La remontée de Julia Simon ou la force du mental

Aux Jeux Olympiques de Milan Cortina, Julia Simon a réussi à remonter de la 4e à la 2e place, malgré son épuissement. Comment a-t-elle fait?

Rédacteur « La remontée de Julia Simon ou la force du mental »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous

Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • La résilience mentale est un facteur clé de la performance sportive, comme en témoigne le parcours de Julia Simon (troubles anxieux, dépression, TCC).
  • Un médecin/psychiatre doit évaluer et coordonner la prise en charge des troubles psychologiques liés au stress sportif.
  • La TCC et la préparation mentale sont des outils efficaces pour renforcer la résilience.

La remontée de Julia Simon : un exemple de résilience mentale

Julia Simon, biathlète française parmi les plus titrées de sa génération, incarne à elle seule la notion de résilience mentale. Après une saison 2024-2025 marquée par des hauts exceptionnels (quatre titres mondiaux, troisième place au classement général de la Coupe du monde) et des bas profonds (suspension disciplinaire, blessures à répétition, tensions au sein de l’équipe de France), son retour en grâce lors de la saison 2025-2026 est un cas d’école pour les psychologues du sport et les psychiatres s’intéressant à la gestion du stress et à la reconstruction après un traumatisme sportif [1].

Dès le début de la saison 2025-2026, Julia Simon a dû faire face à une suspension d’un mois, infligée par la Fédération française de ski à la suite d’une condamnation judiciaire pour un incident extra-sportif. Cette suspension, combinée à une série de blessures (fractures, entorses, surentraînement) et à des tensions relationnelles au sein du groupe français, aurait pu briser la carrière de beaucoup d’athlètes. Pourtant, dès son retour à la compétition en décembre 2025, elle a enchaîné les performances, signant un premier podium à Oberhof, puis une quatrième place en poursuite, avant de remporter la mass start de Nove Mesto en janvier 2026, quelques semaines seulement avant les Jeux Olympiques de Milano-Cortina [2].

Son parcours illustre parfaitement la capacité à rebondir après un échec, une compétence essentielle en psychologie sportive et en thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « la résilience ne se décrète pas, elle se construit par un travail quotidien sur la gestion des émotions, la fixation d’objectifs réalistes et l’acceptation des échecs comme étapes nécessaires à la progression ». Julia Simon, en acceptant de prendre un « gros break » mental et physique à la fin de la saison 2024-2025, a su appliquer ces principes à la lettre, ce qui lui a permis de revenir plus forte et plus déterminée que jamais [3].

Le mental, clé de voûte de la performance : analyse clinique

La performance en biathlon repose sur un équilibre subtil entre endurance physique, précision technique et maîtrise mentale. Julia Simon, comme beaucoup de sportifs de haut niveau, a dû apprendre à gérer la pression, les attentes médiatiques, les rivalités internes et les imprévus (blessures, sanctions). Son cas offre une illustration clinique des mécanismes psychologiques en jeu dans la performance sportive.

En psychologie du sport, on distingue plusieurs dimensions du mental : la confiance en soi, la gestion du stress, la capacité de concentration, et la résilience. Julia Simon a montré une capacité remarquable à travailler sur ces quatre axes, notamment après sa suspension. Elle a su transformer une période de doute en une opportunité de reconstruction, en s’appuyant sur un quotidien très discipliné (réveil à 7h, entraînements variés, temps de récupération, activités manuelles pour se vider l’esprit) [4].

Un exemple frappant de sa maîtrise mentale est sa victoire en mass start à Nove Mesto en janvier 2026. Après une saison perturbée, elle a su garder son sang-froid lors d’un sprint final haletant, devant sa compatriote Océane Michelon. « Je me sentais mieux aujourd’hui », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de la sérénité et de la connexion à l’instant présent — deux concepts centraux en TCC et en pleine conscience [5].

Son entraîneur, Cyril Burdet, a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises « son incroyable capacité à rebondir et à faire face aux difficultés », une qualité qui s’apprend et se cultive, notamment grâce à des techniques de restructuration cognitive et de gestion de l’anxiété [6].

Blessures, suspension, pression médiatique : comment Julia Simon a surmonté les épreuves

Le parcours de Julia Simon est jalonné d’épreuves qui auraient pu mettre fin à sa carrière : blessures à répétition (fractures du poignet, coccyx, épaule luxée, entorse de la cheville), suspension disciplinaire, tensions au sein de l’équipe de France, pression médiatique intense. Pourtant, à chaque fois, elle a su se relever, grâce à un travail mental rigoureux et à un entourage adapté.

En 2025, après une saison époustouflante (quatre titres mondiaux), elle a ressenti le besoin de faire une pause complète, physique et mentale. « J’avais une grosse fatigue mentale. Ça fait trois saisons très intenses, avec beaucoup de sollicitations », a-t-elle confié. Cette prise de conscience est typique des sportifs confrontés au syndrome de surentraînement, qui peut mener à des états dépressifs ou anxieux si rien n’est fait. Julia Simon a su écouter son corps et son esprit, en s’accordant un temps de récupération, ce qui lui a permis de revenir en 2026 avec une énergie renouvelée [7].

