L’amnésie dissociative: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur l’amnésie dissociative? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à l’amnésie dissociative.
Rédacteur « amnésie dissociative »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP),
mail: dr.neveux@gmail.com;prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga.; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
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Qu’est-ce que l’amnésie dissociative ?
L’amnésie dissociative est un trouble psychiatrique classé parmi les troubles dissociatifs dans les manuels diagnostiques internationaux (DSM-5, CIM-11). Elle se caractérise par une incapacité à se souvenir d’informations autobiographiques importantes, généralement liées à un traumatisme ou à un stress intense. Contrairement à l’oubli ordinaire, cette amnésie est disproportionnée, persistante, et ne peut s’expliquer par une simple défaillance de la mémoire ou par une cause organique (lésion cérébrale, maladie neurodégénérative, etc.). L’amnésie dissociative peut prendre plusieurs formes :
– Amnésie localisée : impossibilité de se rappeler d’un événement spécifique, souvent traumatique (ex. : agression, accident, catastrophe).
– Amnésie sélective : perte partielle de souvenirs liés à une période donnée.
– Amnésie généralisée : perte totale de souvenirs concernant son identité et son histoire personnelle, parfois associée à une fugue dissociative (déplacement soudain sans mémoire du passé). Exemple clinique :
Madame L., 34 ans, est retrouvée errant dans une gare, incapable de se souvenir de son nom, de son adresse, ou de son emploi. Après une évaluation psychiatrique, il s’avère qu’elle a subi un viol quelques jours plus tôt. Son amnésie généralisée a duré 48 heures, puis ses souvenirs sont revenus progressivement, d’abord par flashs, puis de manière plus complète. Ce cas illustre comment un traumatisme peut déclencher une amnésie dissociative comme mécanisme de protection psychique. —
Causes et mécanismes de l’amnésie dissociative
L’amnésie dissociative survient généralement en réaction à un traumatisme psychologique ou à un stress extrême. Les causes les plus fréquentes incluent :
– Traumatismes aigus : agressions, accidents, catastrophes naturelles, actes de violence, abus sexuels.
– Stress chronique : harcèlement, conflits familiaux prolongés, pression professionnelle intense.
– Traumatismes de l’enfance : abus, négligence, maltraitance, souvent associés à des troubles dissociatifs à l’âge adulte. Sur le plan neurobiologique, l’amnésie dissociative est associée à une altération du fonctionnement des structures cérébrales impliquées dans la mémoire et la régulation des émotions, notamment l’hippocampe, l’amygdale et le cortex préfrontal. Des études en neuroimagerie montrent une hypoactivation de ces zones chez les patients, suggérant un mécanisme de « déconnexion » protectrice face à des souvenirs insupportables. Exemple clinique :
Monsieur T., 42 ans, ancien soldat, consulte pour des trous de mémoire concernant ses missions en zone de guerre. Il se souvient de son arrivée et de son retour, mais pas des combats. L’évaluation révèle un état de stress post-traumatique (ESPT) avec amnésie dissociative sélective. Ce cas montre comment le cerveau peut « effacer » des souvenirs trop douloureux pour préserver l’équilibre psychique. —
Symptômes et diagnostic de l’amnésie dissociative
Les symptômes principaux de l’amnésie dissociative sont :
– Perte de mémoire autobiographique : trous de mémoire concernant des périodes ou événements précis, souvent émotionnellement chargés.
– Confusion ou perplexité : sentiment de déréalisation, impression de vivre dans un brouillard.
– Absence de cause organique : les examens neurologiques (IRM, EEG) ne révèlent aucune lésion ou anomalie structurelle. Le diagnostic repose sur :
1. Un entretien clinique approfondi : le psychiatre ou psychologue évalue l’histoire du patient, les antécédents traumatiques, et la nature des trous de mémoire.
