Le trouble de personnalité histrionique: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur le trouble de personnalité histrionique? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au trouble de personnalité histrionique.

Rédacteur « trouble de personnalité histrionique »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP),
mail: dr.neveux@gmail.com;prendre rendez-vous

Sources:Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga.; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

Qu’est-ce que le trouble de personnalité histrionique ?

Le trouble de personnalité histrionique (TPH), aussi appelé trouble de la personnalité hystérique dans les anciennes classifications, est un trouble mental caractérisé par un mode généralisé de réponse émotionnelle excessive et une quête constante d’attention. Ce trouble appartient au groupe B des troubles de la personnalité dans le DSM-5, qui regroupe également les personnalités borderline, narcissique et antisociale. Les personnes atteintes de TPH présentent des émotions intenses, changeantes, et adoptent souvent des comportements dramatiques ou théâtraux pour attirer l’attention des autres, même si cela peut nuire à leurs relations ou à leur fonctionnement social et professionnel. Exemple clinique : Une patiente de 32 ans, consultait pour des conflits répétés au travail. Elle décrivait des épisodes où elle se sentait « invisible » si ses collègues ne la félicitaient pas pour son travail. Pour attirer l’attention, elle adoptait des tenues vestimentaires provocantes et racontait des histoires dramatiques sur sa vie personnelle, ce qui finissait par agacer son entourage et isolait progressivement la patiente.

Critères diagnostiques du trouble de personnalité histrionique selon le DSM-5

Pour poser le diagnostic de trouble de personnalité histrionique, le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) exige la présence d’un mode généralisé d’émotivité excessive et de recherche d’attention, débutant au début de l’âge adulte et présent dans divers contextes. Au moins cinq des manifestations suivantes doivent être observées : 1. Inconfort intense lorsque la personne n’est pas le centre de l’attention.
2. Interactions avec les autres caractérisées par un comportement de séduction ou de provocation sexuelle inapproprié.
3. Expression émotionnelle rapidement changeante et superficielle.
4. Utilisation régulière de l’apparence physique pour attirer l’attention.
5. Discours impressionniste et vague, manque de détails concrets.
6. Auto-dramatisation, théâtralité, expression exagérée des émotions.
7. Suggestibilité : la personne est facilement influencée par les autres ou par les circonstances.
8. Interprétation des relations comme plus intimes qu’elles ne le sont réellement. Exemple clinique : Un homme de 40 ans, en consultation pour une dépression réactionnelle, expliquait qu’il se sentait « vide » si ses amis ne le contactaient pas quotidiennement. Il organisait des fêtes somptueuses pour s’assurer d’être entouré, mais ses relations restaient superficielles et conflictuelles, car il exigeait une attention constante et se sentait blessé au moindre signe de désintérêt.

Épidémiologie : qui est touché par le trouble de personnalité histrionique ?

Le trouble de personnalité histrionique touche environ 2 à 3% de la population générale, avec une prédominance féminine (environ 3 femmes pour 1 homme). Cependant, cette différence tend à s’atténuer dans les études récentes. Le TPH débute généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte et peut persister tout au long de la vie si aucun traitement n’est entrepris. Exemple clinique : Une étude épidémiologique récente a montré que les femmes consultent plus fréquemment pour des symptômes liés au TPH, notamment en raison de la pression sociale et des attentes culturelles concernant l’expression émotionnelle et la séduction. Cependant, les hommes peuvent aussi être atteints, mais leurs comportements sont parfois moins identifiés comme pathologiques, car moins stéréotypés.

Épidémiologie chez l’enfant et l’adolescent

Chez l’enfant et l’adolescent, il est rare de poser un diagnostic formel de trouble de personnalité, car la personnalité est encore en développement. Cependant, certains traits précurseurs peuvent être observés, comme une hypersensibilité émotionnelle, une recherche excessive d’attention, ou des comportements de séduction inappropriés. Ces traits peuvent être renforcés par des dynamiques familiales ou des expériences de vie difficiles (négligence, abus, parentalité incohérente). Exemple clinique : Un adolescent de 16 ans, en difficulté scolaire, présentait des crises de larmes spectaculaires chaque fois qu’il n’était pas le centre de l’attention en classe. Ses parents rapportaient qu’il changeait souvent d’amis et qu’il mentait fréquemment pour impressionner ses camarades. Une prise en charge précoce en TCC et un accompagnement familial ont permis de stabiliser son comportement et d’éviter une aggravation des symptômes.

Causes et facteurs de risque du trouble de personnalité histrionique

Les causes exactes du trouble de personnalité histrionique ne sont pas totalement élucidées, mais il est admis qu’il résulte d’une interaction complexe entre des facteurs génétiques, biologiques et environnementaux.

Facteurs génétiques et biologiques

Des études suggèrent une composante héréditaire d’environ 40%, indiquant que certains traits de personnalité à risque pourraient être transmis génétiquement. Les personnes ayant des antécédents familiaux de troubles de la personnalité ou d’autres problèmes de santé mentale (comme l’anxiété ou la dépression) sont plus à risque.

