Fugue: réagit et prévenir
Vous voulez en savoir plus sur la fugue ? Vous êtes sur la bonne page ! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour prévenir et savoir réagir face à la fugue.
Rédacteur « fugue »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- La fugue peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression, amnésie dissociative, trouble dissociatif de l’identité, syndrome de stress post-traumatique…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC et la thérapie interpersonnelle (TIP) sont les traitements indiqués en première intention.
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Qu’est-ce que la fugue ? Définition et mécanismes
La fugue (ou fugue dissociative, selon la terminologie du DSM-5 et de la CIM-11) est un trouble mental caractérisé par un départ soudain et inattendu de son domicile ou de son lieu de vie habituel, accompagné d’une incapacité à se souvenir de son identité ou de son passé, et parfois d’une adoption d’une nouvelle identité. Ce phénomène s’inscrit dans le cadre des troubles dissociatifs, qui regroupent des perturbations de la mémoire, de la conscience, de l’identité ou de la perception de l’environnement. La fugue est généralement déclenchée par un stress intense, un traumatisme ou un conflit psychologique non résolu. Elle peut durer de quelques heures à plusieurs mois, et se termine souvent par une récupération spontanée de la mémoire, bien que certains épisodes puissent laisser des lacunes persistantes. Exemple clinique : Un homme de 45 ans, cadre supérieur, quitte son domicile après une dispute conjugale violente. Il est retrouvé trois jours plus tard dans une autre ville, travaillant comme serveur sous une identité différente, sans aucun souvenir de sa vie antérieure. L’évaluation psychiatrique révèle un épisode de fugue dissociative, déclenché par un conflit marital non résolu et des antécédents d’abus émotionnels dans l’enfance. —
Les causes et facteurs de risque de la fugue
Les causes de la fugue sont multifactorielles, mais on retrouve souvent : – Un traumatisme psychologique (abus, violence, accident, deuil, harcèlement).
– Un stress extrême (conflits familiaux, professionnels, financiers).
– Des antécédents de troubles dissociatifs (amnésie dissociative, trouble dissociatif de l’identité).
– Des troubles psychiatriques associés (dépression, troubles anxieux, syndrome de stress post-traumatique). Exemple clinique : Une femme de 32 ans, victime d’un viol à l’âge de 20 ans, présente une fugue après avoir revécu des souvenirs traumatiques lors d’une séance de thérapie. Elle est retrouvée deux semaines plus tard dans une autre région, vivant sous une identité empruntée. L’évaluation met en évidence un syndrome de stress post-traumatique non traité et une amnésie dissociative partielle. —
Symptômes et diagnostic de la fugue
Le diagnostic de fugue repose sur plusieurs critères cliniques : – Départ soudain et inattendu du domicile ou du lieu de travail.
– Incapacité à se souvenir de son identité ou de son passé (amnésie dissociative).
– Adoption d’une nouvelle identité (parfois partielle).
– Absence de trouble mental organique (épilepsie, lésion cérébrale, intoxication).
– Exclusion d’autres troubles psychiatriques (schizophrénie, trouble bipolaire, dépression sévère). Outils d’évaluation :
– Entretien clinique approfondi.
– Échelles de dissociation (Dissociative Experiences Scale, DES).
– Imagerie cérébrale et bilan biologique pour éliminer une cause organique. Exemple clinique : Un adolescent de 17 ans, en conflit avec ses parents, disparaît pendant une semaine. Il est retrouvé dans une ville voisine, vivant chez des inconnus et affirmant s’appeler « Thomas ». L’évaluation révèle une fugue dissociative dans un contexte de trouble anxieux généralisé et de dépression masquée. —
Fugue et troubles associés
La fugue est rarement isolée. Elle s’inscrit souvent dans un tableau clinique plus large, incluant : – Troubles dissociatifs : amnésie dissociative, trouble dissociatif de l’identité, trouble de dépersonnalisation/déréalisation.
– Troubles de l’humeur : dépression, trouble bipolaire.
– Troubles anxieux : trouble anxieux généralisé, syndrome de stress post-traumatique. Exemple clinique : Une femme de 50 ans, souffrant d’un trouble bipolaire, présente une fugue lors d’un épisode dépressif mixte. Elle est retrouvée après trois jours, désorientée et amnésique. Le bilan met en évidence une déréalisation et une amnésie dissociative transitoire. —
Prise en charge et traitements de la fugue
La prise en charge de la fugue repose sur une approche multidisciplinaire : 1. Évaluation psychiatrique : diagnostic précis, recherche de comorbidités.
2. Psychothérapie : – Thérapie cognitive et comportementale (TCC) : travail sur les mécanismes de dissociation, gestion du stress, restructuration cognitive. – Thérapie interpersonnelle (TIP) : résolution des conflits relationnels, amélioration des compétences sociales. – EMDR (pour les fugues liées à un traumatisme).
3. Traitement médicamenteux (si nécessaire) : antidépresseurs (ISRS), stabilisateurs d’humeur, anxiolytiques (avec prudence).
4. Soutien familial et social : psychoéducation, accompagnement dans la réintégration. Exemple clinique : Un homme de 35 ans, souffrant de trouble de stress post-traumatique après un accident de la route, présente des fugues répétées. La prise en charge combine TCC (exposition progressive aux souvenirs traumatiques), EMDR et un traitement par ISRS. Après six mois, les fugues disparaissent et le patient retrouve une stabilité émotionnelle. —
Fugue chez l’enfant et l’adolescent
Chez l’enfant et l’adolescent, la fugue est souvent un symptôme d’appel révélant une souffrance psychique sous-jacente : – Conflits familiaux (divorce, violence, négligence).
– Harcèlement scolaire ou phobie scolaire.
– Troubles psychiatriques (dépression, troubles anxieux, syndrome de stress post-traumatique). Exemple clinique : Une adolescente de 15 ans, victime de harcèlement scolaire, fugue à plusieurs reprises. L’évaluation révèle un trouble de stress post-traumatique et une dépression masquée. La prise en charge associe TCC, soutien familial et aménagement scolaire. —
Que faire en cas de fugue ? Conseils pratiques
– Ne pas minimiser : une fugue est toujours un signe de détresse.
– Consulter un psychiatre pour un bilan complet.
– Éviter les jugements : privilégier l’écoute et le soutien.
– Mettre en place un suivi psychothérapeutique (TCC, TIP).
– Impliquer l’entourage dans la prise en charge. Exemple clinique : Un jeune homme de 20 ans, en échec scolaire, fugue après une dispute avec ses parents. La consultation chez un psychiatre révèle un trouble anxieux généralisé et une dépression légère. Un suivi en TCC et un aménagement de son parcours universitaire permettent une amélioration rapide. —
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
- RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
- Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).
— Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.
Auteur
Mail: dr.neveux@gmail.com (à privilégier+++)
Tél: 0609727094 (laisser un message)
Au cabinet: 9 rue Troyon 75017 Paris
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