Problèmes et troubles sexuels

Vous voulez en savoir plus sur les troubles sexuels? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face aux troubles sexuels.
Rédacteur « troubles sexuels »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous

Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

Qu’est-ce qu’un trouble sexuel ?

Les troubles sexuels regroupent l’ensemble des difficultés rencontrées par une personne ou un couple dans le déroulement de leur vie sexuelle. Ils peuvent toucher le désir, l’excitation, l’orgasme, ou encore provoquer des douleurs lors des rapports. Ces troubles sont fréquents et peuvent avoir des origines variées : physiques, psychologiques, relationnelles ou contextuelles. Exemple clinique : Monsieur L., 52 ans, consulte pour des troubles de l’érection apparus progressivement depuis deux ans. Après un bilan médical complet (dosage hormonal, bilan cardiovasculaire), aucun trouble organique n’est identifié. Le sexologue découvre, lors des entretiens, une anxiété de performance importante, liée à des échecs répétés et à une peur de décevoir sa partenaire. Une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est mise en place, combinée à des exercices de relaxation et à une psychoéducation sur la réponse sexuelle masculine. Les troubles sexuels ne doivent pas être banalisés, car ils peuvent être le symptôme de pathologies plus graves comme la dépression, les troubles anxieux, ou encore des traumatismes anciens (abus sexuels, violences). —

Les principaux troubles sexuels

1. Les troubles du désir sexuel

Le trouble du désir sexuel, ou baisse de la libido, se caractérise par une absence ou une diminution significative du désir sexuel, entraînant une souffrance personnelle ou des difficultés dans le couple. Ce trouble peut être primaire (présent depuis toujours) ou secondaire (apparaissant après une période de désir normal).

Exemple clinique : Madame T., 38 ans, consulte pour une perte totale de désir depuis la naissance de son deuxième enfant, il y a trois ans. Elle décrit une fatigue chronique, un sentiment de surcharge mentale et une absence de complicité avec son conjoint. L’exploration révèle une dépression post-partum non traitée et des difficultés de communication au sein du couple. Une prise en charge combinant TCC individuelle et thérapie de couple permet une amélioration progressive. Les causes sont multiples : déséquilibres hormonaux, prise de certains médicaments (antidépresseurs, pilule contraceptive), stress, dépression, problèmes relationnels, ou encore des antécédents d’abus sexuels.

2. Les troubles de l’excitation sexuelle

Chez l’homme, le trouble de l’excitation se manifeste principalement par une dysfonction érectile (incapacité à obtenir ou maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel satisfaisant). Chez la femme, il peut s’agir d’un trouble de l’excitation sexuelle, avec une absence ou une diminution de la lubrification vaginale et de la sensation de plaisir.

Exemple clinique : Monsieur D., 45 ans, présente une dysfonction érectile depuis six mois. Il rapporte une anxiété intense liée à des difficultés professionnelles et une consommation excessive d’alcool. Le bilan médical ne retrouve pas de cause organique. Une prise en charge en TCC, axée sur la gestion du stress et la réduction de la consommation d’alcool, permet une amélioration significative. Les causes organiques (diabète, hypertension, troubles cardiovasculaires) doivent toujours être recherchées en premier lieu. Les causes psychologiques (anxiété, dépression, stress) sont également fréquentes.

3. Les troubles de l’orgasme

L’anorgasmie (difficulté ou impossibilité à atteindre l’orgasme) et l’éjaculation précoce (éjaculation survenant trop rapidement, souvent avant ou peu après la pénétration) sont les troubles de l’orgasme les plus fréquents.

Exemple clinique : Madame R., 32 ans, consulte pour une anorgasmie primaire : elle n’a jamais atteint l’orgasme, ni seule ni avec un partenaire. L’exploration révèle des croyances limitantes sur la sexualité, une éducation très restrictive et une peur de lâcher prise. Une prise en charge en TCC, incluant des exercices de focalisation sensorielle et un travail sur les schémas cognitifs, permet une évolution favorable.

L’éjaculation précoce touche environ 11 % des hommes en France, avec des formes occasionnelles bien plus fréquentes. Les causes sont multifactorielles : anxiété de performance, manque de connaissance sur la sexualité, difficultés relationnelles.

L’anéjaculation est un autre trouble de l’orgasme.

