : lieux d’accueil et de prise en charge globale (médicale, psychologique, sociale, juridique).
– Les ordonnances de protection : mesures judiciaires urgentes pour éloigner l’agresseur et protéger la victime et ses enfants.
– Les centres d’hébergement : pour une mise à l’abri immédiate.
Exemple clinique : le cas de Leïla
Leïla, 35 ans, mère de deux enfants, est accompagnée par une association après avoir fui son domicile en urgence. Grâce à une ordonnance de protection, son conjoint violent est interdit de s’approcher d’elle et de leurs enfants. Elle bénéficie d’un hébergement sécurisé et d’un accompagnement pour reconstruire sa vie, avec un suivi en TCC pour gérer son anxiété et sa dépression.
Comment agir en tant que proche ou professionnel ?
Si vous suspectez qu’une femme de votre entourage est victime de violences conjugales :
– Écoutez-la sans jugement et croyez son récit.
– Encouragez-la à contacter le 3919 ou à consulter un professionnel de santé.
– Ne la forcez pas à porter plainte, mais informez-la de ses droits et des ressources disponibles.
– En cas d’urgence, appelez le 17 ou composez le 114 (par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes).
Exemple clinique : le cas de Claire
Claire, 50 ans, est soutenue par sa sœur après avoir révélé les violences de son mari. Ensemble, elles contactent le 3919 et prennent rendez-vous avec un avocat spécialisé. Claire dépose plainte et obtient une ordonnance de protection. Elle entame une TCC pour surmonter son syndrome dépressif et retrouver confiance en elle.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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