Troubles somatoformes: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur les Troubles somatoformes? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face aux Troubles somatoformes.
Rédacteur « Troubles somatoformes »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un liés à des pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
Qu’est-ce que les troubles somatoformes ?
Les troubles somatoformes (ou troubles des symptômes somatiques, selon la classification DSM-5) se caractérisent par la présence de symptômes physiques persistants et invalidants, pour lesquels aucune cause médicale organique n’est identifiée, ou dont l’intensité ne peut être expliquée par une pathologie sous-jacente. Ces symptômes, bien que réels pour la personne qui les vit, sont liés à des facteurs psychologiques, émotionnels ou contextuels. Contrairement à la simulation ou à l’hypocondrie, où la personne feint ou craint une maladie, les troubles somatoformes impliquent une souffrance authentique et une conviction profonde de la réalité des symptômes. Par exemple, une patiente peut consulter pour des douleurs abdominales chroniques, avoir subi de nombreux examens (scanner, endoscopie, analyses sanguines) sans qu’aucune anomalie ne soit détectée, et pourtant continuer à souffrir au point de ne plus pouvoir travailler.
Exemple clinique : le cas de Sophie
Sophie, 34 ans, consulte pour des maux de tête quotidiens depuis deux ans. Les examens neurologiques et ophtalmologiques sont normaux. Elle décrit une douleur « comme un étau », aggravée par le stress au travail. Elle a déjà pris plusieurs arrêts maladie, craignant une tumeur cérébrale. L’exploration de son histoire révèle un épisode dépressif non traité après un divorce difficile. Ici, la douleur est le langage du corps pour exprimer une détresse psychique.
Les différents types de troubles somatoformes
Selon les classifications psychiatriques, on distingue plusieurs formes de troubles somatoformes, chacune avec ses spécificités cliniques et thérapeutiques.
1. Trouble de symptômes somatiques (TSS)
Le TSS est marqué par la présence d’un ou plusieurs symptômes somatiques (douleur, fatigue, troubles digestifs, etc.) associés à des pensées, sentiments ou comportements excessifs liés à ces symptômes. La personne peut passer des heures à rechercher des informations médicales sur internet, consulter de nombreux spécialistes, ou au contraire éviter tout contact médical par peur d’un diagnostic grave.
Exemple clinique : le cas de Marc
Marc, 45 ans, souffre de palpitations depuis six mois. Les examens cardiologiques sont normaux, mais il porte un holter 24h/24 et évite tout effort physique. Il a arrêté de faire du sport, craignant un infarctus. L’entretien révèle un trouble anxieux généralisé avec des attaques de panique.
2. Trouble de conversion (ou trouble neurologique fonctionnel)
Ici, les symptômes évoquent une atteinte neurologique (paralysie, cécité, surdité, crises pseudo-épileptiques) sans lésion organique. Le symptôme est souvent lié à un conflit psychique inconscient ou à un traumatisme.
Exemple clinique : le cas d’Amandine
Amandine, 28 ans, présente une paralysie du bras droit depuis une dispute violente avec son père. Aucun examen ne trouve de cause neurologique. En thérapie TCC, elle révèle avoir toujours refoulé sa colère envers lui.
3. Trouble de douleur chronique
La douleur, souvent diffuse (dos, ventre, tête), persiste plus de six mois et s’accompagne d’une détresse psychologique ou d’un dysfonctionnement social. La prise en charge doit être multidisciplinaire (médecin, psychiatre, kinésithérapeute, psychothérapeute).
Exemple clinique : le cas de Jean
Jean, 50 ans, souffre de lombalgies chroniques depuis cinq ans. Les antalgiques sont inefficaces. Il a arrêté son travail et s’isole. L’évaluation révèle un syndrome dépressif et un sentiment d’inutilité.
Causes et facteurs de risque
Les troubles somatoformes résultent d’une interaction complexe entre des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Facteurs psychologiques
– Alexithymie : difficulté à identifier et exprimer ses émotions. Le corps « parle » à la place de la parole.
– Traumatismes : abus, négligence, deuil non résolu.
– Troubles psychiatriques associés : dépression, troubles anxieux, trouble de la personnalité.
Facteurs biologiques
– Dysrégulation du système nerveux autonome : hyperactivité du système sympathique (responsable des réactions de stress).
