Atomoxétine

Vous voulez en savoir plus sur l’atomoxétine? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires sur l’atomoxétine.

Rédacteur « atomoxétine »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous

Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Ce traitement est donné dans le traitement du TDAH dans d’autres pays.
  • Il n’est pas basé sur le méthylphénidate.
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge du TDAH.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.
  • Ce traitement n’a pas l’AMM en France, et le laboratoire a décidé d’arrêter la commercialisation du Strattera®

Avertissement: comme pour tout traitement médicamenteux, un avis médical est indispensable pour toute prescription. Des erreurs sont possibles: vérifiez toujours les informations les plus récentes, auprès d’une source institutionnelle comme l’ANSM. Les informations données ci-dessous le sont à titre indicatif, et doivent systématiquement être vérifiées auprès d’un médecin pour évaluer quel traitement conviendrait dans votre cas particulier.

Qu’est-ce que l’atomoxétine ?

L’atomoxétine, anciennement commercialisée sous le nom de Strattera®, est un médicament utilisé principalement dans le traitement du Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). Contrairement aux psychostimulants classiques (comme le méthylphénidate ou les amphétamines), l’atomoxétine n’est pas un dérivé amphétaminique et ne présente pas de risque d’abus ou de dépendance. Elle agit en tant qu’inhibiteur sélectif du recaptage de la noradrénaline, augmentant ainsi la disponibilité de cette substance chimique naturelle dans le cerveau, ce qui améliore l’attention, réduit l’impulsivité et l’hyperactivité. L’atomoxétine est disponible sous forme de gélules dosées à 10 mg, 18 mg, 25 mg, 40 mg, 60 mg, 80 mg et 100 mg. La dose maximale recommandée est de 100 mg par jour, et il est fortement déconseillé de la dépasser.

En France, n’ayant pas l’AMM, elle ne peut être prescrite qu’à usage compassionnel.

Exemple clinique

Cas de Thomas, 10 ans : Thomas, diagnostiqué TDAH avec des difficultés majeures de concentration et une impulsivité marquée, ne répondait pas bien aux psychostimulants en raison d’effets secondaires importants (insomnie, perte d’appétit). Son psychiatre a initié un traitement par atomoxétine à 25 mg/jour, augmenté progressivement à 60 mg/jour. Après 6 semaines, ses enseignants et ses parents ont noté une amélioration significative de son attention en classe et une réduction des comportements impulsifs, sans effet indésirable majeur.

Mécanisme d’action de l’atomoxétine

L’atomoxétine agit en bloquant spécifiquement le transporteur pré-synaptique de la noradrénaline, ce qui entraîne une augmentation de la concentration de cette dernière dans la fente synaptique. La noradrénaline joue un rôle clé dans la régulation de l’attention, de l’éveil et de la réponse au stress. Contrairement aux psychostimulants, l’atomoxétine n’a pas d’effet direct sur la dopamine ou la sérotonine, ce qui explique son profil d’effet et de tolérance différent. Un métabolite actif, la 4-hydroxyatomoxétine, possède également une activité inhibitrice sur le transporteur de la noradrénaline, mais son impact clinique est limité en raison de sa faible concentration plasmatique.

Pourquoi choisir l’atomoxétine plutôt qu’un psychostimulant ?

Absence de risque d’abus ou de dépendance : L’atomoxétine n’a pas de potentiel addictif, ce qui en fait une option privilégiée pour les patients à risque de dépendance ou d’abus de substances.
Effet 24h/24 : Son action prolongée permet une couverture thérapeutique sur toute la journée, sans pic d’effet ni rebond en fin de journée.
Alternative en cas d’intolérance aux psychostimulants : Pour les patients présentant des effets indésirables sous méthylphénidate (insomnie, anorexie, anxiété), l’atomoxétine peut être une solution mieux tolérée.

Exemple clinique

Cas de Sophie, 35 ans : Sophie, adulte diagnostiquée TDAH avec un antécédent de dépendance aux amphétamines, ne pouvait pas prendre de psychostimulants. Son psychiatre a opté pour l’atomoxétine à 80 mg/jour. Après 3 mois, elle a rapporté une meilleure organisation au travail, une réduction de l’impulsivité, et surtout, une absence de craving pour les substances stimulantes.

Indications thérapeutiques de l’atomoxétine

Dans d’autres pays que la France, l’atomoxétine est indiquée dans le traitement du TDAH chez :
Les enfants à partir de 6 ans
Les adolescents
Les adultes Son efficacité a été démontrée dans de nombreuses études cliniques randomisées, contrôlées versus placebo, avec une amélioration significative des symptômes d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité.

