Syndrome amotivationnel: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur le Syndrome amotivationnel? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au Syndrome amotivationnel.
Rédacteur « Syndrome amotivationnel »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que le Syndrome amotivationnel ?
Le Syndrome amotivationnel désigne un état durable de perte de motivation, de désintérêt et d’incapacité à initier ou à poursuivre des actions, même celles qui étaient autrefois sources de plaisir ou d’accomplissement. Ce syndrome ne se limite pas à une simple passagère lassitude ou à une tristesse ponctuelle, mais correspond à une altération profonde de la capacité à se projeter, à s’engager et à ressentir de l’enthousiasme. Ce trouble peut survenir dans divers contextes : après un épisode dépressif, dans le cadre d’une schizophrénie, d’une addiction au cannabis, ou encore comme effet secondaire de certains médicaments. Il est souvent associé à un sentiment de vide, une baisse d’estime de soi, et une tendance à l’isolement.
Exemple clinique :
Julien, 28 ans, consulte pour un état d’apathie persistant depuis plusieurs mois. Ancien étudiant brillant, il a abandonné ses études après un épisode dépressif. Il passe ses journées devant des séries, sans parvenir à se lever pour chercher un emploi ou même répondre aux messages de ses amis. Il décrit un sentiment d’inutilité et une incapacité à « voir l’intérêt de quoi que ce soit ».
Causes et mécanismes du Syndrome amotivationnel
Les causes du Syndrome amotivationnel sont multifactorielles. On distingue généralement :
Causes biologiques
Certaines pathologies psychiatriques, comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires, peuvent entraîner une amotivation en raison de dysfonctionnements des circuits cérébraux impliqués dans la motivation (notamment ceux utilisant la dopamine). Les addictions à l’alcool ou aux substances (comme le cannabis) sont aussi des facteurs de risque majeurs, car elles perturbent le système de récompense cérébral.
Causes psychologiques
Un épisode dépressif, un deuil non résolu, ou une personnalité évitante peuvent favoriser l’installation d’un syndrome amotivationnel. La peur de l’échec, le défaitisme, ou une phobie sociale non traitée peuvent également conduire à un repli sur soi et à une perte de motivation.
Causes environnementales
Un environnement peu stimulant, un manque de soutien social, ou des conditions de vie précaires (chômage, précarité) peuvent aggraver ou déclencher un syndrome amotivationnel. L’immobilisme et la procrastination chronique en sont souvent des marqueurs. Exemple clinique :
Sophie, 45 ans, a développé un syndrome amotivationnel après un licenciement. Elle reste chez elle, évite les contacts, et ne parvient plus à s’occuper de ses enfants. Elle décrit une impression d’être « bloquée », comme si rien n’avait plus d’importance.
Symptômes et diagnostic du Syndrome amotivationnel
Le Syndrome amotivationnel se manifeste par une combinaison de symptômes, souvent subtils au début, mais qui s’aggravent avec le temps :
Symptômes principaux
– Perte d’initiative : difficulté à commencer ou à terminer des tâches, même simples.
– Désintérêt généralisé : perte de plaisir dans les activités autrefois appréciées.
– Fatigue mentale : sensation d’épuisement face à la moindre décision.
– Isolement social : évitement des interactions, repli sur soi.
– Sentiment d’inutilité : impression que rien n’a de sens.
Diagnostic différentiel
Il est crucial de distinguer le Syndrome amotivationnel d’autres troubles comme la dépression, l’apathie liée à la schizophrénie, ou les effets d’une addiction au cannabis. Un bilan psychiatrique complet est nécessaire, incluant un entretien clinique et parfois des examens complémentaires. Exemple clinique :
Thomas, 35 ans, présente une amotivation sévère depuis l’arrêt de son traitement antipsychotique. Il ne sort plus, ne se lave plus, et ne répond plus aux sollicitations. Le diagnostic révèle une rechute de sa schizophrénie, nécessitant une adaptation thérapeutique.
Traitements et prise en charge
La prise en charge du Syndrome amotivationnel repose sur une approche multidimensionnelle :
Traitements médicamenteux
Dans certains cas, des médicaments (antidépresseurs, antipsychotiques) peuvent être prescrits pour corriger un déséquilibre chimique cérébral. Par exemple, les antidépresseurs ISRS sont souvent utilisés en cas de dépression sous-jacente.
Thérapies non médicamenteuses
– Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : pour identifier et modifier les schémas de pensée négatifs, et restaurer progressivement la motivation.
– Thérapie interpersonnelle (TIP) : pour travailler sur les relations et les événements de vie ayant pu déclencher le syndrome.
– Activation comportementale : technique visant à rompre le cercle vicieux de l’immobilisme et de l’isolement.
Prise en charge environnementale
Un accompagnement social (aide à la réinsertion, soutien familial) est souvent indispensable pour recréer un environnement stimulant et bienveillant. Exemple clinique :
Claire, 30 ans, a bénéficié d’une TCC après un burn-out. Grâce à des objectifs progressifs (sortir 10 minutes par jour, puis reprendre une activité manuelle), elle a pu retrouver une routine et un sens à sa vie.
Prévention et conseils pratiques
Pour prévenir l’installation d’un Syndrome amotivationnel, il est recommandé de :
– Maintenir une routine quotidienne, même en période difficile.
– Éviter l’isolement : garder contact avec ses proches.
– Limiter la consommation de substances psychoactives (alcool, cannabis).
– Consulter un professionnel en cas de signes persistants de tristesse ou de baisse d’estime de soi.
Quand consulter ?
Il est urgent de consulter un psychiatre ou un psychologue si :
– L’amotivation persiste plus de deux semaines.
– Elle s’accompagne d’idées noires, de tristesse profonde, ou de symptômes physiques (perte de poids, insomnie).
– Elle impacte gravement la vie professionnelle, familiale ou sociale.
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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