Tout savoir sur le trouble dissociatif de l’identité (personnalités multiples)
Vous voulez en savoir plus sur le trouble dissociatif de l’identité (personnalités multiples) ? Vous êtes sur la bonne page ! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au trouble dissociatif de l’identité (personnalités multiples).
Rédacteur: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale ([AFTCC](http://www.aftcc.org/contacts)) et en Thérapie Interpersonnelle ([IFTIP](https://www.iftip.fr/)),
mail: dr.neveux@gmail.com
Sources: Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…)
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge
- La TCC est le traitement indiqué en première intention
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Qu’est-ce que le trouble dissociatif de l’identité (personnalités multiples) ?
Le trouble dissociatif de l’identité (TDI), autrefois appelé « trouble de personnalité multiple », est un trouble mental complexe caractérisé par la présence de deux ou plusieurs identités ou états de personnalité distincts qui prennent alternativement le contrôle du comportement d’une même personne. Ces identités, souvent appelées « alters », peuvent différer par leur nom, leur âge, leur genre, leur tempérament, leurs souvenirs, et même leurs préférences ou leurs compétences. Le TDI est reconnu par le DSM-5-TR (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition révisée) et la CIM-11 (Classification internationale des maladies) comme une entité clinique à part entière, bien qu’il reste l’un des troubles psychiatriques les plus controversés et fascinants. Exemple clinique : Sophie, 32 ans, consulte pour des « trous de mémoire » récurrents et des comportements qu’elle ne reconnaît pas. Elle découvre dans son journal des écrits dans une écriture différente de la sienne, signés « Emma », une identité qu’elle ne connaît pas. Lors des séances, elle décrit des épisodes où elle se sent « spectatrice » de ses propres actions, comme si une autre personne agissait à sa place. Ces épisodes s’accompagnent d’une amnésie totale pour les périodes où « Emma » est active. —
Symptômes et manifestations cliniques
Les symptômes du TDI sont variés et souvent subtils, ce qui rend le diagnostic difficile. Les principaux signes incluent : – Amnésie dissociative : Incapacité à se souvenir d’informations autobiographiques importantes, bien trop importante pour être expliquée par un simple oubli. Les patients peuvent « perdre » des heures, des jours, voire des années.
– Intrusions identitaires : Sensation de présence d’autres identités, voix internes, ou comportements inexplicables (ex. : trouver des objets dans ses affaires sans savoir comment ils y sont arrivés).
– Dépersonnalisation et déréalisation : Sentiment de détachement de soi ou de son environnement, comme si l’on était un observateur extérieur.
– Variations comportementales : Changements brutaux d’humeur, de langage, de compétences, ou de préférences, perçus par l’entourage mais pas toujours par le patient. Exemple clinique : Marc, 40 ans, est retrouvé errant dans une ville qu’il ne connaît pas, sans souvenir de son identité. À l’hôpital, il parle avec un accent différent du sien et se présente comme « Thomas ». Les tests révèlent qu’il maîtrise des compétences (comme jouer du piano) qu’il ne possède pas dans sa vie quotidienne. Ces épisodes, appelés fugues dissociatives, sont fréquents dans le TDI. —
Causes et facteurs de risque
Le TDI est fortement associé à des traumatismes précoces et sévères, notamment :
– Abus physiques, sexuels ou émotionnels pendant l’enfance (70 à 100 % des cas).
– Négligence grave ou exposition à des violences répétées avant l’âge de 9 ans, période critique pour la construction de l’identité.
– Facteurs génétiques et neurobiologiques : Certaines études suggèrent une vulnérabilité héréditaire, bien que l’environnement reste le facteur déterminant. Exemple clinique : Une étude de cas rapportée en 2023 décrit une adolescente de 15 ans, hospitalisée après une tentative de suicide. L’enquête révèle des antécédents d’abus sexuels répétés entre 5 et 8 ans. Les épisodes dissociatifs (amnésie, voix internes, changements de comportement) ont commencé à l’adolescence, après la résurgence de souvenirs traumatiques. —
Diagnostic et diagnostic différentiel
Le diagnostic du TDI repose sur :
– Un entretien clinique approfondi, parfois facilité par l’hypnose ou des questionnaires spécialisés (ex. : DES, SCID-D).
– L’exclusion d’autres troubles : schizophrénie, trouble bipolaire, épilepsie, ou effets de substances.
– La présence de symptômes dissociatifs récurrents et d’une souffrance significative. Exemple clinique : Un homme de 28 ans consulte pour des « crises de panique » et des « pertes de contrôle ». Le clinicien note des incohérences dans son récit et des lacunes mémorielles. L’utilisation de la SCID-D révèle des identités alternantes et une amnésie dissociative, confirmant le TDI. —
Prise en charge et traitements
La prise en charge du TDI est longue et complexe, souvent pluridisciplinaire :
– Psychothérapie spécialisée : Approches intégratives (TCC, EMDR, thérapie psychodynamique) visant la stabilisation, la régulation émotionnelle, et l’intégration progressive des identités.
– Gestion des comorbidités : Dépression, anxiété, troubles du comportement alimentaire, souvent associés.
– Soutien social et éducatif : Impliquer l’entourage pour éviter l’isolement et la revictimisation. Exemple clinique : Après 5 ans de thérapie, une patiente parvient à « cohabiter » avec ses identités, réduisant les épisodes de dissociation et améliorant sa qualité de vie. L’utilisation de l’EMDR a permis de traiter les souvenirs traumatiques sous-jacents. —
Épidémiologie chez l’enfant et l’adolescent
Le TDI chez l’enfant et l’adolescent est sous-diagnostiqué en raison de la méconnaissance des symptômes et de leur confusion avec d’autres troubles (TDAH, trouble oppositionnel, dépression). Les premiers signes peuvent apparaître dès 3-6 ans, mais le diagnostic est rarement posé avant l’adolescence ou l’âge adulte. Exemple clinique : Un enfant de 8 ans présente des « amis imaginaires » persistants, des changements brutaux de comportement, et des dessins représentant des « autres moi ». L’évaluation révèle un TDI lié à des violences familiales précoces. —
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Conclusion
Le trouble dissociatif de l’identité (personnalités multiples) est une pathologie complexe, souvent méconnue, mais dont la réalité clinique et neurobiologique est aujourd’hui reconnue. Une prise en charge précoce et spécialisée permet d’améliorer significativement la qualité de vie des patients. Si vous ou un proche présentez des symptômes évocateurs, n’hésitez pas à consulter un professionnel formé. Références scientifiques récentes : — Question pour ouvrir le dialogue : Avez-vous déjà été confronté, directement ou indirectement, à des symptômes de dissociation ? Comment avez-vous réagi ou accompagné la personne concernée ?
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