Grossophobie
Vous voulez en savoir plus sur la grossophobie? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la grossophobie.
Rédacteur « grossophobie »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Intéresse de plus en plus la communauté scientifique (troubles anxieux, dépression…).
Qu’est-ce que la grossophobie ? Définition et enjeux
La grossophobie désigne l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes perçues comme grosses. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’une phobie au sens clinique du terme, mais bien d’une forme de discrimination systémique, comparable au racisme ou au sexisme. Ce phénomène repose sur un ensemble de préjugés et de stéréotypes négatifs à l’égard des personnes en situation de surpoids ou d’obésité, leur attribuant souvent des traits de caractère tels que la paresse, le manque de volonté ou l’absence de contrôle de soi. La grossophobie se manifeste dans de nombreux domaines de la vie quotidienne : accès à l’emploi, soins médicaux, éducation, relations interpersonnelles, et même dans les représentations médiatiques. Elle peut prendre la forme de moqueries, de regards désapprobateurs, de remarques blessantes, mais aussi de discriminations institutionnelles, comme l’inadaptation des infrastructures (sièges trop étroits, matériel médical non adapté, etc.) ou le refus de soins de la part de certains professionnels de santé. Exemple clinique : Une patiente de 35 ans, en situation d’obésité modérée, consulte pour des douleurs articulaires. Le médecin, sans examen approfondi, lui conseille simplement de « perdre du poids », minimisant ainsi sa souffrance et retardant le diagnostic d’une arthrose débutante. Ce type de comportement, fréquent, illustre la grossophobie médicale, qui peut entraîner des erreurs de diagnostic et un renoncement aux soins de la part des personnes concernées.
Épidémiologie : un phénomène mondial et croissant
La grossophobie touche une part importante de la population, notamment dans les pays occidentaux où la minceur est érigée en norme sociale. En France, près d’un adulte sur deux est en situation de surpoids ou d’obésité, soit environ 48,8 % de la population. Parmi eux, une proportion significative subit régulièrement des discriminations liées à leur poids. Chiffres clés :
– Près d’une jeune femme sur deux (47 %) en situation d’obésité déclare avoir été victime de discrimination.
– 37 % des Québécois jugent que les personnes grosses ont un mauvais contrôle d’elles-mêmes, et 18 % les considèrent comme paresseuses.
– Les enfants et adolescents sont particulièrement vulnérables : la grossophobie scolaire (moqueries, harcèlement) est un facteur de risque majeur de dépression et de troubles anxieux précoces. Exemple clinique : Emelyne, 23 ans, raconte qu’au collège, ses camarades plaçaient des pointes de compas sur sa chaise pour la « faire dégonfler ». Ces violences répétées ont conduit à un syndrome dépressif sévère, nécessitant une prise en charge en psychiatrie à l’adolescence.
Conséquences de la grossophobie sur la santé mentale
Les répercussions de la grossophobie sur la santé mentale sont profondes et multiformes. Les personnes victimes de stigmatisation pondérale présentent un risque accru de :
– Dépression et anxiété chronique.
– Troubles du comportement alimentaire (hyperphagie boulimique, restriction cognitive, compulsions alimentaires).
– Isolement social et sentiment de honte.
– Renoncement aux soins par crainte d’être jugé ou mal traité. Exemple clinique : Une étude publiée dans Obesity Reviews en 2015 révèle que de nombreuses femmes en situation d’obésité évitent les dépistages de cancer par peur d’être stigmatisées. Certaines préfèrent même renoncer à consulter un médecin, aggravant ainsi leur état de santé physique et mentale. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, la grossophobie internalisée (le fait de croire soi-même aux stéréotypes négatifs sur son propre corps) aggrave considérablement le risque de développer des troubles psychiatriques, notamment des épisodes dépressifs majeurs et des troubles anxieux.
Grossophobie et santé : le cercle vicieux
La grossophobie ne se limite pas à une question d’apparence : elle a des conséquences directes sur la santé physique. Les personnes stigmatisées pour leur poids sont plus susceptibles de développer des comportements à risque (restriction alimentaire extrême, sédentarité par peur du regard des autres, évitement des activités sociales) qui, paradoxalement, peuvent aggraver leur état de santé. Exemple clinique : Un patient de 45 ans, souffrant d’obésité sévère, évite de se rendre à la piscine municipale par crainte des regards et des commentaires. Cette sédentarité forcée contribue à l’aggravation de son diabète de type 2 et de ses douleurs articulaires, créant un cercle vicieux difficile à briser.
Grossophobie médicale : un danger pour la prise en charge
La grossophobie est particulièrement préjudiciable dans le domaine médical. Les professionnels de santé, souvent influencés par les stéréotypes, peuvent minimiser les symptômes des patients en surpoids, attribuer systématiquement leurs maux à leur poids, ou même refuser de les prendre en charge. Exemple clinique : Une femme de 50 ans, en surpoids, consulte pour des douleurs thoraciques. Le médecin, sans examen complémentaire, lui attribue des « problèmes de poids » et ne réalise pas d’électrocardiogramme. Le diagnostic d’infarctus est posé plusieurs heures plus tard aux urgences, avec des séquelles cardiaques irréversibles.
Lutte contre la grossophobie : législation et associations
En France, la grossophobie n’est pas encore reconnue comme un motif spécifique de discrimination dans le Code pénal, bien que le Défenseur des droits ait rappelé que les discriminations liées au poids devaient être sanctionnées. Plusieurs associations militent pour une meilleure reconnaissance juridique et une sensibilisation accrue :
– Gras Politique : association féministe et queer, lutte contre la grossophobie systémique et propose des formations en milieu scolaire et professionnel.
– La Grosse Asso : intervient en milieu scolaire pour déconstruire les préjugés dès le plus jeune âge.
– Ligue contre l’Obésité : offre un soutien juridique et psychologique aux victimes. Exemple d’action : En 2025, une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale pour reconnaître la grossophobie comme motif spécifique de discrimination, à l’instar du sexisme ou du racisme.
Comment agir face à la grossophobie ?
Pour les victimes :
– Parler : rompre l’isolement en partageant son vécu avec des proches ou des associations.
– Signaler : en cas de discrimination avérée (travail, santé, éducation), saisir le Défenseur des droits ou une association spécialisée.
– Consulter : un professionnel de santé formé à la prise en charge non stigmatisante (certains psychiatres, psychologues, ou diététiciens proposent des approches bienveillantes). Pour les témoins :
– Intervenir : lorsqu’on est témoin de moqueries ou de discriminations, une simple remarque peut faire la différence.
– S’informer : pour déconstruire ses propres préjugés et relayer des messages inclusifs. Pour les professionnels de santé :
– Se former : à l’accueil des patients en situation de surpoids, sans jugement ni a priori.
– Adapter : son cabinet (matériel adapté, sièges larges, balance adaptée) et son discours (éviter les commentaires sur le poids non sollicités).
Ressources et liens utiles
– Associations : – [Gras Politique](https://graspolitique.fr/) – [La Grosse Asso](https://www.airzen.fr/la-grosse-asso-lutte-contre-la-grossophobie-en-milieu-scolaire/) – [Ligue contre l’Obésité](https://www.liguecontrelobesite.org/) – Livres : – On ne naît pas grosse, Gabrielle Deydier – Grossophobie. Sociologie d’une discrimination invisible, Solenne Carof – Podcasts et médias : – [France Inter – Comment lutter contre la grossophobie ?](https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-lundi-10-juin-2024-4392281)
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