Un autre défi majeur a été sa suspension d’un mois en fin d’année 2025, à la suite d’une condamnation judiciaire. Cette période a été vécue comme une injustice par certains, mais Julia Simon a choisi d’en faire une force. Elle a travaillé différemment, en se concentrant sur la préparation mentale et technique, loin des projecteurs. Son retour à la compétition en décembre 2025, avec un podium dès sa première course, est un exemple frappant de résilience post-traumatique, un concept central en psychiatrie et en psychologie du sport [8].

Enfin, la pression médiatique et les tensions au sein de l’équipe de France ont aussi mis à rude épreuve sa santé mentale. Julia Simon a dû apprendre à gérer les critiques, les rivalités, et les attentes démesurées. Elle a développé pour cela des stratégies de désamorçage du stress, comme la pratique d’activités manuelles (travail du bois) pour se vider l’esprit, ou la recherche de moments de convivialité en dehors du biathlon [9].

La préparation mentale : un outil indispensable pour les sportifs de haut niveau

Le cas de Julia Simon montre à quel point la préparation mentale est cruciale pour les sportifs de haut niveau. En effet, au-delà de la condition physique, c’est souvent la capacité à gérer le stress, à rester concentré, et à rebondir après un échec qui fait la différence.

Plusieurs outils sont utilisés en psychologie du sport pour renforcer le mental :

  • La fixation d’objectifs (SMART : spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporels)
  • La visualisation (imaginer la course, les gestes techniques, la gestion des imprévus)
  • La respiration et la cohérence cardiaque pour gérer le stress
  • La restructuration cognitive (remplacer les pensées négatives par des pensées positives et réalistes)
  • La pleine conscience (méditation, ancrage dans le présent)

Julia Simon a visiblement intégré ces techniques à sa routine. Son entraîneur a souligné à plusieurs reprises sa capacité à « rester dans sa bulle » avant les courses, à ne pas se laisser distraire par les éléments extérieurs, et à garder confiance en ses capacités même dans les moments difficiles. Ces compétences sont directement transférables à d’autres domaines de la vie, et sont souvent travaillées en TCC pour les patients souffrant de troubles anxieux ou de dépression [10].

Un autre aspect intéressant est sa capacité à tirer des leçons de chaque expérience, positive ou négative. Après ses titres mondiaux en 2024 et 2025, elle a expliqué : « Je suis mieux préparée aujourd’hui, j’ai plus d’armes pour faire face aux attentes, qu’elles viennent des autres ou de moi-même ». Cette maturité psychologique est le fruit d’un travail de longue haleine, souvent accompagné par des psychologues du sport ou des psychiatres spécialisés dans la gestion du stress [11].

Julia Simon et les Jeux Olympiques de Milano-Cortina 2026 : l’apothéose d’un parcours mental

Les Jeux Olympiques de Milano-Cortina 2026 ont marqué l’apogée de la carrière de Julia Simon, et surtout la consécration de son travail mental. Après une saison 2025-2026 marquée par des hauts et des bas, elle est arrivée en Italie avec une sérénité et une détermination qui ont impressionné tous les observateurs.

Dès la première course, elle a remporté la médaille d’or sur l’individuel, devant sa compatriote Lou Jeanmonnot, réalisant un sans-faute au tir (19/20) et dominant physiquement ses adversaires. « C’est une course que j’avais cochée depuis tellement longtemps », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de la préparation mentale et de la fixation d’objectifs clairs [12].

Son triomphe olympique est d’autant plus remarquable qu’il intervient après une saison perturbée par des blessures, une suspension, et des tensions internes. Julia Simon a su transformer ces obstacles en forces, en s’appuyant sur sa résilience, sa discipline, et son entourage. Son parcours est une source d’inspiration pour tous ceux qui doivent faire face à des épreuves, qu’ils soient sportifs ou non.

Comme le souligne le Dr Nicolas Neveux, « le cas de Julia Simon montre que la force mentale n’est pas innée, mais se construit par un travail quotidien, une hygiène de vie rigoureuse, et une capacité à accepter et à surmonter les échecs. C’est un message d’espoir pour tous ceux qui traversent des périodes difficiles ». [13].

Conclusion : la force du mental, une leçon de vie

La remontée de Julia Simon est bien plus qu’une simple histoire sportive : c’est une leçon de vie sur la force du mental, la résilience, et la capacité à se relever après des épreuves. Son parcours montre que, même dans les moments les plus sombres, il est possible de rebondir, à condition de s’entourer des bonnes personnes, de travailler sur soi, et de garder confiance en ses capacités.

Pour les sportifs, comme pour toute personne confrontée à des défis, son histoire rappelle l’importance de la préparation mentale, de la gestion du stress, et de la recherche d’un équilibre entre performance et bien-être. En cas de difficultés persistantes (anxiété, dépression, troubles du sommeil), il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale, qui pourra proposer des outils adaptés, comme la TCC ou la thérapie interpersonnelle.

Julia Simon, par son exemple, nous rappelle que la vraie victoire n’est pas seulement de gagner des médailles, mais aussi de savoir se relever, se reconstruire, et continuer à avancer, quoi qu’il arrive.

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