Introjection
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Rédacteur « introjection »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Ce processus peut être travaillé en Thérapie Cognitive et Comportementale et en Thérapie Interpersonnelle
Qu’est-ce que l’introjection ? Définition et origines
L’introjection est un concept central en psychologie et en psychanalyse, introduit pour la première fois en 1909 par le psychanalyste hongrois Sándor Ferenczi dans son article « Transfert et introjection ». Ce mécanisme psychique désigne le processus par lequel un individu intègre, sur un mode fantasmatique, des éléments du monde extérieur (objets, qualités, affects, interdits) dans son propre appareil psychique (moi, surmoi, idéal du moi). Contrairement à la projection, qui consiste à rejeter hors de soi ce qui est source de déplaisir, l’introjection permet d’assimiler ce qui est perçu comme bon ou valorisant. Exemple clinique : Un enfant dont les parents valorisent la réussite scolaire peut introjecter cette valeur et développer une exigence interne excessive, parfois à l’origine de troubles anxieux ou de perfectionnisme pathologique.
Introjection et développement psychique
Dès les premiers mois de la vie, l’introjection joue un rôle clé dans la construction de la personnalité. Selon Melanie Klein, ce processus est indissociable de la projection et participe à la formation des « bons » et « mauvais » objets internes, fondements de la vie psychique. Ainsi, l’introjection du « bon sein » maternel permet à l’enfant de développer un sentiment de sécurité, tandis que l’introjection du « mauvais sein » peut générer des angoisses persécutrices. Exemple clinique : Un nourrisson dont la mère répond de manière inconsistante à ses besoins peut introjecter une image maternelle ambivalente, source de conflits internes et de difficultés relationnelles ultérieures.
Introjection vs identification
Bien que proches, introjection et identification ne sont pas synonymes. L’introjection concerne l’assimilation d’un objet ou d’une qualité extérieure, tandis que l’identification implique une transformation plus profonde du moi, souvent sur le modèle d’une personne aimée ou admirée. Par exemple, un adolescent peut introjecter les valeurs de son professeur (introjection), mais s’identifier à lui en adoptant sa manière d’enseigner ou de penser (identification).
Mécanismes et fonctions de l’introjection
L’introjection comme mécanisme de défense
L’introjection est un mécanisme de défense qui permet de gérer les conflits internes et les pertes. Elle est particulièrement active dans le travail de deuil, où le sujet intègre symboliquement l’objet perdu pour en préserver la présence psychique. Exemple clinique : Une personne en deuil peut continuer à « entendre » la voix de son défunt parent, signe d’une introjection réussie. À l’inverse, une introjection pathologique peut mener à une dépression mélancolique, où le sujet s’identifie à l’objet perdu et se dévalorise.
Introjection et pathologie
L’introjection peut devenir pathologique lorsqu’elle est excessive ou rigide. Elle est alors associée à divers troubles psychiques :
– Dépression : introjection d’affects négatifs et de culpabilité.
– Troubles anxieux : introjection de normes sociales rigides, source d’angoisse.
– Troubles de la personnalité (borderline, narcissique) : introjection d’imagos parentales non contenantes, générant des conflits identitaires. Exemple clinique : Un patient borderline peut alterner entre l’introjection d’une image parentale idéalisée et sa projection violente vers l’extérieur, illustrant la « respiration psychique » décrite par Florence Guignard.
Introjection et thérapie
En psychothérapie, l’introjection est un levier thérapeutique majeur. Elle permet au patient d’intégrer de nouvelles représentations de soi et de l’autre, favorisant la symbolisation et la mentalisation. Les approches comme la thérapie interpersonnelle (TIP) ou la thérapie cognitive et comportementale (TCC) visent à modifier les introjections pathogènes. Exemple clinique : Un patient souffrant de troubles anxieux peut, grâce à la thérapie, introjecter une image plus rassurante de lui-même, réduisant ainsi ses symptômes.
Introjection et troubles spécifiques
Introjection et dépression
Dans la dépression, l’introjection joue un rôle central. Le sujet introjecte des affects de perte, de culpabilité et d’échec, ce qui alimente le cercle vicieux de la dépression.
Introjection et troubles de la personnalité
Les troubles de la personnalité, notamment borderline et narcissique, sont souvent marqués par des introjections conflictuelles. Le sujet oscille entre l’idéalisation et la dévalorisation de ses objets internes, reflétant une faille dans la constitution du moi. Exemple clinique : Un patient narcissique peut introjecter une image grandieuse de lui-même, masquant une fragilité interne profonde, source de souffrance et de conflits relationnels.
Introjection et anxiété
L’anxiété peut résulter d’une introjection rigide de normes ou d’interdits, générant un conflit entre les désirs du sujet et les exigences introjectées. Les troubles anxieux sont souvent liés à une introjection excessive de règles ou de peurs parentales.
Prise en charge thérapeutique de l’introjection
Approches psychothérapiques
Plusieurs approches permettent de travailler sur les introjections pathogènes :
– Psychanalyse : exploration des introjections inconscientes et de leur origine.
– TCC : modification des schémas cognitifs introjectés.
– Thérapie interpersonnelle (TIP) : travail sur les relations et les affects introjectés.
– Psychodrame : dramatisation des conflits internes pour favoriser la symbolisation.
Exemple de prise en charge
Un patient souffrant de dépression peut, en thérapie, identifier et modifier ses introjections négatives (ex. : « je ne vaux rien »), en les remplaçant par des représentations plus adaptatives.
Conclusion
L’introjection est un mécanisme psychique fondamental, à la fois structurant et potentiellement pathogène. Sa compréhension est essentielle pour aborder de nombreux troubles psychiques, de la dépression aux troubles de la personnalité. Une prise en charge adaptée, combinant différentes approches thérapeutiques, permet de transformer les introjections pathogènes en ressources pour la santé mentale.
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