4. Les troubles douloureux : vaginisme et dyspareunie

Le vaginisme est une contraction involontaire et douloureuse des muscles du vagin, rendant la pénétration impossible ou très douloureuse. La dyspareunie désigne des douleurs persistantes lors des rapports sexuels, chez l’homme ou la femme. Exemple clinique : Madame S., 28 ans, consulte pour un vaginisme primaire. Elle décrit une peur panique de la pénétration, liée à des croyances erronées sur la sexualité et à une éducation très puritaine. Une prise en charge en TCC, incluant des exercices de relaxation et une désensibilisation progressive, permet une amélioration. Les causes peuvent être organiques (infections, endométriose, séquelles de chirurgie), psychologiques (peur, traumatismes) ou relationnelles.

5. L’impulsivité sexuelle

L’impulsivité sexuelle se caractérise par une difficulté à contrôler son désir sexuel, avec des comportements répétés, parfois transgressifs ou à risque. Elle peut entraîner une souffrance personnelle, des conflits relationnels ou professionnels. Exemple clinique : Monsieur P., 35 ans, consulte pour une addiction à la pornographie et des comportements sexuels à risque (multiples partenaires, relations extraconjugales). Il décrit une incapacité à résister à ses pulsions, malgré les conséquences négatives sur sa vie familiale et professionnelle. Une prise en charge en TCC, axée sur la gestion des impulsions et le travail sur les schémas cognitifs, est proposée. L’impulsivité sexuelle peut être associée à d’autres troubles psychiatriques (troubles bipolaires, TDAH, addictions). —

Causes et facteurs de risque des troubles sexuels

Les troubles sexuels sont rarement dus à une seule cause. Ils résultent souvent de l’interaction de plusieurs facteurs :

1. Facteurs organiques

– Maladies chroniques : diabète, hypertension, troubles cardiovasculaires, sclérose en plaques.
– Déséquilibres hormonaux : hypogonadisme, ménopause, thyroïdopathies.
– Médicaments : antidépresseurs (ISRS), neuroleptiques, antihypertenseurs, chimiothérapies.
– Alcool, tabac, drogues : consommation excessive ou chronique.

2. Facteurs psychologiques

– Troubles psychiatriques : dépression, troubles anxieux, trouble stress post-traumatique (notamment après des abus sexuels), troubles obsessionnels compulsifs.
– Stress, anxiété de performance, peur de l’échec.
– Image de soi négative, manque d’estime de soi.

3. Facteurs relationnels et contextuels

– Difficultés de communication dans le couple.
– Conflits non résolus, infidélités, rupture de la confiance.
– Manque d’intimité, routine, ennui.
– Pression sociale, normes culturelles ou religieuses restrictives.

4. Facteurs environnementaux et sociétaux

– Exposition précoce ou excessive à la pornographie, pouvant entraîner des attentes irréalistes ou une désensibilisation.
– Traumatismes sexuels (viol, abus, harcèlement).
– Isolement social, précarité, conditions de vie difficiles. —

Diagnostic et prise en charge des troubles sexuels

1. Le diagnostic : une étape essentielle

Le diagnostic des troubles sexuels repose sur un entretien clinique approfondi, réalisé par un médecin généraliste, un psychiatre ou un sexologue. Cet entretien permet d’évaluer :
– La nature, la durée et l’intensité du trouble.
– Son retentissement sur la qualité de vie et la relation.
– Les antécédents médicaux, psychiatriques et sexuels.
– Les facteurs déclenchants ou aggravants. Exemple clinique : Madame K., 40 ans, consulte pour une baisse de désir depuis un an. L’entretien révèle une dépression masquée, un conflit conjugal non exprimé et une fatigue chronique liée à un surmenage professionnel. Le diagnostic de trouble du désir sexuel secondaire à une dépression et à des difficultés relationnelles est posé. Des examens complémentaires peuvent être proposés selon le contexte : bilan hormonal, bilan cardiovasculaire, dépistage d’infections sexuellement transmissibles, etc.