Facteurs environnementaux et développementaux

Les expériences précoces jouent un rôle majeur :
– Troubles de l’attachement : un attachement insécure (évitant, anxieux) peut favoriser le développement de traits histrioniques.
– Modèles parentaux : grandir avec un parent histrionique ou dans un environnement où l’attention est conditionnée à des comportements dramatiques.
– Traumatismes : abus, négligence, ou parentalité incohérente.
– Renforcement social : être félicité de manière excessive pour des comportements visant à attirer l’attention. Exemple clinique : Une femme de 28 ans, diagnostiquée avec un TPH, rapportait avoir grandi dans une famille où elle n’était valorisée que lorsqu’elle « faisait le spectacle ». Ses parents, eux-mêmes très émotionnels, encourageaient ses crises de larmes et ses récits dramatiques, ce qui a renforcé ses comportements histrioniques à l’âge adulte.

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec d’autres troubles

Le trouble de personnalité histrionique peut être confondu avec d’autres troubles psychiatriques, notamment :
– Trouble de la personnalité borderline : instabilité émotionnelle et relationnelle, mais avec une peur de l’abandon et des comportements auto-destructeurs plus marqués.
– Trouble de la personnalité narcissique : besoin d’admiration, mais avec un sentiment de supériorité et un manque d’empathie.
– Trouble de la personnalité dépendante : besoin de proximité, mais avec une soumission et une peur du rejet plus prononcées.
– Trouble bipolaire : épisodes d’humeur exaltée, mais avec des phases dépressives et une cyclicité distincte.
– Trouble somatoforme : symptômes physiques inexpliqués, mais sans la théâtralité et la recherche d’attention du TPH. Exemple clinique : Un patient de 35 ans, adressé pour un possible trouble bipolaire, présentait des épisodes d’euphorie et de dépense excessive. Cependant, l’absence de phase dépressive et la présence de comportements de séduction inappropriés et d’une suggestibilité marquée ont orienté le diagnostic vers un TPH.

Impact du trouble de personnalité histrionique sur la vie sociale et professionnelle

Le TPH peut avoir des conséquences majeures sur la vie quotidienne :
– Instabilité professionnelle : changements fréquents d’emploi en raison de conflits ou d’ennui.
– Difficultés relationnelles : relations superficielles, conflits, ruptures répétées.
– Risque de dépression et d’anxiété : lorsque la personne ne parvient pas à obtenir l’attention souhaitée.
– Comportements à risque : conduites addictives, sexualité dangereuse, mythomanie. Exemple clinique : Une femme de 45 ans, cadre dans une entreprise, consultait pour un épuisement professionnel. Elle expliquait qu’elle changeait de poste tous les deux ans, car elle s’ennuyait rapidement et cherchait constamment de nouveaux défis pour « briller ». Ses collègues la décrivaient comme « imprévisible » et « manipulatrice », ce qui avait conduit à son isolement progressif.

Prise en charge et traitements du trouble de personnalité histrionique

La prise en charge du TPH repose principalement sur la psychothérapie. Les médicaments ne sont pas indiqués en première intention, sauf en cas de comorbidités (dépression, anxiété).

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La TCC est le traitement de référence. Elle vise à :
– Identifier et modifier les schémas de pensée dysfonctionnels (ex. : « Je ne vaux rien si on ne me regarde pas »).
– Apprendre à gérer les émotions et à tolérer l’absence d’attention.
– Développer des compétences sociales pour des relations plus authentiques et moins manipulatoires. Exemple clinique : Un patient de 30 ans, en TCC pour un TPH, a appris à reconnaître ses comportements de séduction excessive et à les remplacer par des interactions plus sincères. Grâce à des exercices de pleine conscience, il a pu réduire son besoin constant de validation externe.

Thérapie des schémas

Développée par Young, cette thérapie cible les schémas précoces maladaptatifs (ex. : abandon, imperfection) et travaille sur la reconstruction d’une estime de soi plus stable.

Prise en charge médicamenteuse

Aucun médicament n’est spécifique au TPH. Cependant, en cas de symptômes associés (dépression, anxiété), un psychiatre peut prescrire des antidépresseurs ou des anxiolytiques sur une courte durée.

Pronostic et évolution

Avec une prise en charge adaptée, environ 50% des patients présentent une amélioration significative après deux ans de thérapie régulière. Les symptômes peuvent s’atténuer avec l’âge, mais certains traits persistent, surtout en l’absence de traitement. Un diagnostic précoce et une observance thérapeutique sont associés à un meilleur pronostic.

Que faire en tant que proche ?

Vivre avec une personne histrionique peut être éprouvant. Voici quelques conseils :
– Ne pas renforcer les comportements théâtraux : éviter de céder à chaque demande d’attention.
– Encourager une prise de conscience : suggérer une consultation en TCC ou en thérapie.
– Poser des limites claires : protéger son propre bien-être émotionnel.
– Éviter les jugements : reconnaître la souffrance sous-jacente et orienter vers un professionnel.

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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— Références et liens utiles :
Troubles anxieux : comment les reconnaître ?
Dépression : symptômes et prise en charge
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : principes et applications
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