2. L’exclusion des autres causes d’amnésie : démence, épilepsie, tumeur cérébrale, intoxication, etc.
3. L’utilisation d’outils standardisés : échelles de dissociation (ex. : Dissociative Experiences Scale), tests neuropsychologiques. Exemple clinique :
Mademoiselle R., 25 ans, étudiante, consulte pour des épisodes récurrents où elle « perd le fil » de sa journée, ne se souvient pas de ses cours, et retrouve des objets dans son sac sans savoir comment ils y sont arrivés. L’évaluation révèle une amnésie dissociative localisée, liée à des antécédents d’abus sexuel dans l’enfance. Ce cas souligne l’importance d’un diagnostic précis pour distinguer l’amnésie dissociative d’autres troubles comme l’épilepsie ou la dépression. —
Épidémiologie : qui est touché par l’amnésie dissociative ?
La prévalence de l’amnésie dissociative en population générale est estimée entre 0,2 % et 7,3 %, avec une prédominance féminine. Elle est plus fréquente chez les personnes ayant vécu des traumatismes répétés, notamment dans l’enfance (abus, négligence). Chez l’enfant et l’adolescent, l’amnésie dissociative est souvent sous-diagnostiquée, car les symptômes peuvent être confondus avec des troubles de l’attention, de l’anxiété, ou des comportements oppositionnels. Les adolescents victimes de harcèlement ou d’abus sont particulièrement à risque. Exemple clinique :
Enfant de 10 ans, Lucas est amené en consultation pour des absences répétées à l’école et des trous de mémoire concernant ses week-ends. L’enquête révèle qu’il subit des violences physiques à la maison. Son amnésie dissociative sélective lui permet de « survivre » psychiquement en « oublient » les épisodes traumatiques pendant la semaine. —
Amnésie dissociative et troubles psychiatriques associés
L’amnésie dissociative est fréquemment associée à d’autres troubles psychiatriques, notamment :
– Trouble de stress post-traumatique (ESPT) : jusqu’à 30 % des patients ESPT présentent une amnésie dissociative.
– Dépression : la perte de mémoire peut aggraver le sentiment d’inutilité et la détresse.
– Troubles anxieux : l’amnésie peut être un mécanisme de défense contre l’anxiété insupportable.
– Trouble dissociatif de l’identité (anciennement « trouble de la personnalité multiple ») : l’amnésie y est un symptôme central.
– Trouble bipolaire : dans les phases dépressives, l’amnésie peut survenir comme symptôme secondaire. Exemple clinique :
Madame D., 50 ans, suivie pour un trouble bipolaire, présente des épisodes d’amnésie lors de ses phases dépressives. Elle ne se souvient pas de ses hospitalisations ni des conversations avec son psychiatre. La prise en charge combine TCC et stabilisateurs d’humeur. —
Prise en charge et traitement de l’amnésie dissociative
La prise en charge repose sur une approche multidisciplinaire et personnalisée, centrée sur :
1. La sécurité et la stabilisation : créer un environnement sécurisant pour le patient.
2. La psychothérapie : – Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : aide à identifier et modifier les pensées et comportements liés au traumatisme. – Thérapie interpersonnelle (TIP) : travaille sur les relations et les émotions actuelles. – EMDR : particulièrement efficace pour les souvenirs traumatiques. – Hypnothérapie : peut faciliter l’accès aux souvenirs de manière progressive et contrôlée.
3. Le traitement des comorbidités : antidépresseurs, anxiolytiques, stabilisateurs d’humeur si nécessaire. Exemple clinique :
Monsieur K., 38 ans, victime d’un braquage violent, développe une amnésie dissociative pour l’événement. La prise en charge combine TCC (pour gérer l’anxiété et les évitements) et EMDR (pour retraiter le souvenir traumatique). Après 6 mois, il retrouve une mémoire partielle de l’agression, avec une diminution significative de ses symptômes de stress. —
Pronostic et évolution
Le pronostic dépend de plusieurs facteurs :
– La précocité de la prise en charge : plus le traitement est précoce, meilleures sont les chances de récupération mémorielle.
– La présence de troubles comorbides : dépression, anxiété, ou trouble de la personnalité peuvent compliquer l’évolution.
– Le soutien social : un environnement stable et bienveillant favorise la guérison. Dans la majorité des cas, l’amnésie dissociative est réversible, mais certains patients gardent des lacunes mnésiques persistantes, surtout si le traumatisme a été sévère et répété. —
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
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- Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).
— Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.
Auteur
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