Andropause: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur l’andropause? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à l’andropause.
Rédacteur « andropause »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que l’andropause ?
L’andropause, aussi appelée « ménopause masculine » ou « déficit androgénique lié à l’âge » (DALA), désigne la période de la vie d’un homme au cours de laquelle sa production de testostérone diminue progressivement. Contrairement à la ménopause féminine, qui touche toutes les femmes et s’accompagne d’un arrêt brutal de la production d’hormones, l’andropause est un phénomène plus progressif et ne concerne pas tous les hommes. Selon les données épidémiologiques récentes, environ 5 % des hommes de 50 ans, 10 % à 60 ans, 15 % à 70 ans et jusqu’à 26 % à 80 ans sont touchés par ce syndrome, avec une augmentation de la prévalence liée au vieillissement de la population dans les pays développés. La testostérone, hormone masculine produite principalement par les testicules, joue un rôle central dans le développement des caractères sexuels secondaires, le maintien de la libido, la production de spermatozoïdes, la masse musculaire, la densité osseuse et même l’humeur. Avec l’âge, son taux diminue naturellement d’environ 1 % par an à partir de 30-35 ans. On parle d’andropause lorsque ce taux devient inférieur à 4 µg/l, entraînant des symptômes cliniques significatifs.
Exemple clinique
Monsieur L., 58 ans, consulte pour une fatigue persistante, une perte de motivation et une baisse de libido depuis plusieurs mois. Il rapporte également des difficultés de concentration et une prise de poids inexpliquée. Le dosage sanguin révèle un taux de testostérone à 3,2 µg/l, confirmant le diagnostic d’andropause. Après discussion, un traitement substitutif par gel transdermique est initié, avec une amélioration progressive des symptômes après 4 mois.
Symptômes de l’andropause : comment les reconnaître ?
Les symptômes de l’andropause sont variés et peuvent toucher aussi bien la sphère physique que psychologique ou sexuelle. Ils s’installent généralement de manière insidieuse, ce qui rend leur identification parfois difficile.
Symptômes physiques
– Diminution de la masse musculaire et augmentation de la graisse corporelle : Les hommes atteints d’andropause voient souvent leur composition corporelle se modifier, avec une perte de muscle et une prise de graisse, notamment abdominale.
– Ostéoporose et fragilité osseuse : La testostérone joue un rôle dans le maintien de la densité osseuse. Sa diminution expose à un risque accru de fractures.
– Fatigue chronique et baisse d’énergie : Beaucoup d’hommes rapportent une sensation de fatigue persistante, même après une nuit de sommeil normale.
Symptômes sexuels
– Baisse de la libido : La diminution du désir sexuel est l’un des symptômes les plus fréquents et les plus invalidants.
– Dysfonction érectile : Les troubles de l’érection peuvent survenir, souvent en lien avec la baisse de testostérone, mais aussi avec d’autres facteurs vasculaires ou psychologiques.
– Réduction de la fertilité : Bien que les hommes restent fertiles toute leur vie, la qualité et la quantité des spermatozoïdes peuvent diminuer.
Symptômes psychologiques et émotionnels
– Sautes d’humeur, irritabilité : Les variations hormonales peuvent entraîner une labilité émotionnelle, des épisodes d’irritabilité ou même des symptômes dépressifs.
– Baisse de la motivation et de la confiance en soi : Certains hommes décrivent une perte d’intérêt pour leurs activités habituelles, un sentiment de découragement ou une remise en question existentielle.
– Troubles de la concentration et de la mémoire : Des difficultés cognitives peuvent apparaître, parfois confondues avec les premiers signes de vieillissement cérébral.
Exemple clinique
Monsieur T., 62 ans, présente depuis un an une irritabilité marquée, des difficultés à se concentrer au travail et une perte de plaisir dans ses loisirs. Il attribue ces changements au stress professionnel, mais l’examen clinique et le bilan hormonal révèlent une andropause débutante. Une prise en charge globale, associant traitement hormonal et soutien psychologique, permet une amélioration notable de son état.
