Vaginisme: quels sont ses signes et ses traitements?
Vous voulez en savoir plus sur le vaginisme? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au vaginisme.
Rédacteur: Dr Nicolas Neveux,
Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP),
mail: dr.neveux@gmail.com
L’essentiel:
- Le vaginisme est un trouble sexuel féminin caractérisé par une contraction involontaire des muscles du périnée, rendant la pénétration vaginale difficile ou impossible.
- Il peut être primaire (dès le début de la vie sexuelle) ou secondaire (après une période de sexualité normale).
- Les causes sont multifactorielles : psychologiques, physiques, relationnelles, culturelles.
- Un médecin, gynécologue ou sexologue doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La prise en charge pluridisciplinaire (TCC, rééducation périnéale, sexologie, psychothérapie) est le traitement indiqué en première intention.
- Le pronostic est excellent avec une prise en charge adaptée : 70 à 95% de succès selon les études.
Qu’est-ce que le vaginisme ? Définition et mécanismes
Le vaginisme se caractérise par une contraction involontaire, réflexe et incontrôlable des muscles du périnée, entourant le vagin, survenant lors de toute tentative de pénétration, sexuelle, médicale ou liée à l’insertion d’un objet. Cette contraction, souvent douloureuse, rend la pénétration difficile voire impossible et peut s’accompagner d’une peur intense ou d’une anxiété.
Exemple clinique :
Sophie, 24 ans, consulte après plusieurs tentatives infructueuses de rapports sexuels. Dès que son partenaire essaie la pénétration, elle ressent une douleur vive et une impossibilité physique à accepter la pénétration, malgré son désir. L’examen gynécologique révèle une contraction réflexe du périnée, confirmant le diagnostic de vaginisme primaire.
Types de vaginisme :
- Vaginisme primaire : présent dès le début de la vie sexuelle, souvent lié à une peur de la pénétration ou à une éducation sexuelle restrictive.
- Vaginisme secondaire : survient après une période de sexualité normale, souvent déclenché par un événement traumatisant (accouchement, agression sexuelle, infection génitale récurrente, ménopause).
- Vaginisme partiel : la pénétration est possible dans certaines situations mais pas dans d’autres.
Épidémiologie : qui est concerné par le vaginisme ?
Le vaginisme touche entre 1 et 6% des femmes en âge de procréer en France et représente 6 à 15% des consultations en sexologie. Les femmes de 18 à 35 ans sont les plus touchées. Les facteurs de risque incluent l’anxiété, les traumatismes sexuels, une éducation restrictive, les infections vaginales récurrentes et les normes sociales ou religieuses strictes.
Le trouble reste probablement sous-diagnostiqué, en raison de la honte, du tabou entourant la sexualité et du retard fréquent à consulter.
Sur le plan psychologique, l’anticipation de la douleur, la peur de la pénétration ou certaines représentations négatives de la sexualité peuvent suffire à déclencher ce réflexe, même en l’absence de toute anomalie anatomique.
Exemple clinique :
Fatima, 25 ans, mariée sous pression familiale, consulte pour un mariage non consommé. Elle décrit une peur intense de décevoir sa famille et une ignorance totale de la sexualité.
Vaginisme primaire et secondaire
On distingue classiquement deux formes :
- Vaginisme primaire : présent dès les premières tentatives de pénétration. La femme n’a jamais pu avoir de rapport sexuel pénétratif.
- Vaginisme secondaire : apparaît après une période de sexualité pénétrative possible, souvent à la suite d’un événement déclencheur (douleur, accouchement, infection, traumatisme psychologique).
Cette distinction est importante pour orienter la prise en charge et comprendre les mécanismes en jeu.
situation perçue comme menaçante.
Quelles sont les causes du vaginisme ?
Le vaginisme est un trouble multifactoriel, résultant le plus souvent de l’interaction entre facteurs psychologiques et corporels.
Facteurs psychologiques fréquents
- Peur de la douleur ou anxiété anticipatoire
- Éducation sexuelle restrictive ou culpabilisante
- Représentations négatives du corps ou de la sexualité
- Antécédents de violences sexuelles ou d’abus
- Stress, troubles anxieux, difficultés relationnelles
Facteurs physiques possibles
- Hypertonie du plancher pelvien
- Antécédents d’infections vulvo-vaginales douloureuses
- Sécheresse vaginale ou troubles hormonaux
- Cicatrices, traumatismes périnéaux, suites d’accouchement
- Plus rarement, anomalies anatomiques
Dans de nombreux cas, une douleur initiale physique entraîne une peur persistante, qui entretient ensuite le réflexe de contraction.
Causes du vaginisme
Causes psychologiques :
- Peur de la douleur ou de l’échec
- Traumatismes sexuels passés
- Éducation sexuelle restrictive
- Mauvaise image de soi
- Anxiété et dépression
Causes physiques :
- Infections vaginales récurrentes
- Endométriose, fibromes, kystes
- Cicatrices post-chirurgicales ou post-accouchement
- Sécheresse vaginale
- Malformations anatomiques
Facteurs relationnels et culturels :
- Pression du partenaire
- Manque de communication dans le couple
- Mariages précoces ou forcés
- Normes sociales répressives
Symptômes et diagnostic
Le symptôme central est l’impossibilité ou la grande difficulté à permettre une pénétration vaginale. Cette situation peut s’accompagner de :
- douleurs sexuelles (dyspareunie),
- peur intense des rapports pénétratifs,
- évitement de la sexualité,
- baisse de l’estime de soi,
- tensions conjugales ou sentiment d’échec.
