Bruxisme: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur le bruxisme? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au bruxisme.
Rédacteur « bruxisme »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que le bruxisme ?
Le bruxisme se définit comme une activité parafonctionnelle caractérisée par le grincement (bruxisme dynamique) ou le serrement (bruxisme statique) involontaire des dents, pouvant survenir aussi bien à l’état de veille qu’au cours du sommeil. Cette pathologie, longtemps considérée comme un simple trouble dentaire, est aujourd’hui reconnue comme un phénomène complexe, impliquant des mécanismes centraux et périphériques, ainsi que des facteurs psychologiques et environnementaux. Le bruxisme du sommeil (ou bruxisme nocturne) est classé parmi les troubles moteurs liés au sommeil selon la classification internationale des troubles du sommeil (ICSD-3). Il se manifeste principalement lors des phases de sommeil léger ou lors des micro-éveils, et est souvent associé à une augmentation de l’activité cardiaque et respiratoire. À l’inverse, le bruxisme de l’éveil (ou bruxisme diurne) se caractérise par un serrement prolongé des dents, généralement en réponse à des situations de stress ou d’anxiété. Exemple clinique : Un patient de 35 ans, cadre supérieur, consulte pour des douleurs matinales à la mâchoire et une usure dentaire visible. Il rapporte également des épisodes de grincement des dents signalés par sa conjointe. L’examen clinique révèle une hypertrophie des muscles masséters et une usure des faces occlusales des molaires. Le diagnostic de bruxisme nocturne est confirmé par une polysomnographie, qui met en évidence des épisodes de grincement associés à des micro-éveils.
Épidémiologie : qui est touché par le bruxisme ?
Chez l’enfant et l’adolescent
Le bruxisme est un phénomène fréquent chez l’enfant, avec une prévalence estimée entre 8 % et 38 % selon les études, les variations s’expliquant par les méthodes de diagnostic (auto-évaluation, examen clinique, polysomnographie). Il apparaît généralement vers l’âge de 3-4 ans, atteint un pic entre 6 et 10 ans, puis tend à diminuer à l’adolescence. La plupart des enfants bruxeurs ne continuent pas à bruxer à l’âge adulte, ce qui suggère une évolution souvent bénigne et transitoire. Cependant, le bruxisme infantile ne doit pas être banalisé, car il peut être associé à des troubles du sommeil, des douleurs orofaciales, ou des troubles psychologiques (anxiété, hyperactivité, troubles de l’attention). Une étude récente a même mis en évidence un lien entre certains polymorphismes génétiques et la présence de bruxisme chez l’enfant, ouvrant de nouvelles pistes de recherche. Exemple clinique : Un enfant de 7 ans, en période de divorce parental, présente un bruxisme nocturne intense, signalé par ses parents. L’examen révèle une usure dentaire modérée et des douleurs matinales à la mâchoire. Une prise en charge pluridisciplinaire (dentiste, pédopsychiatre, orthophoniste) est mise en place, incluant une gouttière occlusale et une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) adaptée à l’enfant.
Chez l’adulte
Chez l’adulte, la prévalence du bruxisme (toutes formes confondues) est estimée entre 8 % et 31 %, avec une légère prédominance féminine. Le bruxisme du sommeil touche environ 21 % de la population adulte, tandis que le bruxisme de l’éveil concerne 18 % à 31 % des individus. Les facteurs de risque incluent le stress chronique, les troubles anxio-dépressifs, les troubles du sommeil (apnée obstructive du sommeil, insomnie), et la consommation de substances excitantes (caféine, tabac, alcool). Exemple clinique : Une patiente de 42 ans, souffrant de dépression modérée et d’insomnie, consulte pour des céphalées matinales et une fatigue persistante. L’examen met en évidence un bruxisme nocturne sévère, confirmé par polysomnographie. La prise en charge associe un traitement antidépresseur, une gouttière occlusale, et une TCC axée sur la gestion du stress et l’hygiène du sommeil.