Efficacité chez l’enfant et l’adolescent

Plusieurs études ont montré que l’atomoxétine était significativement supérieure au placebo dans la réduction des symptômes du TDAH, avec un maintien de l’efficacité à long terme (jusqu’à 1 an et plus). Une étude contrôlée par placebo, portant sur plus de 400 enfants et adolescents, a confirmé son efficacité à long terme et un profil de tolérance acceptable.

Efficacité chez l’adulte

Chez l’adulte, l’atomoxétine a également démontré son efficacité dans la réduction des symptômes du TDAH, bien que l’amplitude de l’amélioration soit généralement moins marquée que chez l’enfant. Deux études cliniques randomisées, en double aveugle et contrôlées versus placebo, ont inclus 536 patients adultes et montré une amélioration statistiquement significative des symptômes.

Autres indications potentielles

Des données préliminaires suggèrent un intérêt de l’atomoxétine dans :
Les formes comorbides de TDAH avec troubles de l’humeur, tics ou syndrome de Gilles de la Tourette.
Le TDAH associé au syndrome d’alcoolisation fœtale ou à une consommation de cannabis chez l’adolescent.

Exemple clinique

Cas de Lucas, 14 ans : Lucas, diagnostiqué TDAH avec syndrome de Gilles de la Tourette, présentait des tics moteurs et vocaux invalidants. Les psychostimulants aggravaient ses tics. L’introduction de l’atomoxétine à 60 mg/jour a permis une réduction à la fois des symptômes du TDAH et de la fréquence des tics, avec une tolérance excellente.

Posologie et modalités d’administration

La posologie de l’atomoxétine doit être individualisée en fonction du poids, de la réponse clinique et de la tolérance du patient.

Chez l’enfant et l’adolescent (poids ≤ 70 kg)

Dose initiale : 0,5 mg/kg/jour pendant au moins 7 jours.
Dose d’entretien : Augmenter progressivement jusqu’à 1,2 mg/kg/jour, en une ou deux prises quotidiennes.
Dose maximale : 1,4 mg/kg/jour ou 100 mg/jour, la plus faible des deux étant retenue.

Chez l’adolescent et l’adulte (poids > 70 kg)

Dose initiale : 40 mg/jour pendant au moins 7 jours.
Dose d’entretien : 80 mg/jour, en une ou deux prises.
Dose maximale : 100 mg/jour.

Conseils pratiques

– L’atomoxétine peut être prise avec ou sans nourriture.
– Les gélules doivent être avalées entières, sans être ouvertes, mâchées ou écrasées.
– En cas d’effets indésirables (nausées, somnolence), la dose peut être répartie en deux prises.

Exemple clinique

Cas de Emma, 8 ans : Emma, pesant 28 kg, a commencé l’atomoxétine à 14 mg/jour (0,5 mg/kg). Après une semaine, la dose a été augmentée à 25 mg/jour, puis à 40 mg/jour. Ses parents ont noté une amélioration progressive de son attention et une réduction de l’agitation, avec comme seul effet indésirable une légère somnolence en début de traitement, disparue après 10 jours.

Effets secondaires et précautions d’emploi

Comme tout médicament, l’atomoxétine peut entraîner des effets indésirables. Les plus fréquents sont généralement légers et transitoires :
Troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales)
Baisse de l’appétit
Fatigue ou somnolence
Sécheresse buccale
Vertiges ou étourdissements.

Effets secondaires rares mais graves

Idées suicidaires : Une méta-analyse a révélé un risque accru d’événements liés au suicide chez les enfants et adolescents traités par atomoxétine, bien que ce risque reste faible en valeur absolue. Une surveillance étroite est recommandée, surtout en début de traitement.
Troubles cardiovasculaires : L’atomoxétine peut augmenter légèrement la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Un suivi régulier est conseillé chez les patients à risque cardiovasculaire.
Réactions allergiques : Éruptions cutanées, urticaire, voire œdème de Quincke.

Précautions et contre-indications

Contre-indications absolues : – Hypersensibilité à l’atomoxétine – Glaucome à angle fermé – Phéochromocytome – Traitement concomitant par un inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO).
Précautions d’emploi : – Antécédents de troubles bipolaires ou psychotiques – Antécédents de troubles cardiovasculaires – Insuffisance hépatique sévère – Syndrome du QT long congénital ou acquis.

Exemple clinique

Cas de Marc, 15 ans : Marc, traité par atomoxétine pour un TDAH sévère, a présenté après 3 semaines de traitement une irritabilité marquée et des idées suicidaires passagères. Son psychiatre a immédiatement interrompu le traitement et instauré une surveillance renforcée. Les symptômes ont disparu en quelques jours, et un autre traitement non stimulant a été proposé.

