Phobie de la conduite (amaxophobie): reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur la phobie de la conduite (amaxophobie)? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la phobie de la conduite (amaxophobie).
Rédacteur « phobie de la conduite (amaxophobie) »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
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Qu’est-ce que la phobie de la conduite (amaxophobie) ?
L’amaxophobie, ou phobie de la conduite, est un trouble anxieux spécifique caractérisé par une peur intense, persistante et souvent irrationnelle de conduire un véhicule ou d’être passager dans une voiture. Contrairement à une simple appréhension, cette phobie peut provoquer des réactions physiques et psychologiques extrêmes, allant jusqu’à des crises de panique, et conduit fréquemment à un évitement total ou partiel de la conduite. Les personnes atteintes organisent souvent leur vie quotidienne pour éviter toute situation nécessitant l’usage d’un véhicule, ce qui peut entraîner un isolement social, professionnel, et une altération significative de leur qualité de vie. Exemple clinique : Sophie, 32 ans, a obtenu son permis de conduire il y a dix ans, mais n’a jamais osé conduire seule. Chaque fois qu’elle s’installe au volant, elle ressent une oppression thoracique, des sueurs froides, et la conviction qu’elle va provoquer un accident. Elle a fini par refuser toute promotion professionnelle nécessitant des déplacements, et dépend entièrement de son conjoint pour les trajets du quotidien. —
Symptômes et manifestations de l’amaxophobie
Les symptômes de l’amaxophobie sont à la fois physiques, émotionnels et comportementaux. Ils peuvent survenir à l’idée même de conduire, ou dès que la personne se trouve dans un véhicule, que ce soit en tant que conducteur ou passager. Symptômes physiques :
– Accélération du rythme cardiaque, palpitations
– Transpiration excessive, bouffées de chaleur ou frissons
– Tremblements, vertiges, sensation d’étouffement
– Nausées, maux de ventre, maux de tête
– Impression d’irréalité ou de dépersonnalisation Symptômes émotionnels et cognitifs :
– Peur panique de perdre le contrôle du véhicule
– Crainte excessive d’avoir un accident ou de blesser autrui
– Pensées catastrophiques (« Je vais mourir », « Je vais tuer quelqu’un »)
– Sentiment d’impuissance, honte, frustration
– Anticipation anxieuse dès la veille d’un trajet Symptômes comportementaux :
– Évitement des situations de conduite (autoroutes, ponts, tunnels, embouteillages, conduite de nuit)
– Refus de prendre le volant, même pour des trajets courts et familiers
– Dépendance aux transports en commun, aux proches, ou renoncement à des activités sociales/professionnelles
– Conduite extrêmement lente ou hésitante, pouvant mettre en danger soi-même ou les autres Exemple clinique : Marc, 45 ans, a été impliqué dans un accident de la route il y a deux ans. Depuis, il évite systématiquement les autoroutes et les routes à grande vitesse. Lorsqu’il est contraint de conduire, il s’arrête toutes les cinq minutes pour « vérifier » qu’il n’a pas oublié de faire quelque chose, et son rythme cardiaque s’emballe dès qu’il dépasse 70 km/h. Sa femme a dû reprendre le rôle de conducteur principal, ce qui a créé des tensions dans leur couple. —
Causes et facteurs de risque de l’amaxophobie
L’amaxophobie est un trouble multifactoriel, résultant de l’interaction entre des prédispositions individuelles, des expériences de vie, et des facteurs environnementaux. 1. Expériences traumatiques ou négatives liées à la conduite
– Accident de la route (en tant que conducteur, passager ou témoin)
– Expérience de perte de contrôle du véhicule (dérapage, freinage brutal, aquaplaning)
– Avoir été témoin d’un accident grave ou d’un décès sur la route
– Apprentissage de la conduite dans un climat de stress, de critique ou de manque de confiance 2. Facteurs psychologiques et émotionnels
– Anxiété généralisée ou trouble panique préexistant
– Manque de confiance en soi, perfectionnisme, peur de l’échec
– Difficulté à gérer les situations imprévisibles ou le sentiment de perte de contrôle
– Peur de l’évaluation sociale (« Que vont penser les autres si je conduis mal ? ») 3. Facteurs génétiques et familiaux
– Antécédents familiaux de troubles anxieux ou phobiques
– Observation d’un proche souffrant d’amaxophobie (apprentissage par imitation)
– Prédisposition génétique à l’anxiété ou à la sensibilité au stress 4. Facteurs environnementaux et sociaux