Le vaginisme peut également rendre les examens gynécologiques très difficiles, voire impossibles.
Symptômes
- Impossibilité de pénétration
- Douleur vive (dyspareunie)
- Anxiété ou peur intense lors de la tentative de pénétration
- Évitement des rapports sexuels
- Perte de désir liée à la peur de la douleur
Diagnostic
Le diagnostic repose avant tout sur :
- l’interrogatoire clinique, permettant de comprendre l’histoire sexuelle, émotionnelle et médicale,
- un examen gynécologique progressif et respectueux, réalisé uniquement avec l’accord de la patiente.
Il est essentiel d’éliminer une cause organique avant de conclure à un vaginisme. L’examen doit être mené sans précipitation, dans un climat de confiance, et peut parfois être différé.
- Entretien détaillé (histoire sexuelle, traumatismes, contexte relationnel)
- Examen clinique (contraction involontaire du périnée, exclusion d’autres causes)
- Examens complémentaires si nécessaire (échographie, IRM, prélèvements)
Impact sur la vie intime et sociale
Sexualité et estime de soi :
- Perte de désir
- Évitement des rapports
- Culpabilité, honte et frustration
- Diminution de l’estime de soi
- Les femmes présentant un vaginisme expriment régulièrement du dégoût voire de la haine vis à vis de leurs organes génitaux.
Couple et fertilité :
- Conflits relationnels
- Difficultés à concevoir
- Recours à l’assistance médicale à la procréation
Conséquences psychologiques et sociales :
- Dépression et anxiété
- Isolement social
- Impact sur la vie professionnelle
Prise en charge et traitements
Le vaginisme révèle très souvent un trouble stress post-traumatique ou un abus sexuel ancien. Il est donc indispensable de le chercher et de le traiter. D’autres troubles s’associent statistiquement au vaginisme, notamment les troubles anxieux.
La prise en charge passera donc en priorité par un médecin/psychiatre.
Le vaginisme est un trouble bien pris en charge lorsqu’il est reconnu. La prise en charge est le plus souvent pluridisciplinaire.
Thérapies psychologiques
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont particulièrement efficaces. Elles visent à :
- réduire l’anxiété anticipatoire,
- modifier les croyances négatives sur la pénétration,
- restaurer un sentiment de contrôle corporel.
L’éducation sexuelle et la compréhension du fonctionnement anatomique jouent un rôle clé.
Désensibilisation progressive
L’utilisation de dilatateurs vaginaux, de manière graduée et accompagnée, permet une réappropriation corporelle progressive. Cette technique s’inscrit dans une logique de désensibilisation et de réassurance.
Rééducation périnéale
La kinésithérapie périnéale aide à identifier, contrôler et relâcher les muscles du plancher pelvien. Elle améliore la conscience corporelle et réduit l’hypertonie musculaire.
Accompagnement sexologique
Un suivi sexologique, individuel ou de couple, peut être proposé afin d’aborder les dimensions relationnelles, émotionnelles et intimes du trouble.
Approche pluridisciplinaire :
- Gynécologue / sexologue : diagnostic et suivi
- Psychologue / psychothérapeute : TCC, hypnose, EMDR
- Kinésithérapeute : rééducation périnéale, biofeedback
- Thérapie de couple si nécessaire
Rôle du partenaire :
- Soutien émotionnel
- Participation aux exercices sans pression
- Amélioration de la communication dans le couple
Exemple clinique :
Sophie, 24 ans, après 6 mois de TCC, de rééducation périnéale et de suivi sexologique, parvient à accepter la pénétration sans douleur et reprend une sexualité épanouie.
Pronostic et évolution
Le pronostic du vaginisme est globalement favorable lorsque la prise en charge est adaptée. De nombreuses patientes parviennent à avoir des rapports pénétratifs satisfaisants et non douloureux.
La durée du traitement varie selon l’ancienneté du trouble, les facteurs associés et l’implication dans la prise en charge.
Prévention et conseils
- Éducation sexuelle positive et ouverte
- Communication avec le partenaire
- Gestion du stress et anxiété (relaxation, méditation)
- Consultation précoce dès les premiers symptômes
- Maintenir une sexualité épanouie et progressive
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin, gynécologue ou sexologue dès que le vaginisme perturbe la vie sexuelle ou entraîne anxiété et détresse émotionnelle. Une prise en charge précoce augmente considérablement les chances de succès.
Conclusion
Le vaginisme est un trouble fréquent, souvent mal compris, mais hautement traitable. Une approche globale, combinant suivi médical, thérapie psychologique, rééducation périnéale et soutien du partenaire, permet à la majorité des femmes de retrouver une sexualité épanouie. La clé est la reconnaissance du trouble et une prise en charge adaptée et personnalisée.
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