Causes et facteurs de risque de l’andropause
La cause principale de l’andropause est le vieillissement naturel, qui entraîne une diminution progressive de la production de testostérone par les testicules. Cependant, certains facteurs peuvent accélérer ou aggraver ce processus : – Facteurs liés au mode de vie : L’obésité, la sédentarité, une alimentation déséquilibrée, la consommation excessive d’alcool ou de tabac sont des facteurs de risque reconnus.
– Maladies chroniques : Le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires ou les troubles thyroïdiens peuvent influencer le métabolisme hormonal.
– Médicaments : Certains traitements (corticoïdes, chimiothérapies, antidépresseurs) peuvent interférer avec la production de testostérone.
– Facteurs psychologiques : Le stress chronique, l’anxiété ou la dépression peuvent aggraver les symptômes de l’andropause.
Exemple clinique
Monsieur D., 55 ans, diabétique et en surpoids, consulte pour une fatigue intense et une perte de libido. Le bilan révèle une andropause précoce, probablement favorisée par son état métabolique. Une prise en charge globale, incluant un rééquilibrage alimentaire, une activité physique adaptée et un traitement hormonal, est mise en place.
Diagnostic de l’andropause : comment la confirmer ?
Le diagnostic de l’andropause repose sur une approche clinique et biologique. Il est essentiel d’éliminer d’autres causes possibles des symptômes (dépression, hypothyroïdie, carences nutritionnelles, etc.).
Examen clinique
Le médecin interroge le patient sur ses symptômes, leur durée, leur intensité, et recherche d’éventuels facteurs de risque ou antécédents médicaux. Un examen physique complet est réalisé, incluant la mesure de la tension artérielle, l’évaluation de la masse musculaire et de la répartition des graisses, ainsi que l’examen des organes génitaux.
Dosage hormonal
Le dosage de la testostérone totale et libre dans le sang est l’examen clé. Il est généralement réalisé le matin, à jeun, car le taux de testostérone varie au cours de la journée. Un taux inférieur à 4 µg/l, associé à des symptômes cliniques, confirme le diagnostic.
Bilan complémentaire
D’autres examens peuvent être utiles :
– Dosage de la SHBG (Sex Hormone Binding Globulin), qui influence la disponibilité de la testostérone.
– Bilan thyroïdien, glycémique et lipidique.
– Évaluation de la densité osseuse en cas de suspicion d’ostéoporose.
Exemple clinique
Monsieur R., 60 ans, présente une fatigue persistante et une baisse de la libido. Le dosage de la testostérone révèle un taux à 3,5 µg/l. Un bilan complémentaire exclut une hypothyroïdie ou une carence en vitamine D. Le diagnostic d’andropause est posé et un traitement hormonal est proposé.
Traitements et prise en charge de l’andropause
La prise en charge de l’andropause est individualisée et dépend de l’intensité des symptômes, de l’âge du patient et de ses attentes. Elle peut associer des mesures hygiéno-diététiques, un traitement hormonal substitutif et un soutien psychologique.
Traitement hormonal substitutif
Le traitement de référence est la supplémentation en testostérone, dont l’objectif est de restaurer un taux hormonal normal et d’améliorer la qualité de vie. Plusieurs formes existent :
– Gels transdermiques : Appliqués quotidiennement sur la peau, ils permettent une absorption progressive de la testostérone.
– Patchs : À appliquer sur la peau, ils libèrent la testostérone de manière continue.
– Injections intramusculaires : Administrées toutes les 2 à 4 semaines, elles permettent un apport prolongé.
– Comprimés : Moins utilisés en raison de leur métabolisme hépatique. Les effets bénéfiques (amélioration de la libido, de l’humeur, de la masse musculaire) apparaissent généralement après 4 à 6 mois de traitement. Cependant, ce traitement n’est pas dénué de risques et nécessite un suivi médical régulier (surveillance du PSA, de la numération sanguine, du bilan hépatique).
