Clivage

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Rédacteur « clivage »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
 
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

Qu’est-ce que le clivage en psychologie et en psychanalyse ?

Le clivage est un mécanisme de défense psychique fondamental, décrit pour la première fois par Sigmund Freud, puis approfondi par Mélanie Klein et Otto Kernberg. Il se caractérise par la division du Moi ou de l’objet en deux parties distinctes, souvent contradictoires, qui coexistent sans s’influencer mutuellement. Ce processus permet à l’individu de maintenir une partie de sa psyché en contact avec la réalité, tandis qu’une autre partie reste détachée, voire en déni de cette réalité. Freud a initialement observé le clivage dans le fétichisme et les psychoses, où le sujet adopte simultanément deux attitudes opposées face à une même réalité. Par exemple, un patient fétichiste peut à la fois reconnaître et nier la castration, illustrant ainsi la coexistence de deux réalités psychiques inconciliables. Ce mécanisme est souvent associé au déni, permettant de protéger le Moi d’une angoisse insupportable en scindant la perception de la réalité. Mélanie Klein, quant à elle, a élargi cette notion en décrivant le clivage de l’objet, processus par lequel l’enfant, dans ses premiers mois de vie, sépare les « bons » et les « mauvais » objets (généralement la mère) pour se protéger de l’angoisse. Ce clivage primitif est à l’origine de la position schizoparanoïde, où l’enfant perçoit le monde de manière binaire, sans nuance. Plus tard, si le développement se passe bien, l’enfant parvient à intégrer ces aspects contradictoires, accédant ainsi à la position dépressive et à une vision plus unifiée de lui-même et des autres.

Exemple clinique : le clivage chez l’enfant

Un enfant de 18 mois, séparé de sa mère pendant quelques heures, peut manifester une colère intense à son retour, comme si elle était « toute mauvaise », puis, quelques minutes plus tard, rechercher son contact avec affection, comme si elle était « toute bonne ». Ce comportement illustre le clivage de l’objet maternel, où l’enfant ne parvient pas encore à intégrer les aspects positifs et négatifs de la même personne.

Clivage et troubles de la personnalité : le cas du borderline

Le clivage est particulièrement marqué dans certains troubles de la personnalité, notamment le trouble de la personnalité borderline. Les personnes atteintes de ce trouble ont tendance à percevoir leur entourage de manière extrême : une personne peut être idéalisée un jour (« tout bon »), puis dévalorisée le lendemain (« tout mauvais »), sans possibilité de position intermédiaire. Ce mode de pensée « noir et blanc » génère une grande instabilité relationnelle et émotionnelle. Otto Kernberg a montré que le clivage est au cœur de l’organisation borderline de la personnalité, où la diffusion identitaire et l’utilisation de mécanismes de défense primitifs (comme l’identification projective) rendent les relations interpersonnelles particulièrement tumultueuses. Par exemple, un patient borderline peut passer d’une admiration sans borne pour son thérapeute à une haine intense après une interprétation perçue comme critique, illustrant l’incapacité à intégrer les aspects positifs et négatifs d’une même personne.

Exemple clinique : le clivage dans la relation thérapeutique

Une patiente borderline, après une séance où le thérapeute a évoqué la nécessité de travailler sur son impulsivité, peut quitter le cabinet en déclarant qu’il est « le seul à la comprendre » (idéalisation), puis, après un week-end sans réponse à un message urgent, le qualifier de « thérapeute incompétent et indifférent » (dévalorisation). Ce basculement brutal reflète l’incapacité à tolérer l’ambivalence et à intégrer les limites humaines du thérapeute.

Clivage, anxiété et dépression : liens et conséquences

Le clivage n’est pas sans conséquence sur la santé mentale. À long terme, ce mécanisme peut favoriser l’émergence de troubles anxieux et de dépression. En effet, la difficulté à intégrer les expériences contradictoires peut générer un stress chronique, une vision déséquilibrée de soi et des autres, et une vulnérabilité accrue face aux événements de vie. Par exemple, une personne qui clive ses émotions peut alterner entre des périodes d’euphorie (où elle nie toute souffrance) et des épisodes dépressifs (où elle s’effondre sous le poids de ses affects refoulés). Cette instabilité émotionnelle est souvent retrouvée dans les états dépressifs sévères, où le clivage empêche une régulation harmonieuse des affects.

Exemple clinique : clivage et dépression post-rupture

Un homme, après une rupture amoureuse, peut pendant des semaines minimiser sa souffrance (« Je m’en fiche, elle ne méritait pas mon attention »), puis soudainement s’effondrer (« Je ne vaux rien, je ne mérite pas d’être aimé »). Ce basculement illustre comment le clivage peut retarder l’élaboration d’un deuil et favoriser l’installation d’un épisode dépressif.

Prise en charge du clivage : approches thérapeutiques

clivage traiter soigner par la TCC et la TIP
La prise en charge du clivage dépend du contexte clinique et de la structure de la personnalité. En psychanalyse, l’objectif est d’aider le patient à intégrer progressivement les parties clivées de son Moi ou de ses objets, en travaillant sur la levée des défenses et l’élaboration des conflits inconscients. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) propose des outils concrets pour identifier et modifier les schémas de pensée dichotomiques, favorisant une vision plus nuancée de soi et des autres. Par exemple, en TCC, un patient apprend à repérer ses pensées « tout ou rien » et à les remplacer par des formulations plus modérées (« Mon collègue n’est ni parfait ni totalement incompétent, il a des forces et des faiblesses »). Cette approche permet de réduire l’anxiété et d’améliorer la stabilité émotionnelle.

Exemple clinique : travail sur le clivage en TCC

Une patiente, en thérapie pour un trouble anxieux généralisé, note dans son journal de pensées : « Mon mari est égoïste, il ne pense qu’à lui. » Le thérapeute l’aide à nuancer cette croyance en explorant des exemples concrets où son mari a fait preuve d’attention, puis à formuler une pensée alternative : « Mon mari a parfois des comportements égoïstes, mais il peut aussi être attentionné. » Ce travail favorise une vision plus réaliste et moins anxiogène de la relation.

Clivage et traumatismes : un mécanisme de survie

Dans les situations traumatiques, le clivage peut jouer un rôle protecteur en permettant à la personne de dissocier une partie d’elle-même de l’expérience douloureuse. Par exemple, des survivants de violences ou de catastrophes peuvent « cliver » leur mémoire, vivant comme si l’événement ne les concernait pas directement. Cependant, à long terme, ce mécanisme peut entraîner des troubles de la personnalité ou des symptômes dissociatifs.

Exemple clinique : clivage post-traumatique

Un vétéran de guerre peut fonctionner normalement au quotidien, tout en revivant la nuit des scènes de combat comme s’il y était encore. Cette dissociation entre une partie « fonctionnelle » et une partie « traumatique » du Moi illustre le clivage comme stratégie de survie, mais aussi comme source potentielle de souffrance psychique chronique.

Conclusion : vers une intégration des parties clivées

Le clivage est un mécanisme universel, présent à des degrés divers chez chacun. S’il peut être utile à court terme pour gérer des conflits internes ou des traumatismes, son maintien rigide est source de souffrance et de dysfonctionnements. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, la thérapie vise à aider le patient à reconnaître et à intégrer ses parties clivées, pour accéder à une vision plus unifiée et apaisée de lui-même et du monde.

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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