Tendance à se comparer: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur la tendance à se comparer? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la tendance à se comparer.

Rédacteur « tendance à se comparer »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

Qu’est-ce que la tendance à se comparer ?

La tendance à se comparer, ou comparaison sociale, est un phénomène psychologique universel qui consiste à évaluer ses propres capacités, opinions, statut social ou apparence physique par rapport à ceux des autres. Ce mécanisme, décrit dès les années 1950 par le psychologue social Leon Festinger dans sa théorie de la comparaison sociale, est un processus naturel qui permet à l’individu de se situer dans son environnement et d’ajuster son comportement en conséquence. Cependant, lorsque cette tendance devient excessive, automatique ou source de souffrance, elle peut révéler ou aggraver des troubles psychologiques sous-jacents. La comparaison sociale peut être ascendante (se comparer à des personnes perçues comme supérieures), descendante (se comparer à des personnes perçues comme inférieures), ou latérale (se comparer à des pairs). Chacune de ces formes a des implications différentes sur l’estime de soi, la motivation et le bien-être psychologique. Exemple clinique :
Sophie, 28 ans, artiste, consulte pour un sentiment d’imposture et une anxiété chronique. Elle passe plusieurs heures par jour à parcourir les réseaux sociaux, comparant son travail et son apparence à ceux d’autres artistes. Chaque publication la plonge dans un état de doute et de dévalorisation, malgré des retours positifs sur ses propres créations. L’évaluation révèle une comparaison sociale ascendante pathologique, associée à un trouble anxieux généralisé et à une baisse d’estime de soi. —

Les mécanismes psychologiques de la comparaison sociale

La comparaison sociale repose sur plusieurs mécanismes cognitifs et émotionnels. D’un point de vue adaptatif, elle permet de s’auto-évaluer, de se motiver et de s’améliorer. Cependant, dans un contexte de vulnérabilité psychologique, elle peut devenir un piège cognitif, alimentant des schémas de pensée dysfonctionnels. 1. Le besoin d’auto-évaluation
L’être humain a un besoin fondamental de se connaître et de se situer par rapport aux autres. En l’absence de repères objectifs, la comparaison sociale devient un moyen rapide, mais souvent biaisé, de s’évaluer. 2. L’impact des réseaux sociaux
Les plateformes numériques amplifient ce phénomène en offrant un accès illimité à des vies idéalisées, filtrées et mises en scène. Une étude récente montre que l’exposition prolongée à des images idéalisées sur les réseaux sociaux augmente significativement le risque de développer des attitudes et comportements alimentaires dysfonctionnels, notamment chez les adolescents et jeunes adultes. 3. Les biais cognitifs
La tendance à se comparer s’accompagne souvent de biais cognitifs : minimisation de ses propres réussites, maximisation des qualités des autres, interprétation catastrophique des écarts perçus. Ces distorsions alimentent un cercle vicieux de dévalorisation et d’anxiété. Exemple clinique :
Thomas, 22 ans, étudiant en droit, consulte pour un épisode dépressif caractérisé. Il décrit une rumination constante autour de ses résultats académiques, qu’il compare systématiquement à ceux de ses camarades. Malgré des notes au-dessus de la moyenne, il se perçoit comme un échec, car il ne fait pas partie des 5% meilleurs de sa promotion. L’évaluation met en évidence un trouble dépressif avec des ruminations centrées sur la comparaison sociale et une faible estime de soi. —

Tendance à se comparer et santé mentale : quels liens ?

La comparaison sociale excessive est un facteur de risque et un symptôme associé à plusieurs troubles psychologiques. Son impact varie selon la fréquence, l’intensité et le contexte dans lequel elle survient. 1. Troubles anxieux
La comparaison sociale est fréquemment observée dans les troubles anxieux, notamment l’anxiété sociale et le trouble anxieux généralisé. La peur du jugement, la crainte de ne pas être à la hauteur ou l’anticipation d’un échec alimentent un état d’hypervigilance et de stress chronique. 2. Dépression
Dans la dépression, la comparaison sociale prend souvent une teinte négative et désespérée. Le patient dépressif interprète toute comparaison comme une preuve de son infériorité, ce qui renforce les idées d’échec et d’inutilité. 3. Troubles du comportement alimentaire
Les troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie boulimique) sont particulièrement liés à la comparaison sociale, notamment en matière d’apparence physique. L’exposition à des idéaux de minceur ou de performance corporelle peut déclencher ou aggraver ces troubles. 4. Troubles de la personnalité
Certains troubles de la personnalité, comme le trouble de la personnalité évitante ou narcissique, s’accompagnent d’une comparaison sociale intense. Dans le premier cas, la peur du rejet pousse à une auto-évaluation systématiquement négative ; dans le second, le besoin de supériorité génère une comparaison constante avec les autres. Exemple clinique :
Clara, 19 ans, étudiante en médecine, présente une anorexie mentale avec un IMC à 16. Elle explique que sa restriction alimentaire a débuté après avoir vu des photos de mannequins sur Instagram. Malgré un amaigrissement dangereux, elle se perçoit toujours comme « trop grosse » et continue de se comparer à des influenceuses. La prise en charge révèle un trouble de l’image corporelle sévère, associé à une dépression et à une anxiété sociale. —

Comment identifier une tendance pathologique à se comparer ?

