Off february: un mois sans réseaux sociaux
Qu’est-ce que l’Off february? A l’instar du dry january, il s’agit du challenge consistant à se passer de un mois sans réseaux sociaux pendant un mois. Vous trouverez ici sur l’Off february.
Rédacteur « Off february »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Off February : un mois sans réseaux sociaux pour retrouver l’équilibre mental
L’initiative Off February invite chaque année les utilisateurs du monde entier à désinstaller les applications de réseaux sociaux de leur smartphone pendant tout le mois de février. L’objectif ? Briser les automatismes de l’addiction aux écrans et retrouver un temps de qualité, loin des sollicitations numériques constantes. À l’origine de ce mouvement, Diego Hidalgo Demeusois, entrepreneur franco-espagnol, s’appuie sur des constats scientifiques alarmants : les Français passent en moyenne 54 heures par mois à scroller sur les réseaux sociaux, soit près de deux heures par jour. Une exposition qui n’est pas sans conséquence sur la santé mentale, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes.
Selon une étude de l’Agence de sécurité sanitaire française, l’hyperconnexion nuit au sommeil, à la concentration et aux interactions sociales. Près d’un enfant sur deux utilise les réseaux sociaux avant 13 ans, s’exposant ainsi à des risques accrus de troubles anxieux, de dépression, ou encore de troubles du comportement alimentaire. Le mouvement Off February propose donc une pause collective, non punitive, pour interroger notre rapport aux écrans et en mesurer les bienfaits.
Origines et objectifs du Off February : une réponse à l’addiction comportementale
Le Off February s’inspire directement du Dry January, qui encourage à arrêter l’alcool pendant un mois. Ici, il s’agit de se libérer de l’emprise des réseaux sociaux, dont l’usage excessif tend à dégrader la santé mentale, physique et sociale. Diego Hidalgo Demeusois, fondateur du mouvement, souligne que « ce qu’on veut, c’est briser ce pont vers une utilisation impulsive, non intentionnelle, de ces plateformes ». L’idée n’est pas de diaboliser le numérique, mais de supprimer le déclencheur principal de l’addiction : l’accès immédiat aux réseaux sociaux depuis la poche.
Une étude de l’université d’Oxford, publiée en février 2025, a montré que les participants privés d’internet pendant 14 jours présentaient une amélioration significative de leur bien-être psychologique, de leur sommeil et de leur capacité à se concentrer. Les organisateurs du Off February espèrent ainsi réaliser une étude d’impact à plus grande échelle, en collectant les témoignages des participants à l’issue des 28 jours. Le défi est lancé dans quatre pays (France, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis) et soutenu par plus de cinquante organisations à travers le monde.
Exemple clinique : le cas de Marie, 22 ans, étudiante en psychologie
Marie consultait pour des symptômes d’anxiété généralisée et des difficultés de concentration. Elle passait en moyenne 5 heures par jour sur les réseaux sociaux, avec des pics d’utilisation en période d’examen. Après avoir participé au Off February, elle a constaté une réduction de 60% de son temps d’écran, une amélioration de son sommeil et une baisse de son niveau d’anxiété. « Les trois premiers jours ont été difficiles, comme un vrai sevrage, mais après une semaine, j’ai retrouvé une sensation de calme et de contrôle sur mon temps », confie-t-elle. Son psychiatre a pu ajuster son suivi en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour consolider ces progrès.
Les bienfaits scientifiquement prouvés de la déconnexion
Les études sur l’impact de la réduction du temps passé sur les réseaux sociaux sont formelles : une pause numérique permet de réduire le stress, d’améliorer la qualité du sommeil et de renforcer les interactions sociales en face-à-face. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Social and Clinical Psychology a montré que les personnes limitant leur utilisation des réseaux sociaux à 30 minutes par jour présentaient une baisse significative des symptômes dépressifs et anxieux après trois semaines.
Le Off February s’appuie sur ces données pour encourager une prise de conscience collective. Les participants sont invités à partager leur expérience, créant ainsi une dynamique de soutien et de motivation. « Beaucoup aimeraient réduire leur usage, mais n’y parviennent pas parce que tout leur entourage reste connecté », explique Victor Fersing, responsable du mouvement en France. La dimension collective du défi permet de briser l’isolement et de faciliter l’engagement.
Exemple clinique : le cas de Thomas, 35 ans, cadre en entreprise
Thomas souffrait de troubles du sommeil et d’irritabilité chronique. Son médecin a identifié une addiction aux écrans liée à son usage professionnel et personnel des réseaux sociaux. Après avoir participé au Off February, il a noté une amélioration de son sommeil et une meilleure gestion du stress. « J’ai redécouvert le plaisir de lire et de passer du temps avec ma famille sans être constamment sollicité par des notifications », témoigne-t-il. Son psychiatre a complété cette démarche par un travail sur la gestion du temps et la pleine conscience.
Comment participer au Off February ? Conseils pratiques et accompagnement
Participer au Off February est simple : il suffit de désinstaller les applications de réseaux sociaux de son smartphone pendant 28 jours. L’accès ponctuel via ordinateur reste possible, mais l’objectif est de casser les automatismes et de retrouver une disponibilité mentale. Voici quelques conseils pour réussir ce défi :
- Préparer son entourage : informer ses proches de sa participation pour éviter les sollicitations et bénéficier de leur soutien.
