Trouble dysphorique prémenstruel: reconnaître et gérer
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Rédacteur « trouble dysphorique prémenstruel »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut avoir de graves répercussions sur la vie des femmes qui en souffrent.
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) ?
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est une forme sévère et invalidante du syndrome prémenstruel (SPM), caractérisée principalement par des symptômes psychologiques et psychiatriques intenses. Contrairement au SPM classique, qui associe des symptômes physiques et émotionnels modérés, le TDPM se distingue par la gravité et la persistance de ses manifestations psychiques, pouvant entraîner une altération significative de la qualité de vie, des relations sociales et professionnelles. Les symptômes du TDPM surviennent généralement 7 à 10 jours avant le début des règles et disparaissent peu après leur arrivée. Cette cyclicité est un élément clé du diagnostic, permettant de le différencier d’autres troubles psychiatriques comme la dépression ou les troubles anxieux, qui ne sont pas liés au cycle menstruel.
Exemple clinique
Estelle, 32 ans, a découvert en 2020 qu’elle souffrait de TDPM. Chaque mois, une semaine avant ses règles, elle était submergée par une auto-dévalorisation intense, des épisodes de rage destructrice et un langage violent envers ses proches. Ces symptômes disparaissaient brutalement avec l’arrivée de ses règles, laissant place à un sentiment de honte et d’incompréhension. Son cas illustre bien la cyclicité et la gravité du TDPM, ainsi que l’impact dévastateur sur la vie quotidienne.
Symptômes du trouble dysphorique prémenstruel
Les symptômes du TDPM sont principalement psychologiques et émotionnels, bien que des manifestations physiques puissent également être présentes. Il peut d’ailleurs être tellement éprouvant que certaines institutions comme la Société des Nations, octroyait un jour de congé automatique aux employées pour ce motif. Voici les principaux signes à reconnaître :
Symptômes émotionnels et comportementaux
– Humeur dépressive marquée : sentiment de tristesse profonde, désespoir, perte d’intérêt pour les activités habituelles.
– Anxiété et tension interne : inquiétude excessive, sentiment d’être « à bout », crises de panique.
– Labilité émotionnelle : sautes d’humeur fréquentes, pleurs soudains, irritabilité extrême.
– Colère ou agressivité : réactions disproportionnées, conflits relationnels, violence verbale ou physique.
– Désintérêt social : isolement, évitement des interactions, sentiment de rejet.
– Troubles de la concentration : difficultés à se concentrer, sensation de « brouillard mental ».
– Troubles du comportement alimentaire : compulsions alimentaires, perte ou augmentation brutale de l’appétit.
Symptômes physiques
– Fatigue intense
– Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
– Sensation de ballonnement, douleurs abdominales
– Maux de tête, migraines
– Sensibilité des seins
Exemple clinique
Sophie, 28 ans, consultait régulièrement pour des épisodes dépressifs sévères, survenant toujours la semaine précédant ses règles. Elle décrivait une incapacité totale à travailler, des crises de larmes incontrôlables et une irritabilité telle qu’elle rompit plusieurs relations amoureuses. Son psychiatre, après avoir noté la cyclicité des symptômes, évoqua le diagnostic de TDPM et proposa un suivi spécifique.
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris: « le TDPM est éprouvant pour la femme et entraîne des conséquences sur sa qualité de vie et sa vie personnelle et professionnelle. Il n’est pas à prendre à la légère ».
Diagnostic du trouble dysphorique prémenstruel
Le diagnostic du TDPM repose sur une évaluation clinique rigoureuse, généralement réalisée par un gynécologue ou un psychiatre. Il est essentiel de distinguer le TDPM d’autres troubles psychiatriques, notamment la dépression majeure, les troubles bipolaires ou les troubles anxieux.
Critères diagnostiques
Selon le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), le TDPM est caractérisé par la présence d’au moins 5 symptômes (dont au moins un symptôme émotionnel) survenant la semaine précédant les règles, avec une amélioration franche après le début des règles. Ces symptômes doivent être présents pendant la majorité des cycles menstruels et entraîner une altération significative du fonctionnement social, professionnel ou scolaire.
Outils d’évaluation
– Journal des symptômes : tenir un calendrier menstruel et noter quotidiennement l’intensité des symptômes permet d’objectiver la cyclicité.
– Échelles validées : comme le « Daily Record of Severity of Problems » (DRSP), utilisé pour évaluer la sévérité et la cyclicité des symptômes.
Exemple clinique
Clara, 35 ans, consultait pour des épisodes de dépression récurrents. Son psychiatre lui demanda de tenir un journal de ses symptômes pendant trois mois. L’analyse révéla une corrélation parfaite entre l’apparition des symptômes dépressifs et la phase lutéale de son cycle, confirmant le diagnostic de TDPM.
Causes et mécanismes du trouble dysphorique prémenstruel
Les causes exactes du TDPM ne sont pas encore totalement élucidées, mais plusieurs hypothèses sont avancées :
Facteurs biologiques
– Sensibilité aux fluctuations hormonales : certaines femmes seraient plus sensibles aux variations des taux d’œstrogènes et de progestérone en phase lutéale.
– Déséquilibre des neurotransmetteurs : notamment la sérotonine, impliquée dans la régulation de l’humeur, de l’anxiété et de l’impulsivité.
