Cancer colorectal : démonstration du risque lié aux aliments ultra-transformés
Le risque de cancer colorectal est majoré par la consommation d’aliments ultra-transformés. Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour comprendre le lien entre cancer colorectal et aliments ultra-transformés.
Rédacteur : Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
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Cancer colorectal et aliments ultra-transformés : un lien scientifiquement démontré
Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents dans le monde, et son incidence ne cesse d’augmenter, y compris chez les jeunes adultes de moins de 50 ans. Parmi les facteurs de risque modifiables, l’alimentation occupe une place centrale, et plus particulièrement la consommation d’aliments ultra-transformés. Plusieurs études épidémiologiques récentes, publiées dans des revues scientifiques de référence, ont mis en évidence une association significative entre une forte consommation de ces produits et l’augmentation du risque de cancer colorectal, ainsi que de ses précurseurs (polypes, adénomes).
Des preuves épidémiologiques solides
Une étude américaine publiée en 2025 dans JAMA Oncology a montré que les femmes consommant le plus d’aliments ultra-transformés présentaient un risque accru de développer des polypes précancéreux du côlon, comparées à celles qui en consommaient le moins. Les chercheurs ont suivi plus de 92 000 volontaires sur plusieurs années, et leurs conclusions sont sans appel : plus la part d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation est élevée, plus le risque de lésions précancéreuses et de cancer colorectal augmente.
Une augmentation alarmante chez les jeunes
Autre fait marquant : l’augmentation de l’incidence du cancer colorectal chez les moins de 50 ans, un phénomène observé dans de nombreux pays occidentaux. Les chercheurs pointent du doigt l’augmentation parallèle de la consommation d’aliments ultra-transformés, riches en sucres ajoutés, graisses saturées et additifs, chez les jeunes générations. Exemple clinique : Une jeune femme de 35 ans, sans facteur de risque connu, a été diagnostiquée avec un adénocarcinome du côlon sigmoïde. L’enquête alimentaire a révélé une consommation quotidienne de plats industriels, de boissons sucrées et de snacks depuis l’adolescence. Ce cas illustre l’importance d’un dépistage précoce et d’une éducation nutritionnelle dès le plus jeune âge. —
Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?
La classification NOVA, développée par des épidémiologistes brésiliens, permet de distinguer les aliments selon leur degré de transformation. Les aliments ultra-transformés (groupe 4) sont des formulations industrielles contenant généralement plus de cinq ingrédients, dont des additifs (émulsifiants, édulcorants, colorants, etc.) et des substances rarement utilisées en cuisine traditionnelle (huiles hydrogénées, protéines hydrolysées, amidons modifiés).
Exemples concrets d’aliments ultra-transformés
– Plats préparés : pizzas surgelées, nuggets, soupes instantanées, lasagnes industrielles.
– Snacks et friandises : biscuits, bonbons, chips, barres chocolatées.
– Boissons sucrées : sodas, boissons énergisantes, jus de fruits industriels.
– Produits de boulangerie industrielle : pains de mie, viennoiseries, gâteaux apéritifs.
– Charcuteries et viandes reconstituées : saucisses, jambons avec additifs, steaks hachés reconstitués.
Pourquoi ces aliments sont-ils problématiques ?
Les aliments ultra-transformés sont non seulement pauvres en nutriments essentiels (fibres, vitamines, minéraux), mais ils contiennent aussi des additifs et des composés néfastes pour la santé intestinale. Leur consommation régulière favorise le surpoids, l’inflammation chronique et la dysbiose (déséquilibre du microbiote intestinal), trois facteurs impliqués dans la carcinogenèse colorectale. Exemple clinique : Un homme de 55 ans, en surpoids et souffrant de syndrome métabolique, a développé un cancer du côlon ascendant. Son alimentation était composée à plus de 60 % d’aliments ultra-transformés. Après la chirurgie, une prise en charge nutritionnelle a permis de réduire sa consommation de ces produits et d’améliorer son microbiote, avec une perte de poids significative et une meilleure réponse au traitement adjuvant. —
Mécanismes biologiques : comment les aliments ultra-transformés favorisent-ils le cancer colorectal ?
Plusieurs mécanismes expliquent le lien entre aliments ultra-transformés et cancer colorectal. Les études récentes mettent en lumière trois processus principaux : l’inflammation chronique, la perturbation du microbiote intestinal et l’exposition à des composés cancérigènes.