- Trouver des alternatives : remplacer le temps passé sur les réseaux par des activités enrichissantes (lecture, sport, rencontres, etc.).
- Tenir un journal : noter ses ressentis, ses difficultés et ses progrès pour mesurer l’impact de la déconnexion.
- Rejoindre la communauté : s’inscrire sur le site officiel pour partager son expérience et bénéficier de conseils.
Pour les personnes en situation de dépendance avérée, un accompagnement par un professionnel de santé (psychiatre, psychologue) peut être nécessaire. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont particulièrement efficaces pour traiter les addictions comportementales et restaurer un usage équilibré des écrans.
Exemple clinique : le cas de Sophie, 19 ans, étudiante en arts
Sophie présentait des signes de dépression et une perte de motivation. Son psychiatre a identifié un lien entre son état et son usage intensif des réseaux sociaux (plus de 6 heures par jour). En participant au Off February, elle a pu réduire son temps d’écran et retrouver un équilibre. « J’ai réalisé à quel point les réseaux sociaux me volaient mon énergie et ma créativité », explique-t-elle. Son suivi en TCC a permis de consolider cette prise de conscience et de prévenir les rechutes.
Les limites et critiques du Off February : une solution suffisante ?
Si le Off February offre une opportunité de prise de conscience, certains experts soulignent ses limites. La déconnexion ponctuelle ne suffit pas toujours à traiter les addictions sévères, qui nécessitent un accompagnement thérapeutique sur le long terme. De plus, le retour aux réseaux sociaux après le défi peut s’avérer difficile, avec un risque de rechute ou d’usage compensatoire.
Surtout, se priver des réseaux sociaux ne résout pas les problèmes fondamentaux: pour quelles raisons les gens ont tant recours aux réseaux sociaux? Sans le souci de retrancher ces raisons, il n’y a pas d’espoir que les utilisateurs réduisent durablement leur recours aux réseaux sociaux qui sont leur façon d’y faire face.
Ce Off February peut amener les gens à prendre conscience de leur difficulté à se couper des réseaux sociaux, mais en aucun cas ne suffira à résoudre leur mésusage à lui tout seul puisqu’il n’a pas vocation à traiter les raisons sous-jacentes.
Par ailleurs, les réseaux sociaux ne sont pas en soi pathogènes : leur impact dépend de l’usage qui en est fait. Une étude de l’Université de Californie a montré que les utilisateurs actifs et engagés (création de contenu, interactions positives) présentaient un meilleur bien-être que les utilisateurs passifs (scrolling, comparaison sociale). Le Off February doit donc s’inscrire dans une réflexion plus large sur notre rapport à la technologie et à l’information.
Exemple clinique : le cas de Julien, 28 ans, entrepreneur
Julien a participé au Off February pour réduire son stress et améliorer sa productivité. Si les premiers jours ont été bénéfiques, il a constaté une reprise progressive de ses habitudes après le défi. « J’ai réalisé que j’avais besoin d’un suivi pour changer durablement mes comportements », explique-t-il. Son psychiatre lui a proposé un programme de TCC axé sur la gestion des impulsions et la régulation émotionnelle, complété par des ateliers de pleine conscience.
Off February et santé mentale : quels enseignements pour les professionnels ?
Pour les psychiatres et psychologues, le Off February représente une opportunité d’aborder avec les patients la question de l’addiction aux écrans et de l’hyperconnexion. Les témoignages recueillis lors des éditions précédentes montrent une amélioration significative du bien-être, mais aussi la nécessité d’un accompagnement personnalisé pour les cas les plus sévères.
Les professionnels de santé mentale peuvent s’appuyer sur ce défi pour :
- Sensibiliser les patients aux risques de l’hyperconnexion.
- Proposer des alternatives thérapeutiques (TCC, pleine conscience, thérapies interpersonnelles).
- Encourager une réflexion sur l’usage des écrans et la qualité des interactions sociales.
Le Off February s’inscrit ainsi dans une démarche de prévention et de promotion de la santé mentale, en offrant un cadre structurant pour une déconnexion volontaire et réfléchie.
Conclusion : et après le Off February ?
Le Off February est bien plus qu’un simple défi : c’est une invitation à repenser notre rapport aux écrans et à la technologie. Les bienfaits observés (meilleur sommeil, réduction du stress, regain de concentration) montrent l’importance de pauses régulières dans notre vie numérique. Cependant, pour un impact durable, cette démarche doit s’inscrire dans une réflexion plus large sur nos habitudes et, le cas échéant, être accompagnée par des professionnels de santé.
Si vous souhaitez participer ou en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site officiel du mouvement ou à en parler à votre médecin ou psychiatre. Pour les personnes en situation de dépendance, un accompagnement spécialisé en TCC ou en thérapie interpersonnelle peut être nécessaire pour restaurer un équilibre durable.
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
- RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
- Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).
Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.
Image par Thomas Ulrich
Auteur
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