– Facteurs génétiques : des antécédents familiaux de TDPM ou de troubles de l’humeur augmentent le risque.
Facteurs environnementaux et psychologiques
– Stress chronique
– Antécédents de traumatismes ou d’abus
– Manque de soutien social
Exemple clinique
Marie, 40 ans, présentait un TDPM sévère. Ses antécédents de dépression post-partum et de stress professionnel chronique semblaient aggraver ses symptômes prémenstruels. Une prise en charge globale, associant traitement médicamenteux et thérapie, permit une amélioration significative.
Traitements du trouble dysphorique prémenstruel
La prise en charge du TDPM est multiforme et doit être adaptée à chaque patiente. Elle peut associer des approches médicamenteuses, psychothérapiques et des modifications du mode de vie.
Traitements médicamenteux
– Antidépresseurs (ISRS) : comme la fluoxétine, la sertraline ou le citalopram, prescrits en continu ou en prise intermittente (phase lutéale uniquement).
– Pilules contraceptives : certaines pilules combinées (œstrogène + progestatif) peuvent atténuer les symptômes.
– Suppression ovulatoire : par analogues de la GnRH, en cas de résistance aux autres traitements.
Psychothérapies
– Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : pour identifier et modifier les schémas de pensée négatifs, gérer le stress et améliorer les stratégies d’adaptation.
– Thérapie interpersonnelle (TIP) : pour travailler sur les relations et les conflits interpersonnels exacerbés par le TDPM.
Modifications du mode de vie
– Activité physique régulière : réduction du stress et amélioration de l’humeur.
– Alimentation équilibrée : riche en oméga-3, magnésium, vitamines B.
– Techniques de relaxation : yoga, méditation, cohérence cardiaque.
– Soutien social : groupes de parole, associations de patientes.
Exemple clinique
Léa, 29 ans, souffrait de TDPM avec des crises d’angoisse et des idées noires. La combinaison d’un antidépresseur ISRS, d’une TCC et d’une activité physique régulière lui permit de retrouver une stabilité émotionnelle et une meilleure qualité de vie.
Différence entre SPM et TDPM
Il est crucial de distinguer le syndrome prémenstruel (SPM) du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), car leur prise en charge diffère.
| Critère | Syndrome prémenstruel (SPM) | Trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) |
|---|---|---|
| Sévérité | Symptômes modérés, gérés par des mesures hygiéno-diététiques | Symptômes sévères, invalidants, nécessitant une prise en charge médicale |
| Symptômes psychologiques | Irritabilité, sautes d’humeur légères | Dépression majeure, anxiété sévère, colère explosive, idées suicidaires |
| Impact sur la vie quotidienne | Peu ou pas d’impact | Altération significative des relations, du travail, de la vie sociale |
| Traitement | Mesures naturelles, antalgiques, parfois pilule contraceptive | Antidépresseurs, psychothérapie, parfois suppression ovulatoire |
Exemple clinique
Emma, 25 ans, pensait souffrir de SPM en raison de ses sautes d’humeur prémenstruelles. Cependant, l’intensité de ses symptômes (idées suicidaires, incapacité à se lever le matin) et leur impact sur son travail orientèrent le diagnostic vers un TDPM, nécessitant une prise en charge spécialisée.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé (gynécologue, psychiatre, médecin généraliste) si :
– Les symptômes prémenstruels sont intenses et altèrent votre qualité de vie.
– Vous présentez des idées noires, des pensées suicidaires ou une incapacité à fonctionner normalement.
– Les symptômes persistent malgré les mesures hygiéno-diététiques.
– Vous suspectez un TDPM en raison de leur cyclicité et de leur sévérité.
Exemple clinique
Camille, 30 ans, consultait pour la première fois après avoir réalisé que ses crises de larmes et son incapacité à travailler survenaient systématiquement la semaine avant ses règles. Le diagnostic de TDPM fut posé, et une prise en charge adaptée lui fut proposée.
Ressources et soutien
Vivre avec un TDPM peut être éprouvant, mais des ressources existent pour vous accompagner :
– Associations de patientes : comme Mapatho, qui propose des témoignages, des annuaires de soignants et des outils d’auto-observation.
– Groupes de parole : pour échanger avec d’autres femmes concernées.
– Applications de suivi de cycle : pour objectiver les symptômes et faciliter le dialogue avec les soignants.
Exemple clinique
Après avoir rejoint un groupe de parole en ligne, Julie, 33 ans, se sentit moins isolée et put partager ses expériences avec d’autres femmes souffrant de TDPM. Ce soutien lui permit de mieux vivre sa pathologie et d’adhérer à son traitement.
Conclusion
Le trouble dysphorique prémenstruel est une pathologie sérieuse, souvent méconnue ou confondue avec le syndrome prémenstruel classique. Pourtant, sa sévérité et son impact sur la vie des femmes qui en souffrent justifient une prise en charge spécifique et adaptée. Le diagnostic repose sur une évaluation clinique rigoureuse, et le traitement associe généralement des approches médicamenteuses, psychothérapiques et des modifications du mode de vie. Si vous pensez souffrir de TDPM, n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé. Une prise en charge précoce et adaptée peut vous permettre de retrouver une meilleure qualité de vie et de mieux vivre votre cycle menstruel.
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