– Sensibilisation centrale : le cerveau amplifie les signaux douloureux.
Facteurs sociaux et culturels
– Modèle familial : si un parent a eu des troubles somatoformes, l’enfant a plus de risques d’en développer.
– Normes culturelles : dans certaines cultures, exprimer sa détresse par le corps est plus acceptable que par la parole.
Diagnostic : comment reconnaître un trouble somatoforme ?
Le diagnostic est un processus d’élimination et de reconnaissance de critères spécifiques. Il repose sur :
1. L’anamnèse et l’examen clinique
– Interrogatoire détaillé : mode de début, contexte, facteurs aggravants/améliorants.
– Examen physique complet : pour écarter une cause organique.
– Évaluation psychiatrique : recherche de troubles associés (dépression, anxiété, traumatisme).
2. Les examens complémentaires
Ils sont nécessaires pour éliminer une cause organique, mais doivent être limités pour éviter l’iatrogénie (effets indésirables des examens ou traitements inutiles).
3. Les critères diagnostiques (DSM-5)
Pour un trouble de symptômes somatiques :
– Un ou plusieurs symptômes somatiques entraînant une détresse ou un dysfonctionnement.
– Pensées, sentiments ou comportements excessifs liés aux symptômes.
– Durée ≥ 6 mois.
Exemple clinique : le cas de Fatima
Fatima, 30 ans, consulte pour des fourmillements dans les mains depuis un an. Les examens neurologiques sont normaux. Elle passe ses journées à chercher des informations sur la sclérose en plaques. Elle a arrêté de conduire par peur de perdre le contrôle du volant. Le diagnostic retenu est un trouble de symptômes somatiques avec anxiété de maladie.
Prise en charge et traitements
La prise en charge doit être globale et coordonnée entre médecin traitant, psychiatre et autres professionnels de santé.
1. Relation médecin-patient
– Écoute active : valider la souffrance du patient, éviter les phrases comme « c’est dans votre tête ».
– Explications claires : « Vos symptômes sont réels, mais ils peuvent être liés au stress ou à des émotions refoulées. »
– Limiter les examens inutiles : pour éviter la chronicisation.
2. Psychothérapies
– Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : pour modifier les croyances erronées sur la maladie et apprendre à gérer le stress. (En savoir plus sur la TCC)
– Thérapie interpersonnelle (TIP) : pour travailler sur les relations et les émotions.
– Psychothérapie psychodynamique : pour explorer les conflits inconscients.
3. Traitements médicamenteux
– Antidépresseurs (ISRS) : en cas de dépression ou d’anxiété associée.
– Anxiolytiques : à utiliser avec prudence, pour les crises aiguës.
4. Approches complémentaires
– Relaxation, méditation, sophrologie : pour réduire le stress.
– Activité physique adaptée : pour améliorer le bien-être général.
Exemple clinique : le cas de Thomas
Thomas, 40 ans, souffre de douleurs thoraciques depuis trois ans. Après exclusion d’une cause cardiaque, une TCC est proposée. Il apprend à identifier ses pensées catastrophiques (« Je vais faire un infarctus ») et à les remplacer par des pensées réalistes (« C’est mon anxiété qui parle »). Après six mois, ses symptômes diminuent de 70%.
Évolution et pronostic
L’évolution dépend de la précocité de la prise en charge et de la présence de troubles psychiatriques associés. – Facteurs de bon pronostic : diagnostic précoce, motivation du patient, absence de troubles psychiatriques sévères.
– Facteurs de mauvais pronostic : chronicité des symptômes, refus de la dimension psychologique, isolement social.
Exemple clinique : le cas de Claire
Claire, 25 ans, présente des nausées chroniques depuis deux ans. Après un an de TCC et la prise d’un antidépresseur pour son trouble anxieux, ses symptômes disparaissent. Elle reprend une vie normale.
Comment aider un proche souffrant de troubles somatoformes ?
– Ne pas minimiser sa souffrance : « Je vois que tu souffres, je suis là pour toi. »
– Encourager une consultation spécialisée : médecin, psychiatre, psychothérapeute.
– Éviter les conseils médicaux non professionnels : ne pas jouer au médecin.
– Proposer un soutien concret : l’accompagner à un rendez-vous, l’aider à trouver des ressources.
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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