La mélatonine est-elle utile sur le sommeil fragmenté?
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Rédacteur « mélatonine et sommeil fragmenté ? »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Le sommeil fragmenté peut être un symptôme de pathologies sous-jacentes (troubles anxieux, dépression, apnée du sommeil, etc.).
- La mélatonine à libération prolongée peut être utile chez les patients de plus de 55 ans, mais son efficacité sur le sommeil fragmenté dépend de la cause.
- La thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie (TCC-I) est le traitement de première intention recommandé par les guidelines européennes 2023.
- Un médecin ou un psychiatre doit évaluer la situation et proposer une prise en charge adaptée.
Qu’est-ce que le sommeil fragmenté ?
Le sommeil fragmenté se caractérise par des réveils fréquents au cours de la nuit, entraînant une sensation de sommeil non réparateur. Ces interruptions peuvent être brèves ou prolongées, et sont souvent associées à des difficultés d’endormissement après le réveil. Selon les critères diagnostiques de l’ICD-11 et de l’ICSD-3, le sommeil fragmenté est considéré comme un trouble de l’insomnie chronique s’il survient au moins trois fois par semaine pendant au moins trois mois, avec des répercussions diurnes (fatigue, irritabilité, troubles de la concentration, etc.).
Exemple clinique : Madame L., 52 ans, consulte pour des réveils nocturnes depuis 6 mois, avec une impossibilité de se rendormir avant 2h du matin. L’exploration révèle un syndrome dépressif masqué, traité avec succès par une combinaison de TCC et d’antidépresseurs, la mélatonine n’ayant eu qu’un effet limité sur sa fragmentation du sommeil.
Rôle de la mélatonine dans la régulation du sommeil
La mélatonine est une hormone naturellement sécrétée par la glande pinéale, jouant un rôle clé dans la régulation du cycle veille-sommeil. En complément alimentaire, elle est souvent utilisée pour traiter les troubles du rythme circadien, comme le décalage horaire ou les troubles du sommeil liés au travail posté.
Mécanisme d’action : La mélatonine agit en se liant à des récepteurs spécifiques dans le cerveau, favorisant l’endormissement et, dans certains cas, la continuité du sommeil. Cependant, son efficacité sur le sommeil fragmenté dépend de la cause sous-jacente.
Efficacité de la mélatonine sur le sommeil fragmenté : ce que disent les guidelines européennes 2023
Les recommandations européennes (Riemann et al., 2023) précisent que :
– Chez les personnes âgées de plus de 55 ans : La mélatonine à libération prolongée (PR-mélatonine) peut être utilisée jusqu’à 3 mois, avec des effets modestes sur la continuité du sommeil, notamment en réduisant le temps d’éveil après l’endormissement.
– Chez les adultes souffrant d’insomnie : La mélatonine n’est pas recommandée en première intention pour le sommeil fragmenté, sauf en cas de désynchronisation circadienne avérée.
– Chez les enfants et adolescents : Les preuves restent limitées et ne permettent pas de recommandation formelle.
Exemple clinique : Monsieur T., 68 ans, présente un sommeil fragmenté lié à une diminution de la production endogène de mélatonine. Un traitement par PR-mélatonine (2 mg/jour) a permis de réduire ses réveils nocturnes de 4 à 2 par nuit, avec une meilleure sensation de récupération au réveil.
Limites et précautions d’emploi
La mélatonine n’est pas un somnifère classique. Elle ne doit pas être utilisée en première intention pour traiter le sommeil fragmenté, surtout si celui-ci est lié à une pathologie sous-jacente (dépression, apnée du sommeil, etc.). De plus, les effets secondaires (céphalées, vertiges, somnolence diurne) et les interactions médicamenteuses doivent être pris en compte.
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « la mélatonine peut être un outil utile dans certaines situations, notamment chez les patients âgés ou en cas de désynchronisation circadienne, mais elle ne remplace pas une évaluation globale du sommeil et une prise en charge adaptée des causes sous-jacentes. »
Alternatives et approches complémentaires
Thérapies cognitivo-comportementales pour l’insomnie (TCC-I)
Les TCC-I sont considérées comme le traitement de première intention pour les troubles du sommeil, y compris le sommeil fragmenté. Elles visent à modifier les pensées et comportements nuisibles au sommeil (rumination, temps passé au lit excessif, etc.) et à instaurer une hygiène de sommeil optimale. Les guidelines européennes 2023 soulignent que la TCC-I doit être proposée en première intention, quel que soit l’âge ou la présence de comorbidités.
Exemple clinique : Sophie, 35 ans, souffre de réveils nocturnes liés à des ruminations anxieuses. Une TCC-I centrée sur la gestion du stress et la restriction du temps passé au lit a permis une réduction significative de ses réveils, sans recourir à la mélatonine.
Hygiène de sommeil
L’adoption de bonnes habitudes (horaires réguliers, exposition à la lumière naturelle, limitation des écrans avant le coucher, éviter les excitants) est essentielle pour améliorer la continuité du sommeil.
Traitements médicamenteux
En cas de sommeil fragmenté sévère et résistant, un médecin peut proposer des hypnotiques (zolpidem, zopiclone) ou des antidépresseurs sédatifs, toujours sur une durée limitée et sous surveillance. Les guidelines européennes 2023 recommandent une durée maximale de 4 semaines pour les benzodiazépines et les agonistes des récepteurs aux benzodiazépines, et jusqu’à 3 mois pour les antagonistes des récepteurs à l’orexine (comme le daridorexant).
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin ou un psychiatre si :
– Le sommeil fragmenté persiste plus de 3 semaines.
– Il s’accompagne de symptômes diurnes (fatigue intense, irritabilité, difficultés de concentration).
– Il est associé à d’autres troubles (anxiété, dépression, douleurs chroniques).
Conclusion
La mélatonine, notamment à libération prolongée, peut être utile dans certains cas de sommeil fragmenté, notamment chez les patients de plus de 55 ans ou en cas de désynchronisation circadienne. Cependant, son efficacité reste limitée en cas de causes psychologiques ou médicales sous-jacentes. Une évaluation par un professionnel de santé est indispensable pour adapter la prise en charge, qui peut inclure des TCC-I, une amélioration de l’hygiène de sommeil, ou d’autres traitements.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.
Auteur
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