1. L’inflammation chronique
Les aliments ultra-transformés, riches en sucres ajoutés, graisses saturées et additifs, favorisent un état inflammatoire persistant dans l’organisme. Cette inflammation, notamment au niveau du côlon, crée un environnement propice à la formation de tumeurs. Des chercheurs américains ont analysé des échantillons de tumeurs colorectales et de tissus sains, et ont observé une surreprésentation de molécules pro-inflammatoires dans les tumeurs, corrélée à la consommation d’aliments ultra-transformés.
2. La perturbation du microbiote intestinal
Le microbiote intestinal joue un rôle clé dans la santé digestive et immunitaire. Les additifs, notamment les émulsifiants (comme le polysorbate 80 ou la carboxyméthylcellulose), modifient la composition du microbiote, favorisant la prolifération de bactéries pro-inflammatoires et la production de métabolites toxiques. Ces déséquilibres sont associés à un risque accru de cancer colorectal.
3. L’exposition à des composés cancérigènes
Les procédés de transformation industrielle (friture, cuisson à haute température, ajout de nitrites, etc.) génèrent des composés cancérigènes comme les nitrosamines, l’acrylamide ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques. De plus, certains additifs (comme le dioxyde de titane ou certains colorants) sont suspectés d’être cancérigènes ou de favoriser la prolifération cellulaire anormale. —
Recommandations pour réduire le risque de cancer colorectal
Face à ces constats, les autorités sanitaires et les experts en nutrition recommandent de limiter la consommation d’aliments ultra-transformés et de privilégier une alimentation riche en aliments frais, peu ou pas transformés.
1. Adopter une alimentation protectrice
– Augmenter la consommation de fibres : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes.
– Privilégier les protéines de qualité : poissons gras (saumon, maquereau), volailles, œufs, légumineuses.
– Limiter les viandes rouges et charcuteries : ne pas dépasser 500 g de viande rouge et 150 g de charcuterie par semaine.
– Éviter les boissons sucrées et les snacks industriels : remplacer par de l’eau, des infusions, des fruits frais.
2. Lire les étiquettes et repérer les aliments ultra-transformés
Utiliser la classification NOVA pour identifier les produits à éviter :
– Groupe 1 : aliments bruts ou peu transformés (fruits, légumes, œufs, lait).
– Groupe 2 : ingrédients culinaires (huiles, sucre, sel).
– Groupe 3 : aliments transformés (fromages, pains artisanaux, conserves de légumes).
– Groupe 4 : aliments ultra-transformés (à limiter ou éviter).
3. Maintenir un poids santé et une activité physique régulière
Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque majeurs de cancer colorectal. Une activité physique régulière (au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine) et la limitation de la sédentarité sont essentielles pour réduire ce risque. Exemple clinique : Un patient de 50 ans, en surpoids et sédentaire, a été diagnostiqué avec un adénome colique de haut grade. Après une prise en charge globale (rééquilibrage alimentaire, activité physique, perte de 10 kg), sa coloscopie de contrôle un an plus tard ne montrait plus de lésion, et ses marqueurs inflammatoires étaient revenus à la normale. —
Conclusion : agir dès maintenant pour prévenir le cancer colorectal
Les preuves scientifiques sont désormais solides : une alimentation riche en aliments ultra-transformés augmente significativement le risque de cancer colorectal, notamment en favorisant l’inflammation, la dysbiose et l’exposition à des composés cancérigènes. Heureusement, ce risque est modifiable. En adoptant une alimentation saine, en limitant les produits industriels et en maintenant un mode de vie actif, chacun peut réduire son risque et améliorer sa santé globale. Pour aller plus loin :
– Consultez les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et du World Cancer Research Fund.
– En cas de symptômes digestifs persistants (sang dans les selles, modification du transit, douleurs abdominales), consultez rapidement un médecin.
– Pour un accompagnement personnalisé, n’hésitez pas à solliciter un nutritionniste ou un psychiatre spécialisé en troubles du comportement alimentaire. —
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— Références scientifiques citées dans l’article :
– Wang, C., et al. (2025) Ultra-Processed Food Consumption and Risk of Early-Onset Colorectal Cancer Precursors among Women. JAMA Oncology.
– Fiolet, T., et al. (2018) Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ.
– Romaguera, D., et al. (2021) Ultra-processed food consumption and risk of colorectal cancer. Cancer Epidemiology.
– Kliemann, N., et al. (2023) Association between ultra-processed food consumption and risk of cancer. Lancet.
– Shah, M., et al. (2023) Dietary patterns and colorectal cancer risk. Nutrients. Pour en savoir plus sur la prévention des cancers et l’impact de l’alimentation sur la santé mentale, explorez nos articles sur la gestion du stress, la dépression et les thérapies cognitivo-comportementales.
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