Mythomanie: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur la mythomanie? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la mythomanie.

Rédacteur « mythomanie »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
  • Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
  • La TCC est le traitement indiqué en première intention.

Qu’est-ce que la mythomanie ?

La mythomanie, aussi appelée mensonge pathologique ou pseudologie fantastique, est un trouble du comportement caractérisé par une tendance compulsive à mentir, à inventer des histoires ou à déformer la réalité, sans motif apparent ni bénéfice tangible. Contrairement au mensonge occasionnel, la mythomanie s’inscrit dans la durée et peut avoir des conséquences graves sur la vie sociale, professionnelle et affective de la personne concernée. Exemple clinique : Un patient de 35 ans, cadre dans une entreprise, invente régulièrement des diplômes, des voyages ou des relations avec des personnalités célèbres. Malgré les preuves contraires, il persiste dans ses récits, ce qui finit par isoler son entourage et mettre en péril sa carrière. Ce comportement, souvent associé à une quête de reconnaissance ou à une peur de l’abandon, peut révéler une souffrance psychique sous-jacente. La mythomanie n’est pas reconnue comme une entité diagnostique à part entière dans les classifications internationales (DSM-5, CIM-11), mais elle est souvent associée à d’autres troubles psychiatriques, tels que les troubles anxieux, la dépression, ou encore certains troubles de la personnalité (histrionique, narcissique, borderline).

Les causes et mécanismes de la mythomanie

Les origines de la mythomanie sont multifactorielles, impliquant des facteurs psychologiques, environnementaux et parfois neurobiologiques. Facteurs psychologiques :
– Blessures narcissiques : Un manque de reconnaissance ou une estime de soi fragile peuvent pousser à inventer des récits valorisants.
– Peur de l’abandon : Le mensonge devient un moyen de maintenir l’attention ou l’affection d’autrui.
– Mécanisme de défense : Face à une réalité perçue comme insupportable, la personne se réfugie dans un monde imaginaire. Facteurs environnementaux :
– Un environnement familial ou social où le mensonge est banalisé, ou où la vérité est punie, peut favoriser l’émergence de ce trouble.
– Des événements traumatiques (abus, harcèlement, deuil) peuvent aussi déclencher une mythomanie réactionnelle. Exemple clinique : Une jeune femme de 25 ans, victime de harcèlement scolaire pendant son adolescence, développe une tendance à inventer des histoires sur sa vie amoureuse et professionnelle. Ces mensonges lui permettent de compenser un sentiment d’infériorité et de se sentir acceptée socialement.

Mythomanie et troubles psychiatriques associés

La mythomanie est rarement isolée. Elle s’inscrit souvent dans le cadre de troubles plus larges, nécessitant une évaluation psychiatrique approfondie. Troubles fréquemment associés :
– Troubles de la personnalité : La mythomanie est particulièrement fréquente dans le trouble de la personnalité histrionique, où la quête d’attention et l’émotivité excessive sont centrales. Elle peut aussi s’observer dans le trouble de la personnalité narcissique, où le mensonge sert à maintenir une image grandiose de soi.
– Troubles de l’humeur : La mythomanie peut être un symptôme de dépression ou de trouble bipolaire, notamment lors d’épisodes maniaques ou hypomaniaques.
– Troubles anxieux : Le mensonge compulsif peut être une réponse à une anxiété sociale ou à une peur du jugement. Exemple clinique : Un homme de 40 ans, diagnostiqué avec un trouble bipolaire, invente des projets professionnels grandioses lors de ses phases d’hypomanie. Ces mensonges, souvent suivis de périodes de découragement, illustrent l’instabilité de l’humeur et la difficulté à ancrer la personne dans la réalité.

Diagnostic et prise en charge de la mythomanie

mythomanie traiter soigner par la TCC et la TIP
Le diagnostic de mythomanie repose sur un entretien clinique approfondi, visant à évaluer la fréquence, l’intensité et l’impact des mensonges, ainsi qu’à rechercher d’éventuels troubles psychiatriques sous-jacents. Critères d’orientation :
– Mensonges répétés, sans motif apparent.
– Incapacité à contrôler ce comportement, malgré les conséquences négatives.
– Souffrance personnelle ou altération du fonctionnement social/professionnel. Prise en charge :
– Psychothérapies : La TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) est souvent indiquée en première intention, pour aider la personne à identifier les déclencheurs de ses mensonges et à développer des stratégies d’adaptation. La thérapie interpersonnelle (TIP) peut aussi être utile, notamment pour travailler sur les relations et la gestion des émotions.
– Traitement médicamenteux : En cas de trouble associé (dépression, anxiété, trouble bipolaire), un traitement pharmacologique peut être proposé. Exemple clinique : Une patiente de 30 ans, mythomane et souffrant de dépression, bénéficie d’une prise en charge combinant TCC et antidépresseurs. La thérapie l’aide à comprendre que ses mensonges sont une tentative de combler un vide affectif, et à reconstruire une estime de soi plus réaliste.

Mythomanie chez l’enfant et l’adolescent

Chez l’enfant et l’adolescent, la mythomanie peut être un signe d’appel de difficultés psychologiques ou familiales. Elle nécessite une attention particulière, car elle peut évoluer vers des troubles plus graves à l’âge adulte. Signes à repérer :
– Inventions répétées, souvent centrées sur des exploits ou des relations imaginaires.
– Difficulté à assumer la réalité, avec une tendance à fuir les responsabilités.
– Isolement social ou conflits avec les pairs. Prise en charge :
– Évaluation globale : Il est essentiel d’évaluer le contexte familial, scolaire et affectif de l’enfant.
– Thérapies adaptées : Les TCC et les thérapies familiales sont souvent recommandées. Exemple clinique : Un adolescent de 15 ans, en échec scolaire, invente des histoires sur ses résultats et ses amis. L’évaluation révèle un trouble anxieux et un manque de confiance en soi, nécessitant une prise en charge en TCC et un soutien familial.

Comment aider un proche mythomane ?

Vivre avec une personne mythomane peut être éprouvant. Voici quelques conseils pour accompagner un proche tout en préservant sa propre santé mentale : – Éviter les confrontations directes : Accuser la personne de mentir peut renforcer son comportement. Privilégiez une écoute bienveillante et encouragez-la à consulter.
– Fixer des limites : Protéger son propre équilibre est essentiel. Il est possible d’aimer une personne tout en refusant de cautionner ses mensonges.
– Orienter vers un professionnel : Un psychiatre ou un psychologue pourra proposer une prise en charge adaptée, en fonction des troubles associés. Exemple clinique : La famille d’un homme mythomane, après avoir consulté un psychiatre, apprend à ne plus alimenter ses récits tout en l’encourageant à suivre une thérapie. Cette approche permet de réduire les tensions et d’ouvrir la voie à une prise de conscience.

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.


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