Trouble des conduites: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur le trouble des conduites? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au trouble des conduites.

Rédacteur « trouble des conduites »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

Qu’est-ce que le trouble des conduites ?

Le trouble des conduites est un trouble du comportement caractérisé par une répétition et une persistance de comportements agressifs, destructeurs, ou transgressifs, qui violent les droits fondamentaux d’autrui ou les normes sociales. Il s’agit d’un trouble mental sérieux, souvent diagnostiqué chez l’enfant ou l’adolescent, mais dont les conséquences peuvent persister à l’âge adulte. Ce trouble se distingue par la gravité et la fréquence des comportements problématiques : vols, mensonges, cruauté envers les animaux ou les personnes, destruction de biens, violations graves des règles, etc. Contrairement à des comportements isolés ou passagers, le trouble des conduites implique une impulsivité marquée et une difficulté à respecter les limites, ce qui peut évoquer d’autres troubles comme la personnalité borderline ou le trouble bipolaire.

Exemple clinique

Julien, 14 ans, est adressé en consultation par son collège pour des comportements violents répétés : il a agressé physiquement deux camarades, volé des affaires dans les vestiaires, et a été surpris en train de brûler des papiers dans les toilettes. Ses parents rapportent qu’il ment systématiquement pour justifier ses actes et qu’il ne semble pas éprouver de remords. À l’entretien, Julien minimise les faits et accuse les autres d’exagérer. Ce tableau est typique d’un trouble des conduites, avec une absence de culpabilité et une transgression persistante des règles.

Épidémiologie chez l’enfant et l’adolescent

Le trouble des conduites touche environ 2 à 10 % des enfants et adolescents, avec une prédominance masculine (ratio garçons/filles de 3 à 5 pour 1). Il apparaît généralement avant l’âge de 16 ans, et peut être divisé en deux sous-types :
À début précoce (avant 10 ans) : souvent associé à des facteurs de risque familiaux (violence, négligence, antécédents psychiatriques) et à un pronostic plus sévère.
À début tardif (après 10 ans) : plus lié à l’influence du groupe de pairs et à des facteurs environnementaux. Les enfants atteints de trouble des conduites présentent un risque accru de développer à l’âge adulte des troubles de la personnalité (comme la personnalité histrionique ou la personnalité antisociale), des addictions, ou des troubles de l’humeur.

Exemple clinique

Sophie, 9 ans, présente depuis l’âge de 6 ans des comportements d’opposition extrême, des crises de colère destructrices (casser des objets, frapper ses parents), et une absence totale de respect des consignes scolaires. Ses parents, séparés, décrivent une histoire familiale marquée par des conflits violents et une instabilité affective. Sophie cumule les facteurs de risque : début précoce, environnement familial chaotique, et absence de prise en charge précoce.

Critères diagnostiques et symptômes

Le diagnostic du trouble des conduites repose sur des critères précis, définis par les classifications internationales (DSM-5, CIM-11). Pour être retenu, le trouble doit inclure au moins trois des comportements suivants sur les 12 derniers mois, avec au moins un comportement présent depuis les 6 derniers mois : – Agression envers les personnes ou les animaux : intimidation, bagarres, cruauté physique, utilisation d’armes.
Destruction de biens : incendies volontaires, vandalisme.
Fraude ou vol : cambriolage, escroquerie, mensonges répétés.
Violation grave des règles : fugues, absence scolaire répétée avant 13 ans, enfreinte des interdits parentaux. Ces comportements doivent causer une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.

Exemple clinique

Thomas, 12 ans, a été exclu de trois collèges pour avoir menacé des enseignants avec un couteau, volé des téléphones, et organisé des bagarres entre élèves. Il présente également une absence totale de remords, justifiant ses actes par la « faiblesse » des autres. Son évaluation révèle un QI normal, mais une incapacité à anticiper les conséquences de ses actes, typique du trouble des conduites.

Causes et facteurs de risque

Les origines du trouble des conduites sont multifactorielles, impliquant des interactions complexes entre facteurs génétiques, neurobiologiques, psychologiques et environnementaux. – Facteurs génétiques : des études montrent une héritabilité d’environ 50 %, avec des liens possibles avec d’autres troubles comme l’hypersensibilité ou l’impulsivité.
Facteurs neurobiologiques : des anomalies dans le fonctionnement du cortex préfrontal (régulation des impulsions) et du système limbique (gestion des émotions) sont souvent observées.
Facteurs environnementaux : maltraitance, négligence, exposition à la violence, instabilité familiale, éducation incohérente.
Facteurs psychologiques : faible tolérance à la frustration, difficulté à gérer les émotions, recherche de sensations fortes.