Mesures hygiéno-diététiques
– Activité physique régulière : La musculation et les exercices d’endurance aident à maintenir la masse musculaire et à améliorer l’humeur.
– Alimentation équilibrée : Riche en protéines, vitamines (notamment D) et minéraux (zinc, magnésium), elle soutient la production hormonale et la santé osseuse.
– Réduction des excitants : Limiter l’alcool, le tabac et la caféine peut atténuer certains symptômes.
Soutien psychologique
La prise en charge psychologique est souvent nécessaire, notamment en cas de symptômes dépressifs ou d’anxiété. Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) peuvent aider à mieux gérer les changements émotionnels et à restaurer l’estime de soi. Dans certains cas, un accompagnement par un psychiatre ou un psychologue est recommandé, surtout si les symptômes impactent fortement la qualité de vie ou les relations sociales.
Exemple clinique
Monsieur S., 57 ans, présente une andropause associée à une dépression réactionnelle. Un traitement hormonal est initié, complété par une prise en charge en TCC. Après 6 mois, il rapporte une amélioration significative de son humeur, de son énergie et de sa vie sexuelle.
Andropause et qualité de vie : comment préserver son bien-être ?
L’andropause, bien que naturelle, peut altérer la qualité de vie si elle n’est pas prise en charge. Voici quelques conseils pour préserver son bien-être : – Parler ouvertement : Briser le tabou et en parler à son médecin ou à ses proches permet de mieux vivre cette transition.
– Maintenir une vie sociale active : Les interactions sociales stimulent le moral et limitent l’isolement.
– Pratiquer des activités plaisantes : Loisirs, voyages, apprentissages nouveaux aident à garder un équilibre psychologique.
– Surveiller sa santé globale : Un suivi médical régulier permet de dépister et de traiter précocement d’éventuelles complications (ostéoporose, maladies cardiovasculaires).
Exemple clinique
Monsieur P., 65 ans, a consulté pour une fatigue et une perte de motivation. Après la confirmation d’une andropause, il a intégré un groupe de marche nordique et a repris contact avec d’anciens amis. Ces changements, associés à un traitement hormonal, ont grandement amélioré son quotidien.
Andropause : questions fréquentes
L’andropause est-elle une maladie ?
Non, l’andropause n’est pas une maladie, mais un processus physiologique lié au vieillissement. Cependant, ses symptômes peuvent être invalidants et justifier une prise en charge médicale.
Tous les hommes sont-ils concernés ?
Non, seuls 5 à 26 % des hommes sont touchés, selon l’âge et les facteurs de risque.
Peut-on prévenir l’andropause ?
On ne peut pas empêcher la baisse naturelle de testostérone, mais un mode de vie sain (alimentation, sport, gestion du stress) peut retarder son apparition et limiter ses effets.
Le traitement hormonal est-il sans danger ?
Le traitement hormonal substitutif est généralement bien toléré sous surveillance médicale. Cependant, il peut augmenter le risque de certaines pathologies (prostate, cardiovasculaire) et doit être prescrit avec prudence.
L’andropause affecte-t-elle la fertilité ?
La fertilité diminue avec l’âge, mais les hommes restent capables de procréer toute leur vie. En cas de désir d’enfant, un bilan spécialisé est recommandé.
Conclusion
L’andropause est une réalité biologique et psychologique qui touche un nombre croissant d’hommes à partir de la cinquantaine. Bien que moins connue et moins brutale que la ménopause, elle peut avoir un impact majeur sur la qualité de vie. Une prise en charge adaptée, associant traitement hormonal, mesures hygiéno-diététiques et soutien psychologique, permet de traverser cette période avec sérénité. N’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à un spécialiste pour un accompagnement personnalisé.
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