Le Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur le Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face au trouble développemental de la coordination ou dyspraxie.
Rédacteur « Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP),
mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga.; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies (troubles anxieux, dépression, TDAH, syndrome d’Asperger…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
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Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie : définition et critères diagnostiques
Le Trouble développemental de la coordination (TDC), aussi appelé dyspraxie, est un trouble neurodéveloppemental qui affecte la capacité à planifier, organiser et exécuter des mouvements volontaires, tant sur le plan de la motricité fine que globale. Ce trouble, reconnu par le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et la CIM-11, se manifeste dès la petite enfance et persiste tout au long de la vie, avec des répercussions variables selon les individus et les contextes. Critères diagnostiques selon le DSM-5 :
– A. Acquisition et exécution de compétences de coordination motrice significativement inférieures à ce qui est attendu pour l’âge chronologique, interférant avec les activités de la vie quotidienne (habillage, alimentation, écriture, jeux, sports).
– B. Les difficultés motrices ont un impact significatif et persistant sur les performances scolaires, les activités préprofessionnelles, les loisirs et les jeux.
– C. Le début des symptômes date de la période développementale précoce.
– D. Les difficultés ne sont pas mieux expliquées par un déficit intellectuel, une déficience visuelle, ou une autre affection neurologique. Exemple clinique : Un enfant de 8 ans, scolarisé en CE2, présente une écriture illisible, des difficultés à utiliser des ciseaux, à nouer ses lacets, et à participer aux jeux de ballon en récréation. Malgré une intelligence normale et une absence de déficit sensoriel, il est systématiquement en retard dans la réalisation des tâches motrices par rapport à ses pairs, ce qui entraîne une frustration croissante et un refus de participer aux activités collectives. —
Épidémiologie chez l’enfant et l’adolescent
Le Trouble développemental de la coordination touche environ 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire, avec une prévalence plus élevée chez les garçons (ratio de 1,8 garçon pour 1 fille). La prématurité est un facteur de risque majeur : les enfants nés prématurément ont 3 à 8 fois plus de risque de développer un TDC que ceux nés à terme. Exemple clinique : Dans une classe de 30 élèves, on estime qu’1 à 2 enfants peuvent être concernés par un TDC. Un garçon prématuré de 7 ans, né à 32 semaines de grossesse, présente des difficultés persistantes à attraper un ballon, à écrire de manière lisible, et à organiser ses affaires scolaires, malgré un suivi en psychomotricité depuis l’âge de 5 ans. —
Causes et facteurs de risque
Les causes exactes du TDC ne sont pas encore totalement élucidées, mais plusieurs facteurs sont impliqués :
– Facteurs génétiques : Une prédisposition familiale est souvent observée. Si un parent est dyspraxique, le risque pour l’enfant est augmenté.
– Facteurs prénataux et périnataux : Souffrance fœtale, prématurité, anomalies du développement cérébral.
– Facteurs environnementaux : Exposition à des toxiques pendant la grossesse, complications à la naissance. Exemple clinique : Un enfant dont le père présente une dyspraxie légère et qui a été exposé à un stress maternel important pendant la grossesse peut développer un TDC avec des difficultés marquées dans la coordination bimanuelle et la planification des gestes complexes. —
Symptômes et signes cliniques
Les manifestations du TDC sont variées et dépendent de l’âge, de la sévérité du trouble, et des domaines moteurs affectés. On distingue généralement :
– Motricité fine : Difficultés à écrire (dysgraphie), à boutonner un vêtement, à utiliser des couverts, à dessiner.
– Motricité globale : Maladresse dans les jeux de ballon, les sauts, l’équilibre, la marche.
– Organisation spatio-temporelle : Difficultés à s’orienter, à organiser son bureau, à suivre une séquence de mouvements. Exemple clinique : Une adolescente de 14 ans, diagnostiquée TDC, met 30 minutes chaque matin pour s’habiller, car elle a du mal à enfiler ses vêtements, à attacher sa ceinture, et à organiser sa trousse de toilette. À l’école, elle évite les cours d’EPS par crainte de la moquerie, ce qui renforce son sentiment d’isolement et son anxiété sociale. —
Diagnostic et bilan
Le diagnostic du TDC repose sur une évaluation pluridisciplinaire :
– Bilan médical : Examen neurologique, recherche de comorbidités (TDAH, troubles anxieux, dépression).
– Bilan psychomoteur et neuropsychologique : Évaluation des compétences motrices (MABC-2, BOT-2), des fonctions exécutives, de la mémoire de travail.