Interactions médicamenteuses

L’atomoxétine est métabolisée principalement par le cytochrome P450 2D6. Certaines interactions médicamenteuses sont donc à connaître :
Inhibiteurs du CYP2D6 (comme la fluoxétine, la paroxétine) : peuvent augmenter les concentrations plasmatiques d’atomoxétine.
Inducteurs du CYP2D6 : peuvent réduire son efficacité.
Médicaments prolongant l’intervalle QT : risque accru de troubles du rythme cardiaque.
IMAO : contre-indication absolue (risque de crise hypertensive).

Exemple clinique

Cas de Julie, 12 ans : Julie, traitée par atomoxétine et fluoxétine pour un TDAH associé à un trouble dépressif, a présenté des nausées et une somnolence excessive. Son psychiatre a réduit la dose d’atomoxétine et ajusté la posologie de la fluoxétine, ce qui a permis une meilleure tolérance.

Atomoxétine et grossesse/allaitement

Les données sur l’utilisation de l’atomoxétine pendant la grossesse sont limitées. Les études animales n’ont pas montré d’effet tératogène, mais par précaution, l’atomoxétine ne doit être utilisée chez la femme enceinte que si le bénéfice attendu justifie le risque potentiel pour le fœtus. L’allaitement est déconseillé pendant le traitement.

Alternatives thérapeutiques et place de l’atomoxétine dans la stratégie de soin

En France, la prise en charge médicamenteuse du TDAH repose principalement sur :
Les psychostimulants (méthylphénidate, lisdexamfétamine) en première intention.
Les non-stimulants (atomoxétine, guanfacine) en deuxième intention, notamment en cas de contre-indication ou d’intolérance aux psychostimulants, ou chez les patients à risque d’abus. L’atomoxétine est particulièrement indiquée :
– En cas d’antécédent de dépendance aux substances.
– En cas de comorbidité avec des troubles anxieux ou des tics.
– Chez les patients nécessitant une couverture 24h/24 sans rebond.

Exemple clinique

Cas de Antoine, 40 ans : Antoine, diagnostiqué TDAH à l’âge adulte avec un antécédent de dépendance à la cocaïne, ne pouvait pas prendre de psychostimulants. L’atomoxétine, associée à une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), lui a permis une amélioration durable de ses symptômes et une meilleure qualité de vie.

Conclusion : l’atomoxétine, une option thérapeutique majeure dans le TDAH

L’atomoxétine représente une avancée significative dans le traitement du TDAH, offrant une alternative non stimulante, efficace et généralement bien tolérée. Son mécanisme d’action unique, son absence de potentiel d’abus et sa couverture thérapeutique prolongée en font un choix de premier plan pour de nombreux patients, enfants comme adultes. Toutefois, cette molécule n’est pas commercialisée en France, De plus, le laboratoire Lilly a choisi de ne plus commercialiser le Strattera.

Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « le choix du traitement doit toujours être personnalisé, en tenant compte du profil du patient, de ses comorbidités et de son histoire médicale ». Pour une prise en charge optimale du TDAH, l’atomoxétine s’inscrit dans une approche globale, associant traitement médicamenteux, TCC, thérapie interpersonnelle, et accompagnement psychoéducatif.

Venir au cabinet à Paris

Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

  • Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

Références scientifiques

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2 TDAH-France. Médicaments non stimulants pour le TDAH Adulte. 2024.
3 Swissmedic. Strattera®, capsules de gélatine dure (atomoxetinum).
4 Lacan TV. Atomoxétine : tout savoir sur ce traitement du TDAH. 2025.
6 Registre des produits de santé. APO-ATOMOXETINE.
7 EM-Consulte. L’atomoxétine (Strattera®), une alternative thérapeutique dans le TDAH. 2005.
11 Zentiva. Résumé des Caractéristiques du Produit Atomoxetine Zentiva. 2024.
12 EM-Consulte. L’atomoxétine (Strattera®), une alternative thérapeutique dans le TDAH. 2006.
13 EssaisCliniques.fr. Atomoxetine – Application en thérapie et recherches cliniques actuelles.
16 Monographie de produit. APO-ATOMOXETINE.
17 Fiche conseil professionnel. Atomoxetine Strattera®. OMEDIT Normandie.
18 ScienceDirect. L’atomoxétine (Strattera®), une alternative thérapeutique dans le TDAH. 2008.
21 ANSM. Résumé des Caractéristiques du Produit STRATTERA.
25 Santé Mentale. TDAH : une nouvelle étude sur l’impact cardiovasculaire des médicaments. 2025.
27 Medscape. Médicaments contre le TDAH et effets cardiovasculaires : Nouvelles données à court terme. 2025.
28 RecoMédicales. Recommandations TDAH (Trouble déficit de l’attention avec hyperactivité) 2024.
31 OMEDIT Normandie. FICHE CONSEIL Professionnel Atomoxetine Strattera®.
32 Diabète Obésité Hypertension. Atomoxétine : usages, efficacité et conseils essentiels. 2026.

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