– Exposition médiatique répétée à des images d’accidents graves
– Pression sociale ou professionnelle liée à la conduite
– Isolement géographique (zones rurales, absence d’alternatives de transport)
– Changements de vie majeurs (déménagement, nouveau travail, parentalité) Exemple clinique : Élodie, 28 ans, n’a jamais conduit depuis son permis, obtenu après trois tentatives. Elle décrit son moniteur d’auto-école comme « brutal et moqueur », et ses parents comme « toujours critiques » envers ses erreurs. Aujourd’hui, elle évite même de monter en voiture avec des amis, de peur qu’ils lui demandent de conduire. —
Diagnostic et évaluation de l’amaxophobie
Le diagnostic de l’amaxophobie repose sur un entretien clinique approfondi avec un professionnel de santé mentale (psychiatre, psychologue). Il permet de distinguer une phobie spécifique d’autres troubles anxieux, dépressifs, ou post-traumatiques, et d’évaluer l’impact de la phobie sur la vie quotidienne. Critères diagnostiques (DSM-5, CIM-11) :
– Peur ou anxiété marquée, persistante, et excessive liée à la conduite ou au fait d’être passager
– La peur est déclenchée de manière systématique par la situation redoutée
– La personne reconnaît le caractère excessif ou irrationnel de sa peur
– La situation est évitée ou supportée avec une détresse intense
– La phobie persiste depuis au moins six mois
– Elle entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social/professionnel Outils d’évaluation :
– Questionnaires spécifiques (ex : Driving Cognition Questionnaire, Driving Anxiety Scale)
– Échelles d’anxiété généralisée (GAD-7, HADS)
– Évaluation des comorbidités (dépression, TSPT, agoraphobie)
– Analyse des antécédents traumatiques et du contexte de vie Exemple clinique : Lors de sa première consultation, Thomas, 50 ans, explique qu’il a arrêté de conduire il y a cinq ans, après avoir été bloqué dans un embouteillage pendant trois heures. Depuis, il présente des crises d’angoisse dès qu’il voit une voiture sur une autoroute, même à la télévision. Le psychiatre diagnostique une amaxophobie sévère, associée à un trouble panique, et propose un plan de prise en charge combinant TCC et EMDR. —
Traitements et prise en charge de l’amaxophobie
La prise en charge de l’amaxophobie repose sur une approche pluridisciplinaire, combinant psychothérapies, techniques de relaxation, et parfois médicaments. L’objectif est de réduire l’anxiété, de modifier les schémas de pensée dysfonctionnels, et de permettre une réappropriation progressive de la conduite. 1. Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)
Les TCC sont le traitement de première intention pour l’amaxophobie, avec un taux d’efficacité élevé (70 à 90 % d’amélioration selon les études). Elles combinent :
– Restructuration cognitive : identification et modification des pensées catastrophiques (« Je vais avoir un accident » → « Je peux gérer les situations imprévues »).
– Exposition progressive : confrontation graduelle aux situations redoutées (d’abord en imagination, puis in vivo ou en réalité virtuelle).
– Techniques de relaxation : respiration diaphragmatique, training autogène, méditation pour gérer l’anxiété.
– Thérapie par réalité virtuelle (TERV) : utilisation de simulateurs de conduite pour une exposition sécurisée et contrôlée. Exemple clinique : Après 12 séances de TCC, Claire, 40 ans, a pu reprendre le volant sur des trajets courts et familiers. Son thérapeute a d’abord travaillé avec elle sur ses pensées automatiques (« Si je conduis, je vais faire une crise de panique »), puis l’a accompagnée en voiture pour des expositions progressives, en commençant par des parkings vides. 2. EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing)
L’EMDR est particulièrement indiquée lorsque l’amaxophobie est liée à un traumatisme (accident, agression, témoin d’un drame). Cette thérapie permet de retraiter les souvenirs traumatiques et de réduire leur charge émotionnelle. Son efficacité est reconnue par l’OMS, avec des résultats durables en quelques séances pour les traumatismes simples. Exemple clinique : Julien, 35 ans, avait développé une amaxophobie après avoir percuté un piéton (sans gravité). Trois séances d’EMDR ont suffi pour qu’il puisse à nouveau conduire sans revivre les images de l’accident. 3. Autres approches thérapeutiques
– Hypnothérapie : pour travailler sur les croyances inconscientes et les réactions émotionnelles automatiques.