– Observation clinique : Recueil des difficultés dans la vie quotidienne (habillage, alimentation, jeux, écriture). Exemple clinique : Un enfant de 9 ans est adressé pour un bilan car il présente une écriture illisible, une lenteur extrême pour s’habiller, et des difficultés à participer aux jeux collectifs. Le bilan révèle un TDC avec un profil de dyspraxie visuo-spatiale, associé à un trouble de l’attention. Une prise en charge combinée en psychomotricité et en ergothérapie est mise en place. —
Prise en charge et accompagnement
La prise en charge du TDC est multidisciplinaire et vise à :
– Rééducation motrice : Psychomotricité, ergothérapie, kinésithérapie pour améliorer la coordination et l’autonomie.
– Adaptations scolaires : Aménagements (temps supplémentaire, outils numériques, AVS).
– Soutien psychologique : Accompagnement pour renforcer l’estime de soi, gérer l’anxiété, et prévenir l’isolement ou la phobie scolaire. Exemple clinique : Un collégien de 12 ans, suivi pour un TDC sévère, bénéficie d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) avec un ordinateur pour compenser ses difficultés d’écriture, des séances d’ergothérapie pour l’autonomie, et un suivi psychologique pour gérer son anxiété et son sentiment d’exclusion. —
Impact psychologique et social
Le TDC a des répercussions majeures sur la vie quotidienne, scolaire et sociale :
– Estime de soi : Les échecs répétés et la maladresse peuvent entraîner une baisse de confiance en soi, un sentiment d’incompétence.
– Isolement : La difficulté à participer aux jeux collectifs et aux activités sportives favorise l’exclusion et le repli.
– Risque de phobie scolaire : La peur du jugement et des moqueries peut conduire à un refus de l’école. Exemple clinique : Un adolescent de 15 ans, diagnostiqué TDC à 8 ans, a développé une phobie scolaire en raison des moqueries répétées sur sa maladresse. Il présente également des traits de personnalité évitante, évitant toute situation où il pourrait être jugé. —
Comorbidités fréquentes
Le TDC est souvent associé à d’autres troubles neurodéveloppementaux :
– TDAH : Environ 50 % des enfants avec TDC présentent aussi un TDAH.
– Troubles spécifiques des apprentissages : Dyslexie, dyscalculie, dysgraphie.
– Troubles anxieux et dépressifs : Liés à la souffrance psychologique et aux difficultés d’adaptation. Exemple clinique : Un enfant de 10 ans, suivi pour un TDC et un TDAH, présente des difficultés majeures en mathématiques (dyscalculie) et une anxiété généralisée. La prise en charge associe rééducation motrice, soutien scolaire, et thérapie cognitivo-comportementale pour l’anxiété. —
Évolution à l’âge adulte
À l’âge adulte, les difficultés persistent, mais des stratégies de compensation peuvent être mises en place :
– Adaptation professionnelle : Choix de métiers moins exigeants en motricité fine ou globale.
– Outils d’assistance : Utilisation de logiciels de reconnaissance vocale, d’agendas électroniques, d’aménagements du poste de travail.
– Soutien psychologique : Pour gérer le stress, l’anxiété, et les difficultés relationnelles. Exemple clinique : Une adulte de 30 ans, diagnostiquée TDC dans l’enfance, utilise un logiciel de dictée vocale pour rédiger ses rapports professionnels et a aménagé son bureau pour limiter les tâches manuelles. Elle suit une thérapie pour gérer son anxiété sociale et renforcer sa confiance en soi. —
Conclusion
Le Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental fréquent, aux répercussions multiples sur la vie quotidienne, scolaire et sociale. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée, pluridisciplinaire, sont essentiels pour limiter l’impact du trouble et favoriser l’autonomie, l’inclusion, et le bien-être des personnes concernées. Si vous suspectez un TDC chez votre enfant ou un proche, consultez un professionnel de santé formé aux troubles du neurodéveloppement pour une évaluation et un accompagnement personnalisés. —
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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— Références scientifiques :
– Inserm, Expertise collective, Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie, 2019.
– DSM-5, American Psychiatric Association, 2013.
– CIM-11, Organisation Mondiale de la Santé, 2018.
– Sources cliniques et études citées dans l’article. — Mots-clés SEO : Trouble développemental de la coordination, dyspraxie, symptômes, diagnostic, prise en charge, rééducation, impact psychologique, TDAH, troubles neurodéveloppementaux, enfants, adolescents, adultes, motricité fine, motricité globale, psychomotricité, ergothérapie, estime de soi, isolement, phobie scolaire, personnalité évitante.
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