Causes et facteurs de risque du bruxisme
Le bruxisme est une pathologie multifactorielle, résultant de l’interaction entre des facteurs centraux (système nerveux central), périphériques (système stomatognathique), et psycho-socio-environnementaux.
Facteurs centraux et troubles du sommeil
Les études récentes suggèrent que le bruxisme du sommeil est étroitement lié aux micro-éveils (ou arousals), définis par une augmentation transitoire de l’activité cardiaque et respiratoire. Ces micro-éveils, qui surviennent 8 à 14 fois par heure de sommeil, déclenchent une activité musculaire rythmique au niveau des mâchoires. Le bruxisme est également plus fréquent chez les personnes souffrant d’troubles anxieux, de dépression, ou d’apnée obstructive du sommeil (AOS). Exemple clinique : Un homme de 50 ans, en surpoids et souffrant d’AOS modérée, présente un bruxisme nocturne sévère, responsable d’une usure dentaire avancée et de douleurs temporo-mandibulaires. La prise en charge inclut un traitement par pression positive continue (PPC) pour l’AOS, une gouttière occlusale, et un suivi psychologique pour la gestion du stress.
Facteurs psychologiques : stress, anxiété, dépression
Le lien entre bruxisme et troubles anxio-dépressifs est bien établi. Le stress, qu’il soit aigu ou chronique, est un déclencheur majeur du bruxisme, aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Les mécanismes impliqués incluent une hyperactivité du système nerveux sympathique, une augmentation du tonus musculaire, et des perturbations du sommeil. Exemple clinique : Une étudiante de 22 ans, en période d’examens, développe un bruxisme diurne et nocturne, avec des douleurs à la mâchoire et des céphalées. L’évaluation révèle un état anxieux majeur. La prise en charge associe une TCC centrée sur la gestion du stress, des exercices de relaxation, et une gouttière occlusale pour protéger les dents.
Facteurs périphériques et environnementaux
D’autres facteurs peuvent favoriser ou aggraver le bruxisme :
– Problèmes dentaires : malocclusions, restaurations dentaires inadaptées, extractions dentaires récentes.
– Consommation de substances : caféine, tabac, alcool, drogues stimulantes.
– Médicaments : certains antidépresseurs (ISRS), neuroleptiques, ou médicaments stimulants.
– Facteurs environnementaux : bruit, lumière, température inadaptée dans la chambre.
Symptômes et conséquences du bruxisme
Le bruxisme peut être asymptomatique pendant de longues périodes, mais il entraîne souvent des signes cliniques variés, dont l’intensité dépend de la fréquence et de l’intensité des épisodes.
Symptômes dentaires et bucco-dentaires
– Usure dentaire : abrasion, attrition, fractures dentaires, sensibilité au chaud/froid.
– Douleurs dentaires : hypersensibilité, pulpite, mobilité dentaire.
– Problèmes parodontaux : récession gingivale, inflammation des gencives. Exemple clinique : Un patient de 55 ans consulte pour une usure dentaire sévère, avec une perte de hauteur coronaire et des fractures multiples. L’examen révèle un bruxisme chronique, non traité depuis des années. La prise en charge inclut une réhabilitation prothétique et une gouttière occlusale pour limiter les dégâts supplémentaires.
Symptômes musculaires et articulaires
– Douleurs à la mâchoire (articulation temporo-mandibulaire, ATM).
– Céphalées (souvent matinales, de type tensionnel).
– Douleurs cervicales et scapulaires (liées à la contraction des muscles masticateurs et cervicaux).
Symptômes généraux et impact sur la qualité de vie
– Fatigue chronique (liée aux troubles du sommeil).
– Troubles de la concentration (séquelles des micro-éveils).
– Anxiété et dépression (le bruxisme peut être à la fois cause et conséquence de troubles psychologiques). Exemple clinique : Une femme de 38 ans, souffrant de fibromyalgie et de bruxisme nocturne, présente une fatigue intense et des douleurs diffuses. La prise en charge globale inclut une gouttière occlusale, une TCC pour la gestion de la douleur, et un suivi en médecine du sommeil.