2. Les traitements disponibles

La prise en charge des troubles sexuels est multidisciplinaire et personnalisée. Elle peut associer :

a. Traitements médicaux

– Médicaments : inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (sildénafil, tadalafil) pour la dysfonction érectile, traitements hormonaux substitutifs, antidépresseurs (si dépression associée).
– Traitement des causes organiques : équilibration du diabète, de l’hypertension, etc.

b. Psychothérapies

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont le traitement de première intention pour la plupart des troubles sexuels. Elles permettent de :
– Identifier et modifier les croyances dysfonctionnelles sur la sexualité.
– Gérer l’anxiété de performance et le stress.
– Améliorer la communication au sein du couple.
– Rééduquer la réponse sexuelle par des exercices spécifiques (focalisation sensorielle, désensibilisation progressive). Exemple clinique : Monsieur et Madame B., en couple depuis 10 ans, consultent pour des difficultés sexuelles (baisse de désir, éjaculation précoce, évitement des rapports). La TCC de couple met en évidence des attentes irréalistes, une mauvaise communication et des schémas de pensée négatifs. Un travail sur la réattribution des rôles, la gestion des conflits et la réintroduction de la sensualité permet une amélioration significative. D’autres approches psychothérapeutiques peuvent être proposées :
– Thérapie interpersonnelle (TIP) : pour travailler sur les relations et les événements de vie.
– EMDR : en cas de traumatismes (abus, viol).
– Thérapie de couple : si les difficultés sont principalement relationnelles.

c. Approches complémentaires

– Sexothérapie : exercices pratiques pour réapprendre le plaisir et la détente.
– Relaxation, méditation, sophrologie : pour réduire le stress et l’anxiété.
– Éducation sexuelle : pour corriger les idées reçues et améliorer la connaissance de son corps. —

Cas particuliers et situations à risque

1. Troubles sexuels et dépression

La dépression est fréquemment associée à des troubles sexuels : baisse de la libido, dysfonction érectile, anorgasmie, éjaculation précoce. Ces troubles peuvent être liés à la maladie elle-même ou aux traitements antidépresseurs. Exemple clinique : Monsieur V., 50 ans, traité pour un épisode dépressif majeur, rapporte une absence totale de désir et une dysfonction érectile depuis le début de son traitement par ISRS. Une adaptation thérapeutique (changement de molécule, ajout d’un traitement adjuvant) et une prise en charge en TCC permettent une amélioration.

2. Troubles sexuels et abus sexuels

Les antécédents d’abus sexuels (viol, attouchements, harcèlement) sont un facteur de risque majeur de troubles sexuels à l’âge adulte : vaginisme, anorgasmie, aversion sexuelle, impulsivité sexuelle, etc. Exemple clinique : Madame G., 30 ans, consulte pour un vaginisme sévère. L’anamnèse révèle des antécédents d’abus sexuels dans l’enfance. Une prise en charge combinant TCC, EMDR et thérapie de couple permet une amélioration progressive.

3. Troubles sexuels et troubles anxieux

L’anxiété (trouble anxieux généralisé, phobie sociale, trouble panique) est souvent associée à des troubles sexuels, notamment par le biais de l’anxiété de performance. Exemple clinique : Monsieur H., 25 ans, présente une éjaculation précoce sévère, associée à une phobie sociale et une peur du jugement. Une prise en charge en TCC, axée sur la gestion de l’anxiété et la restructuration cognitive, permet une amélioration.

4. Troubles sexuels et troubles du comportement alimentaire

Les troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie) peuvent perturber la sexualité, notamment par le biais des déséquilibres hormonaux et de l’image corporelle négative. Exemple clinique : Madame M., 22 ans, anorexique, rapporte une absence totale de désir et une aversion pour tout contact physique. La prise en charge de l’anorexie (TCC, TIP, suivi nutritionnel) permet une reprise progressive de la sexualité. —

Prévention et hygiène de vie

La prévention des troubles sexuels passe par :
– Une éducation sexuelle précoce et adaptée.
– Une communication ouverte au sein du couple.
– La gestion du stress et des émotions.
– Une hygiène de vie équilibrée (alimentation, sommeil, activité physique).
– La limitation de la consommation d’alcool, de tabac et de drogues.
– Le dépistage et le traitement précoce des troubles psychiatriques (dépression, anxiété). —

Quand consulter ?

Il est recommandé de consulter un professionnel (médecin généraliste, psychiatre, sexologue) en cas de :
– Trouble sexuel persistant (plus de 6 mois).
– Souffrance personnelle ou impact sur la relation.
– Association à d’autres symptômes (dépression, anxiété, addictions).
– Antécédents de traumatismes (abus, violences). Ne restez pas seul(e) avec vos difficultés : les troubles sexuels se soignent, et une prise en charge adaptée permet de retrouver une sexualité épanouie et un bien-être relationnel. —

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

 


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