Exemple clinique

Lucas, 15 ans, a grandi dans un quartier défavorisé, exposé dès l’enfance à la violence familiale et communautaire. Son père, incarcéré pour trafic de drogue, et sa mère, dépressive, n’ont pu lui offrir un cadre stable. Lucas a développé une méfiance extrême envers l’autorité et une tendance à résoudre les conflits par la violence, illustrant l’impact de l’environnement sur le développement du trouble.

Diagnostic différentiel

Il est crucial de distinguer le trouble des conduites d’autres troubles psychiatriques qui peuvent présenter des symptômes similaires : – Trouble oppositionnel avec provocation (TOP) : opposition, défi, mais sans violation grave des droits d’autrui.
Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) : impulsivité, mais sans agressivité ni transgression délibérée.
Trouble bipolaire : épisodes d’irritabilité et d’impulsivité, mais avec des phases dépressives ou maniaques.
Personnalité antisociale : diagnostic réservé à l’âge adulte, avec des traits de mépris et de manipulation.

Exemple clinique

Emma, 11 ans, est adressée pour des crises de colère et un refus systématique d’obéir. L’évaluation révèle qu’elle ne présente pas de comportements agressifs ou de transgression des règles, mais une opposition généralisée à toute autorité. Le diagnostic retenu est un trouble oppositionnel avec provocation, et non un trouble des conduites.

Prise en charge et traitements

La prise en charge du trouble des conduites doit être multidisciplinaire, associant interventions psychothérapeutiques, éducatives, et parfois médicamenteuses. – Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : travail sur la gestion des émotions, la résolution de problèmes, et le développement de l’empathie. Les TCC sont le traitement de première intention.
Thérapie interpersonnelle (TIP) : utile pour améliorer les relations familiales et sociales.
Interventions familiales : éducation parentale, gestion des conflits, renforcement des compétences éducatives.
Médicaments : en cas de comorbidités (TDAH, trouble bipolaire, dépression), mais jamais en première intention pour le trouble des conduites seul.

Exemple clinique

Alex, 13 ans, suit une TCC depuis 6 mois pour un trouble des conduites. Les séances portent sur l’identification de ses déclencheurs émotionnels (colère, frustration) et l’apprentissage de stratégies alternatives (respiration, dialogue). Parallèlement, ses parents bénéficient d’un accompagnement pour instaurer un cadre cohérent et positif. Les progrès sont lents, mais une diminution des comportements violents est observée.

Pronostic et évolution

Le pronostic dépend de la précocité de la prise en charge, de la sévérité des symptômes, et de la présence de facteurs de risque associés. Sans traitement, le trouble des conduites peut évoluer vers : – Trouble de la personnalité antisociale (30 à 50 % des cas).
Addictions (alcool, drogues).
Délinquance ou comportements criminels.
Troubles de l’humeur (dépression, trouble bipolaire). Une prise en charge précoce et adaptée améliore significativement le pronostic, en réduisant le risque de complications à l’âge adulte.

Exemple clinique

Karim, 18 ans, suivi depuis l’âge de 12 ans pour un trouble des conduites, a bénéficié d’une prise en charge globale (TCC, soutien familial, scolarité adaptée). Aujourd’hui, il travaille comme apprenti et n’a plus eu de comportement délinquant depuis 3 ans. Son cas illustre l’importance d’une intervention précoce et coordonnée.

Conseils pour les proches

Vivre avec un enfant ou un adolescent atteint de trouble des conduites est éprouvant. Voici quelques conseils pour les proches : – Éviter les réactions impulsives : rester calme, ne pas entrer dans une escalade de violence verbale ou physique.
Fixer des limites claires et cohérentes : les règles doivent être simples, explicites, et appliquées de manière constante.
Rechercher un soutien professionnel : ne pas hésiter à consulter un psychiatre ou un psychologue formé aux TCC.
Prendre soin de soi : le stress et l’épuisement des proches sont fréquents. Un accompagnement psychologique peut être utile.

Exemple clinique

Les parents de Léa, 10 ans, ont mis en place un « contrat comportemental » avec l’aide d’un thérapeute : règles précises, conséquences logiques et immédiates en cas de transgression, et renforcement positif des bons comportements. Cette approche structurée a permis une diminution progressive des crises et une amélioration du climat familial.

Quand consulter ?

Il est urgent de consulter un professionnel de santé mentale si : – Les comportements violents ou transgressifs mettent en danger l’enfant ou son entourage.
– L’enfant présente des signes de souffrance psychique (dépression, anxiété, automutilation).
– Les stratégies éducatives habituelles échouent.
– Il existe un risque de déscolarisation ou d’exclusion sociale. Un psychiatre ou un pédopsychiatre pourra établir un diagnostic précis et proposer une prise en charge adaptée.

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

 


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