Diagnostic du bruxisme
Le diagnostic du bruxisme repose sur une approche pluridisciplinaire, associant l’examen clinique, l’anamnèse, et parfois des examens complémentaires.
Examen clinique et anamnèse
L’examen clinique recherche :
– Des signes d’usure dentaire.
– Une hypertrophie des muscles masséters.
– Des douleurs à la palpation des muscles masticateurs ou de l’ATM.
– Des antécédents de troubles du sommeil, de stress, ou de pathologies psychiatriques. Exemple clinique : Un patient de 40 ans consulte pour des douleurs à la mâchoire et des céphalées matinales. L’examen révèle une usure dentaire et une hypertrophie des masséters. L’anamnèse met en évidence un stress professionnel important et des antécédents d’insomnie. Le diagnostic de bruxisme nocturne est posé, et une polysomnographie est proposée pour confirmer le diagnostic et évaluer la sévérité.
Examens complémentaires
– Polysomnographie : examen de référence pour le bruxisme nocturne, permettant de quantifier l’activité musculaire anormale et d’identifier d’éventuels troubles du sommeil associés.
– Électromyographie : mesure de l’activité musculaire des mâchoires.
– Imagerie : radiographies panoramiques, scanner ou IRM en cas de suspicion de lésion articulaire.
Traitements et prise en charge du bruxisme
La prise en charge du bruxisme doit être multidisciplinaire, associant des mesures dentaires, médicales, et psychologiques. L’objectif est de réduire les symptômes, protéger les dents, et traiter les causes sous-jacentes.
Traitements dentaires
– Gouttière occlusale : dispositif sur mesure, porté la nuit, qui protège les dents et réduit l’activité musculaire. Les gouttières « intelligentes », équipées de capteurs, permettent désormais un suivi personnalisé.
– Réhabilitation prothétique : en cas d’usure dentaire sévère, pour restaurer la fonction et l’esthétique.
– Toxine botulique : en cours d’évaluation pour les cas sévères résistants aux autres traitements.
Traitements médicaux et pharmacologiques
– Relaxants musculaires : à faible dose, avant le coucher, pour réduire l’intensité du bruxisme.
– Traitement des troubles du sommeil : PPC pour l’AOS, mélatonine pour les troubles du rythme circadien.
– Traitement des comorbidités psychiatriques : antidépresseurs, anxiolytiques, en cas de dépression ou d’anxiété associées.
Traitements psychologiques et comportementaux
– Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : méthode de choix pour la gestion du stress, l’amélioration de l’hygiène du sommeil, et la modification des comportements parafonctionnels.
– Techniques de relaxation : biofeedback, méditation, cohérence cardiaque.
– Éducation thérapeutique : apprentissage de l’auto-observation et de la réduction des habitudes nocives. Exemple clinique : Un patient de 30 ans, souffrant de bruxisme diurne et nocturne lié à un trouble anxieux généralisé, bénéficie d’une TCC centrée sur la gestion du stress et la relaxation. Après 12 séances, une réduction significative de la fréquence des épisodes de bruxisme est observée, avec une amélioration de la qualité du sommeil et une diminution des douleurs à la mâchoire.
Approches innovantes et futures perspectives
Les recherches actuelles explorent :
– Les traitements personnalisés basés sur les profils de sommeil individuels.
– Les applications mobiles d’auto-prise en charge cognitivo-comportementale.
– Les nouvelles technologies (gouttières connectées, capteurs de sommeil) pour un suivi en temps réel.
Bruxisme et qualité de vie : un cercle vicieux à briser
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, le bruxisme ne doit pas être considéré comme un simple trouble dentaire, mais comme un marqueur de souffrance globale, pouvant refléter ou aggraver des troubles psychologiques sous-jacents. Une prise en charge précoce et adaptée permet de briser le cercle vicieux « stress – bruxisme – douleurs – troubles du sommeil – anxiété/dépression », et d’améliorer significativement la qualité de vie des patients.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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