– Thérapies brèves stratégiques : pour modifier les comportements d’évitement et renforcer la confiance en soi.
– Groupes de parole : pour briser l’isolement et partager des stratégies d’adaptation. 4. Médicaments
Les médicaments ne guérissent pas l’amaxophobie, mais peuvent être utiles en complément des psychothérapies pour réduire les symptômes d’anxiété ou de dépression associés :
– Anxiolytiques (benzodiazépines) : à utiliser avec prudence, en raison du risque de dépendance.
– Antidépresseurs (ISRS, IRSNa) : pour les formes sévères ou associées à une dépression ou un trouble panique. Exemple clinique : Après un accident grave, Laura, 29 ans, présentait une amaxophobie associée à des crises de panique quotidiennes. Son psychiatre a prescrit un ISRS (sertraline) pendant six mois, en parallèle d’une TCC, ce qui a permis une amélioration significative de son état général et une reprise progressive de la conduite. —
Prévention et conseils pratiques
Pour les personnes souffrant d’amaxophobie :
– Ne pas éviter systématiquement : l’évitement renforce la phobie. Commencez par des trajets très courts et sécurisés.
– Pratiquer la relaxation : respiration profonde, méditation, yoga pour réduire le stress global.
– S’entourer de soutien : en parler à ses proches, rejoindre des groupes d’entraide.
– Consulter un professionnel : plus la prise en charge est précoce, plus les résultats sont rapides et durables. Pour les proches :
– Écouter sans juger : la phobie n’est pas un caprice, mais un trouble anxieux réel.
– Encourager sans forcer : proposer un accompagnement bienveillant, sans minimiser la peur.
– Aider à trouver des solutions : proposer des alternatives de transport, accompagner aux rendez-vous thérapeutiques. Pour les professionnels de santé :
– Dépister systématiquement l’amaxophobie chez les patients ayant vécu un accident ou présentant des troubles anxieux.
– Orienter vers des spécialistes formés aux TCC, EMDR, ou TERV.
– Évaluer les comorbidités (dépression, TSPT, agoraphobie) pour une prise en charge globale. —
Témoignages et espoir de guérison
De nombreuses personnes ont surmonté leur amaxophobie grâce à une prise en charge adaptée. Voici quelques témoignages inspirants : > « Après mon accident, je pensais ne plus jamais conduire. Grâce à la TCC et à la réalité virtuelle, j’ai repris confiance. Aujourd’hui, je fais 50 km par jour pour aller au travail ! » — Pierre, 42 ans > « L’EMDR a changé ma vie. En trois séances, j’ai pu enfin parler de mon accident sans pleurer, et reprendre le volant. » — Marie, 38 ans > « Mon thérapeute m’a appris à gérer mes crises d’angoisse. Maintenant, je conduis même sur l’autoroute, ce que je n’aurais jamais cru possible. » — Anne, 50 ans —
Conclusion : Vivre sans amaxophobie, c’est possible
L’amaxophobie est une phobie fréquente, invalidante, mais traitable. Grâce aux avancées en psychothérapie (TCC, EMDR, TERV) et à une prise en charge personnalisée, la majorité des personnes peuvent retrouver une autonomie et un plaisir de conduire. Le premier pas ? En parler à un professionnel. Ne laissez pas la peur vous priver de liberté. —
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
- RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
- Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).
Vous souffrez d’amaxophobie ou connaissez quelqu’un dans cette situation ? N’hésitez pas à partager cet article ou à demander conseil à un professionnel. La première étape vers la guérison, c’est d’en parler.
Auteur
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Au cabinet: 9 rue Troyon 75017 Paris
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