Plusieurs signes doivent alerter sur le caractère pathologique de la comparaison sociale : – Fréquence et automaticité : la comparaison devient un réflexe, envahissant les pensées plusieurs fois par jour.
– Impact émotionnel : elle génère systématiquement de la tristesse, de la colère, de la honte ou de l’anxiété.
– Comportements d’évitement : la personne évite les situations sociales ou professionnelles par peur de la comparaison.
– Détérioration de l’estime de soi : la comparaison alimente un sentiment d’infériorité durable.
– Rumination mentale : la personne ressasse sans cesse des comparaisons passées ou anticipées. Exemple clinique :
Marc, 35 ans, cadre supérieur, consulte pour un burn-out. Il décrit une obsession quotidienne de comparer sa carrière à celle de ses anciens camarades de promotion. Chaque réunion, chaque réseau social, chaque discussion entre collègues devient une source de stress. L’évaluation révèle un trouble anxieux généralisé avec des ruminations centrées sur la comparaison sociale et une peur intense de l’échec. —

Prise en charge : que faire face à une tendance excessive à se comparer ?

La prise en charge de la tendance pathologique à se comparer repose sur une approche multidimensionnelle, combinant psychothérapie, psychoéducation et, si nécessaire, traitement médicamenteux. 1. La Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC)
La TCC est le traitement de première intention. Elle permet d’identifier et de modifier les schémas de pensée dysfonctionnels liés à la comparaison sociale, de travailler sur l’estime de soi et d’apprendre à gérer les émotions négatives. 2. La Thérapie Interpersonnelle (TIP)
La TIP est particulièrement indiquée lorsque la comparaison sociale est liée à des difficultés relationnelles ou à des transitions de vie (deuil, séparation, changement professionnel). 3. Le travail sur l’estime de soi
Renforcer l’estime de soi est un axe central de la prise en charge. Cela passe par la reconnaissance de ses propres valeurs, compétences et réussites, indépendamment des autres. 4. La gestion des réseaux sociaux
Une utilisation raisonnée des réseaux sociaux, voire une désintoxication numérique, peut être nécessaire pour réduire l’exposition à des comparaisons toxiques. Exemple clinique :
Élodie, 40 ans, enseignante, consulte pour une dépression réactionnelle après un divorce. Elle passe des heures à comparer sa vie actuelle à celle de ses amies « toujours en couple ». La TCC l’aide à identifier ses pensées automatiques (« Je ne mérite pas d’être heureuse »), à les restructurer et à se recentrer sur ses propres aspirations. Après 6 mois, elle réduit significativement ses comparaisons et retrouve un équilibre émotionnel. —

Prévention : comment limiter l’impact de la comparaison sociale ?

Plusieurs stratégies permettent de prévenir ou de limiter les effets négatifs de la comparaison sociale : – Prendre conscience de ses propres valeurs : identifier ce qui est vraiment important pour soi, au-delà des normes sociales.
– Limiter l’exposition aux médias sociaux : fixer des temps d’utilisation, suivre des comptes inspirants plutôt que compétitifs.
– Pratiquer la gratitude : noter chaque jour trois choses pour lesquelles on est reconnaissant.
– Développer l’auto-compassion : apprendre à se traiter avec bienveillance, comme on le ferait pour un ami.
– S’entourer de modèles réalistes : privilégier les relations avec des personnes authentiques et bienveillantes. Exemple clinique :
Léa, 25 ans, influenceuse, consulte pour un épuisement professionnel. Elle explique passer son temps à comparer son nombre d’abonnés et ses partenariats à ceux de ses concurrentes. La psychoéducation l’aide à comprendre l’impact des réseaux sociaux sur son bien-être. Elle décide de réduire son temps d’écran, de suivre une TCC pour travailler sur son estime de soi, et de se recentrer sur des projets qui lui tiennent à cœur. —

Quand consulter un professionnel ?

Il est recommandé de consulter un psychiatre ou un psychologue lorsque la tendance à se comparer : – Devient une source de souffrance quotidienne.
– S’accompagne de symptômes dépressifs ou anxieux.
– Entraîne des comportements à risque (restriction alimentaire, isolement, addictions).
– Perturbe la vie professionnelle, sociale ou familiale. Un professionnel de santé mentale pourra poser un diagnostic précis, identifier les troubles associés (dépression, troubles anxieux, troubles alimentaires) et proposer une prise en charge adaptée. —

Venir au cabinet à Paris

Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

  • Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.


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